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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Elsass-Lothringen : une nation interdite

Posted on janvier 8th, 2012 by Klapperstein

Ci-dessous en libre accès le livre  numérisé de Pierri Zind « Elsass-Lothringen, Alsace-Lorraine – Une Nation Interdite, 1870-1940 »

Mai 1871 : le traité de Francfort met fin à une guerre désastreuse pour la France. L’Allemagne de Bismarck annexe l’Alsace moins le Territoire de Belfort ainsi qu’une partie de la Lorraine.
Elsass-Lothringen : une terre d’Empire au cœur de l’Europe. Un Reichsland que les Prussiens veulent transformer en un glacis militaire. Dès lors commence pour cette région unique en Europe une longue lutte pour la reconnaissance de son identité et de sa personnalité.
Pour la première fois, tant en France qu’en Allemagne, cet ouvrage, qui utilise un nombre impressionnant de sources et de témoignages totalement inédits, nous retrace le destin tourmenté de l’Alsace-Lorraine (Elsass-Lothringen), dans son intégralité, de 1870 à 1940.
Pour la première fois, avec un luxe inégalé de détails et de précisions, nous sont présentés tous les mouvements autonomistes d’Alsace-Lorraine : après l’autonomisme anti-clérical et fédéraliste de Schneegans et l’autonomisme clérical financé par la France de Mac-Mahon, c’est le drame de l’Alsace-Lorraine prise en sandwich au cours de la Première Guerre Mondiale, l’éphémère République neutre des soviets de Strasbourg et le retour à la France. Le combat autonomiste continue et l’on voit apparaître un puissant courant auquel se rallient tant laïcs que cléricaux et même les communistes, alors ouvertement séparatistes. L’aventure hitlérienne mettra fin à ces espoirs d’une fédération d’Etats neutres dans le cadre de la France.

Alsace-Lorraine. Elsass-Lothringen. Une nation interdite est le fruit de longues années de recherches et d’études. Une contribution magistrale à l’histoire de l’Alsace-Lorraine mais aussi de toute l’Europe.

Pierri Zind est issu d’une vieille famille alémanique dont l’histoire est étroitement mêlée aux heurs et malheurs de l’Alsace. Docteur ès Lettres et Sciences Humaines, il est l’auteur de plusieurs ouvrages importants, notamment «Nouvelles congrégations des Frères enseignants en France de 1800 à 1873» (3 vol. 1969), «L’Enseignement religieux dans l’Instruction Primaire publique en France de 1850 à 1873» (1971) et une «Brève Histoire de l’Alsace» (Albatros, Paris 1977). Historien non conformiste mais d’une rigueur absolue, Pierri Zind bouscule beaucoup d’idées admises ou imposées et déchire bien des mythes véhiculés par l’enseignement officiel.

AVERTISSEMENT

KAPITEL I : DES DEPARTEMENTS AU REICHSLAND

KAPITEL II : DU REICHSLAND AU BUNDESSTAAT

KAPITEL III : L’ALSACE-LORRAINE ET LA GUERRE DE 1914-1918

KAPITEL IV : LE DÉSARROI D’ELSASS-LOTHRINGEN EN 1918

KAPITEL V : ENTRE L’ARMISTICE ET LE TRAITÉ DE PAIX

KAPITEL VI : LE TRAITÉ DE VERSAILLES ET SES CONSÉQUENCES

KAPITEL VII : PRODROMES D’UN NOUVEL AUTONOMISME

KAPITEL VIII : LE «MALAISE» DES OUVRIERS ET DES FONCTIONNAIRES

KAPITEL IX :  L’ALSACE-LORRAINE CHRETIENNE CONTRE LE LAÏCISME

KAPITEL X : LE MOUVEMENT DE LA ZUKUNFT

KAPITEL XI : DER HEIMATBUND

KAPITEL XII : DANS LES REMOUS DU HEIMATBUND

KAPITEL XIII : DU HEIMATBUND A LA LANDESPARTEI

KAPITEL XIV : L’ÈRE DES PROCÈS

KAPITEL XV : EINHEITSFRONT, LE FRONT UNIQUE ALSACIEN

KAPITEL XVI : SOUS L’EGIDE DE LA VOLKSFRONT OU DU FRONT POPULAIRE ALSACIEN (1930 – 1932)

