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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Le Pays de la Liberté ?

Posted on mai 8th, 2010 by Unsri Heimet !

En automne 1944 les troupes anglo-américaines pénètrent en Alsace. Les secondant et à leur suite, les Français imposent une nouvelle fois avec brutalité(1) leur domination au peuple alsacien déjà meurtri par la guerre et la dictature nazie. Aujourd’hui combien d’entre nous savent que de janvier 45 à janvier 46 pas moins de 45 000 Alsaciens-lorrains ont été « internés » dans de nombreux camps dont les tristement célèbres camps de concentration de Schirmeck et Natzweiler-Struthof. Les conditions de détention qui y régnaient alors étant très dures, la République Française cache encore honteusement aux Alsaciens les atrocités qui y furent commises en son nom.

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Imagerie révolutionnaire de 1791. Ce célèbre slogan, affiché sur le pont du Rhin à Kehl, sera utilisé après-guerre à l’entrée du camp de Schirmeck

Une histoire détaillée de ces événements reste encore à écrire. Cela permettrait notamment de comprendre dans quel contexte les Alsaciens ont fini par renoncer à leurs revendications autonomistes à partir de 1945, alors que celles-ci étaient très vives dans l’entre-deux-guerres. Un climat proche de la terreur et l’arbitraire qui régnait alors, une dénonciation malveillante pouvant entre autre conduire au Struthof, explique certainement pour beaucoup la résignation alsacienne de l’après-guerre(2). Comme le fait remarquer Bernard Wittmann dans sa trilogie historique Une Histoire de l’Alsace, autrement (3), la mémoire française est étrangement sélective:

Malheureusement, en France on perd assez volontiers la mémoire de ses crimes, si importants soient-ils. Ces « trous de mémoire » sont évidemment sélectifs et entretenus.  Ainsi, avant la visite du Struthof par le général de Gaulle le 23 juillet 1960, on prit la précaution d’enlever à l’entrée l’inscription en français « Centre Pénitencier de Struthof». Au point que plus de cinquante ans après les faits ce sujet « sensible » et toujours tabou n’a jamais fait l’objet d’une étude sérieuse et complète. Aucun chercheur de l’université de Strasbourg/Strassburg n’a encore osé ou voulu se pencher sur la sinistre histoire des camps de concentration du Struthof et de Schirmeck sous administration française. Sans doute parce qu’elle est en contradiction avec l’humanisme dont la France se prétend pétrie. La face cachée de la médaille ! Pourtant, des milliers d’Alsaciens y furent soumis à des traitements inhumains, dégradants, aux pires sévices, allant même jusqu’à la mort, et qui en feront pour toujours des écorchés vifs, des êtres brisés à jamais. Même si on ne peut les comparer avec les camps d’extermination nazis, il n’empêche qu’on y comptera sans doute des centaines de morts, suite aux coups et aux mauvais traitements en tous genres.

Selon Roland Oberlé, « les témoignages concordent : le comportement des gardiens français ne le cédait en rien, en violence et brutalité, à celui de la chiourme nazie. De nombreux collaborateurs, mais aussi des Alsaciens internés à tort ont subi des sévices graves. » Et Bernard Schwengler de constater pour sa part : « Il ne s’agissait certes pas de camps d’extermination, comparables aux camps de concentration allemands mais le sentiment de haine et de vengeance qui animait les vainqueurs de 1945, l’idée qu’ils avaient à punir des « traîtres », des « boches », des « nazis », des « bourreaux » entraîna pour les victimes de ces internements une multiplication de mauvais traitements allant jusqu’à des scènes de torture et des assassinats. »

(1)  Suite à  la première guerre mondiale, pas moins 110 000 à 150 000 alsacien-lorrains seront expulsés manu militari vers l’Allemagne. Un tabou parmi d’autres de l’Histoire de France. A lire également sur ce sujet notre page Epuration ethnique 1918-1919. (2) C’est également ce que semble  dire Bernard Wittmann dans Marianne m’a « tuer » p.152 : « Des milliers d’Alsaciens parfaitement innocents et dont le seul crime était d’avoir combattu la politique d’assimilation d’avant-guerre furent internés là-haut et maltraités durant des mois simplement pour les briser avec le dessein de les dissuader de reprendre la lutte pour l’autonomie. E peinlischi G’schicht wie einfach net an s’Licht komme soll! » (3)  Bernard Wittmann, Une histoire de l’Alsace, autrement…E Gschicht zuem uewerläwe, Tome 3, Editions Rhyn un Mosel

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