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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Dialecte et allemand standard: complémentarité ou concurrence ?

Posted on août 17th, 2016 by Klapperstein

Dialecte et allemand standard: complémentarité ou concurrence ?

par André Weckmann

Il est surprenant, voire inquiétant qu’après vingt années de réflexions, de discussions, d’écrits sur ce thème, par des pédagogues, par des linguistes, par nous-même, les valeurs du dialecte, l’intercompréhension dialectale, les interrogations quant à sa survie, les rapports des dialectes avec la langue standard posent toujours des problèmes en Alsace.

Essayons, pour commencer, de clarifier les choses:

Tout d’abord, un dialecte, notre dialecte, n’est pas un patois. Le patois est en effet la survivance d’un ancien dialecte relégué à un état proche de l’extinction définitive. Il est pratiqué dans des aires très restreintes par des locuteurs situés au bas de l’échelle sociale. Il ne véhicule plus la culture populaire et ne connaît pas de production littéraire. Ce qui n’est pas le cas de notre dialecte alsacien. Nous le verrons plus loin.

Le dialecte, les dialectes? Il s’agit chez nous en effet de deux dialectes, le francique et l’alémanique dans leurs différentes variantes, leurs différents mélanges aussi dans les zones de contact. Nous appelons cet ensemble dialectal: Elsasserditsch, allemand alsacien ou encore, en simplifiant: l’alsacien.

Ces variantes dialectales sont chacune un code d’identification local. C’est ainsi que, dans la plupart des cas, on reconnaît l’origine géographique du locuteur à son parler: wissembourgeoise, d’Alsace Bossue, du Kochersberg, strasbourgeoise, colmarienne, mulhousienne, sundgovienne, etc..

Unter dem Terminus Elsässische Mundart versteht man eigentlich zwei Dialekte: Alemannisch und Fränkisch in verschiedenen Varianten und Mischformen, pfälzisches Rheinfränkisch im äußersten Norden, lothringisches Rheinfränkisch im Krummen Elsaß, Alemannisch, von Nieder- bis Hochalemannisch, im übrigen Elsaß. Es gibt also keine einheitliche elsässische Mundart, deshalb benennen wir das im Elsaß gesprochene dialektale Deutsch: Elsässerdeutsch (Elsässerditsch), das heißt: Deutsch so wie es im Elsaß gesprochen wird.

Ces variantes vivent côte à côte depuis des siècles. Ce sont soeurs et cousines, la parenté est indiscutable. Nous nous comprenons sans problèmes les uns les autres, les inévitables différences ne font pas obstacle. L’intercompréhension alsacienne est une réalité. Les émissions dialectales de France 3 Alsace en font la démonstration: le sundgovien de Guschti Vonville et le strasbourgeois de Christian Hahn sont bien la même langue, même si le vocalisme diffère.

Evidemment, pour qui ne pratique le dialecte qu’épisodiquement et imparfaitement, le francique de Lauterbourg et le haut-alémannique de Ferrette peuvent apparaître comme des idiomes exotiques. Malheureusement, ce sont souvent ces personnes-là qui excellent à semer la confusion dans les esprits. Il est vrai qu’en Alsace, dans ce domaine, n’importe qui dit n’importe quoi.

L’expérience de René Egles, la mienne propre et celle de mes collègues qui ont pratiqué la méthode Im Zwurwelland de restructuration du dialecte avec passage naturel vers le Hochdeutsch a prouvé qu’on peut très bien s’adresser à des enfants parlant un dialecte différent de celui de l’enseignant sans que cela pose des problèmes de compréhension.

Dieses Elsässerditsch wird, trotz der vielen lokalen Verschiedenheiten, von dialektsprachigen Elsässern von Lauterburg bis Basel verstanden. Wer das Gegenteil behauptet, zeugt von einer krassen Unkenntnis unserer Sprachsituation. Wer dann – wie noch kürzlich von sogenannten Intellektuellen zu hören war – die enge Verwandtschaft zwischen Elsässerdeutsch und der Dachsprache Hochdeutsch verneint, der streut wissentlich, gelinde gesagt, eine Unwahrheit aus.

Le dialecte et l’allemand standard: ce sont deux expressions d’une même langue. La première, expression régionale, est plutôt orale et non codifiée, la deuxième est langue officielle de référence à l’intérieur du domaine germanophone, Dachsprache des différents dialectes et langue de grande communication.

