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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

L’idéologie des droits de l’homme

Posted on février 28th, 2011 by Klapperstein

Les élections cantonales approchent à grand pas et pourtant personne ne les entend venir. Le débat politique et la démocratie sont en Alsace proche du niveau zéro. Rien d’étonnant à cela. Les cantonales sont certainement l’expression la plus aboutie de la grande tartuferie démocratique française. Le pays des droits de l’homme offre aux Alsaciens la liberté factice d’une élection alibi aux enjeux très limités, les conseillés cantonaux n’ayant qu’un pouvoir très limité.

Une élection confuse dont à peu près personne ne comprend même les maigres enjeux, une élection tronquée par un scrutin majoritaire qui rend quasiment impossible l’élection de candidats opposés au système UMPS en place, une élection qui ne permet pas aux électeurs alsaciens de faire entendre leur voix, une élection digne de l’époque du Second Empire et de Napoléon III dont elle provient certainement.

Alors si les lecteurs de ces quelques mots pensent pouvoir voter pour un candidat qui représente un tant soit peu l’Alsace ou leurs idées politiques, nous nous en réjouissons et les encourageons à user intelligemment du peu des droits civiques dont ils disposent.

Mais que les Alsaciens comprennent aussi qu’il est parfois plus pertinent de voter avec ses pieds en allant à la pêche que d’aller au bureau de vote pour y voter comme un pied. Par esprit civique nous recommandons évidement vivement aux personnes qui n’auraient pas compris cette dernière phrase de rester à distance respectueuse de tout bureau de vote dans les jours qui viennent.

Par contre, il est vivement recommandé à tous et à chacun de lire l’extrait de texte ci-dessous qui donne un éclairage aussi intéressant qu’érudit sur le fait qu’en Alsace la démocratie soit si malmenée par la patrie des droits de l’homme, tout comme elle est fragilisée et dévoyée dans le monde entier par l’idéologie du même nom. UH

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Extrait de  Au-delà des droits de l’homme : politique, liberté, démocratie d’Alain de Benoist :

Dans l’opinion commune, la lutte en faveur des droits de l’homme est fréquemment présentée comme un aspect de la lutte en faveur de la démocratie. « La démocratisation complète de l’Europe, déclarait en 1990 Javier Perez de Cuellar, alors secrétaire général des Nations-Unies, sera une réaffirmation du caractère universel de la Déclaration des droits de l’homme ». La même opinion a été émise depuis par Francis Fukuyama, et par bien d’autres auteurs. Dans cette optique, démocratie et droits de l’homme sont censées progresser du même pas. Les deux expressions ne sauraient se contredire. Elles deviennent même presque synonymes.

Cette opinion n’en a pas moins été maintes fois contestée. S’interrogeant sur la relation entre la démocratie et les droits de l’homme, Julien Freund disait qu’elle« n’est pas évidente ». Leur mise en équivalence, écrit Jean-François Kervégan, est pour le moins « problématique ». Myriam Revault d’Allonnes ajoute qu’elle « ne va pas de soi ». Il y a à cela plusieurs raisons.

Une première raison est que la démocratie est une doctrine politique, les droits de l’homme une doctrine juridique et morale, et que ces deux types de doctrine ne s’accordent pas spontanément. En tant que régime politique, la démocratie tend tout naturellement à restreindre ce qui n’est pas démocratique et, plus largement, ce qui n’est pas politique. La théorie des droits, au contraire, tend à restreindre les prérogatives du politique. Mais surtout, ainsi qu’on l’a vu à propos des droits de l’homme et des droits du citoyen, l’une et l’autre n’ont pas le même sujet. L’idéologie des droits de l’homme ne veut connaître que des individus abstraits, la démocratie ne connaît que des citoyens. Or, même s’ils font usage de la même rhétorique juridique, les droits du citoyen (égalité devant la loi, liberté de pétition, droit égal de suffrage et de vote, accès égal aux emplois publics dans la mesure des capacités, etc.) sont fondamentalement différents des droits de l’homme. Ils ne sont pas des attributs de l’homme en tant qu’homme, mais des capacités liées, non seulement à un régime politique particulier (la démocratie), mais aussi, et surtout, à une appartenance spécifique (une communauté politique donnée). La théorie des droits de l’homme donne indistinctement le droit de vote à tous les hommes en tant qu’ils sont des hommes (« un homme, une voix »). La démocratie donne le droit de vote à tous les citoyens, mais le refuse aux non-citoyens. « Les droits démocratiques du citoyen, écrit Carl Schmitt, ne présupposent pas l’individu humain libre dans l’état extra-étatique de “liberté”, mais le citoyen vivant dans l’Etat […] Ils ont de ce fait un caractère essentiellement politique ».

