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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Kleine Lügen über die elsässische Sprache

Posted on janvier 15th, 2014 by Klapperstein

Créé en 1994 à l’initiative de la Région Alsace et essentiellement financé par elle, mais aussi par les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA – Elsassisches Sprochàmt), « a pour objet de promouvoir la vitalité de l’identité régionale de l’Alsace, par la mise en valeur de ses patrimoines et spécificités linguistiques et culturels.  » L’OLCA est en fait une  sorte d’administration régionale qui a pour but  principal de promouvoir l’alsacien.

Il a publié à cet effet une petite brochure intitulé   »Petite histoire linguistique de l’Alsace » qui  falsifie l’histoire linguistique de l’Alsace, dans la grande tradition française et républicaine. Nous sommes bien sûr au XXIème siècles et il ne s’agit plus de marteler les fantasmes du grand romancier Michelet ou de l’hystérique oncle Hansi. Les dialectes alsaciens sont bien des parlers germaniques à part entière, et ne sont plus à moitié celtes ou romans. L’angle d’attaque est différent et  un peu plus subtile. Il consiste à expliquer plus ou moins doctement, dans un floue artistique propre à la propagande historique républicaine, que l’alsacien, en fait, n’a pas grand chose à voir avec l’allemand, ce qui est depuis 1945 l’angle d’attaque favori de la propagande française en Alsace. Pas plus, en tous cas, qu’avec le néerlandais ou le suédois ! La petite histoire commence donc ainsi :

’s Elsassische : wàs ìsch dann dìss? L’alsacien : qu’est-ce donc ? L’alsacien est un dialecte germanique, ce qui signifie que parmi les langues indo-européennes, il fait partie du groupe linguistique des langues germaniques, auquel appartient bien sûr l’allemand, mais aussi l’anglais, le néerlandais, les langues scandinaves comme le danois, le suédois, le norvégien.

Le texte poursuit immédiatement sur la présence de mots français dans la langue alsacienne (ouf !) et laisse ainsi le lecteur avec l’étrange impression que l’alsacien de s’apparente pas plus à l’allemand qu’à l’anglais ou au norvégien. Fin de l’introduction. C’est certainement ce que nos journaleux et nos politiciens de service appellent de la pédagogie.

Récapitulons. Introduction de notre  klëni Gschicht : 6 lignes (c’est écrit en gros, pour que les enfants de six ans puissent eux aussi s’instruire) pour sous-entendre que l’alsacien ne s’apparente pas plus à l’allemand qu’à l’anglais ou au danois , 10 lignes pour dire que les Alsaciens disent Bùschùr pour dire bonjour, et pas un mot pour dire que la langue allemande standard contemporaine, le Hochdeusch  est  la forme écrite de l’alsacien, mais toute la construction du texte est là pour sous-entendre le contraire.

On peut se dire que ce n’est là que l’introduction de la petite histoire, un oubli à peine regrettable que la suite du texte comblera aisément, et qu’il faut passer ses nuits à rêver de missiles sol-sol de troisième génération fracassant  dans un élan wagnérien   le socle de la croix de Lorraine du Stauffen  pour s’enflammer pour si peu.

Pourtant la poursuite de la lecture ne fait de confirmer notre première impression. La large place consacrée à une description tendancieuse de la naissance de la langue allemande standard se conclue ainsi: « L’Alsace n’est cependant pas témoin de ce processus de standardisation et n’y participe pas, car le rattachement de la région à la Couronne de France par Louis XIV commence en 1648. L’Alsace se voit alors progressivement séparée du Saint-Empire Romain Germanique et les parlers alsaciens vont connaître une évolution différente de celle des autres parlers germaniques. Ainsi, les dialectes alsaciens parlés actuellement en Alsace ont une histoire singulière par rapport à ceux de l’Allemagne actuelle. »

Or il est complètement faux d’affirmer que l’Alsace ne participe pas au processus de standardisation de la langue allemande. Non seulement elle  y participe  plus qu’un grand nombre de régions  de langue allemande, mais elle y a même un rôle de première importance. En témoigne l’œuvre d’Otfrid von Weißenburg, die Evangeliendichtung (le Livre des Évangiles), poème de quelque 16 000 vers du IXème siècle. Ce livre est écrit en vieux haut allemand et est la première œuvre littéraire dans ce qui deviendra la langue allemande. En témoigne le fait que la première messe donnée en Hochdeutsch a eu lieu à Strasbourg et que la première bible imprimé en Hochdeutsch l’a été à Strasbourg (en 1466, tout comme sa deuxième édition en 1470). En témoigne également « Daß Narrenschyff » du strasbourgeois Sebastian Brant, publié en 1494,  qui a été la plus importante œuvre littéraire de langue allemande jusqu’à la Réforme. Et le premier périodique au monde, « Die Relation », également en Hochdeutsch, a été publié in Strossburi à partir de 1605.

