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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Martinstag, der andere 11 November

Posted on novembre 11th, 2012 by Klapperstein

Unterstehend finden Sie vier Artikel aus der Zeitung L‘Alsace die uns erinnern, dass der 11. November nicht nur die Gelegenheit für die französischen Behörden und ihre Adjudanten auf elsässischem Land ihren unverschämten Hurrapatriotsmus auszudrücken, sondern dass der Tag des Heiligen Martin mit seinen traditionellen Lanternenumzügen ist. UH

Ci-dessous quatre articles tirés de L’Alsace.fr qui nous rappellent que le 11 novembre n’est pas seulement l’occasion pour les autorités françaises et leurs secondant de fêter effrontément leur chauvinisme en terre alsacienne, mais qu’il est aussi le jour de la Saint-Martin et de ses traditionnels défilés aux lanternes. 

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Màrtini

Le 11 novembre, on célèbre saint Martin, cet officier romain, né en Hongrie, devenu évêque de Tours, « Bìschof », et connu pour le partage de son manteau de soldat avec un pauvre, geste devenu le symbole de l’amour du prochain, « Nachschtaliawa ».

Ce jour est appelé Màrtini en Alsace, comme d’ailleurs en Bavière et en Autriche, et Martinstag en allemand.

En France, Martin est le nom de famille, Fàmìlianàmma, le plus répandu et dans de nombreuses communes, plus de 25 rien que dans le Haut-Rhin, on célèbre à la fois la fête patronale, dr Pàtronstàg, dans les églises et l’armistice, Wàffastìll-stànd, de 1918, devant les monuments aux morts, d Dankmäler, occasion rêvée de chanter successivement, le Grosser Gott wir loben dich et la Marseillaise.

Défilé et lanternes

Les coutumes, liées à cette date, sont encore très vivaces de l’autre côté du Rhin. L’une d’entre elles, dr Martinszug, le défilé de la Saint-Martin, en vogue aussi au Pays des chtis, repointe le bout de son nez en Alsace, sous forme de Làtarnlafascht, fête des lanternes. Les enfants déambulent dans les rues avec des lampions, en chantant des Màrtiniliadle, et en récoltant des friandises, parfois escorté par un cavalier au manteau rouge, monté sur un cheval blanc, a Schìmmel, incarnant dr Màrtiniritt, la chevauchée de notre héros du jour.

Parmi les spécialités gastronomiques, signalons d Màrtinigàns, l’oie de la Saint-Martin et dr Weckmànn, représentant un évêque, sosie du Manala/Männele, alsacien, à l’origine réservé à saint Nicolas, dr Sàntiklàuis.

Et n’oublions pas que ce jour du 11/11 à 11 h 11 précises, démarrent chez nos voisins les festivités de carnaval, Karneval, Fàsnàcht, Fastnacht ou Fasching, certes très timidement en attendant l’épiphanie, Drèikeenigfascht.

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Réveil carnavalesque le 11/11

« Le 11, rappelle Gérard Leser, est le chiffre de la folie carnavalesque. » Il correspondrait à un commandement secret, le onzième, qui permet, pour un temps limité, « l’inversion des normes sociales ». Aussi, dans certains coins d’Allemagne, le jour de la Saint-Martin, « le 11/11, à 11 h 11, l’esprit du carnaval est réveillé ». En ce début de l’ancien carême de Noël, certains se déguisent l’espace d’une journée, en avant-goût de la véritable folie qui surviendra, elle, au début du carême de Pâques.

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Saint-Martin Les défilés traditionnels se multiplient, dans le sillage du bilinguisme

Das letzte Jahr in Schlettstat, auf Initiative des Vereines Schlettstadter Sterickle

Alors que toute trace de la Saint-Martin avait été effacée par la commémoration de l’armistice de 1918, des processions aux lampions apparaissent depuis quelques années dans la région.

La commune de Saint-Martin, du côté de Villé, ne fêtera pas son saint patron ce dimanche. « Il y aura les cérémonies du 11 Novembre, avec une messe en l’église Saint-Martin, un dépôt de gerbe au monument aux morts, un pot en l’honneur des anciens combattants, mais pas de fête de la Saint-Martin, explique André Clad, le maire de cette commune bas-rhinoise de 354 habitants. Je n’ai pas le souvenir d’une tradition particulière dans le village, il n’y a rien dans les archives à ce sujet, et pas de demande de la part des habitants. »

Sans doute trop liée à l’héritage germanique pour survivre aux côtés de la commémoration de l’armistice de 1918, la fête de la Saint-Martin connaît néanmoins un regain d’intérêt en Alsace, depuis quelques années, dans le sillage du bilinguisme. On peut y voir un de ces tours ironiques de l’Histoire, l’illustration d’une réconciliation désormais complète, ou simplement le symbole du temps qui passe.

Dans sa dernière lettre d’information, Eltern Alsace, l’association des parents de l’enseignement bilingue, recense ainsi, de manière non exhaustive, des défilés aux lanternes à Rixheim, Riedisheim, Molsheim, Brumath (vendredi 16 dans ces quatre cas) et Huttenheim (samedi 17), organisés par ses soins ou par d’autres associations locales.

Elle cite aussi Village-Neuf, où le défilé avait lieu hier soir, à l’initiative de l’association Graine de Bilingue, pour la dixième année consécutive. « C’est un événement qui a pris une ampleur croissante, témoigne son président, Jérôme Giovannoni. Beaucoup de familles de la commune sont mixtes, allemandes ou suisses, la fête a donc pris facilement. Quelle que soit la météo, nous rassemblons entre 100 et 150 personnes, dont environ un tiers d’enfants, de la maternelle à l’école élémentaire. »

La fabrication des lanternes et l’apprentissage des chants traditionnels (notamment le fameux « Laterne, Laterne ») se font dans le cadre scolaire, en accord avec les enseignants, ou lors d’ateliers bilingues, organisés depuis deux ans par l’association.