Un régime démocratique tient d’autre part sa légitimité du consentement du peuple, celui-ci étant généralement exprimé par le vote. En dernière analyse, la démocratie est le régime qui consacre la souveraineté du peuple. A l’inverse, le discours des droits de l’homme se donne d’emblée comme certitude morale, comme vérité universelle, censée s’imposer partout du seul fait de son universalité. Sa valeur ne dépend donc pas d’une ratification démocratique. Mieux encore, il peut s’y opposer.

« La problématique des droits de l’homme, observe Revault d’Allonnes, relève d’une fondation individuelle — la problématique des droits naturels de l’individu —qui entre inévitablement en tension avec les requisits de la souveraineté ». Cette tension peut revêtir deux aspects. D’une part, dans la mesure où le droit international inspiré de la théorie des droits de l’homme — le droit d’ingérence — implique une limitation de la souveraineté des Etats et des peuples, il implique par là même, au sein de tout Etat démocratique, une limitation de la souveraineté populaire. D’autre part, les conditions dans lesquelles a été énoncée la théorie des droits de l’homme font que le suffrage lui-même ne peut plus être reconnu comme souverain que pour autant qu’il ne contredit pas aux postulats de cette théorie. Dans la perspective des droits de l’homme, explique Guy Haarscher, « le principe démocratique ne peut valoir que dans de strictes limites, qui sont précisément celles de la philosophie des droits de l’homme : à supposer qu’un seul individu défende ces derniers contre une opinion majoritaire décidée à les violer, c’est ce solitaire qui, du point de vue de la philosophie contractualiste, [aura] adopté la seule attitude légitime ».

Les votes démocratiques n’allant pas dans le sens des droits de l’homme sont donc immédiatement rejetés comme « irrationnels » et illégitimes. La même idéologie s’oppose à ce que le peuple soit consulté, par exemple par voie de référendum, sur des sujets considérés comme trop « sensibles ». Une certaine dénonciation du « populisme » entre de toute évidence dans ce cadre : quand on aborde la question des « droits de l’homme », le peuple est suspecté de trop souvent penser mal.

« La reconnaissance et la proclamation des droits de l’homme, écrit encore Jean-François Kervégan, impliquent que des limites infranchissables soient posées à la souveraineté, qu’elle soit monarchique ou populaire ». Or, toute limitation de la souveraineté populaire représente une attaque contre le fondement même de la démocratie. Elle équivaut à une obligation faite aux citoyens de renoncer à n’être gouvernés que par les dirigeants qu’ils ont élus. Elle implique que l’autorité ultime à laquelle les citoyens doivent obéissance n’est plus celle de ces dirigeants élus, mais celle d’instances ou de juridictions internationales dont les membres, parlant en quelque sorte au nom d’une vérité révélée, n’ont pas la moindre légitimité démocratique. La souveraineté populaire étant placée sous conditions, c’est un clair retour à l’hétéronomie politique et sociale.

Significatif est le fait qu’aujourd’hui, on reproche beaucoup moins auxgouvernements autoritaires de manquer aux règles de la démocratie que de ne pas« respecter les droits de l’homme ». Pour pallier à l’instabilité politique qui entrave l’expansion planétaire des marchés, la Commission Trilatérale, mise en place en1973 et dont les deux principaux théoriciens étaient Samuel Huntington et Zbigniew Brzezinski, avait déjà exprimé le souhait de restreindre le champ des pratiques démocratiques dans les pays du Tiers-monde. « Pour répondre à ces deux exigences — démocratie restreinte et survie du capitalisme —, écrit Edmond Jouve, un ingrédient a été trouvé : l’idéologie des droits de l’homme ».

La redéfinition de la démocratie comme le « régime qui respecte les droits de l’homme », c’est-à-dire finalement sa réduction à la démocratie libérale, est donc intellectuellement insoutenable, mais elle est politiquement très rentable, puisqu’elle permet de récuser comme contradictoire toute décision démocratique allant à l’encontre de l’idéologie des droits de l’homme. Jean-Fabien Spitz constate cependant qu’une telle démarche est elle-même contradictoire, car « dire que les droits des individus dépendent de la raison et de la nature, mais prétendre les soustraire à la discussion par l’ensemble des êtres doués de raison, c’est détruire leur fondement rationnel ».

Au-delà des droits de l’homme : politique, liberté, démocratie

On reparle de la « Fusion »

Posted on janvier 21st, 2011 by Unsri Heimet !

