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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Aliénation des élus et instinct de survie du peuple

Posted on avril 24th, 2015 by Klapperstein

La loi est-elle l’expression de la volonté générale lorsque le plus grand nombre de ceux pour qui elle est faite ne peuvent concourir, en aucune manière, à sa formation ? Non. Maximilien de Robespierre dans : « Discours sur le suffrage universel » du 25 janvier 1790 (bien avant la Terreur).

L’intelligence collective

Quelles que soient les latitudes, certains peuples font preuve de plus de réussite que d’autres. Or, ce qui détermine généralement les performances d’une communauté, c’est l’intelligence collective. Celle-ci résulte de la faculté d’une communauté à valoriser les créativités individuelles, à mobiliser et rassembler les intelligences au service d’objectifs communs. La capacité de mettre en synergie les intelligences individuelles pour créer, innover et inventer, celle de défendre la cohésion et d’ordonner les solidarités au sein de la communauté, le sens du bien commun… sont ainsi autant de marqueurs de l’intelligence collective d’un peuple.

Mais suivant l’angle sous lequel on regarde, l’intelligence collective d’un peuple peut également se juger à la vitalité de son instinct de survie qui lui commande de protéger son originalité et les biens communs qui concourent à forger son identité.

Nos élus en rupture avec l’instinct de survie du peuple

Or la classe politique alsacienne, en renonçant à la lutte contre la dilution du peuple alsacien dans l’ALCA et en capitulant devant les diktats parisiens, semble en rupture avec l’instinct de survie de ses mandants alsaciens quasi unanimement opposés à la fusion. Elle a choisi de faire allégeance à Paris et prône ainsi une politique de collaboration avec les forces politiques exogènes généralement gangrénées par l’idéologie jacobine, une servitude volontaire : « Avec les partis politiques traditionnels, c’est foutu, ils jouent tous dans la même cour : celle du pouvoir, la plus jacobine (…) Les outils les plus pervers du jacobinisme, ce sont les partis politiques », se désole Charles Buttner[1] qui sait de quoi il parle.

Ainsi, citons en exemple Philippe Richert, devenu le chantre de l’ALCA dont il rêve à présent de faire « le cœur de l’Europe (sic) »[2], le sénateur Guy-Dominique Kennel ou le député Antoine Herth qui, tous trois, ne cessent de stigmatiser les opposants à la fusion et les défenseurs de la pétition « Alsace retrouve ta voix ». La virulence de leurs attaques s’accroît d’ailleurs à mesure qu’explose le chiffre des signataires : déjà 115 000 !!! Ces derniers, qui demandent simplement que la population soit consultée sur son sort, n’ont pourtant formulé qu’une revendication élémentaire dans toute démocratie.

Un référendum « est impossible et illusoire. Le processus (de fusion) est en marche et ne peut être stoppé », s’est emporté Philippe Richert[3]… tout en évitant de prendre position sur le fond. Et pour cause : le référendum, il n’en veut pas ! Tenant bien en main ses troupes et vraisemblablement pas avare de promesses, il a su mobiliser ses affidés de l’UMP pour qu’ils serrent les rangs, lui apportent leur soutien et agissent de concert pour barrer le chemin aux opposants à la fusion. L’ancien président du Conseil général du Haut-Rhin, Charles Buttner, qui le dit rompu à « la danse florentine », n’hésite pas à l’accuser « de poursuivre une stratégie de pouvoir, de brillance personnelle »[4].

Quant au sénateur Guy-Dominique Kennel, qui vient de quitter le Conseil général du Bas-Rhin, s’en prenant lui aussi aux opposants à la fusion, il demeure invariablement dans le sillage de son mentor et protecteur Philippe Richert : « À cause de ces manifestations, nous sommes perçus à Paris comme des autonomistes. Pour certains, on est même des Allemands », s’était-il indigné dans L’Alsace[5] soucieux avant tout du jugement de Paris. Pensez donc, des autonomistes ! voire pire encore… des Allemands, une abomination, l’horreur absolue ! Cinglant, Charles Buttner dit de lui qu’ « il a vendu l’Alsace et le Bas-Rhin. Ce n’est pas pour rien que Richert l’a choisi comme son successeur. Kennel allait suivre la marche sans moufter »[6].

De même, avec des arguties juridiques contestables, Antoine Herth est allé jusqu’à traiter de menteurs les promoteurs de la pétition : « Il n’y a qu’un mot pour désigner une telle attitude : le mensonge ! », a-t-il fulminé, ajoutant que c’était de « l’intérêt de l’Alsace (sic) » d’envoyer des élus dans le nouvel exécutif régional de l’ALCA[7]. Comment peut-on affirmer que l’intérêt de l’Alsace réside dans son enterrement ??? Le 11 avril à Sélestat[8], maniant l’ironie, le même a feint de confondre le drapeau historique alsacien rot un wiss avec celui des « Pollacks »(sic).

Le peuple alsacien doit maintenant se battre sur deux fronts

En refusant de se faire l’écho des plaintes des Alsaciens et de relayer leurs demandes, la plupart de nos élus[9], qui se caractérisent généralement par un sentiment d’appartenance évanescent, se font ainsi les complices implicites des fossoyeurs de l’Alsace, de ceux qui veulent sa désintégration. Ils ne sont plus à côté du peuple qui les a élu pour les défendre, mais contre lui. Au lieu de protéger les intérêts vitaux et existentiels des Alsaciens en prenant la tête du combat, ils les trahissent. Ce faisant, ils sont ainsi sortis du champ de l’intelligence collective du peuple qui, depuis les manifestations de 2014 et dans un sursaut salvateur, a renoué avec l’instinct de survie et entrepris de lutter contre l’effacement de l’Alsace.

A l’avenir, pour survivre, il est clair que le peuple alsacien devra se battre sur 2 fronts : contre les jacobins de Paris qui nous gouvernent, mais aussi contre ses propres élus qui, non content de capituler pour assurer leur carrière, se sont en plus retournés contre lui en prêtant main forte au dominant. Face à cette coalition contre nature, le combat s’annonce d’autant plus rude !

Bernard Wittmann – 23.4.2015

[1] Heb’di – mars 2015

[2] Rue89 – Strasbourg 7.2.2015

[3] Site FR3 Alsace – 10.4.2015

[4] Heb’di – mars 2015. Dans l’interview, Ch. Buttner dit espérer « que cette tentative de demander un nouveau référendum aboutisse ».

[5] L’Alsace 5.12.2014

[6] Heb’di – mars 2015

[7] DNA 15.4.2015

[8] Lors de l’AG de l’assoc. Heimetsproch un Tradition.

