3.0.1" />
Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Qu’en sera-t-il de notre « Droit Local » ?

Posted on mars 2nd, 2015 by Klapperstein

Depuis 1945, la classe politique alsacienne n’a jamais su s’affranchir des logiques de soumission et, face à Paris, n’a pas su se tenir debout. Nos politiques ont manqué singulièrement d’audace et d’imagination pour défendre l’identité alsacienne et ont fini par céder à peu près sur tout. Ils ont ainsi cumulé les revers, le dernier en date étant celui de la fusion de l’Alsace dans la méga-région ALCA entraînant sa disparition pure et simple de la carte des régions.

Pour mieux comprendre la déroute des élites politiques alsaciennes depuis 1945, il suffit de voir l’enlisement de notre « droit local », progressivement grignoté par le droit général jusqu’à en perdre sa cohérence première. Or, on a tendance parfois à l’oublier, notre « droit local » a été arraché de haute lutte aux jacobins de Paris par nos Heimatrechtler[1] de l’entre-deux-guerres qui voulaient une Alsace émancipée et respectée avec toutes ses particularités. Les Alsaciens ont toujours été très attachés à leur « Lokalrecht ». Depuis son entrée en vigueur, il a de tout temps fait consensus.

Dispositions particulières du « droit local »

Notre « droit local » est constitué d’un ensemble de dispositions et prérogatives particulières à l’Alsace et à la Moselle qui furent conservées après 1918 dès lors qu’elles étaient plus favorables aux Alsaciens que ceux de la législation française. Il comporte : 1/ des dispositions d’origine française maintenues en vigueur par les autorités allemandes après 1870 ; 2/ des dispositions allemandes applicables dans l’ensemble du Reich ; 3/ des dispositions propres au Reichsland adoptées par les organes législatifs alors compétents ; 4/ des dispositions françaises intervenues après 1918 mais uniquement applicables à l’Alsace-Moselle. Deux lois de juin 1924 donnèrent un caractère définitif à ce dispositif unique en France.

Par la suite, les Nazis supprimèrent le droit local. Mais il sera à nouveau rétabli par l’ordonnance du 15 septembre 1945 « portant rétablissement de la légalité républicaine ».

En dépit d’une volonté constante de l’Etat de l’abolir, l’attachement des Alsaciens à leur législation locale a fait qu’elle est néanmoins restée en vigueur jusqu’à nos jours.

À présent, les principales matières où subsistent les dispositions de droit local sont[2] :

Le régime des cultes : l’Alsace reste régie par la loi du 8 avril 1802 comprenant le Concordat de 1801 et les articles organiques des cultes catholique, protestant et israélite ;
Le régime de l’artisanat : il est régi par le code des Professions (Gewerbeordnung) suivant la loi d’Empire du 26 juillet 1900 ;
Le droit du travail : avec des dispositions particulières concernant : le maintien de la rémunération en cas d’absence, le repos dominical et les jours fériés (l’Alsace compte deux jours fériés supplémentaires : le Vendredi-Saint et la Saint-Etienne), la clause de non-concurrence… ;
La législation sociale : avec des dispositions particulières concernant le régime local de sécurité sociale (remboursement à 90%), l’aide sociale… ;
La chasse : avec un droit de chasse particulier ;
Les associations : la loi du 1er juillet 1901 n’est pas applicable aux associations ayant leur siège en Alsace-Moselle, celles-ci sont soumises aux articles 21 à 79 du Code civil local et la loi d’Empire du 19 avril 1908 ;
La publicité foncière : en Alsace-Moselle, la publicité foncière est assurée par le Livre foncier tenu par un magistrat spécialisé et relève du Ministère de la Justice ;
La justice : les tribunaux d’instance ont des compétences plus étendues ; les Tribunaux de Commerce sont remplacés par une chambre spécialisée du Tribunal de Grande Instance, les émoluments des avocats et les frais de justice sont régis par des dispositions spécifiques ; il n’y a pas d’avoués auprès des Cours d’Appel, les charges de notaires et des huissiers se caractérisent par leur non-vénalité et l’absence de droit de présentation, la faillite civile s’appliquant aux personnes civiles qui peuvent se voir appliquer la loi commerciale sur le redressement et la liquidation s’ils sont en état d’insolvabilité notoire ;
Le droit communal : plus grand respect des libertés communales (autonomie plus grande pour les communes), règles différentes de fonctionnement du Conseil municipal, règles particulières d’urbanisme (les communes peuvent, par exemple, répercuter sur les riverains les frais de premier établissement des voies (« taxes de riverains ») ; Etc.