Le défilé s’achève par la scène du légionnaire romain (à pied, le cheval ayant été remercié pour raison de sécurité) déchirant sa toge pour la partager avec un mendiant, racontée en allemand et en français, avant une collation.

Originaire du sud de la France, Jérôme Giovannoni a lui-même découvert la fête de la Saint-Martin en arrivant en Alsace il y a cinq ans. « C’est l’occasion de jeter des ponts entre les deux rives du Rhin, de partager une même tradition rhénane, des valeurs, de façon sympathique, estime-t-il. D’autres associations se joignent à nous pour organiser le défilé, et on voit même des gens de Weil am Rhein qui viennent le voir. »

L’an dernier, Schlettstadter Sterickle, l’association des parents d’élèves des sites bilingues de Sélestat, avait également organisé un défilé de la Saint-Martin, le 8.

On notera que la commémoration de l’armistice conserve la préséance à la date du 11 novembre, la Saint-Martin étant célébrée un peu avant ou un peu après.

Nota bene : parallèlement aux manifestations organisées par les associations de promotion du bilinguisme, on peut citer, entre autres, la promenade aux lampions dans la colline du Bollenberg, à Westhalten (prévue hier), celle organisée par le Cercle d’Histoire(s) de Wangen (aujourd’hui à 18 h), le défilé de l’Association Saint Martin en Val d’Argent, à Rombach-le-Franc (mardi 13)…

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Traditionnellement, le vrai début de l’hiver

Avant d’évoquer la fin de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre était une fête populaire majeure. Dans le monde rural, la Saint-Martin marquait un moment charnière : la véritable entrée dans le monde hivernal.

Le 11 novembre, c’est quoi ? Les écoliers comme leurs parents répondent : « La fin de la Première guerre », et ils ont évidemment raison. Avant cette guerre, on répondait de façon tout aussi pertinente : « La Saint-Martin ». Et la Saint-Martin, ce n’était pas rien, en particulier dans l’Est. « L’Armistice a pris le dessus sur la fête traditionnelle, remarque l’historien folkloriste alsacien Gérard Leser. Je me suis d’ailleurs toujours demandé si ça n’avait pas été fait intentionnellement… »

L’esprit de la Saint-Martin a été résumé en quelques vers, au XVI e, par le Strasbourgeois Johann Fischart dans son Die Geschichtsklitterung, adaptation du Gargantua de Rabelais : « O Martin, o Martin, écrit le satiriste, Der Korb musst verbrennt sein, Das Geld aus den Taschen, Den Wein in die Flaschen, Die Gans vom Spiess, Da sauf und friss ! » Ce qui donne, en bon français : « Ô Martin, ô Martin, la corbeille doit être brûlée, l’argent doit sortir des poches, le vin doit entrer dans les bouteilles, l’oie doit être ôtée dans la broche, alors bois et bouffe ! »

La Saint-Martin est une date charnière. Cette fête du saint-soldat, qui divisa son manteau pour vêtir un pauvre, marque, note Gérard Leser, une autre séparation : « Celle entre l’automne et l’hiver, au sens paysan. C’est la fin des récoltes, d’où l’allusion de Fischart à la corbeille brûlée. Les veillées vont débuter, on rentre dans les maisons, l’activité ralentit… »

C’est aussi le moment où il faut régler ses dettes ( « L’argent doit sortir des poches ») : on devait payer ce jour-là les redevances et impôts aux seigneurs et abbayes, et solder son crédit chez les artisans. « On disait ainsi de Martin qu’il était ‘‘ein harter Mann’’, un homme dur. »

Mais puisque c’était une fête, elle avait ses bons côtés. On goûtait au vin en train de se faire et on faisait bombance ( « Alors bois et bouffe ! ») avant de débuter l’autre carême, celui de Noël, aujourd’hui oublié ( « Avec les siècles, il s’est réduit à quatre semaines, donnant naissance au temps de l’Avent »). Entre le 11 novembre et la Saint-Nicolas, on tuait le cochon. On faisait aussi un sort à l’animal symbole de la Saint-Martin : l’oie (Martinsgàns), alors juste grasse. D’elle comme du cochon, on tirait beaucoup d’avantages : de la viande, certes, mais aussi de la graisse pour cuisiner… ou soigner ( « Enfant, on m’a guéri d’une bronchite avec de la graisse d’oie »), du duvet pour dormir ou encore des plumes pour écrire.

« Dans la mythologie germanique, poursuit Gérard Leser, l’oie est l’un des animaux favoris de Frau Holle, patronne du monde d’en dessous. Encore aujourd’hui en Alsace, quand il neige légèrement, on dit : ‘‘Die Frau Holl rupft die Gans’’, dame Holle plume les oies… »

Enfin, selon la tradition, le 11 novembre est la date où l’ours (présent dans la région jusqu’au XVIII e) débute son hibernation, dont il s’extirpera le 2 février, jour de la Chandeleur. Le paysan suivait un peu son exemple, en débutant une période de repos relatif. « Alors qu’aujourd’hui on fait le contraire !, remarque Gérard Leser. On se repose en été, au summum de notre forme, et on travaille durement en hiver, pour arriver épuisés aux mois de janvier et février… »

EN SAVOIR PLUS On peut trouver des précisions sur la Saint-Martin dans les deux ouvrages suivants de Gérard Leser : Noël, Wihnachta en Alsace (éditions du Donon, 2007), et A la quête de l’Alsace profonde (avec Marguerite Doerflinger, Saep éditions, 1986).

Quelle : L’Alsace

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