[9] Parmi les centristes, et même à l’UMP, quelques élus refusent de capituler et continuent de dénoncer la fusion. Ils s’opposent ainsi à la ligne « collaborationniste » de Ph. Richert envers lequel ils se montrent souvent très critiques. C’est d’ailleurs ce qui a valu à Charles Buttner d’avoir été privé du soutien de l’UMP.

Quelle : hewwemi.net

Philippe Richert : un judas des temps modernes

Posted on mars 18th, 2015 by Klapperstein

Suite et fin de l’article de Bernard Wittmann : Un judas des temps modernes (la première partie  est ici)

Collusion UMP-PS : L’absence des députés UMP a permis le vote de la loi

Rasséréné, le gouvernement pouvait passer à l’attaque pour imposer, par un vote des députés, la fusion aux Alsaciens. Pour rester crédibles, les élus UMP alsaciens brassèrent beaucoup d’air pour un dernier baroud d’honneur : « Ne tuez pas l’Alsace » pouvait-on lire sur une banderole qu’ils allèrent ensemble déployer à Paris !!! Une formule implorante, pleurnicharde qui n’avait évidemment aucune chance d’intimider Paris qui a toujours traité l’Alsace par le mépris ! Souvenons-nous simplement de ce honteux 26 février 1871 où l’Assemblée nationale avait voté, à une écrasante majorité de 81%, la cession « à perpétuité, en toute souveraineté et propriété » de l’Alsace-Moselle à l’Allemagne. Pour se sauver, la France n’hésita pas alors à sacrifier l’Alsace. Et plus tard, en 1940, quand Hitler procéda à l’annexion de facto de l’Alsace, Vichy ne protesta que très mollement !

C’est ainsi que le 17 décembre 2014, la carte des 13 régions fut définitivement adoptée par 95 voix pour – dont 94 PS -, 56 contre et 11 abstentions. Le sort de l’Alsace était scellé par quelques dizaines de députés socialistes. A cette occasion, on put s’apercevoir de la collusion entre l’UMP et le PS, la plupart des députés UMP n’étant pas venus siéger pour permettre l’adoption du texte par leurs collègues socialistes venus plus nombreux. Petit arrangement entre amis. Cependant, pour la galerie et pour ne pas qu’ils perdent trop la face vis à vis de leurs électeurs alsaciens, on laissa les quelques députés UMP alsaciens présents dans l’hémicycle se livrer à un simulacre de protestation solennelle en séance, sachant qu’ils ne pourraient en rien changer l’issue du scrutin déjà négociée par avance entre l’UMP et le PS ! C’est ainsi qu’on décida de la disparition de l’Alsace sans même que les Alsaciens ne soient consultés : un incroyable déni de démocratie ! Et pendant tout ce temps Philippe Richert était resté silencieux !

Arrivés trop tard dans la bataille, les jeux étant quasiment faits, nos élus UMP rentrèrent à nouveau progressivement dans le rang en ronchonnant… mais tout en commençant à lorgner vers les nouvelles sinécures qu’offrait l’ALCA et que Richert leur faisait déjà miroiter pour emporter leur ralliement.

Et pourtant, tous les recours contre cette fusion n’étaient pas épuisés à ce moment-là et le président de notre Conseil régional ne pouvait être sans le savoir. En effet, selon l’article L.1112-16 du Code Général des Collectivités Territoriales, une pétition signée par 10% des électeurs d’Alsace, soit environ 127 000 électeurs, aurait suffi pour contraindre le Conseil Régional à organiser une consultation par référendum. Or, Philippe Richert n’en a rien fait et s’est tu, sans doute parce qu’il avait déjà fait le choix de l’ALCA. Devant l’inaction de l’exécutif régional, le 5 février 2015, un collectif de citoyens s’intitulant « Alsace retrouve ta voix », s’est alors donné pour mission de réunir les signatures nécessaires. Mais il est hélas bien tard, l’opération devant être clôturée pour le 31 mars.

Richert tourne définitivement la page de l’Alsace

Rompu au grenouillage, ce qui explique sa longévité politique, à partir de là, il se désintéressa de l’Alsace. Sans attendre, il commença par entamer sa campagne électorale en sillonnant l’ALCA pour nouer des contacts avec les élus et entreprendre des consultations « au sommet » avec ses 2 homologues de Lorraine et de Champagne-Ardenne… tout en continuant de fustiger les manifestants alsaciens qui continuaient de s’opposer à la fusion, contrariant par là ses projets personnels ! Le massacre de Charlie Hebdo et l’émotion qui s’empara alors des masses mirent fin aux manifestations.

Malin, pour emporter l’investiture, Philippe Richert organisa encore début février une espèce « d’appel à l’homme providentiel » de la part des 22 parlementaires et grands élus alsaciens de droite. Ceux-ci, y compris ceux qui l’avaient critiqués vertement et traités de « narcisse » peu avant, l’assuraient maintenant de leur « soutien indéfectible », tout en énumérant ses innombrables qualités : « Il a acquis compétence et expérience (…) c’est le candidat naturel et légitime pour diriger la nouvelle région », écriront-ils[3]. Et la manœuvre fut impeccablement menée car quelques jours plus tard, le 5 février 2014, la Commission nationale des investitures de l’UMP lui confiera la responsabilité de conduire la liste UMP aux régionales. Parmi les élus UMP, ceux restés fermement opposés à la réforme territoriale, expliqueront ensuite leur volte-face par cet argument : « Il ne faut pas mettre Richert en difficulté pour ne pas gêner son élection ; c’est aussi risquer de faire le jeu du PS ou du FN ». Tiens donc ! A l’évidence, pour eux, l’intérêt du parti prime sur tout le reste… même sur l’Alsace !

C’est ainsi que, sans aucun état d’âme et sans honte aucune, Philippe Richert tourna la page de l’Alsace pour aller butiner à d’autres fleurs et construire son avenir politique ailleurs… plus près de Paris. A l’instar d’un bateleur de foire, dorénavant il n’aura pas assez de mots pour vanter les « grandes opportunités » et l’avenir radieux que nous offrira l’ALCA : « Notre axe sera de faire de cette grande région, la région experte sur la coopération transfrontalière, nous serons la région « cœur d’Europe », à l’articulation entre les deux piliers de la construction européenne »[4] ! S’il est élu à la présidence, il se fait fort de mener la construction de cette nouvelle région : « Je me sens coresponsable de ce territoire (ALCA), on va le construire avec tous les autres, d’ailleurs il y a des points communs entre nos trois Régions ne serait-ce que dans le domaine des pôles de compétences. Ce qu’il faut, c’est donner à ce grand territoire une lisibilité tant politique qu’administrative et aussi fonctionnelle », déclara-t-il dans l’Ami Hebdo[5]. Moi je Président… ! Le Grand Est a subitement pris sens pour lui, l’Alsace beaucoup moins, c’est déjà du passé. Non, décidemment la Heimet ne lui parle pas à cet homme là, elle ne fait pas vibrer son cœur ! Ce qui lui importe à présent, c’est d’entrer dans l’histoire comme le premier président de l’ALCA… et non d’y rester seulement comme le dernier président de l’Alsace.