On ne peut que regretter que, depuis 1945, au lieu de partir du « droit local » tel qu’il existait alors, pour le faire évoluer progressivement vers un véritable « statut particulier » permettant à l’Alsace de s’administrer plus librement grâce à l’adjonction de nouvelles prérogatives négociées, les élites politiques alsaciennes restèrent silencieuses. Elles ne songèrent même pas à le faire évoluer. À l’évidence, elles n’ont pas compris que le « droit local », avec l’ensemble des dispositions qui y sont attachées, pouvait servir de fondement pour l’élaboration d’un statut garantissant plus de dévolutions pour l’Alsace ! D’ailleurs, des négociations en ce sens n’ont même jamais été entamées depuis 1945. Côté alsacien, on s’est simplement contenté de camper sur l’existant, sans songer à aller de l’avant pour arracher plus de libertés dans l’intérêt de l’Alsace. Nos élus n’y ont pas songé, ou pire, paralysés par leur servilité et leur docilité légendaire, ils n’ont tout simplement pas osé[3]… sans doute par peur d’indisposer Paris !

A présent, alors que l’Alsace va disparaître diluée dans la région « grand est », où elle sera ultra-minoritaire, les Alsaciens peuvent légitimement s’inquiéter du devenir de leur droit local. Les jacobins restent en embuscade pour anéantir, dès que l’occasion se présentera, ce dernier marqueur fort de l’identité alsacienne. L’ALCA leur offrira indéniablement de nouvelles possibilités pour le laminer. Les Alsaciens devront donc redoubler de vigilance !

Bernard Wittmann – Historien

[1] Défenseurs des droits de la patrie.

[2] Documentation : voir site internet de l’Institut du Droit Local Alsacien-Mosellan.

[3] Depuis toutes ces années, ils n’ont même pas relevé que la plupart des articles du droit local sont rédigés en allemand, conférant ainsi de facto à la langue allemande le caractère d’officialité en Alsace. L’article 10 de la loi fondatrice du droit local du 1er juin 1924 stipule expressément : « Dans les trois mois au plus tard après la mise en vigueur de la présente loi, un décret publiera, traduit en langue française, les textes des lois locales maintenues en vigueur avec les modifications résultant de la présente loi. Cette traduction, faite à titre documentaire, n’aura pas de caractère authentique ». On ne peut être plus clair : seul le texte en allemand se voit reconnaître un « caractère authentique » ! Donc la langue de l’Alsace est (toujours) l’allemand ! On aurait ainsi pu s’appuyer sur le Droit Local pour engager une action en reconnaissance linguistique et, partant, étayer juridiquement l’exigence de son enseignement. D’ailleurs, le droit local comporte déjà de nombreuses dispositions dérogatoires à la législation nationale, notamment dans le domaine de l’enseignement. Il aurait donc suffi d’emprunter une voie qui était déjà ouverte (on peut d’ailleurs toujours le faire).

Quelle : hewwemi.net

La fièvre émotionnelle retombée, les problèmes ressurgissent.

Posted on janvier 20th, 2015 by Klapperstein

Par Bernard Wittmann

Un sursaut républicain ?

Le grand moment d’évocation des croyances laïques, égrainées sur un mode incantatoire, et de communion républicaine des foules massées sur les places du pays est passé : pleurs dans la rue, Marseillaises martiales chantées à tue-tête, fleurs données aux CRS, embrassades de policiers, drapeaux tricolores agités fiévreusement au-dessus des têtes, ont signé une sorte d’hystérie collective que la presse s’est empressée de qualifier hâtivement de « sursaut républicain ». On crut assister un temps au retour triomphal de l’union nationale autour de Charlie Hebdo devenu soudainement le dépositaire de toutes les valeurs républicaines. Journées de fièvre. Dans les écoles on imposa même la prière laïque, la minute de silence, à des bambins de 6 ou 7 ans, « Paris capitale mondiale de la liberté » décréta la presse française à l’issue de la manifestation du dimanche 11 janvier, « Nous sommes tous Charlie », « 66 millions de Charlie » pouvait-on lire dans les médias. Même Philippe Richert, pour ne pas être en reste, y alla de son couplet : « L’Alsace est Charlie », s’écria-t-il avec le pathos de circonstance à la tribune du Conseil régional.