KAPITEL XVII : LES MOUVEMENTS DE JEUNESSE

KAPITEL XVIII :  DE LA HEIMATFRONT A LA MORT

KAPITEL XIX : EPILOGUE

TABLE DES MATIERES


La petite récitation républicaine de monsieur Bischoff

Posted on juin 15th, 2011 by Klapperstein

Les DNA ont publié le 31 mai un article de l’historien Georges Bischoff sur les cent ans de la constitution d’Alsace-Lorraine. On y voit ce dernier en photo, le regard fixant l’horizon, calme et solennel. Le lecteur des DNA, qui a peut-être la naïveté de croire que son journal l’éclaire et l’informe plus qu’il ne le trompe et le désinforme, peut lire le titre « Se garder de tout anachronisme ». Le décors est planté, l’historien parle au béotien, la France parle à l’Alsace et le professeur, le scientifique rémunéré par l’argent de nos impôts, armé de son érudition, de sa rigueur et son objectivité, va donner son point de vue sur le centenaire de la constitution.

Après quelques lignes de mise en garde et de mise en place de son autorité (mettre en perspective / faire œuvre de pédagogie / connaître les circonstances / se garder de tout anachronisme), monsieur Bischoff entre dans le vif du sujet : « Elle (la constitution) est tout sauf démocratique ». Elle aurait pu être peu démocratique, avoir des faiblesses, être moyennement démocratique, et bien non, pas du tout, elle est simplement tout sauf démocratique ! Suite à cette affirmation pour le moins péremptoire, l’historien nous énumère bien les inconvénients de la constitution, mais n’y trouve manifestement aucun point positif. Il laisse également entendre que la chambre haute du Landtag est entièrement nommé par l’Empereur, une contre-vérité parmi d’autres.

Il omet de préciser l’existence de la chambre basse du Landtag, élu au suffrage universel et clé de voute de la nouvelle architecture démocratique du Reichsland. Il feint d’ignorer qu’au sein d’un État fédéral, les parlements des États fédérés ont par définition un pouvoir limité par le pouvoir de l’État fédéral, comme c’est le cas aujourd’hui aux États-Unis, en Allemagne ou en Suisse, sans quoi les États en questions seraient tout simplement non pas fédérés, mais indépendants. Cet historien, qui met en garde ces lecteurs du risque d’anachronisme, reproche en fait à la constitution de 1911 de ne pas être plus démocratique que ne le sont les constitutions actuelles de l’État de Californie ou du canton de Berne !

De toute évidence le regard que porte monsieur Bischoff sur cette période de l’histoire est entièrement conditionné par une grille idéologique pour laquelle tout ce qui est français et républicain est forcément positif et démocratique, alors que ce qui est allemand ou germanique est forcément négatif et antidémocratique. Une telle attitude ne laisse évidemment aucune place à la nuance, à la complexité, à honnêteté ou à l’objectivité. Le ton sarcastique et hargneux (une principauté d’opérette / constitution postiche / fossile sans grand intérêt / folklore dérisoire / la soupe tiède d’une commémoration sans esprit) trahit par ailleurs un état d’esprit aussi peu courtois que scientifique.

Mais notre historien ne s’arrête pas là. Il affirme encore dans une bouffée d’irrationalité que la constitution de 1911 (qui donnait sans conteste au Reichsland Elsass-Lothringen une plus grande autonomie par rapport au Deutsche Reich ) représentait la fin de l’Alsace alsacienne ! D’un point de vue logique, c’est une phrase qui n’a simplement aucun sens. On peut néanmoins la comprendre en considérant que pour notre monsieur Bischoff, Alsace alsacienne ne peut signifier rien d’autre qu’Alsace française. La phrase redevient alors tout à fait pertinente et pleine de sens. Et il est vrai qu’une plus grande autonomie et qu’une meilleur démocratie en Alsace-Lorraine ne faisait pas les affaires des va-en-guerre germanophobes et républicains de l’époque. Pas plus que de ceux qui semblent bien s’y identifier encore aujourd’hui.