Après un tel échec, leur crédibilité est anéantie

Suite à toutes ses trahisons au profit de sa carrière politique, osera-t-il encore venir en Alsace dans quelques mois faire campagne pour nous vendre la méga-région Est ? Son ambition et sa quête de pouvoir sont tellement fortes, qu’il n’est pas exclu qu’il ait le culot de l’envisager. Mais cette fois, il lui faudra faire preuve de beaucoup, d’énormément de talent pour arriver à berner une nouvelle fois les Alsaciens.

Cependant, conscient que son image de traître alsacien pouvait nuire à sa crédibilité pour briguer la présidence de l’ALCA, il a récemment tenté de se reconstruire une image de patriote alsacien : « Je suis profondément attaché à l’Alsace, à ses particularités et à son identité », a-t-il juré dans l’Ami Hebdo.com du 26 février 2015. Et d’en donner une preuve : « J’ai souhaité que soient organisées les premières Assises de la Langue et de la Culture régionales pour en faire reconnaitre l’actualité et en consolider les pratiques ». Or, qu’écrivait en janvier 2015 l’association Culture et bilinguisme dans sa revue Land un Sproch (N° 192) à propos de ces Assises : « Dans une précédente édition, nous avions écrit, au sujet des Assises : « Et la montagne accoucha d’une souris ». Hélas, plus de 6 mois après la fin des Assises, nous en sommes à nous demander si, au terme de ce difficile accouchement, la montagne n’a pas englouti la souris ». On le voit, le constat est sans appel : une opération poudre aux yeux de plus !

Dans sa réponse à l’Ami Hebdo, Philippe Richert déclarait aussi : « Au-delà du droit local, du Concordat et de notre inscription forte dans un environnement transfrontalier à l’échelle du Rhin Supérieur, c’est une certaine culture de travail particulière que nous avons su développer dans notre territoire où, sur les sujets essentiels, l’écoute et le dialogue priment sur la confrontation politique ». Apparemment, à en croire notre président, le droit local, le concordat, ce n’est pas ce qui prime, donc on peut les brader, ce qui compte c’est « une certaine culture de travail particulière » !

Cependant, la droite alsacienne, qui craint une réaction de rejet des électeurs alsaciens écœurés par les échecs et les retournements de Philippe Richert, continue de faire courir le bruit que si l’UMP venait au pouvoir en 2017, elle œuvrerait au retour de la région Alsace : « Votez pour nous si vous voulez que l’Alsace soit ressuscitée », tel est en substance le message !!! Ils n’ont même pas été capables d’empêcher son enterrement et maintenant ils voudraient la ressusciter ! C’est vraiment prendre les Alsaciens pour des idiots ! De même, comment peut-on envisager un seul instant que Philippe Richert, qui se sera donné tant de mal pour accéder à la présidence de l’ALCA, s’il y parvient, acceptera ensuite d’y renoncer en rétropédalant pour se retrouver à la case départ. Impensable !

Et comment un électeur censé peut-il encore faire confiance à un parti dont les leaders ont montré à ce point leur incapacité à défendre notre région et dont les fautes en cascades ont conduit l’Alsace jusqu’à la disparition ? Peut-on imaginer un bilan plus calamiteux ? Cette classe politique n’est décidément plus crédible, ce n’est pas d’elle que viendra l’indispensable renouveau : « Weg mit dem Ballast » disait Jean Keppi ! Une solution pour en sortir : ne plus voter pour un parti stato-national quel qu’il soit, l’Alsace étant le dernier de leurs soucis !!! Unser Land reste ainsi la seule alternative pour ceux qui sont décidés à continuer la lutte pour la renaissance institutionnelle de l’Alsace sous la forme d’une « collectivité territoriale à statut particulier ».

Notre salut viendra de nous-mêmes, de notre capacité à nous prendre en main, à nous organiser pour entrer démocratiquement en résistance et établir des rapports de force pour contraindre Paris à nous rendre justice en rétablissant la région Alsace, supprimée sans consultation des Alsaciens par un intolérable diktat et en violation de la Charte européenne de l’autonomie locale pourtant signée et ratifiée par la France ! Plus que jamais, pour nous extraire du bourbier de l’ALCA, c‘est l’autonomie qu’il nous faut revendiquer.

Bernard Wittmann – 5.3.2015

[3] DNA 5.2.2015

[4] Rue89-Strasbourg du 7.2.2015

[5] Ami Hebdo 13.2.2015

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Un passage de cet article nous a quelque peu choqué : « Souvenons-nous simplement de ce honteux 26 février 1871 où l’Assemblée nationale avait voté, à une écrasante majorité de 81%, la cession « à perpétuité, en toute souveraineté et propriété » de l’Alsace-Moselle à l’Allemagne. Pour se sauver, la France n’hésita pas alors à sacrifier l’Alsace. »

En ce qui nous concerne, ce qui nous pose problème, ce n’est aucunement que France ai accepté sous la contrainte de renoncer à sa main mise sur l’Alsace en 1871, mais qu’elle soit revenue sur sa parole dès qu’elle en a eu l’opportunité ! UH

Un judas des temps modernes

Posted on mars 15th, 2015 by Klapperstein

Il y a les figures historiques de la traîtrise…

Tous les peuples ont hélas leurs judas et à ce niveau le peuple alsacien est même plutôt bien servi. Depuis 1648, date marquant le début de son assujettissement, il a eu son lot de traîtres qui renièrent leurs compatriotes, leur cité, leur culture, leur langue, leur religion… Par vanité, souci de réussite ou en échange de quelques honneurs, titres ou prébendes lucratives, ils ont prêté main forte à l’oppresseur pour asseoir sa domination sur leur peuple. Deux renégats célèbres de Strasbourg sont restés dans l’histoire alsacienne. Il s’agit de deux éminents juristes : Jean-Christophe Güntzer (1636-1695), diplomate et ancien secrétaire de la République libre de Straßburg qui œuvra en sous-main pour livrer la ville au roi de France et Ulrich Obrecht (1646-1701) dont l’historien Rodolphe Reuss a dit qu’il était « plus royaliste que le roi ».