De leur côté, les musulmans, volontiers amalgamés avec les islamistes, furent poussés à se repentir en bloc pour une faute non commise et contraints à des démonstrations d’attachement sans fin à la France. Le Rassemblement des Musulmans de France appela même les musulmans à prier pour la France tous les vendredis…. ce qui n’empêcha pourtant pas les actes islamophobes de se multiplier. L’islamophobie contribue d’ailleurs à renforcer la cohésion entre Musulmans.

Attisée avec cynisme et machiavélisme par les médias, l’émotion tripale avait fini par l’emporter sur la réflexion et l’intelligence. Et à force d’entendre en boucle que les marées humaines manifestaient pour la laïcité et la liberté d’expression, pourtant bien malmenée en France puisqu’elle n’arrive qu’au 39e rang[1] dans le monde juste après le Salvador et avant les îles Samoa, la tragédie humaine de cette terrible tuerie d’innocents s’est presque retrouvée reléguée au second plan.

La fièvre émotionnelle a fini par retomber

Après les manifestations d’écœurement contre ce massacre barbare, que le gouvernement sut très habilement instrumentaliser pour détourner un temps l’attention de sa faillite politique, du chômage ou de la pression fiscale, la fièvre émotionnelle a fini par retomber peu à peu. Dans ces grands moments d’émotion collective, le consensus est toujours éphémère. Les foules sont versatiles : « En février 1848, le peuple célébrait la République, en juin c’était la guerre civile », a tenu à rappeler l’historien Samuel Hayat dans Libération[2].

Après la griserie des « retrouvailles laïques et républicaines », les défilés bras dessus bras dessous, la déferlante des symboles républicains brandis frénétiquement et les surenchères des démagogues jacobins, petit à petit le « peuple français » revient à la sérénité. Beaucoup se réveillent à présent avec la gueule de bois des lendemains d’ivresse et les clivages reviennent.

A présent, les Français commencent à se rendre compte qu’en dépit de cet élan collectif, finalement rien n’a changé dans le fond : la crise est toujours là, le pays continue à se désintégrer, la fracture sociale demeure, le malaise du vivre ensemble perdure, les banlieues sont toujours en crise et les manifestations ont encore fragilisé les liens avec les musulmans, la vie démocratique reste déstructurée, la jeunesse vit toujours l’exclusion, et la rupture avec la classe politique du pays est bel et bien consommée. La lucidité revient, le cerveau prend progressivement le relais des tripes. La désillusion s’installe !

Un discours de guerre

Mais pendant tout ce temps, profitant du désarroi des Français et de la peur semée à la volée par les médias, le discours de guerre s’est installé : « L’Europe sur le pied de guerre », titraient les DNA[3] ; « Hollande place les Armées au cœur de la riposte », nous apprend le Figaro[4] ; « la France est confrontée à un défi par des ennemis de l’extérieur et des ennemis de l’intérieur », prévient le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve[5] qui lorgne déjà vers le Yémen, le Cameroun, la Libye ou le Sahel pour la prochaine guerre… au nom de la lutte contre le terrorisme et, bien sûr, des droits de l’homme.

De l’Irak à Charlie Hebdo, « c’est le même combat. La France est en guerre » a dit le chef de l’Etat. Pays de tradition belliciste, présent sur presque tous les champs d’opération de la planète, la France n’arrive pas à sortir de la spirale guerrière et à mettre un terme à une politique étrangère aux relents indéniablement islamophobes. Le traitement partial du drame palestinien, que dénonce régulièrement l’ancien président de Médecins sans Frontières Rony Brauman, n’en est qu’un exemple parmi tant d’autres. Comme l’a relevé le philosophe Michel Onfray, ce sont les bombardements des pays musulmans, sous prétexte de lutte contre le terrorisme et de défense de la démocratie et des droits de l’homme, qui ont fini par créer le terrorisme.