Mais le meilleur, c’est à dire le pire, arrive finalement à la conclusion du texte. Il y est question d’un folklore dérisoire d’une poignée de nostalgiques qui renvoie à d’autres frustrations et qui camoufle un révisionnisme rampant. Il y est question d’ être immunisé contre le poison que représenterait toute forme d’intérêt pour la constitution de 1911. Il ne s’agit plus ici d’un débat ou d’une querelle entre partisans du fédéralisme ou du centralisme, il ne s’agit plus ici d’apprécier positivement ou non la constitution de 1911. L’historien qu’est Georges Bischoff connait le poids des mots et le sens hautement péjoratif que peu avoir le terme révisionniste, surtout associé à des mots comme poison, folklore et nostalgique. L’historien qu’est Georges Bischoff n’a de toute évidence pas d’argument valable pour critiquer la constitution de 1911 et l’intérêt que de nombreux alsaciens lui porte aujourd’hui. Il essaie donc de mystifier ses lecteurs par des procédés rhétoriques indignes et de les intimider par les amalgames les plus douteux.

Ce qui n’est malheureusement pas une surprise, ni de sa part, ni de la part du journal dans lequel il a publié son petit rappel à l’ordre. Un rappel à l’ordre où la hargne et la mauvaise fois ne laisse aucune place à l’objectivité et à la plus élémentaire honnêteté intellectuelle. Un rappel à l’ordre qui ressemble étrangement à une petite récitation républicaine, méchante et naïve, comme peuvent l’être parfois ces enfants frustrés et contrariés par une réalité hostile qu’ils ne veulent accepter, comme le sont trop souvent les idéologies et leurs partisans.

Pour lire l’article des DNA, cliquez ci-dessous.

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Colloque 1911 – 2011, vendredi 10 juin

Posted on juin 8th, 2011 by Klapperstein

-   Vendredi 10 juin 2011, au Palais du Rhin, Place de la République in Strossburi. 

Colloque du centenaire de la constitution de 1911 du Reichsland Elsass-Lothringen, organisé par l’ICA, Initiative Citoyenne Alsacienne

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Heimetfescht 2011 : kommen ihr zahlreich !

Posted on mai 29th, 2011 by Klapperstein

Mardi 31 mai 2011 à partir de 17 heures jusqu’à minuit, Avenue de la Marseillaise , au bar du TNS in Strossburi.

Heimatfescht organisé par le Comité du Centenaire de la Constitution d’Alsace-Lorraine.

Au programme : Animation sur le parvis du bar du TNS, fanfare de Holtzheim d’Brichwàgges et le duo Siegried Maginot (rock-folk régional)  tout au long de la soirée.


Conseil d’Alsace : Manisfestation pour le Référendum

Posted on mai 16th, 2011 by Klapperstein

COMMUNIQUE DE PRESSE DUNSER LAND

Oui au référendum, oui à la fusion. Appel à manifester samedi 21 mai à 16h place Kleber à Strasbourg

Unser Land proteste contre l’attitude de certains élus socialistes alsaciens qui s’opposent au projet de fusion des collectivités alsaciennes.

Quand 79% des Alsaciens (sondage CSA du 03 mai 2011) demandent à s’exprimer sur ce sujet, cela signifie que le projet correspond à une véritable attente de la société alsacienne. Aussi, lorsque que MM. Nisand et Oehler déclarent que ce débat est « bien dérisoire, absurde, surréaliste et nombriliste », ce n’est rien d’autre qu’un affront à la démocratie et à la volonté du peuple alsacien.

L’Alsace n’a pas vocation à être une victime collatérale des élections présidentielles de 2012. De quelle tendance politique qu’ils soient, les Alsaciens réclament la fusion. Aussi, il est du devoir de la classe politique alsacienne de donner aux Alsaciens la possibilité de s’exprimer à ce sujet.

Nous regrettons l’attitude nihiliste des opposants à ce projet, qui, soit par intérêt politicien, soit par intérêt personnel, s’opposent à une réforme dictée par le bon sens et appuyée par l’ensemble de la société alsacienne.