Après la capitulation de la cité devant les troupes françaises, tous deux tournèrent casaque et misèrent sur la royauté. Faisant preuve d’une servilité peu commune, ils s’appliquèrent à briser la résistance des édiles de l’ancienne ville libre d’empire et défendirent, avec un zèle peu commun, les intérêts français contre ceux de leurs propres compatriotes qui luttaient pour préserver leurs libertés et leurs droits. Pour prix de sa trahison, le premier fut nommé syndic royal dès le 9 octobre 1681. Quant au second, nommé au poste de prêteur royal en 1685, il se chargera de la mise au pas des Strasbourgeois et couvrira toutes les mesures royales pour imposer le français et entraver voire interdire l’usage de l’allemand. Pour plaire au roi catholique, il finira même, comme le premier, par abjurer sa religion protestante. A Straßburg, tous deux firent une brillante carrière de « valets » alsaciens du roi.

Par la suite, la bourgeoisie alsacienne coupée des racines populaires viendra alimenter cette galerie de la honte. Très tôt, elle se désolidarisa du peuple pour se ranger du côté de l’oppresseur. Elle se distingua tout particulièrement par son reniement de la langue et de la culture régionales pour adopter celles du dominant, celles du pouvoir politique. Sa collaboration intéressée avec le pouvoir français sur le dos du peuple alsacien permettra à Paris d’asseoir son emprise sur le pays. Citons en exemple l’avocat Colmarien Jean-François Reubell (1747-1807) auquel Mulhouse, ancienne république suisse, dut la perte de sa souveraineté suite à l’odieux blocus économique qu’il organisa pour la contraindre de se plier à l’ordre français ; l’abbé Nicolas Delsor (1847-1927), triste pantin manipulé par Paris, qui organisa le sabordage du Nationalrat initié par le Dr Ricklin pour préserver les acquis du Reichsland pour lesquels les Alsaciens-Mosellans s’étaient battus ; Jacques Peirotes (1869-1935), ancien adhérant du parti social-démocrate allemand et partisan d’une transformation du Reichsland en République neutre dans le cadre de l’Empire allemand, qui, dès novembre 1918, soutint pourtant les Commissions de Triages et l’épuration ethnique et n’aura ensuite de cesse de réclamer l’assimilation totale de l’Alsace…

… et ceux qui, à présent, ont pris leur relève

Ces hommes, qui de leur temps ont fait la honte et le malheur de l’Alsace, ont à présent de dignes successeurs. Philippe Richert est de cette trempe, c’est un judas d’aujourd’hui. A cause des ses choix calamiteux, de son esprit de soumission et de sa volonté de rester toujours dans les bonnes grâces de Paris pour servir son ambition personnelle et sa boulimie de pouvoir, l’Alsace lui doit d’avoir été rayée de la carte des régions de France. En effet, à la tête de la Région, ce narcisse dévoré d’ambition a cumulé les erreurs, les mauvais calculs et les reniements jusqu’à conduire le pays à la disparition. De volte-face en volte-face, ce « derviche tourneur » alsacien a fini par donner le tournis à tous, même aux élus de son propre camp politique. Parions qu’il entrera dans l’histoire comme le fossoyeur de l’Alsace, celui par qui arriva notre malheur.

Capable de nager dans toutes les eaux, le déroulé de ses reculades, trahisons, louvoiements, renonciations et capitulations successifs est sidérant :

Première stupidité de notre président !

Alors qu’il était ministre dans le gouvernement Fillon chargé des collectivités territoriales et de l’application de la réforme territoriale, il n’a pas compris le coup de Jarnac que lui préparaient les jacobins de Paris qui, en fixant des conditions draconiennes de quorums, œuvraient à faire échouer le référendum en faveur de la « Collectivité unique alsacienne ». Les Corses, eux, ont refusé un tel dispositif. Résultat, ils viennent d’obtenir, sans passer par la case référendum, le statut de « Collectivité territoriale unique » : « Entre juillet et la fin de l’année 2012, j’ai passé beaucoup de temps sur le dossier alsacien. À l’époque, l’Alsace (c’est-à-dire Philippe Richert) avait demandé l’organisation d’un référendum, et rien d’autre : nous y avons bien sûr fait droit, mais ce référendum a donné le résultat que vous savez », a expliqué la Ministre de la décentralisation Marylise Lebranchu à l’Assemblée le 20 février 2015.

Le fiasco du référendum !

Vint la campagne en faveur du référendum : elle fut calamiteuse. Effrayé à l’idée de déplaire à Paris et de s’attirer les foudres des jacobins, Philippe Richert refusa de jouer la carte de l’Alsace contre Paris et resta toujours dans le vague sur les possibilités émancipatrices et les nouvelles perspectives qu’offrait cette réforme. Il se contenta d’axer sa campagne sur les « simplifications administratives » et les « économies d’échelles » en moulinant des formules creuses. Jamais il ne prononça le mot d’autonomie ! Du coup, le projet manquant de transparence, il en résulta une certaine incompréhension. Le résultat fut le terrible gâchis que l’on sait[1] ! A Paris, les jacobins à l’affût purent alors sauter sur l’occasion pour imposer la fusion de l’Alsace et de la Lorraine.

Grosse boulette de Philippe Richert !

A peine le projet gouvernemental de fusion avec la Lorraine connu, Philippe Richert, qui quelques mois auparavant avait défendu une « Alsace unie et plus forte », se plia immédiatement aux injonctions de Paris. En catimini, sans en référer à personne, il alla se précipiter dans les bras de son homologue lorrain Jean-Pierre Masseret pour étudier avec lui, « au sommet » bien sûr, le rapprochement de la Lorraine et de l’Alsace. Mais, pas de chance, le journal Le Monde du 22 avril 2014 ébruita l’affaire ! Pris en défaut, le socialiste lorrain Jean-Pierre Masseret le premier se mit à table : « La Lorraine est prête à dépasser les clivages politiques (…) avec Philippe Richert président UMP de la région Alsace, nous sommes prêts à mettre en œuvre des expérimentations », expliqua-t-il. La manœuvre d’approche de Richert fit donc chou blanc et, même dans son camp, on cria à la trahison ! Gêné, il va alors évoquer timidement des « synergies » et des « convergences » entre ces deux régions. Et ce fut un nouveau mauvais message adressé à Paris où le gouvernement interpréta son attitude comme l’acceptation de la fusion avec la Lorraine.

Plus grave encore : la résignation affichée côté alsacien eut alors pour conséquence d’inciter le gouvernement – confronté à l’hostilité des Picards au mariage avec la Champagne-Ardenne – à élargir le projet de fusion initiale de l’Alsace et de la Lorraine à la Champagne-Ardenne dont il ne savait que faire. C’est ainsi que nous devons probablement à l’inconséquence de Philippe Richert cette usine à gaz qu’est la méga région ALCA grande comme près de 2 fois la Belgique et qui finira inévitablement par engloutir l’Alsace (le Conseil régional de l’ALCA comptera 169 élus dont seulement 60 pour l’Alsace).

Autre erreur tactique !