Dans le Moyen-Orient règne à présent le chaos, un enchevêtrement de pays foutus et de peuples meurtris, humiliés, traumatisés qui alimentent sans cesse les flux de réfugiés à destination de l’Europe ! La Syrie, la Lybie, l’Irak ou l’Afghanistan étaient-ils venus nous agresser sur notre sol ? Et s’il s’agit vraiment de défendre la démocratie et les droits de l’homme, pourquoi la France n’est-elle pas encore intervenue en Corée du Nord, à Cuba, dans les monarchies du golf, qui pratiquent toutes la charia, ou encore en Chine qui enchaîne et opprime les Tibétains ? Plutôt que de recourir sans cesse à la guerre, qui n’a jamais rien réglé, ne vaudrait-il pas mieux privilégier l’aide au développement, l’arme diplomatique ou les sanctions économiques (sans excès) ? Après la tragédie du supermarché casher et le massacre de Charlie Hebdo, le moment n’est-il pas venu de se poser la question ?

Vers un Patriot Act à la française

Très vite, sur les propos guerriers développés avec force coups de menton sont venus se greffer les discours sécuritaires : l’ennemi est partout, à l’intérieur et à l’extérieur. Voilà l’arme fatale de tous les gouvernements pour créer l’union sacrée et susciter l’unanimisme politique. Aussi les Français ont-ils peur. Ils s’affolent, regardent les Musulmans en coin, ces derniers rasant les murs, et la vente d’anxiolytiques et de tranquillisants explose. Signe de la panique qui s’est emparée des masses, un sondage[6] a révélé que 76% d’entre eux étaient favorables à des mesures d’exception.

On sait pourtant ce qui se cache généralement derrière ces rhétoriques guerrières et sécuritaires destinées à conditionner les masses : une restriction des libertés ! Le Patriot Act à la française apparaît en filigrane dans les discours du gouvernement qui dit envisager de nouvelles mesures législatives : « A situation exceptionnelle doivent correspondre des mesures exceptionnelles » a prévenu Manuel Valls[7]. Et déjà on assiste à une surenchère de propositions visant à limiter les libertés… au nom de la liberté d’expression et de la liberté tout court : « Il faut restreindre les libertés, pour permettre plus de liberté », a déclaré Marielle de Sarneze sur une chaîne info. Comprenne qui voudra. La liberté sur internet est tout particulièrement dans le viseur des censeurs qui veulent partout renforcer l’arsenal répressif. Déjà les hébergeurs web peuvent bloquer des contenus avant même qu’un juge ne tranche, les conversations par skype peuvent être écoutées, les mails lus etc. ! Quelle sera la prochaine étape ? Jusqu’où reculeront nos libertés ?

Echec du modèle républicain du vivre ensemble

Avec le retour à la sérénité, il faudra bien que les Français se posent enfin la question sur le supposé « modèle républicain » du vivre ensemble qu’ils n’ont de cesse de célébrer mais qui les a conduit d’échec en échec. Les raisons de cette défaite sont multiples et les récriminations sont nombreuses. Ainsi, dans ce pays qui prétend briller par son égalitarisme absolu, on retrouve partout des rapports « dominant-dominé » générés par un système centralisé à l’extrême qui prend des aspects de colonialisme intérieur. Ce système maintien, par exemple, les régions dans une dépendance quasi coloniale allant jusqu’à les exclure du champ des consultations démocratiques, comme nous l’avons vu avec la fusion imposée de l’Alsace dans la méga-région ALCA. Celle-ci fut décidée par Paris par dessus la tête des Alsaciens en ignorant leur opposition et leurs protestations ainsi que celles de tous leurs élus.

Une autre raison de l’échec est aussi que ce modèle ne veut pas tenir compte du multiculturalisme qui existe de facto dans le pays mais dont les exigences ne sont pas prises en charge par la politique : « Nul droit individuel ni liberté individuelle d’accéder à sa culture ne sont reconnus au citoyen français, sur le mode où l’avaient été d’autres droits fondamentaux comme les libertés d’opinion, de croyance ou encore d’expression. La France demeure aujourd’hui un pays qui a, par exemple, pris la responsabilité de situer, à travers l’unicité linguistique, un marqueur d’identité culturelle sur un pied d’égalité avec les principes majeurs de la République que sont le gouvernement du peuple par le peuple, ainsi que la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » (…) Ce décalage entre le fait et le droit ne peut qu’apparaître profondément conflictogène », écrit Alain Renaut, professeur de philosophie politique à Paris-Sorbonne[8].