On a pensé longtemps que le dialecte pouvait se maintenir plus authentique et plus pur s’il était coupé de l’allemand standard.

C’était une grave erreur, car c’était le confiner dans un passé rural avec un vocabulaire basé sur des techniques devenues obsolètes. En outre, ce code oral confronté à la pression monopolistique de la langue française ne peut résister à cette emprise sémantique et même sa structure grammaticale – qui est en gros identique à la langue standard – s’en trouve attaquée, minée, et finalement détruite. Coupé de la Dachsprache, de son enseignement, de sa pratique, ne fut-ce que par la lecture, le dialecte n’a aucune chance de survie. Car sa sève nourricière, il la tire de l’allemand standard, littéraire, et c’est grâce à lui qu’il a la possibilité de s’adapter à la vie moderne sans se dévoyer dans un code-switching francalsaco, un pidgin-elsässisch qui est l’avant-dernier stade avant sa disparition définitive.

Il ne peut donc y avoir de dialecte vivant sans un Hochdeutsch vivant.

Der Dialekt ist von seiner Dachsprache, Standarddeutsch, abhängig. Beide Ausformungen haben dieselbe grammatische Struktur. Die Unterschiede liegen in der Lautung, teilweise auch im Wortschatz, sie sind aber nicht gravierend. Die Schriftsprache stützt die nicht normierte dialektale Umgangssprache lexikalisch und strukturell ab, die sonst nicht dem Druck der Nationalsprache widerstehen könnte. Man merkt dies am besten bei Dialektsprechern der jüngeren und mittleren Generation, für die Hochdeutsch quasi zu einer Fremdsprache geworden ist: Ihre Ausdrucksfähigkeit in der Mundart ist stark reduziert. Es kann also keine lebendige Mundart ohne die Abstützung durch die Standardsprache geben. Fehlt diese Abstützung, verarmt die Mundart, verkümmert und stirbt schließlich ab.

Il ne peut pas non plus y avoir en Alsace de Hochdeutsch vivant sans un dialecte vivant. Il ne peut pas y avoir de bilinguisme franco-allemand effectif et performant sans la présence d’un dialecte vivant.

Le bilinguisme alsacien n’est possible – Eugène Philipps le dit depuis vingt ans – que si les deux langues ont une existence sociale en Alsace. L’existence sociale de la langue allemande est assurée chez nous par la pratique du dialecte. Même si celui-ci a reculé de façon inquiétante, il marque toujours de sa forte empreinte le paysage linguistique alsacien. Il s’agit donc d’assurer la pérennité de cette présence dialectale. Car si elle disparaissait, l’allemand n’aurait plus aucun ancrage en Alsace.

Im Gegenzug kann es aber auch bei uns keine echte, gelebte deutsch-französische Zweisprachigkeit geben ohne die Mitwirkung des Dialekts. Der Weg vom dialektalen Deutsch zu Standarddeutsch ist doch viel kürzer und einfacher als von Französisch zu Deutsch, das wird ein jeder einsehen. Und eine gelebte Zweisprachigkeit kann es nur dort geben, wo beide Sprachen einen sozialen und kulturellen Status haben. Dies ist immer noch der Fall im Elsaß, trotz des starken sprachlichen Abwanderungstrends. Wenn Elsässerditsch aus unserer Sprachlandschaft verschwinden würde, wäre Deutsch entgültig weg vom Fenster, um das kraß zu formulieren. Und das würde nicht nur die Auslöschung unseres kulturellen Erinnerungsvermögens bedeuten, sondern auch und besonders den Zusammenbruch eines der beiden Stützpfeiler der elsässischen Zweisprachigkeit und somit unserer Fähigkeit, uns im europäischen Raum zurechtzufinden.

Le recul de la pratique dialectale est dû en grande partie à l’influence de l’école sur les réflexes linguistiques familiaux.

En effet, des enfants dialectophones entrant en maternelle – d’où la langue maternelle est exclue – apprennent rapidement le français et désapprennent aussi rapidement leur langue d’origine.