En Alsace, cette méga Région allant de Nogent en Haute-Marne jusqu’au Rhin et de la Belgique aux portes de Paris, fit immédiatement l’unanimité contre elle. Et ce fut une levée de boucliers générale… même de la part des élus UMP qui furent eux aussi vent debout contre ce qui apparaissait à tous comme une aberration… e Schnapsidee von unsere pariser Jakobiner ! D’ailleurs, elle ne permettait ni économie, ni démocratie de proximité ! Le maire de Mulhouse lança même une pétition teintée d’autonomisme – titrée « L’Alsace reprend son destin en main » – demandant que « L’Alsace reste seule » et qui, en quelques semaines, recueillera plus de 60 000 signatures. De leur côté, les deux Conseils départementaux et le Conseil régional votèrent à 96% une motion contre cette fusion et le retour du Conseil unique d’Alsace. Et la colère continuait d’enfler.

Craignant de n’être pas de taille pour jouer le chef d’orchestre dans ce Grand-Est couvrant 57 000 km2, pour garder la main et éviter une révolte de ses troupes, Philippe Richert opéra une nouvelle volte-face : il rejetait cette fois catégoriquement toute idée de fusion ! Ainsi, le 28 août 2014, très offensif, il déclarait dans les DNA : « La fusion Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne est tout simplement inacceptable (…) Le Conseil d’Alsace est la seule réponse possible (…) Si l’Alsace parle d’une voix claire et encore plus forte, le gouvernement ne pourra pas ne pas l’entendre ».

Adoptant une posture de rebelle, le 11 octobre 2014, il organisa une grande manifestation de protestation place de Bordeaux à Strasbourg qui devait marquer la détermination alsacienne. Là, sur la tribune, les tenants de la droite alsacienne se succédèrent en jouant des biscotos : l’Alsace dit non à la fusion, awer jetz langt’s… ! Arriva le tour du président Richert. Avec des airs de tribun courroucé et déterminé, il fit mine de montrer les dents : « Nous croyons à une Alsace ouverte sur le Rhin (…) Le pari est réussi (les Alsaciens) ont dit oui à l’Alsace ! », lança-t-il au micro face aux 10000 manifestants enthousiastes et une forêt de rot un wiss… avant d’entonner la Marseillaise et de clore la manifestation avec un lâcher de ballons tricolores, à l’instar d’une joyeuse fête paroissiale, suscitant l’incompréhension et la désapprobation de beaucoup. Colère… mais quand même génuflexion !

Cette mise en scène grotesque, vu le contexte tendu de contestation voire de fronde, était en réalité destinée à rassurer Paris où l’on comprit dès lors que le président de l’exécutif régional, incapable de se départir de son obséquiosité et de son penchant pour l’obéissance, n’engagera pas la fronde jusqu’au bout et n’entrera pas en résistance. Et ce sera un nouveau flop !

Nouveau retournement de veste !

A partir de là, médusée par le nombre des rot un wiss brandis par la foule et le poids inattendu des autonomistes du parti Unser Land lors de la manifestation du 11 octobre, l’UMP préféra se mettre en retrait et rester dans l’expectative. Cependant, désireuse néanmoins d’exploiter le mécontentement à son profit, en décembre 2014, elle fit savoir, par la voix de Nicolas Sarkozy invité à un meeting à Mulhouse, qu’en cas de retour au pouvoir en 2017, elle annulerait purement et simplement la fusion de l’Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne.

L’indignation ne retombant point et l’UMP ne bougeant toujours pas, c’est à partir des réseaux sociaux que furent alors organisées plusieurs grandes manifestations citoyennes contre la fusion à Strasbourg, Colmar, Mulhouse et Thann. Elles réunirent des milliers de manifestants, pour la plupart jeunes, issus de toutes les couches de la population alsacienne. Les autonomistes, qui y tenaient le haut du pavé, dénonçaient l’aspect antidémocratique de la fusion programmée et réclamaient un référendum !

Placée sous la coupe de Philippe Richert, l’UMP refusa de participer à ces manifestations populaires d’une ampleur rare. Pire, le tandem Richert-Kennel n’aura de cesse de fustiger les manifestants et de dénigrer les autonomistes : « À cause de ces manifestations, nous sommes perçus à Paris comme des autonomistes. Pour certains, on est même des Allemands », dira ce dernier dans « L’Alsace » du 5 décembre 2014, avant d’ajouter : « L’Alsace n’a pas les moyens de son autonomie ». Un discours qui a du ravir Paris.

En savant équilibriste politique, Philippe Richert commença alors par amorcer un nouveau virage vers un abandon de la cause alsacienne… normal, quand on sait que, dès le 11 décembre 2014[2], il était quasiment acquis au sein de l’UMP qu’il serait investi pour prendre la tête de la liste du parti dans la région ALCA aux régionales prévues en décembre 2015 ! Ceci expliquant bien sûr cela !!! fin de la première partie de l’article, à suivre…

Bernard Wittmann

[1] Le oui l’emporta pourtant de 58%. Mais l’imposition d’une participation minimale de 25% des inscrits et l’obligation de la victoire du oui dans les deux départements, firent échouer le référendum.

[2] DNA du 11.12.2014 – « Qui pour prendre la tête de la liste UMP aux prochaines régionales ? »

Quelle : hewwemi.net

Sans référendum, pas de démocratie, pas de légitimité

Posted on janvier 24th, 2015 by Klapperstein

Es gibt keine echte Demokratie ohne direkte Demokratie. Il n’y a pas de véritable démocratie sans démocratie directe. L’Histoire de l’Alsace en témoigne et comme toujours la République se moque de nous en bafouant nos droits civiques les plus élémentaires. Nous exigeons un référendum sur la fusion forcée. Sans référendum, pas de démocratie, pas de légitimité.