Unser Land exige la tenue d’un référendum à l’automne afin de donner aux Alsaciens la possibilité de s’exprimer au sujet de la fusion des collectivités territoriales alsaciennes.

Nous donnons rendez-vous aux Alsaciens samedi 21 mai à 16h place Kleber à Strasbourg pour une manifestation en faveur d’un référendum.

Unsri Heimet appellent bien évidemment  les Alsaciennes et les Alsaciens, indépendamment  des clivages politiques, à venir nombreux à cette manisfestation. Fer d’Demokratie un fer’s Elsass, kommen ihr zahlreich !

Colloque du centenaire de la constitution du 31 mai 1911

Posted on mai 16th, 2011 by Klapperstein

-   Jeudi 19 mai et vendredi 20 mai 2011 à l’hôtel de Région 1, Place Adrien Zeller in Strossburi.

Colloque du centenaire de la constitution du 31 mai 1911 pour l’Alsace-Lorraine, organisé par l’Institut du droit local et l’Université de Strasbourg

Lire le programme

Heimetfescht

Posted on mai 2nd, 2011 by Klapperstein


A l’occasion du centenaire de la constitution d’Alsace-Lorraine, une grande fête sera organisée in Strossburi le soir du mardi 31 mai 2011 par Le Comité du Centenaire de la Constitution présidé par Thierry Hans. Elle aura lieu près des locaux de  l’ancien Landtag, notre ancien parlement devenu théâtre, le Théâtre National de Strasbourg, au bar du TNS, avenue de la Marseillaise. Nous invitons d’ores et déjà les Alsaciennes et les Alsaciens attachés à leur identité et à leur Heimet de réserver cette date et d’y venir nombreux ! Nous vous communiquerons de plus amples informations ultérieurement. En attendant voici le lien du site du comité organisateur :

Comité du Centenaire de la Constitution d’Alsace-Lorraine

Un 11 Novembre ordinaire en Alsace

Posted on novembre 12th, 2010 by Unsri Heimet !

11 novembre 2010. Quelque part en Alsace. Il est 11 heures. Des percussions et des cuivres résonnent au loin. Je sors. Par simple curiosité. Des drapeaux tricolores flottent dans la rue principale. La batterie-fanfare et la section locale des anciens combattants convergent vers le monument aux morts. Je m’y rends. Quelques habitants, âgés pour la plupart, sont là. Le conseil municipal et une poignée d’écoliers aussi.

La cérémonie commence. Un ancien combattant s’avance et lit un texte qu’il semble découvrir. La guerre, l’inhumanité. La Grande Nation, leurs troupes victorieuses, Clemenceau, le soldat inconnu. Puis 39-45, Vichy, le gaullisme. Pour conclure avec l’Europe et le soutien des troupes en Afghanistan, pour la démocratie et les droits de l’Homme, apparemment. Cinq minutes de langue de bois, cinq minutes où tout sonne faux.

Mais place aux enfants, aux enfants de l’école élémentaire. Un poème et une lettre de poilus. Une larme. Moi aussi je suis passé par là. A l’époque notre présence était obligatoire. Musique ! Les drapeaux s’abaissent. Le maire s’avance et dépose une gerbe de fleurs au ruban encore et toujours tricolore au pied du monument. « A nos morts ! » Puis une minute de silence, symbolique. Et hop, une dernière Marseillaise pour la route.  Personne pour la chanter. Böse Leute haben sowieso keine Lieder.

Demi-tour direction l’hôtel de ville, joyeusement et en musique. Un verre de vin nous y attends. La vieille République rince à l’œil. Plus pour longtemps. Le mot du maire. Aussi plat que le précédent. Remise des médailles aux anciens combattants. Ils l’ont bien mérité, ils sont en vie, eux. Un journaliste local dont on retrouvera la prose le lendemain dans le journal au milieu d’autres articles du même acabit. Quelques photos pour la postérité.

