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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Colloque 1911 – 2011, vendredi 10 juin

Posted on juin 8th, 2011 by Klapperstein

-   Vendredi 10 juin 2011, au Palais du Rhin, Place de la République in Strossburi. 

Colloque du centenaire de la constitution de 1911 du Reichsland Elsass-Lothringen, organisé par l’ICA, Initiative Citoyenne Alsacienne

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Heimetfescht

Posted on mai 2nd, 2011 by Klapperstein


A l’occasion du centenaire de la constitution d’Alsace-Lorraine, une grande fête sera organisée in Strossburi le soir du mardi 31 mai 2011 par Le Comité du Centenaire de la Constitution présidé par Thierry Hans. Elle aura lieu près des locaux de  l’ancien Landtag, notre ancien parlement devenu théâtre, le Théâtre National de Strasbourg, au bar du TNS, avenue de la Marseillaise. Nous invitons d’ores et déjà les Alsaciennes et les Alsaciens attachés à leur identité et à leur Heimet de réserver cette date et d’y venir nombreux ! Nous vous communiquerons de plus amples informations ultérieurement. En attendant voici le lien du site du comité organisateur :

Comité du Centenaire de la Constitution d’Alsace-Lorraine

Les baïonnettes connaissent la vérité

Posted on novembre 11th, 2010 by Klapperstein

Pierri Zind, dans son ouvrage Elsass-Lothringen Alsace Lorraine, une nation interdite 1870-1940, nous raconte le crépuscule du Reichland Elsass-Lothringen et de l’éphémère Republik Elsass-Lothringen proclamée par le Nationalrat .

En novembre et décembre 1918 les troupes françaises ne sont d’après le traité de paix que des troupes d’occupation provisoire dans l’attente d’un plébiscite d’auto-détermination. Mais face à l’intransigeance et aux intimidations des envahisseurs français, qui n’ont nullement l’intention de respecter le traité de paix et leurs engagements passés, une majorité des membres du Landtag décide de donner raison à la force brut. En signe d’allégeance à la France, ils chassent Eugène Ricklin de la tête du Nationalrat pour y mettre le chanoine Nicolas Delsor, depuis peu converti à la cause de l’occupant français. Et c’est ainsi que le peuple alsacien-lorrain, trahi par ses représentants, va perdre la face aux yeux d’une histoire que les Français n’aurons plus qu’à arranger et réécrire.

Le jeudi 5 décembre à 15h30, Nicolas Deslor convoque tout le beau monde de Strasbourg à une Solennelle Séance Plénière de l’Assemblée Nationale :

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Ce fut un vrai cirque mélodramatique. Officiers, journalistes, représentants parisiens, tous ces étrangers garnissaient les tribunes, mais l’Alsace authentique était absente. Delsor donna lecture de la proposition préparée la veille : elle fut votée publiquement, par «assis et levé», évidemment à l’unanimité, et son affichage fut ordonné dans toutes les communes d’Alsace-Lorraine. Après cette comédie, Delsor ajouta ces paroles ahurissantes : «Les hommes d’Etat qui revendiquent le plus énergiquement pour les peuples le droit de disposer librement et souverainement de leurs destinées peuvent être en ce qui concerne l’Alsace-Lorraine pleinement satisfaits. Le référendum n’a plus de raison d’être, il est fait ! (Vifs applaudissements) Il s’est accompli dans un enthousiasme indescriptible de village en village, de cité en cité, sur les pas triomphants de nos légions victorieuses ! (Vifs applaudissements)». Ces paroles également avaient été dictées par Paris, pour fermer la bouche aux Américains et aux Anglais qui, comme les Allemands, réclamaient l’application du plébiscite en Alsace-Lorraine.