L’ALCA n’a de toute façon aucun avenir. Plus que jamais l’Alsace est notre avenir. UH

Article des DNA – 22/01/2015

Le Parlement français supprime définitivement la région Alsace

Posted on décembre 17th, 2014 by Klapperstein

Réforme territoriale Le Parlement adopte définitivement la carte de France à 13 régions

Le Parlement a adopté définitivement par un ultime vote de l’Assemblée la nouvelle carte de France à 13 régions malgré la colère toujours véhémente des UMP alsaciens contre la fusion de leur région avec Champagne-Ardenne et Lorraine.
Cette réforme, qui entrera en vigueur début 2016, a été voulue par François Hollande dans le but de redessiner la France pour plusieurs décennies avec des régions de «taille européenne» et moteurs du développement économique.
Dans un ultime vote, les députés ont adopté le texte par 95 voix pour, 56 contre et 11 abstentions. Le Front de gauche, les radicaux de gauche, les écologistes, l’UMP et l’UDI ont voté majoritairement contre «des regroupements forcés» alors que les socialistes ont voté pour.
Après six mois de débat et trois lectures dans chaque chambre, c’est donc la vision du groupe socialiste à l’Assemblée qui s’est imposée là où le gouvernement avait proposé 14 régions et où le Sénat en voulait 15 au lieu des 22 actuelles.
Si elle n’est pas «parfaite», cette carte «a sa cohérence», s’est félicité le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qui y voit «un message d’espoir pour ceux qui croient en la nécessité des réformes».
La nouvelle carte fusionne l’Alsace avec la Lorraine et Champagne-Ardenne, le Nord-Pas-de-Calais avec la Picardie, et Midi-Pyrénées avec Languedoc-Roussillon, trois fusions contestées, surtout la première. Les autres regroupements ont été moins polémiques (Poitou-Charentes avec Limousin et Aquitaine, Bourgogne et Franche-Comté, Rhône-Alpes avec Auvergne), voire enthousiastes (les deux Normandie).
Cette réforme suscite toujours une vive opposition en Alsace: à quatre reprises depuis la mi-octobre, des manifestations ont rassemblé plusieurs milliers de personnes, inquiètes pour la préservation de leur identité régionale. Et, selon le quotidien L’Alsace, une quinzaine de communes ont même suivi mardi l’appel du président du conseil général du Haut-Rhin à faire sonner les cloches ou la sirène des pompiers à 18 heures…
«Les socialistes n’ont jamais aimé l’Alsace», a encore tempêté mercredi l’UMP Eric Straumann, provoquant la colère d’Armand Jung (PS), pour qui «personne n’a le monopole de l’Alsace».
Les parlementaires UMP vont déposer dès jeudi un recours devant le Conseil constitutionnel, arguant «qu’on ne peut pas toucher au périmètre d’une collectivité territoriale sans avoir préalablement consulté cette collectivité».
Seule consolation pour les Alsaciens: Strasbourg a déjà été désignée comme le siège de la future préfecture de région alors que pour les autres régions, le «chef-lieu» sera désigné par décret après avis de l’assemblée de la nouvelle région.

Après la carte, la réforme des compétences

Le texte modifie aussi le mécanisme pour permettre à un département de changer de région en abrogeant la condition du référendum local.
Ce «droit d’option» sera permis entre 2016 et 2019. Mais ce changement de région devra obtenir l’aval des deux conseils régionaux concernés, ainsi que du conseil départemental à une majorité des trois cinquièmes.
Ce seuil de 60% a été critiqué comme un «verrou législatif» par les écologistes comme les députés bretons qui, sur tous les bancs, rêvent d’une «réunification de la Bretagne à cinq départements» en y incluant la Loire-Atlantique, actuellement au sein des Pays-de-la-Loire.
Le texte repousse enfin les élections régionales de mars à décembre 2015, les départementales restant fixées en mars.
Mais les parlementaires sont loin d’en avoir fini avec le chantier de la réforme territoriale. Le Sénat a entamé cette semaine le débat sur l’autre volet, celui de la refonte des compétences des régions et des départements, plus technique mais qui promet d’être tout aussi polémique.
Le gouvernement voudrait réserver aux régions le développement économique et aux départements la solidarité sociale et territoriale. La réforme transfèrerait aux régions la gestion des collèges, du transport scolaire, des routes et ports départementaux.
Mais il n’est plus question de supprimer tous les conseils départementaux à l’horizon 2020 comme initialement envisagé par François Hollande.
Le gouvernement veut aussi une restructuration des intercommunalités d’ici fin 2017, avec un seuil minimal qui passerait de 5.000 habitants à 20.000 pour chacune, moyennant de la souplesse en zone peu dense (montagne…).
Au total, le secrétaire d’Etat à la Décentralisation, André Vallini, espère de la réforme territoriale «5 à 10% d’économies en dix ans».

Quelle : L’Alsace

Trotz allem großartig !

Posted on décembre 4th, 2014 by Klapperstein

La majorité du Conseil Général du Haut-Rhin s’est baillonnée durant plusieurs minutes avec des bandeaux rot un wiss, pour protester contre la fusion Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne.

Durant ces dernières années, Charles Buttner (président du Conseil Général du Haut-Rhin) a beaucoup fait en coulisses pour faire capoter le projet de fusion des 3 collectivités alsaciennes en un Conseil Unique d’Alsace. Et pourtant, aujourd’hui, il est à la pointe de la contestation contre la fusion ALCA, qui a pour cause indirecte l’échec du référendum de 2013 sur le Conseil Unique.

Les hommes politiques sont ainsi faits qu’ils surfent sur les vagues de l’opinion publique. Les hommes politiques ne sont souvent humainement ni bons ni mauvais, et ils ont parfois quelques convictions, qu’ils défendent ou abandonnent au gré des circonstances.

Une chose est toutefois certaine : ce revirement d’un responsable politique comme Charles Buttner (jusqu’à pavoiser le Conseil Général en Rot un Wiss, à se bâillonner comme l’est l’alsacienne bâillonnée des affiches d’Alsace d’abord, à se ranger derrière une banderole du parti autonomiste Unser Land dimanche dernier à Colmar) est la conséquence de la pression populaire et citoyenne alsacienne.

Pour ceux qui défendent l’Alsace, il faut accueillir cette évolution de façon positive, comme une victoire de la pression populaire et de la stratégie d’influence menée par les contestataires.

Quelle : Alsace Actu Facebook

La mobilisation de la population alsacienne ( pétition Rottner Prenons notre destin en main, pétition Oui au référendum sur la réforme territoriale, succession de manifestations etc…) porte ses fruits, non seulement les politiciens alsaciens commencent à se révolter, mais en plus ils le font en Rot un Wiss ! Début d’une vrai rébellion des élus alsaciens face au pouvoir parisien ou simple coup de com’ ? L’avenir nous de dira. Et l’avenir, c’est pour commencer Sunntig in Milhùsa ! UH

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Haut-Rhin Les conseillers généraux se bâillonnent pour protester contre la grande région

Près d’une vingtaine de conseillers généraux haut-rhinois se sont symboliquement bâillonnés avec un bandeau « rot un wiss », ce matin, en ouverture de la séance publique du Conseil général qui se tient actuellement à Colmar, pour protester contre l’intégration de l’Alsace dans la future grande région ALCA (Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) .