Je cite en exemple trois cas que j’ai eu l’occasion d’observer:

1) La petite A, âgée de 3 ans 1/2, vivant dans un milieu ouvrier dialectophone, commençait à s’exprimer couramment dans sa langue maternelle. Depuis sa scolarisation, ses connaissances en dialecte régressent de jour en jour. Les parents font tout leur possible pour maintenir la pratique dialectale, l’enfant fuit cependant les personnes étrangères au cercle familial s’adressant à elle en dialecte, ce qu’elle ne faisait pas précédemment.

2) La petite B, du même âge que la fillette précédente, semble être perdue pour l’expression dialectale. Cette enfant étant devenue muette à la maison, ses parents ont dû abandonner la pratique du dialecte pour renouer le dialogue avec l’enfant.

3) La petite C, elle aussi fille de parents ouvriers, que j’ai connue dialectophone à l’entrée en classe de maternelle – elle est maintenant en CE – est aujourd’hui entièrement monolingue, ses parents ayant capitulé devant la pression sociologique et pédagogique de l’école.

Im Elsaß dient die Ecole maternelle seit jeher dem Erlernen der französischen Sprache. Der Dialekt wurde konsequent verdrängt. Vom traumatischen Erlebnis, die diese Verdrängung nach sich zog, abgesehen, wurde nun dem Kind offenbar, daß der Schlüssel zur Welt, die es zu entdecken gilt, nur ein frankophoner Schlüssel sein kann, und so wurde der Dialekt in seinem Unterbewußtsein zu einer minderwertigen Sprache degradiert, « e Sproch fer nix ». Das Kleinkind war von da an auf ein Gleis gestellt, das es nicht mehr wird verlassen können: das Gleis der sprachlichen Assimilation. Und die Sprechgewohnheiten, die die Kinder sich in der Schule aneignen, werden erfahrungsgemäß zu Hause nur wenig abgebaut, so daß Kommunikationsschwierigkeiten entstehen und den Eltern keine andere Wahl mehr übrigbleibt, als auch in die Schulsprache umzusteigen. Eltern sind nämlich keine Sprachwissenschaftler, sie wissen nicht, wie eine Sprache lebt und wie sie sterben kann. Ihnen geht es auch nicht primär um Sprache, sondern um Kommunikaton mit den Kindern und gute Zensuren.

Ich habe in der Vergangenheitsform gesprochen, da in den meisten Fällen diese Assimilation bereits vollzogen ist. Sie vollzieht sich aber weiter in ländlichen Gegenden, wo der Dialekt sich noch einigermaßen widerstandsfähig zeigt. Dieser Sprachzerstörung muß nun Einhalt geboten werden, damit unsere zweisprachige Potentialität noch quasi in letzter Minute gerettet werden kann.

On entend souvent dire que la responsabilité de cette déperdition incombe aux parents. C’est une argumentation fallacieuse qui dispense ceux qui l’avancent d’une sérieuse remise en question. On ne peut pas exiger des parents de s’opposer de façon conséquente à la politique linguistique de l’école. L’essentiel pour eux est de maintenir le dialogue avec leurs enfants, ceci dans la langue qui est devenue celle des enfants. Nous l’avons vu dans les exemples cités. Et il n’y aura plus de retour possible, les quelques exceptions confirmant cette règle.

Ceci dit, je n’incrimine pas la bonne foi du personnel enseignant, mais le système qui n’a pas rendu ces personnels conscients du fait qu’en pratiquant un exclusivisme linguistique, la langue d’origine est reléguée aux oubliettes, que les enfants la perçoivent comme une langue inutile, alors que la langue officielle est parée du prestige de langue dominante du groupe et langue exclusive de la socialisation. Des circulaires rectorales ont certes conseillé une « ritualisation de la pratique dialectale », des conseils didactiques et des fiches pédagogiques ont été élaborés à cet effet, mais il ne semble pas que l’information soit toujours arrivée à destination.

Il est urgent de redonner à la langue orale régionale, le dialecte, l’image de marque qui lui revient de droit, pour que l’enfant perçoive intuitivement que cette expression est, elle aussi, une clé permettant la découverte du monde extérieur. Et faut-il le rappeler une fois de plus: la pratique du dialecte est une des deux bases indispensables d’un bilinguisme populaire naturel.

Je sais, les dialectes sont perçus négativement par l’école et la société, pas seulement en Alsace d’ailleurs. On ignore – on veut ignorer – que les linguistes et les ethnologues ont redécouvert les valeurs culturelles des petites entités linguistiques qui fondent la richesse intérieure de l’individu, sa personnalité propre dans cette civilisation du nivellement et de l’uniformisation.