Pareilles confusions politiques et psychologiques laissent perplexe.
Comment peut-on assimiler le référendum ou plébiscite, vote individuel, anonyme et secret, organe de la démocratie directe, à un vote public par «assis et levé», en présence du vainqueur invité précisément pour assister à ce simulacre et effectué dans la fièvre par quelques dizaines de députés nullement élus pour cette opération — députés qui avaient juré fidélité à la Constitution alsacienne-lorraine de 1911 — députés qui par un coup d’Etat avaient transformé le Landtag en Nationalrat, et qui de toute façon n’étaient que les organes de la démocratie indirecte ?
Comment peut-on assimiler à un référendum individuel, secret et anonyme, l’accueil fait aux troupes victorieuses apportant enfin la paix et organisé par des agents français dans des villes épuisées par cinq années de guerre et de privations innombrables, sous un régime de dure dictature militaire ?
Comment peut-on proclamer le rattachement du Land Elsass-Lothringen à la France, alors que l’Alsace-Lorraine se trouvait toujours dans la situation de territoire allemand occupé, conformément aux articles de la convention d’armistice et valables au moins jusqu’au 17 décembre 1918 à 12 h ?
Comment enfin peut-on parler sérieusement de «nos légions victorieuses», alors que 380 000 Alsaciens-Lorrains étaient — morts ou vifs — des «Feldgrauen» vaincus ?
Où est la vérité ? Où est le droit ? Où sont la pudeur du vaincu et la fierté du héros malheureux ? Où est la dignité humaine ?
Mais toutes ces flagorneries bourgeoises ne modifièrent en rien l’inéluctable cours des événements. Les jeux étaient faits, et une fois de plus, sans le peuple alsacien-lorrain.

Le 9 décembre 1918, accompagnés de plus d’un millier de politiciens et de parlementaires, le Président de la République Raymond Poincaré et le Président du Conseil Georges Clemenceau faisaient à leur tour une entrée triomphale dans Strasbourg. Anticipant gaillardement sur le futur traité de Versailles, le gouvernement de Paris prenait possession de sa conquête pour mettre les Alliés devant le fait accompli.
A la mairie de Strasbourg, l’illustre cortège n’aurait même pas accordé un regard aux membres du Nationalrat assemblé, si le chanoine Muller n’avait pris sur lui d’arrêter le «Tigre» pour lui présenter, comme par hasard, les véritables et lamentables détenteurs de la souveraineté du peuple d’Alsace-Lorraine.
Quelle humiliation pour le président du Nationalrat, l’abbé Delsor ! Quant à l’ancien président de la «Volkskammer» du Landtag Elsass-Lothringens, ancien député au Reichstag, et créateur du Nationalrat, le Dr Eugène Ricklin, c’est debout sur la pointe des pieds au milieu de la foule anonyme qu’il a dû assister aux cérémonies fastueuses de la visite du gouvernement français !

Il était clair que le gouvernement français ne reconnaissait plus d’autre autorité que la sienne, celle du vainqueur militaire ; il n’admettait plus d’autre source de pouvoir que celle de Paris, que celle d’un gouvernement centraliste.

Pierri Zind, Elsass-Lothringen Alsace Lorraine, une nation interdite 1870-1940

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Du plus vrai et du plus pur amour

Posted on novembre 5th, 2010 by Klapperstein

La France se meurt doucement et, le 11 Novembre approchant, et il est certainement intéressant à travers une citation grandiloquente et étrangement tragi-comique datant de 1921 , de porter un éclairage sur les réalités de l’annexion du Reichsland Elsass-Lothringen par la France, et notamment  sur l’atmosphère qui régnait à l’époque en Alsace. Et cela afin de mettre en évidence la nature burlesque et tronquée  de la grande fable de l’Histoire de France en Alsace, fable  malheureusement toujours présente  sur nos écrans de télévisions, dans les Alsatiques et les Schulbücher de nos enfants. Place donc, au poète :

«  La question alsacienne et lorraine est tranchée; les journées glorieuses du 22 novembre 1918 l’ont démontré de la façon la plus éclatante: jamais peut-être, sous notre ciel d’azur, la joie ne déferla en vaques d’aussi fol enthousiasme.Lors de sa venue à  Strasbourg, le Président Poincaré prononçait sur la place Broglie, pavoisée et vibrante, ces paroles mémorables: » le Plébiscite est fait!  » Il ne se trompait pas : dans les bras de la Mère-Patrie, de la France enfin retrouvée, l’Alsace-Lorraine se blottissait, émue et frémissante du plus vrai et du plus pur amour; laissant enfin déborder son coeur si longtemps comprimé, goûtant une joie surhumaine, elle se donnait toute, à jamais, en un serment mêlé des larmes du bonheur, à celle pour qui elle avait si longtemps souffert. »   gggggggggg ggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggggg

ddddddddddddddddddddddddddddhhhh fffJules Weill, L’alsace et les Alsaciens pendant la guerre*,1921.