La scène a duré plusieurs minutes, « le temps qu’il a fallu à la commission mixte paritaire pour sceller le sort de notre région », a expliqué le président Charles Buttner avant ce happening. Au-delà des 16 élus de la majorité – tous ceux qui étaient présents – qui y ont participé, quelques indépendants se sont montrés solidaires, à l’image de Max Delmond (Huningue) et Odile Boquet-Hunold (Soultz), qui ont porté le bâillon, ou de Pierre Vogt (Cernay), qui s’est contenté de le porter autour du cou. Les écologistes, n’ont pas suivi. Quant aux élus socialistes, qui ont dénoncé « une mascarade ridicule », ils ont quitté la salle, à l’image d’un Pierre Freyburger qui a claqué la porte.

« Contre le mépris de l’Etat jacobin « 

A la mi-journée, le service de presse du Conseil général a diffusé un communiqué expliquant cette action symbolique en ces termes :

« Par un silence assourdissant de quelques minutes, les Conseillers Généraux Haut-Rhinois, réunis ce matin en Séance Publique, ont fait entendre leur colère face à la réforme territoriale qui s’est faite sans les élus locaux, sans écouter l’avis des Sénateurs et sans consulter le peuple. Ils se sont baillonnés avec un tissu rouge et blanc aux couleurs de l’Alsace.

Les élus départementaux entendaient ainsi, avec ce geste symbolique, s’insurger contre le mépris de l’Etat jacobin qui refuse d’écouter les voix et les cris du cœur d’une très grande majorité d’Alsaciennes et d’Alsaciens opposés à la Méga Région et qui ne demandent que le respect de ce qu’ils sont.
HAUT-RHIN Les conseillers généraux se bâillonnent pour protester contre la grande région
Près d’une vingtaine de conseillers généraux haut-rhinois se sont symboliquement bâillonnés avec un bandeau « rot un wiss », ce matin, en ouverture de la séance publique du Conseil général qui se tient actuellement à Colmar, pour protester contre l’intégration de l’Alsace dans la future grande région ALCA (Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) .
Nous avons expliqué, proposé, revendiqué, réclamé, protesté mais tout cela est resté vain, a expliqué solennellement Charles Buttner dans son allocution d’ouverture de la Séance Publique. Les mots ont démontré leurs limites. Il ne reste plus aucun terme qui pourrait exprimer notre déception, notre tristesse, notre colère, a-t-il ajouté.

Et de conclure son propos par ces mots : Une assemblée silencieuse, c’est aussi l’image d’une méga région hypothétique et improbable où ne résonneraient plus les voix des territoires et de leurs élus de proximité. Nous ne pouvons pas l’accepter. »

Quelle : L’Alsace

Zwangsheirat auf Französisch

Posted on décembre 4th, 2014 by Klapperstein

Das Elsass wehrt sich gegen die Fusion mit Lothringen und Champagne-Ardenne. Was sind die Beweggründe?

Foto :  L’Alsace

Ein Thema beherrscht die politischen Diskussionen in Frankreich seit Monaten: die Verwaltungsreform, die Präsident François Hollande und sein Premier Manuel Valls verwirklichen wollen. Aus 22 Regionen sollen 13 werden. Am vehementesten ist der Widerstand gegen die Neuorganisation im Elsass, das mit Lothringen und der Champagne-Ardenne zusammengehen soll. Über alle Parteigrenzen hinweg wehren sich die Elsässer gegen die geplante Vereinigung. Eine Demonstration jagt die nächste, seit Wochen schon.

Genützt hat es nichts: Die französische Nationalversammlung hat der neuen Verwaltungskarte am Dienstag mit 277 gegen 253 Stimmen zugestimmt. Ihrer Enttäuschung machten die Elsässer in Paris lautstark Luft. «Mariage forcé, divorce assuré», rief Jean-Luc Reitzer, Abgeordneter in der Assemblée Nationale und Bürgermeister des Städtchens Altkirch: Der Zwangsheirat werde mit Sicherheit die Scheidung folgen.

Eigene Reform gescheitert

Dabei ist eine Verwaltungsreform gerade im Elsass überfällig. Das ist auch der betroffenen Bevölkerung bewusst. Im April 2013 haben sich 58 Prozent der Elsässer in einem Referendum für die Zusammenlegung der beiden Departementsräte (Haut-Rhin und Bas-Rhin) mit dem Regionalrat ausgesprochen. Eine einzige Elsässer Verwaltungseinheit sollte geschaffen werden. Die Gebietsreform scheiterte jedoch am Nein im Oberelsass und an der insgesamt zu niedrigen Stimmbeteiligung.

Die Angst vor einem Um- und Abbau des aufgeblähten Verwaltungsapparats war schon damals gross. Auch die Regionalpolitiker, die meisten von der Union pour un Mouvement Populaire (UMP), gaben Steuergelder lange Zeit mit beiden Händen aus. Der Conseil Régional etwa leistete sich in Strassburg einen ultramodernen Amtssitz. Die von Paris jetzt angeordnete Neuorganisation der Regionalverwaltung ist auch eine Antwort auf die verpasste eigene Reform.

Das Diktat ist freilich auch Ausdruck dessen, dass es in Paris an Sensibilität für die regionale Identität fehlt: Die Elsässer glaubt man – im Gegensatz zu den Korsen und Bretonen – übergehen zu können. Ein Grund dafür liegt in der wechsel- und leidvollen Geschichte der Grenzregion, die seit 200 Jahren zwischen Anpassung und Abgrenzung von Paris pendelt. Im Vergleich zu den Korsen oder Bretonen sind die Elsässer politisch weniger selbstbewusst, eher obrigkeitsgläubig und vor allem nostalgisch. Die Dorftheater erfreuen sich im Elsass grosser Beliebtheit. Gleichzeitig verschwindet das Alemannische immer mehr aus dem Alltag.

Die Sprache geht verloren

Das französische Bildungswesen hat hier ganze Arbeit geleistet. Und die Eltern halfen kräftig mit: Wer seine Kinder fördern wollte, sprach mit ihnen Französisch. Zur erträumten Karriere auf den Champs-Elysées passte das Elsässische nicht.

Ein Beispiel: Die Eltern des Schreiners Jean-Louis Perrin in Saint Bernard, meinem Sundgauer Wohnort, der bis vor drei Jahrzehnten noch Brinnighofen hiess, sprachen besser Elsässisch als Französisch. Der Schreiner selber spricht es bis heute gut, seine drei Söhne bloss noch mit Mühe und deren Kinder gar nicht mehr. Heute bedauert man das im Elsass. Die nur noch Französisch sprechenden jungen Elsässer finden in Basel und im Badischen immer schwerer einen Job.

Am Volk vorbeigeplant

Um diese für die Elsässer Kultur zentrale Entwicklung kümmerten sich die meisten Politiker bis vor kurzem nicht.
Dass sie jetzt auf die kulturelle Eigenständigkeit pochen, ist deshalb nur halbwegs glaubwürdig. Die Angst vor einem Abbau der Verwaltung und einer Beschneidung ihrer Macht dürfte eine mindestens so grosse Antriebskraft sein. Und trotzdem: Es ist verständlich, dass das relativ wohlhabende, an Deutschland und die Schweiz grenzende Elsass nicht mit ärmeren Regionen zusammenspannen will. Eine Nivellierung nach unten wird befürchtet.