Midi. C’est l’heure. Je part enfin. En passant le seuil, un mot me revient sans cesse à l’esprit. Elsass-Lothringen. Alsace-Lorraine. Oui, et l’Alsace-Lorraine  et les Alsaciens-Lorrains dans tout cette histoire ? Je n’ai entendu de la bouche de ces braves Alsaciens que le mot  « France ».  « France, France, France », jusqu’à l’indigestion. Et nos aïeux, ces 250 000 Alsaciens-Lorrains, alors citoyens allemands, qui avaient servi sous l’uniforme impérial Feldgrau ? 30 000 y ont laissé leur vie. Aucune pensée pour ces derniers. 92 ans après, ceux qui sont tombés en Russie, à Verdun, à Ypres, en Crimée, semblent n’avoir jamais existé.  Nix, nada, kein Wort darüber. Quelle honte. Pas une tombe pour ces hommes. Et pas une seule pensée. L’insulte. Wie eine Spucke im Gesicht ! Effacés de la mémoire collective alsacienne au profit d’une mémoire française de substitution qui sonne décidément si faux. Assez de mensonges d’une part et d’amnésie de l’autre. Place à la vérité historique. Alors hommage en ce jour. Hommage à nos 30 000 morts alsaciens-lorrains… et à tout les autres sans exception !

Un témoignage d’époque à lire: Les Deux Felix ou 1914/18 vu par un combattant d’Alsace-Lorraine, ed. Do Bentzinger, présenté par Fränzi Waag et préfacé par Bernard Wittmann. L’itinéraire d’un mosellan mobilisé à 20 ans dans l’armée impériale, combattant sur les deux fronts, blessé, décoré de la croix de fer. Il rentre dans sa  Heimat occupée par les Français qui voient en lui un boche, un traître à la Nation. Un destin commun à la grande majorité des Alsaciens-Lorrains de l’époque revenus certes vivants mais en vaincus.

Les baïonnettes connaissent la vérité

Posted on novembre 11th, 2010 by Klapperstein

Pierri Zind, dans son ouvrage Elsass-Lothringen Alsace Lorraine, une nation interdite 1870-1940, nous raconte le crépuscule du Reichland Elsass-Lothringen et de l’éphémère Republik Elsass-Lothringen proclamée par le Nationalrat .

En novembre et décembre 1918 les troupes françaises ne sont d’après le traité de paix que des troupes d’occupation provisoire dans l’attente d’un plébiscite d’auto-détermination. Mais face à l’intransigeance et aux intimidations des envahisseurs français, qui n’ont nullement l’intention de respecter le traité de paix et leurs engagements passés, une majorité des membres du Landtag décide de donner raison à la force brut. En signe d’allégeance à la France, ils chassent Eugène Ricklin de la tête du Nationalrat pour y mettre le chanoine Nicolas Delsor, depuis peu converti à la cause de l’occupant français. Et c’est ainsi que le peuple alsacien-lorrain, trahi par ses représentants, va perdre la face aux yeux d’une histoire que les Français n’aurons plus qu’à arranger et réécrire.

Le jeudi 5 décembre à 15h30, Nicolas Deslor convoque tout le beau monde de Strasbourg à une Solennelle Séance Plénière de l’Assemblée Nationale :

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Ce fut un vrai cirque mélodramatique. Officiers, journalistes, représentants parisiens, tous ces étrangers garnissaient les tribunes, mais l’Alsace authentique était absente. Delsor donna lecture de la proposition préparée la veille : elle fut votée publiquement, par «assis et levé», évidemment à l’unanimité, et son affichage fut ordonné dans toutes les communes d’Alsace-Lorraine. Après cette comédie, Delsor ajouta ces paroles ahurissantes : «Les hommes d’Etat qui revendiquent le plus énergiquement pour les peuples le droit de disposer librement et souverainement de leurs destinées peuvent être en ce qui concerne l’Alsace-Lorraine pleinement satisfaits. Le référendum n’a plus de raison d’être, il est fait ! (Vifs applaudissements) Il s’est accompli dans un enthousiasme indescriptible de village en village, de cité en cité, sur les pas triomphants de nos légions victorieuses ! (Vifs applaudissements)». Ces paroles également avaient été dictées par Paris, pour fermer la bouche aux Américains et aux Anglais qui, comme les Allemands, réclamaient l’application du plébiscite en Alsace-Lorraine.