Il s’agit là d’une question symboliquement importante, mais plus important encore est de remarquer que les Alsaciens n’ont cessé de lire et d’écrire exclusivement ou majoritairement en allemand standard jusque dans les années 1945/1970, où le français a progressivement pris la place de l’allemand. Le rapport de « l’allemand des Alsaciens » (Elsasserditsch, Elsässerdeutsch) au Standartdeutsch est donc sensiblement le même (en tout cas jusque dans les années 1945/1970) que celui de « l’allemand des Suisses » ou des dialectes parlés en Allemagne (les parler bas-allemand du nord de l’Allemagne sont d’ailleurs bien plus distant de la langue standard que l’alsacien), même si un petit nombre  d’Alsaciens ont plus ou moins bien maitrisé le français à partir de 1648. Or notre petite brochure conclue précisément le contraire. Comme si l’invasion d’une partie de l’Alsace en 1648 avait coupé les liens naturels entre la langue alsacienne et sa forme écrite. Cette coupure n’aura vraiment lieu qu’autour des années 1970, fruit de la francisation à marche forcée imposée par la République Française au peuple alsacien à partir de 1945, où d’une part la pratique de l’alsacien est petit à petit devenu minoritaire dans la vie sociale, et qu’à peu près simultanément les Alsaciens germanophones, et parmi eux de frénétiques locuteurs, ont adopté le français comme langue de l’écrit, de la culture et du savoir, au détriment de l’allemand standard.

Ce n’est donc pas l’histoire des dialectes alsaciens depuis 1648 qui est singulière du point de vue linguistique comme l’affirme mensongèrement l’OLCA, mais belle et bien l’histoire linguistique et politique de l’Alsace des dernières décennies. UH

Téléchargez la Petite histoire linguistique de l’Alsace (PDF, 945 Ko)

Das Narrenschiff

Posted on juillet 26th, 2010 by Klapperstein

Daß Narrenschyff est le titre original de la grande œuvre littéraire du Strasbourgeois Sebastian Brant, La Nef des Fous. Cette satire fut le livre allemand le plus important de la période précèdant la Réforme et resta, jusqu’aux Souffrances du jeune Werther de Goethe, l’ouvrage populaire le plus souvent imprimé. Il fut également le premier livre de langue allemande traduit en anglais. L’éloge de la folie en est dit-on une réponse. Le grand Erasmus y critique notamment le pessimisme de Brant.

Maintenant si vous n’aviez jamais entendu parlé de Sebanstian Brant et de son Narrenschyff, c’est que l’Alsace était peuplé de peuplades plus ou moins celtes avant d’être envahit par les armées translucides du Roi Soleil, que le Saint Empire romain germanique et la prospère Alsace en son sein n’ont jamais vraiment existé, et que de toute façon les Français ont inventé la Liberté en 1789, paradant fièrement dans le tout Paris en brandissant les têtes coupés de quelques vieillards accrochés à des lances. Et puis un point c’est tout.

Tout ça pour dire que Brant n’a pas seulement eu une influence importante sur la littérature allemande et européenne, mais qu’il a également inspiré le magnifique morceau de Reinhard Mey que nous vous proposons ci-dessous. Et n’allez surtout pas penser que ses paroles puissent être interprétés comme une quelconque métaphore du fier navire européen, digne héritier de nos illuminés coupeurs de têtes de la très humaniste Révolution française.

Oui, du fier navire européen, qui  entonne gaiement l’hymne à la joie et fait vent de toutes voiles vers  l’avenir raduieux des déficites abysaux, du turbo capitalisme heureux, des délocalisations au juste prix, des Droits de l’Homme déshumanisé, de l’immigration sans fin, de la diversité rédemptrice, des guerres humanistes préventives, et de la grande farce démocratique. Lau, lala, lalala la, lala, la, lalala,lau lalala lalala, lala, lalala la, la, lala,lalala lala la…

Der Steuermann lügt, der Käpitain ist betrunken und der Maschinist in dumpfe Lethargie versunken, die Mannschaft lauter meineinige Halunken, der Funker zu feig’ um SOS zu funken. Klabautermann führt das Narrenschiff, volle Fahrt voraus, und Kurs auf’s Riff ! Lau, lala, lalala , lala, la, lalala,lau lala lalala, lala, lalala lalala, lala, la…

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Das Narrenschiff – Reinhard May

Das Quecksilber fällt, die Zeichen stehen auf Sturm,
Nur blödes Kichern und Keifen vom Kommandoturm
Und ein dumpfes Mahlen grollt aus der Maschine.
Und rollen und Stampfen und schwere See,
Die Bordkapelle spielt „Humbatäterä“,
Und ein irres Lachen dringt aus der Latrine.
Die Ladung ist faul, die Papiere fingiert,
Die Lenzpumpen leck und die Schotten blockiert,
Die Luken weit offen und alle Alarmglocken läuten.
Die Seen schlagen mannshoch in den Laderaum
Und Elmsfeuer züngeln vom Ladebaum,
Doch keiner an Bord vermag die Zeichen zu deuten!

Der Steuermann lügt, der Kapitän ist betrunken
Und der Maschinist in dumpfe Lethargie versunken,
Die Mannschaft lauter meineidige Halunken,
Der Funker zu feig‘ um SOS zu funken.
Klabautermann führt das Narrenschiff
Volle Fahrt voraus und Kurs auf‘s Riff.

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