Par soucis nécessaire de contextualisation, rappelons qu’entre 1918 et 1920, 150 000 Alsaciens-Lorrains ont été expulsés manu-militari, que l’acquisition de la citoyenneté française, (c’est à dire du droit pour les Alsaciens-Lorrains à demeurer dans leur propre pays et d’y avoir des droits) était à la discrétion de l’Etat français via les commissions de triage, et que la liberté d’expression la plus élémentaire qui aurait consisté à  pouvoir être critique ou  réfractaire à la présence française en Alsace -Lorraine n’existait simplement pas. Et c’est dans ce climat d’arbitraire et d’oppression pour le moins assez soutenu qu’on eu lieu les élections de 1919 et la grande parade  républicaine et patriotique du 21 novembre 1918 qui rappelle, ou plutôt qui anticipe avec un quart de siècle d’avance les grandes parades qui fêterons la présence soviétique  en Europe centrale et orientale, et qui étaient elles aussi, ont l’imaginent aisément, autant de plébiscites réalisés avec succès.

Et si le régime républicain français et les régimes soviétiques sont de nature différente, la comparaison entre ces  ferveurs populaires créer artificiellement par les feux croisés de l’intimidation, de la répression et de la propagande n’en est peut-être que plus troublante  et riche de signification. L’optimisme révolutionnaire obligatoire en vigueur dans les  jeunes Républiques Communistes rendant échos à la ferveur républicaine et patriotique des Alsacien-Lorrains, qui  elle aussi  était de rigueur.

* L’éditeur est Ernest Finck 27, rue de la Nuée-Bleue, Strasbourg. Nous remarquons que l’actuelle maison d’édition La Nuée bleue, éditeur de Saisons d’Alsace (dirigée par le très cocardier B. Reumaux), spécialisée dans les Alsatiques et appartenant aux DNA , à de qui tenir pour continuer sans relâche à désinformer et à tromper les Alsaciens sur leur propre Histoire.

Au revoir les boches ! Dessin de J-J. Waltz dit Hansi

Eugène Ricklin et l’Histoire

Posted on juin 6th, 2010 by Klapperstein

Le maire de Dannemarie Paul Mumbach et la conseillère général de Schiltigheim(1) Andrée Munchenbach se sont rendus hier sur la tombe d’Eugène Ricklin. C’est un peu bête à dire, mais deux élus du peuple rendant hommage au « Lion du Sundgau », qui fut le seul président du Landtag, le parlement alsacien-lorrain du Reichsland à partir de 1911, cela représente un petit événement historique(2). Une petite fissure dans la chape de plomb idéologique qui recouvre encore aujourd’hui l’Histoire de l’Alsace. On peut s’en réjouir et nous nous en réjouissons.

Cependant nous ne pouvons pas nous empêcher de faire remarquer amicalement à Andrée Munchenbach que se ne sont pas tant « les années nazis » qui « compliquent » l’Histoire alsacienne(3) que l’instrumentalision malhonnête du nazisme à des fins idéologiques et partisanes. Cette instrumentalision tout à fait douteuse et souvent honteuse fut le fait du chauvinisme jacobin avant et après la deuxième guerre mondiale, comme elle est actuellement le fait de l’humanisme antiraciste, qui en est le prolongement et qui lui succède.

En témoigne l’étonnante déclaration ci-dessous de Paul Mumbach à propos d’Eugène Ricklin, son illustre prédécesseur à la mairie de Dammerkirch, qui semble découvrir stupéfait que Ricklin n’ait rien à voir avec les nazis !

S’il n’y a pas une rue et pas une petite ruelle, pas une école ou un lycée qui porte son nom, c’est  malheureusement avant tout la conséquence logique du fonctionnement de l’Etat français et de l’idéologie républicaine qui l’accompagne. Tout simplement.

Voici l’article des DNA auquel nous faisons échos :

Sur la tombe d’E. Ricklin

C’est sans doute une première depuis 1945 : le maire de Dannemarie Paul Mumbach a participé hier après-midi, avec les militants d’Unser Land, à un dépôt de gerbe sur la tombe d’Eugène Ricklin, figure de l’autonomisme alsacien des années 1900-1930. Le geste de Paul Mumbach risque d’être très commenté, tant évoquer la mémoire de son prédécesseur reste délicat. Et visiblement, le maire de Dannemarie avait beaucoup réfléchi avant de déclarer hier devant la tombe d’Eugène Ricklin : « L’an passé lors de cette cérémonie, j’ai eu un coup de fil des renseignements généraux. J’en ai été troublé. J’ai surveillé de loin. Il ne s’est rien passé. Depuis, je me suis documenté. Autant le dire et je le dis très clairement, dans tous les récits historiques de la vie de Ricklin, je n’ai rien trouvé qui ait quelque chose à voir avec les idées et les actions des abjectes nazis ».