On ignore aussi que, du moins dans l’espace culturel germanophone, des poètes se sont emparés de ces idiomes et en ont fait un outil poétique très performant. La littérature dialectale alsacienne contemporaine a elle aussi conquis ses lettres de noblesse, reconnues surtout à l’étranger. Mais il est vrai que le snobisme ambiant soit l’ignore, soit se plaît à la disqualifier « a priori ».

Nicht nur im Elsaß, auch in Deutschland und sogar in Österreich werden die Dialekte seit Jahrzehnten aus der Schule verbannt: es sei schlechtes Deutsch. Wie viele Dialektbiotope wurden so zerstört. Und dabei ist die Aussagekraft der Mundarten der der Standardsprachen ebenbürtig. Sie sind sogar zu einem modernen lyrischen Medium geworden: Man denke an die Meister der konkreten Poesie, H.C. Artmann, Gerhard Rühm und Ernst Jandl, dann an die Schweizer Dichter Kurt Marti und Eugen Gommringer, die alle, neben ihren hochdeutschen Werken, auch, meist experimentelle, Dialektgedichte verfaßt haben. Und auch das Elsaß hat auf diesem lyrischen Gebiet Bahnbrechendes vorzuweisen.

J’ai demandé, voici une dizaine d’années, que l’alsacien, langue maternelle, devrait être pratiqué à l’école dès la petite maternelle, non pas en tant que langue à apprendre, mais langue à sauvegarder et à structurer grâce à des activités ludiques journalières, ceci partout où le dialecte est encore langue de l’environnement familial, la langue à apprendre étant le français. A l’école élémentaire, on serait passé progressivement du dialecte au hochdeutsch. C’eût été là une démarche naturelle, raisonnable.

En dix ans, la situation a changé complètement. Il n’y a plus de zones exclusivement dialectales. Et nous avons maintenant un petit nombre de maternelles bilingues français-allemand qui sont appelées à se multiplier. Comment faire face à cette situation nouvelle pour maintenir la pratique dialectale là où elle n’a pas complètement disparu, comment y organiser le côte à côte dialecte/allemand standard, comment opérer dans les classes bilingues avec des enfants non-dialectophones?

Dans les zones, surtout rurales, où le dialecte est langue de l’environnement social, même si les petits enfants ne le parlent guère, il faut commencer par une éducation bilingue français/alsacien. Mais, il est absolument indispensable d’associer la famille à cette pédagogie. L’alsacien est, en effet, langue de l’affectif, il faut éviter d’en faire une langue « scolaire ». Je proposerai une démarche possible dans la deuxième partie de mon exposé.

Dans les classes bilingues paritaires (français/allemand standard) avec des enfants non-dialectophones on introduira des éléments littéraires dialectaux dans le cursus allemand: comptines, petites poésies, chants, danses, etc. Il est important que ces enfants soient mis au contact de l’expression alsacienne qu’ils entendent – encore – dans la rue, pour qu’ils ne la perçoivent pas comme un idiome étranger mais qu’ils se rendent compte, intuitivement, qu’il s’agit d’une variante alsacienne orale de la langue qu’ils apprennent – qui, de ce fait aussi, ne sera plus perçue comme une langue totalement étrangère. Les socio-linguistes ne me contrediront pas, au contraire. Ces interventions dialectales pourraient être faites par des intervenants extérieurs, si l’enseignante n’est pas dialectophone.

En conclusion:

- Le dialecte alsacien n’est pas un idiome barbare. Il est l’expression millénaire de notre culture populaire, il véhicule tout un ensemble de connotations et de réflexes transmis par les générations.

- Il a ses lettres de noblesse littéraires.

- Il est la base de notre spécificité alsacienne.

- Il est surtout la voie royale qui conduit à un bilinguisme effectif et performant.

- Ce serait pour notre région une perte considérable s’il venait à disparaître par la faute d’une méconnaissance des fonctionnements et dysfonctionnements linguistiques, de réticences et blocages psychologiques, d’un snobisme bourgeois et petit-bourgeois.

- Il est de notre devoir, à nous autres enseignants tout d’abord, qui maîtrisons l’appareil pédagogique, de tout mettre en oeuvre pour sauver ce patrimoine qui représente pour notre région à la fois un enracinement et une ouverture.