Wie die französische Regierung die Verwaltungsreform angeht, ist aus Schweizer Sicht unverständlich: Nichts von Mitsprache der Direktbetroffenen, nirgendwo eine Volksabstimmung zur Neuorganisation. Wie die Reform im Elsass angesichts des heftigen Widerstands umgesetzt werden soll, ist schleierhaft. Es mag auf dem Papier ohne Volk gehen, nicht aber im politischen Alltag.

Quelle : bazonline.ch

Zwangsfusion : endgültige Annahme im Dezember

Posted on novembre 26th, 2014 by Klapperstein

Fusion : Adoption définitive en décembre -  mobilisation

Nous sommes dans la dernière ligne droite avant l’adoption définitive de la réforme territoriale et de sa carte calamiteuse qui prévoit la dilution de l’Alsace dans le « Grand Est ».

Voici le déroulé de la marche procédurale :

Une commission mixte paritaire (CMP) sera convoquée le 27 novembre 2014 afin de tenter de mettre au point un texte commun aux deux assemblées, le Sénat ayant approuvé une carte comportant 15 régions, alors que le gouvernement en avait proposé 14.

Face à un échec assuré à la CMP, le texte sera de nouveau soumis aux députés et aux sénateurs puis reviendra devant l’Assemblée, qui a constitutionnellement le dernier mot, pour une lecture définitive, probablement vers le 20 décembre.

Nous avons donc encore le temps et les moyens de bloquer cela !! Maintenant, et sans perdre de temps, il faut que nos élus se bougent, activent leurs neurones et que la société civile alsacienne manifeste son profond mécontentement par des manifestations populaires à répétition et des actions symboliques. De notre mobilisation à tous dans les 4 semaines à venir dépendra la survie de l’Alsace. Also jetz draan nüss… un rot un wiss erüss !

Bernard Wittmann

Quelle : Facebook Alsace bilingue

Offener Brief an die Präsidenten!

Posted on octobre 31st, 2014 by Klapperstein

Interessenvertretung deutschsprachiger Esässer  IDEAG

Offener Brief an die Herren Präsidenten : Charles Buttner, Guy-Dominique Kennel, Phillipe Richert

Sehr geehrte Herren,

in seiner Reaktion auf die Aussage von Premierminister Valls vor dem französischen Senat, der die Schaffung eines vereinigten Elsass ablehnt und unsere Region in einem geographischen Konglomerat namens ALCA ertränken will, appelliert Präsident Buttner an die Einigkeit der elsässischen Gewählten und an die Mobilisierung aller Elsässer gegen das zentralistische Projekt, das das Ende der elsässischen Kultur bedeuten würde.

So lobenswert Ihre Absichten auch sein mögen, möchten wir Sie hiermit in aller Freundschaft vor einer Wiederholung der Irrtümer des 11. Oktober warnen. Das elsässische Volk wird Ihnen nur dann folgen, wenn es in Ihnen entschlossene und zuverlässisge Verteidiger der elsässischen Werte und Bedürfnisse sieht.

Das Elsass kämpft nun ums Überleben, und das Symbol für die Bestimmtheit, mit der wir unsere Werte verteidigen werden, ist unsere historische Fahne „Rot un Wiss“. Solange die Todesgefahr besteht, ist jedes Loyalitätsbekenntnis Paris gegenüber völlig unangebracht und kontraproduktiv, da es von der Pariser Politik als ein Zeichen der Schwäche interpretiert und sofort ausgenutzt wird, wie Manuel Valls es mit seiner Aussage bewiesen hat.

Mit anderen Worten: Eine Demonstration zugunsten des Elsass werden wir nur noch dann unterstützen, wenn die Teilnehmer nicht zum Kniefall vor den Insignien der Republik –Singen der Marseillaise, Beklatschen blau-weiß-roter Luftballons – genötigt werden.

Hören Sie endlich auf, bei jedem Ausdruck elsässischen Stolzes die Tricolore zu hissen, als müssten wir uns für das entschuldigen, was wir sind: Elsässer!

Wir sind Ihre Verbündeten im Kampf gegen die Zwangsfusion – aber nur, wenn Sie diese Aufgabe mit Würde und Stolz übernehmen.

Mit freundlichen Grüßen,

Dirk Meenenga, Präsident

Joseph Schmittbiel, Gründungsmitglied

Kontakt: Meenenga@IDEAG.fr

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Ligue de défense des droits des Alsaciens germanophones  IDEAG

Lettre ouverte à Messieurs les Présidents Charles Buttner, Guy-Dominique Kennel, Philippe Richert

Messieurs,

réagissant à la déclaration du premier ministre Valls au Sénat, qui rejette la création d’une Alsace unifiée et exprime sa volonté de noyer notre région dans un conglomérat nommé ALCA, le président Buttner appelle à « l’union sacrée de tous les élus ainsi qu’à la mobilisation de tous les Alsaciens » contre ce projet centralisateur qui signifierait la fin de la culture alsacienne.

Vos intentions sont certes louables, mais par la présente, nous aimerions en toute amitié vous mettre en garde contre une répétition des erreurs du 11 octobre. Le peuple alsacien ne vous suivra que s’il peut compter sur vous en tant que défenseurs résolus de l’identité alsacienne !

L’Alsace se bat désormais pour sa survie, et le symbole de notre détermination à défendre nos valeurs est notre drapeau historique « Rot un Wiss » (rouge et blanc) ! Tant que la menace de mort plane sur l’Alsace, toute déclaration de loyauté envers Paris est totalement déplacée et contre-productive puisqu’elle est immédiatement interprétée comme un signe de faiblesse et exploitée comme telle, ainsi que Manuel Valls l’a prouvé avec sa déclaration.

En d’autres termes, nous ne participerons plus à une manifestation où les participants se verraient contraints à la génuflexion devant les symboles de la république (chant de la Marseillaise et lâcher de ballons bleu, blanc, rouge).

Cessez enfin de sortir le drapeau tricolore à chaque fois que s’exprime la fierté alsacienne, comme si nous devions nous excuser d’être ce que nous sommes : des Alsaciens !

Nous restons vos alliés dans le combat contre la fusion, mais uniquement si vous assumez vos rôles dans la dignité et la fierté !

Veuillez agréer, Messieurs les Présidents, nos salutations alsaciennes

Dirk Meenenga, Président
Joseph Schmittbiel, Membre fondateur

Contact : Meenenga@IDEAG.fr

Quelle : hewwemi.net

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