« L’image que j’ai de Ricklin est celle d’un Alsacien pur et dur, parfois trop peut-être, mais avant tout un passionné d’Alsace. Cela fait-il de lui un coupable ? Défendre sa région, sa culture régionale, le droit local, est-ce coupable ? Ouvrir et promouvoir des classes bilingues est-ce coupable ? Je ne suis pas historien, mais des écrits des uns et des autres, je retiens l’homme élu démocratiquement, attaché à sa région natale », ajoutera encore le maire de Dannemarie face à une trentaine de militants du parti autonomiste Unser Land (apparenté à gauche, proche d’Europe Ecologie).

Le centenaire de la Constitution de 1911

Des militants eux-mêmes surpris par ce discours. « C’est la première fois que deux personnalités politiques participent à notre rassemblement », commenta d’ailleurs Daniel Willmé, vice-président d’Unser Land. En effet, la conseillère général (écologiste-Modem) de Schiltigheim, Andrée Munchenbach, se trouvait aussi au cimetière. Elle aussi a souhaité la réhabilitation d’Eugène Ricklin. « Les années nazies ont compliqué l’histoire alsacienne. Mais nous ne devons pas oublier ce grand humaniste que fut Eugène Ricklin ». Appelant à la formation d’une seule région et à la généralisation du bilinguisme, l’élue bas-rhinoise espère que 2011 marquera une « reconquête, par les Alsaciens, de leur histoire ».

2011 coïncidera avec le centième anniversaire de la suppression du paragraphe de la dictature plaçant l’Alsace-Moselle sous l’autorité de l’Empereur et l’octroi par le Reich du statut d’état doté d’un parlement élu au suffrage universel, dont le premier et unique président fut précisément Eugène Ricklin.

Né en 1862 à Dannemarie, maire en 1892, député au Reichstag en 1903, ce centriste catholique tenta, dans le flou de novembre 1918, de faire de l’Alsace un état autonome. Accusé de germanophilie par les autorités françaises en 1919, il est expulsé en Allemagne. Il revient aux affaires en 1925 quand le cartel des gauches d’Edouard Herriot remet en question le particularisme linguistique et religieux de l’Alsace. Fondateur de journaux autonomistes, il est emprisonné en 1928 pour complot contre la sécurité de l’Etat mais se porte candidat à la députation pour le compte de l’Union populaire républicaine. Il est élu et sa peine amnistiée lors de la grâce du 14 juillet. Il termine sa carrière comme maire et conseiller général de Dannemarie où il meurt, sans enfant, le 4 septembre 1935.

« Laissons les historiens faire leur travail », a souhaité hier Paul Mumbach.

Julien Steinhauser

(1) Schiltigheim ne s’appelant pas Chiltarie, nous n’avons jamais vraiment compris pourquoi Dammerkirch s’appel aujourd’hui Dannemarie !
(2) Ricklin fit également partie, dans les années vingt, de ces hommes politiques alsaciens qui furent élus maires ou députés du fond des prisons dans lesquels la République Française les avaient jetés. On imagine aisément que de tels parcours laissent sans voix nos représentants actuels.
(3) Les Français n’ont du reste pas attendu Hitler pour être profondément irrité et contrarié par le caractère profondément germanique de la réalité alsacienne, réalité qui allait à l’encontre du fameux grand roman national, et encore moins pour fabuler avec  l’Histoire.

31. Mai, Verfàssungsdaj

Posted on mai 31st, 2010 by Unsri Heimet !

Plus de quatre décennies après la guerre de Trente Ans, les villes libres de la Décapole et Strasbourg sont contraintes par la force des armes à reconnaître l’autorité de roi de France. Le Traité de Nimègue du 5 février 1679 (1) et la capitulation de Strasbourg (2) du 30 septembre 1681 mettent fin à l’appartenance de l’Alsace au Saint Empire, ainsi qu’aux libertés politiques qui y étaient liées.

Près de deux siècles plus tard, à la veille de la guerre franco-prussienne de 1870, l’Alsace est méconnaissable, appauvri aussi bien économiquement et culturellement, et aux mains d’une haute bourgeoisie francophile qui doit tout à la France et qui le lui rend bien (3).