Quelle : Facebook Alsace bilingue

Kleine Lügen über die elsässische Sprache

Posted on janvier 15th, 2014 by Klapperstein

Créé en 1994 à l’initiative de la Région Alsace et essentiellement financé par elle, mais aussi par les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA – Elsassisches Sprochàmt), « a pour objet de promouvoir la vitalité de l’identité régionale de l’Alsace, par la mise en valeur de ses patrimoines et spécificités linguistiques et culturels.  » L’OLCA est en fait une  sorte d’administration régionale qui a pour but  principal de promouvoir l’alsacien.

Il a publié à cet effet une petite brochure intitulé   »Petite histoire linguistique de l’Alsace » qui  falsifie l’histoire linguistique de l’Alsace, dans la grande tradition française et républicaine. Nous sommes bien sûr au XXIème siècles et il ne s’agit plus de marteler les fantasmes du grand romancier Michelet ou de l’hystérique oncle Hansi. Les dialectes alsaciens sont bien des parlers germaniques à part entière, et ne sont plus à moitié celtes ou romans. L’angle d’attaque est différent et  un peu plus subtile. Il consiste à expliquer plus ou moins doctement, dans un floue artistique propre à la propagande historique républicaine, que l’alsacien, en fait, n’a pas grand chose à voir avec l’allemand, ce qui est depuis 1945 l’angle d’attaque favori de la propagande française en Alsace. Pas plus, en tous cas, qu’avec le néerlandais ou le suédois ! La petite histoire commence donc ainsi :

’s Elsassische : wàs ìsch dann dìss? L’alsacien : qu’est-ce donc ? L’alsacien est un dialecte germanique, ce qui signifie que parmi les langues indo-européennes, il fait partie du groupe linguistique des langues germaniques, auquel appartient bien sûr l’allemand, mais aussi l’anglais, le néerlandais, les langues scandinaves comme le danois, le suédois, le norvégien.

Le texte poursuit immédiatement sur la présence de mots français dans la langue alsacienne (ouf !) et laisse ainsi le lecteur avec l’étrange impression que l’alsacien de s’apparente pas plus à l’allemand qu’à l’anglais ou au norvégien. Fin de l’introduction. C’est certainement ce que nos journaleux et nos politiciens de service appellent de la pédagogie.

Récapitulons. Introduction de notre  klëni Gschicht : 6 lignes (c’est écrit en gros, pour que les enfants de six ans puissent eux aussi s’instruire) pour sous-entendre que l’alsacien ne s’apparente pas plus à l’allemand qu’à l’anglais ou au danois , 10 lignes pour dire que les Alsaciens disent Bùschùr pour dire bonjour, et pas un mot pour dire que la langue allemande standard contemporaine, le Hochdeusch  est  la forme écrite de l’alsacien, mais toute la construction du texte est là pour sous-entendre le contraire.

On peut se dire que ce n’est là que l’introduction de la petite histoire, un oubli à peine regrettable que la suite du texte comblera aisément, et qu’il faut passer ses nuits à rêver de missiles sol-sol de troisième génération fracassant  dans un élan wagnérien   le socle de la croix de Lorraine du Stauffen  pour s’enflammer pour si peu.

Pourtant la poursuite de la lecture ne fait de confirmer notre première impression. La large place consacrée à une description tendancieuse de la naissance de la langue allemande standard se conclue ainsi: « L’Alsace n’est cependant pas témoin de ce processus de standardisation et n’y participe pas, car le rattachement de la région à la Couronne de France par Louis XIV commence en 1648. L’Alsace se voit alors progressivement séparée du Saint-Empire Romain Germanique et les parlers alsaciens vont connaître une évolution différente de celle des autres parlers germaniques. Ainsi, les dialectes alsaciens parlés actuellement en Alsace ont une histoire singulière par rapport à ceux de l’Allemagne actuelle. »