Pareilles confusions politiques et psychologiques laissent perplexe.
Comment peut-on assimiler le référendum ou plébiscite, vote individuel, anonyme et secret, organe de la démocratie directe, à un vote public par «assis et levé», en présence du vainqueur invité précisément pour assister à ce simulacre et effectué dans la fièvre par quelques dizaines de députés nullement élus pour cette opération — députés qui avaient juré fidélité à la Constitution alsacienne-lorraine de 1911 — députés qui par un coup d’Etat avaient transformé le Landtag en Nationalrat, et qui de toute façon n’étaient que les organes de la démocratie indirecte ?
Comment peut-on assimiler à un référendum individuel, secret et anonyme, l’accueil fait aux troupes victorieuses apportant enfin la paix et organisé par des agents français dans des villes épuisées par cinq années de guerre et de privations innombrables, sous un régime de dure dictature militaire ?
Comment peut-on proclamer le rattachement du Land Elsass-Lothringen à la France, alors que l’Alsace-Lorraine se trouvait toujours dans la situation de territoire allemand occupé, conformément aux articles de la convention d’armistice et valables au moins jusqu’au 17 décembre 1918 à 12 h ?
Comment enfin peut-on parler sérieusement de «nos légions victorieuses», alors que 380 000 Alsaciens-Lorrains étaient — morts ou vifs — des «Feldgrauen» vaincus ?
Où est la vérité ? Où est le droit ? Où sont la pudeur du vaincu et la fierté du héros malheureux ? Où est la dignité humaine ?
Mais toutes ces flagorneries bourgeoises ne modifièrent en rien l’inéluctable cours des événements. Les jeux étaient faits, et une fois de plus, sans le peuple alsacien-lorrain.

Le 9 décembre 1918, accompagnés de plus d’un millier de politiciens et de parlementaires, le Président de la République Raymond Poincaré et le Président du Conseil Georges Clemenceau faisaient à leur tour une entrée triomphale dans Strasbourg. Anticipant gaillardement sur le futur traité de Versailles, le gouvernement de Paris prenait possession de sa conquête pour mettre les Alliés devant le fait accompli.
A la mairie de Strasbourg, l’illustre cortège n’aurait même pas accordé un regard aux membres du Nationalrat assemblé, si le chanoine Muller n’avait pris sur lui d’arrêter le «Tigre» pour lui présenter, comme par hasard, les véritables et lamentables détenteurs de la souveraineté du peuple d’Alsace-Lorraine.
Quelle humiliation pour le président du Nationalrat, l’abbé Delsor ! Quant à l’ancien président de la «Volkskammer» du Landtag Elsass-Lothringens, ancien député au Reichstag, et créateur du Nationalrat, le Dr Eugène Ricklin, c’est debout sur la pointe des pieds au milieu de la foule anonyme qu’il a dû assister aux cérémonies fastueuses de la visite du gouvernement français !

Il était clair que le gouvernement français ne reconnaissait plus d’autre autorité que la sienne, celle du vainqueur militaire ; il n’admettait plus d’autre source de pouvoir que celle de Paris, que celle d’un gouvernement centraliste.

Pierri Zind, Elsass-Lothringen Alsace Lorraine, une nation interdite 1870-1940

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Chinesen und Franzosen

Posted on novembre 10th, 2010 by Unsri Heimet !

Die Elsässer hätten im November 1918 die Chinesen ebenso begeistert begrüsst wie die Franzosen, wenn sie als Befreier von Krieg, Not und Hunger einmarschiert wären.

Emile Wetterlé (1861-1931), elsässischer Abt, deutscher Abgeordnete und französischer Propagandist.

Si les Chinois étaient entrés en novembre 1918 comme libérateurs de la guerre, de la misère et de la faim,  les Alsaciens les auraient salués aussi fanatiquement que les Français l’ont été.

Emile Wetterlé (1861-1931), abbé alsacien, député allemand et propagandiste français.

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