L’appartenance des Alsaciens au nouvel Empire allemand va donner à l’Alsace une prospérité économique, des lois sociales et un épanouissement culturel que la domination française rendaient impossible. Pourtant un problème important demeure, le Reichsland, à la différence des autres Etats fédérés allemands, est directement administré par l’Empereur et son représentant à Strasbourg, le Stattshalter. Le Landesausschuss, mis en place en 1874, est dans un premier temps une commission à la fonction consultative, qui bénéficiera en 1877 du droit à l’initiative législative. Malgré ses pouvoirs trop limités, il représente pourtant une avancé démocratique par rapport au système électoral vicié du Second Empire de Napoléon III.

Et ce n’est que le 31 mai 1911 que les Alsaciens-Lorrains vont  obtenir un véritable parlement, le Landtag, voter une constitution, pour ensuite se doter d’un drapeau, le Rot un Wiss, et d’un hymne officiel, das elsässische Fahnenlied. Trop influencé par la propagande et la désinformation française de l’existence d’une volonté séparatiste qui n’existait pas en Alsace, le Kaiser Wilhelm n’offrira pas à l’Alsace-Lorraine l’autonomie intégrale tant désirée et si proche. L’entrée en guerre de l’Empire allemand et de la France mis une fois pour toute fin au processus engagé pendant des décennies. L’arrivée des troupes françaises victorieuses de 1918 supprima de facto le Landtag et la Constitution. L’heure était venue de remettre les Alsaciens au pas républicain. Par la suite les Français transformeront le Landtag, le parlement alsacien, en théâtre (4). Cela symbolise du reste très bien les rapports de la France à la démocratie.

Le Rot un Wiss et le Fahnenlied symbolisent à nos yeux non seulement l’attachement légitime à notre histoire et à notre identité, mais également notre aspiration à une véritable démocratie , basé sur le fédéralisme et la démocratie directe, propre au modèle suisse.

Nous croyons en l’avenir des Etats de taille modeste et des Régions autonomes, à l’image de la Suisse et de la Norvège, de la Flandre, de la Catalogne et du Pays de Galles. C’est aussi pour cela que nous entendons rester fidèle à l’Alsace, mr welle em Elsàss treu bliwe.

Das Elsässische Fahnenlied

Sei gegrüßt, du unsres Landes Zeichen
Elsass’ Fahne flatternd froh im Wind
Deine Farben, lieblich ohne Gleichen
Leuchten stets, wo wir versammelt sind

Refrain: Weiß und rot,
Die Fahne sehen wir schweben
Bis zum Tod,
Sind treu wir ihr ergeben

Echt und recht, wie unsre Väter waren
Wollen wir in Tat und Worten sein
Unsre Art, wir wollen sie bewahren
Auch in Zukunft makellos und rein

Und ob Glück, ob Leid das Zeitgetriebe
Jemals bringe unserm Elsassland
Immer stehn wir in unentwegter Liebe
Freudig wir zu ihm mit Herz und Hand

Lasst uns drum auf unsre Fahne schwören
Brüder ihr vom Wasgau bis zum Rhein
Niemals soll uns im fremder Hand betören
Treu dem Elsass wollen stets wir sein.

(1) Le traité de Westphalie de 1648 laisse une grande partie de l’Alsace dans un flou juridique. Les possessions de Habsbourg passent au roi de France, mais les villes de la Décapole, vers lesquelles lorgne Louis XIV étant donné l’ambivalence du traité, continu à revendiquer leur appartenance au Saint Empire et à envoyer leurs représentants, aux cotés de ceux de Strasbourg, à la Diète d’Empire. Ce n’est que à la fin des années 1670, alors que plusieurs villes de la Décapole vont être saccagées et brûlées par les troupes françaises, que les villes libres seront contraintes, sous la menace de nouvelles exactions, à se soumettre au roi de France.

(2)Le 28 septembre 1681, une troupe de 35000 hommes assiège la ville sous le commandement de Louis XIV. Les Strasbourgeois ont peur de subir le même sort que Türckheim et Hagenau. Les français menacent notamment de raser la cathédrale, ce qui en dit long sur le sort qui attendait les Strasbourgeois en cas de résistance. L’ultimatum français n’a aucune justification, si ce n’est la force brut. Le 30 septembre, Strasbourg capitule, le cœur dans l’âme.

(3) Les fameux quinze députés alsaciens qui protestèrent à Bordeaux le 8 février 1871 ne représentaient aucunement le peuple alsacien, certains d’ailleurs n’en parlait pas même la langue, mais simplement leurs propres intérêts, liés à ceux de la grande bourgeoisie française.

(4) Le TNS, Le Théâtre National de Strasbourg, place de la République.

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