Or il est complètement faux d’affirmer que l’Alsace ne participe pas au processus de standardisation de la langue allemande. Non seulement elle  y participe  plus qu’un grand nombre de régions  de langue allemande, mais elle y a même un rôle de première importance. En témoigne l’œuvre d’Otfrid von Weißenburg, die Evangeliendichtung (le Livre des Évangiles), poème de quelque 16 000 vers du IXème siècle. Ce livre est écrit en vieux haut allemand et est la première œuvre littéraire dans ce qui deviendra la langue allemande. En témoigne le fait que la première messe donnée en Hochdeutsch a eu lieu à Strasbourg et que la première bible imprimé en Hochdeutsch l’a été à Strasbourg (en 1466, tout comme sa deuxième édition en 1470). En témoigne également « Daß Narrenschyff » du strasbourgeois Sebastian Brant, publié en 1494,  qui a été la plus importante œuvre littéraire de langue allemande jusqu’à la Réforme. Et le premier périodique au monde, « Die Relation », également en Hochdeutsch, a été publié in Strossburi à partir de 1605.

Il s’agit là d’une question symboliquement importante, mais plus important encore est de remarquer que les Alsaciens n’ont cessé de lire et d’écrire exclusivement ou majoritairement en allemand standard jusque dans les années 1945/1970, où le français a progressivement pris la place de l’allemand. Le rapport de « l’allemand des Alsaciens » (Elsasserditsch, Elsässerdeutsch) au Standartdeutsch est donc sensiblement le même (en tout cas jusque dans les années 1945/1970) que celui de « l’allemand des Suisses » ou des dialectes parlés en Allemagne (les parler bas-allemand du nord de l’Allemagne sont d’ailleurs bien plus distant de la langue standard que l’alsacien), même si un petit nombre  d’Alsaciens ont plus ou moins bien maitrisé le français à partir de 1648. Or notre petite brochure conclue précisément le contraire. Comme si l’invasion d’une partie de l’Alsace en 1648 avait coupé les liens naturels entre la langue alsacienne et sa forme écrite. Cette coupure n’aura vraiment lieu qu’autour des années 1970, fruit de la francisation à marche forcée imposée par la République Française au peuple alsacien à partir de 1945, où d’une part la pratique de l’alsacien est petit à petit devenu minoritaire dans la vie sociale, et qu’à peu près simultanément les Alsaciens germanophones, et parmi eux de frénétiques locuteurs, ont adopté le français comme langue de l’écrit, de la culture et du savoir, au détriment de l’allemand standard.

Ce n’est donc pas l’histoire des dialectes alsaciens depuis 1648 qui est singulière du point de vue linguistique comme l’affirme mensongèrement l’OLCA, mais belle et bien l’histoire linguistique et politique de l’Alsace des dernières décennies. UH

Téléchargez la Petite histoire linguistique de l’Alsace (PDF, 945 Ko)

Ist Deutsch im Elsass eine Fremdsprache ?

Posted on septembre 12th, 2012 by Klapperstein

Presserundschau Drei neue zweisprachige Kindergartenklassen im St. Amarintal

Der mühsame Kampf des Elternvereins APEPA diesen Sommer im St. Amarintal (Oberelsaß) – wir berichteten – hat sich doch schließlich einigermaßen gelohnt: drei Kindergartenklassen durften diesen September im südelsässischen Vogesental öffnen. Zwei in St. Amarin und eine in Moosch. Bisher gab es keine.
In Urbeis und Odern dagegen wurden die von den Eltern gewünschten Klasseneröffnungen von der französischen Schulbehörde (Rektorat) leider nicht genehmigt, obwohl genügend Kinder vorangemeldet worden waren: 21 in Urbeis und 17 in Odern.

José Schruoffeneger, Bürgermeister der Gemeinde Moosch, erklärte etwas unbedarft seine Unterstützung für die neue Klasseneröffnung: « … In der heutigen Welt ist es dringend, daß die Kinder Fremdsprachen lernen und ich freue mich über diese Klasseneröffnung in Moosch ». Anscheinend ist der Herr Bürgermeister mit dem so schön deutsch klingenden Namen schon so akkulturiert, daß er nicht einmal weiß, daß Deutsch im Elsaß keine Fremdsprache ist.

Der St. Amariner Bezirkstagsabgeordnete Jean-Jacques Weber zeigte sich ebenfalls optimistisch und kämpferisch: « Wenn man bedenkt, daß es bisher nichts zwischen Thann und Wildenstein gab, sind diese drei Klasseneröffnungen freilich eine gute Sache. Außer daß zwei Standorte (Urbeis und Odern) nicht berücksichtigt wurden. Das geht nicht… »

Quelle : Neues Elsaß-Lothringen 

Warum, warum, warum, warum… Sin ihr nit stolz uf des Richtum ?