Fusion des départements et de la Région Alsace ? L’idée n’est pas pour nous déplaire, pas plus qu’à une grande majorité des alsaciens. Mais nous y trompons pas, cette réforme territoriale, sous couvert d’efficacité, de proximité et d’économies budgétaires est aussi une manœuvre qui verrouille un peu plus le déjà maigre espace politique alsacien.

La régression démocratique va en s’accélérant et nous en constatons l’inquiétante évolution depuis les deux dernières élections régionales : suppression de la représentation des petits partis  dès 2004 par la mise en place d’un seuil de deuxième tour  à 10%, et pour 2014 avec  l’application de la réforme territoriale, suppression des conseillers régionaux  et donc des listes, introduction du scrutin uninominal calqué sur les cantonales et seuil de 2ème tour à 12,5% des inscrits.

L’absence de proportionnelle dans la nouvelle assemblée  territoriale d’Alsace  va rendre dans la pratique impossible l’émergence de partis alsaciens indépendants de Paris aussi sûrement qu’elle  va condamner à terme l’existence d’une véritable vie démocratique en dehors de l’illusoire alternance UMP-PS. Le conseil d’Alsace uni sera donc un pseudo parlement sans réel pouvoir et sans réelle légitimité démocratique.

Il semble bien qu’en Alsace rien ne change, la République passe et gagne, la démocratie perd et les Alsaciens payent l’addition. Langt’s den no net ? UH

Majorz vs. Proporz. / Scrutin majoritaire versus scrutin proportionnel

Une imagerie suisse de 1919 qui en dit long sur le futur système majoritaire de la réforme territoriale de 2014…

Le ministre des Collectivités territoriales veut fusionner le conseil régional qu’il préside et les deux conseils généraux d’ici à 2014.

Un serpent de mer s’est glissé dans les eaux du Rhin. Appelez-le union, réunion, fusion ou plus pudiquement «Grenelle de l’Alsace», comme l’a annoncé le ministre des Collectivités territoriales et président UMP du conseil régional Philippe Richert. L’objectif reste le même : doter l’Alsace d’une seule assemblée, d’un seul exécutif, là où aujourd’hui règnent le conseil régional et les conseils généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

«Mon objectif est de créer un outil plus efficace et de renforcer encore la proximité avec nos concitoyens, explique Richert. Ce projet, qui a été discuté en Alsace à de nombreuses reprises est aujourd’hui rendu possible par les lois Raffarin et la loi sur les collectivités territoriales qui vient d’être adoptée par le Parlement.» Philippe Richert, qui, sur son projet, a reçu le soutien de Nicolas Sarkozy avant d’entrer au gouvernement, veut mettre les bouchées doubles. Car le ministre a en tête un calendrier plutôt serré : mener à bien les débats et les phases expérimentales avant 2012, les référendums locaux, le vote des trois assemblées concernées et celui d’un projet de loi spécifique qui viendrait parachever l’ensemble avant 2014. Pourquoi ? Parce que c’est à cette date que la nouvelle loi territoriale prévoit l’élection des conseillers territoriaux appelés à remplacer les conseillers généraux et régionaux. Un rendez-vous propice pour créer le «conseil d’Alsace uni» qu’il appelle de ses vœux.

Innovations

Le projet n’est pas propre à sa région, souligne Richert. La Corse a déjà mis en place plusieurs innovations institutionnelles qui vont vers un rapprochement de ses différentes collectivités. «Le même processus est enclenché dans les territoires et départements d’outre-mer», souligne-t-il encore. D’autres projets, comme la fusion des deux départements savoyards, celle des deux régions normandes ou le rattachement de la Loire-Atlantique et de Nantes à la Bretagne, pourraient à nouveau être mis sur le devant de la scène.

L’expérience alsacienne est cependant la plus avancée. Au titre des avantages, l’union renforcerait la voix de l’Alsace face à l’État, argue le seul président du conseil régional UMP de métropole, et permettrait une «nouvelle phase de transfert de compétences», en imaginant par exemple que le réseau des routes nationales revienne à la région «au lieu d’être arbitré à Nancy». Quant à la question de la «capitale», Mulhouse et Colmar craignant d’y perdre face à Strasbourg, Richert la contourne en expliquant que la «vision d’une capitale unique n’a plus de sens à l’heure de l’Europe et des nouvelles technologies de communication».

En débat au sein de l’UMP alsacienne – l’ancien président du conseil régional Adrien Zeller n’y était pas favorable -, défendu depuis de nombreuses années par l’extrême droite et les régionalistes, le projet ne convainc pas à gauche où, au mieux, on considère qu’il n’est pas prioritaire. Le voilà cependant inscrit à l’agenda par la force du ministre-président d’Alsace.

Source: Le Figaro

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