Posted on juin 10th, 2011 by Klapperstein

Warum – Isabelle

Mir han schun manchi gsait : warum ?
O Maidel sej doch nit so dumm !
Warum singsch dü in dere Sproch ?
So redt m’r nit mit 19 Johr !

Warum, warum, warum…
Sin ihr nit stolz uf des Richtum ?
lllllll
Elsassisch, des isch mini Muedersproch,
An ihre henk ich ganz Hüt un Hoor,
Franzöesch un Englisch singe alli Lit,
Ohne ze wisse was es als beditt !
lllllll
Un ich hab sie dann g’fröjt : warum ?
Sin ihr nit stolz uf des Richtum ?
Des isch doch uns’re Dialekt,
mir müen ‘ne ehre mit Reschpekt !
llllllll
Sie saawe mini Sproch wär gar nit gfitzt,
Grad guet füer flueche un füer blöedi Witz,
Doch hôer mol richtig zue, wie schöen se klingt,
Wenn dini Mueder dir e Liedel singt.
lll
Warum, warum, warum…
Sin ihr nit stolz uf des Richtum ?
l
Wie meh awer dass m’r mich fröje duet,
Wie kräftiger un gröesser, miner Muet,
Mit dere Flamm wo in m’r brennt
Zind i Sternle an noch vor’m End,
Des Fier wo still glunzt in de Nacht
Un mit Schmerze uf…e Funke wart !

www.isabellegrussenmeyer.net
kkkk
Die CDs der Liedermacherin Isabelle Grussenmeyer sind auf der Website Liederbrunne verfügbar.
llll


Die fünf Pfeiler der Zweisprachigkeit

Posted on mai 24th, 2011 by Klapperstein

Le Bilinguisme : Un Atout Éducatif

Par François Weiss

Ah ! si les parents savaient et si les autorités éducatives et politiques voulaient … le bilinguisme précoce ou tardif aurait sa place dans tous les systèmes éducatifs à travers le vaste monde !  Pour s’en convaincre une fois de plus, il suffit de lire l’excellent ouvrage, bien référencé et bien documenté de madame Anémone Geiger-Jallet (1) qui établit  un état des lieux de l’enseignement bilingue dans différents pays et dans différents systèmes d’éducation.

J’aimerais, pour ma part, apporter une contribution à la réflexion et à l’avancement de l’enseignement bilingue pour en présenter les atouts en particulier  aux parents qui hésitent ou qui doutent de l’efficacité de cet enseignement.

J’aimerais leur présenter ce qui peut constituer, à mon avis,  « les cinq piliers » du bilinguisme, à savoir : la précocité, l’intensivité, la continuité, la valorisation et l’interculturalité.

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Wo sin d’alte Zitte ?

Posted on novembre 24th, 2010 by Klapperstein

Das Elsässerdeutsch, unser Elsasserditsch  lebt doch immer noch. Also jetzt geht’s los. Schrankenlos un Grenzeloos. Spirit no limits, rock and roll ’till death. Das verteufelteste Stück des Schlàbbe-Ritter ist da : Fortschritt kannsch nit halte, er bringt ständig immer Nejes fer’s Alte ! Wo sin ? Wo sin ? Wo sin d’alte Zitte ?

Wo sin d’alte Zittejj

Erinnersch dich an d’alte Zitte
Erinnersch dich domols, wo alles andersch isch g’sin
Schaffe, Schnüfe, Läwe, Umwelt, Reise, Dräme
Hit isch alles besser, ass’s friejer isch gsin.
jj
Forschritt kannsch nit halte,
Er bringt ständig immer Nejes fer’s Alte !
Wo sin ? Wo sin ? Wo sin d’alte Zitte ?
jj
In vielem hann m’r's jetzt wohl lichter
Machine bringe’s anne, dass es besser soll gehn
Besser ? dis isch d’Fröj ! De Himmel isch nimm so blöj !
Kenn Luft isch meh so rein un au kenn Umwelt so scheen !

Wenn die Sach so wiedersch gehn soll,
wenn’s jedem isch egal no wurd üs unsere Erd
E grosser Abfallhüffe, in dem Land un Litt versüffe
Wenn nit glich alli uffstehn un duen schätze de Wert !


Liederbrunne

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