En clair, le français monopolistique et la culture unique imposés à tous au détriment des autres langues et cultures existant dans le « pays réel », favorise un sentiment d’injustice et de relégation culturelle qui conduit à une montée de la conflictualité. On retrouve là le rapport dominant-dominé. Cette situation qui touche tant les banlieues que les régions identitaires comme la Bretagne, la Corse ou l’Alsace, entraine des revendications de justice en termes de reconnaissance par des droits à la diversité.

Mais à Paris, les « princes » qui nous gouvernent restent sourds aux appels des « relégués » du système : « Dans l’état actuel d’une situation culturellement leucémisée (…) répondre par un énième credo républicain d’abstraction des différences serait irresponsable. Cette réponse, nous conduirait à ne pas entendre l’un des tous derniers signaux que nous auront expressément transmis ceux qui nous disent ne pouvoir continuer à refuser la violence, comme ils le font, si ce devait être encore et toujours au prix du consentement exigé à une autre violence qui est celle de l’effacement ou de l’abstraction de leurs différences », conclut Alain Renaut.

Evidemment, il reste aussi à revoir une laïcité doctrinale qui divise et stigmatise plus qu’elle n’apaise. Et vouloir, comme le souhaite le gouvernement, charger l’école de l’enseignement de la morale laïque et civique, et dans la foulée de la mystique républicaine, reviendrait à renouer avec l’intégrisme laïcard et républicain de la IIIe République et ses escadrons de « hussards noirs » dont la pédagogie n’était pas la qualité première.

Mais en attendant, le pays continue de se déchirer et de sombrer inexorablement… en entraînant l’Alsace dans son sillage.

Bernard Wittmann – Historien (19.1.2015)

[1] Classement 2014 de « Reporters sans Frontières ». [2] Libération 17/18 janvier 2015. [3] DNA 17.1.2015 [4] Le Figaro 15.1.2015 [5] Estrepublicain.fr 17.1.2015 [6] Sondage Odoxa du 17.1.2015 pour Le Parisien. [7] In Figaro du 19.1.2015 [8] In Le Monde du 15.1.2015

Quelle : hewwemi.net

Zwangsfusion : endgültige Annahme im Dezember

Posted on novembre 26th, 2014 by Klapperstein

Fusion : Adoption définitive en décembre -  mobilisation

Nous sommes dans la dernière ligne droite avant l’adoption définitive de la réforme territoriale et de sa carte calamiteuse qui prévoit la dilution de l’Alsace dans le « Grand Est ».

Voici le déroulé de la marche procédurale :

Une commission mixte paritaire (CMP) sera convoquée le 27 novembre 2014 afin de tenter de mettre au point un texte commun aux deux assemblées, le Sénat ayant approuvé une carte comportant 15 régions, alors que le gouvernement en avait proposé 14.

Face à un échec assuré à la CMP, le texte sera de nouveau soumis aux députés et aux sénateurs puis reviendra devant l’Assemblée, qui a constitutionnellement le dernier mot, pour une lecture définitive, probablement vers le 20 décembre.

Nous avons donc encore le temps et les moyens de bloquer cela !! Maintenant, et sans perdre de temps, il faut que nos élus se bougent, activent leurs neurones et que la société civile alsacienne manifeste son profond mécontentement par des manifestations populaires à répétition et des actions symboliques. De notre mobilisation à tous dans les 4 semaines à venir dépendra la survie de l’Alsace. Also jetz draan nüss… un rot un wiss erüss !

Bernard Wittmann

Quelle : Facebook Alsace bilingue

Südtirol – Elsass, Histoires croisées…

Posted on juillet 9th, 2014 by Klapperstein

Suite aux propos consternants et mensongés du député alsacien Armand Jung : « Je ne veux pas que l’Alsace soit le Tyrol du Sud. J’aime l’Alsace parce qu’elle est unique, c’est pour cela que je ne veux pas la voir folklorisée », nous publions ci-dessous un commentaire du livre de Bernard Wittmann  « Südtirol – Alsace/Elsass, Histoires croisées… « paru en décembre 2009.

Cela étant, le problème  principal d’Armand Jung n’est certainement pas sa méconnaissance de l’Histoire, mais simplement sa détermination à servir l’idéologie républicaine de l’oligarchie française au détriment des intérêts du peuple alsacien. UH

________________________________________________________

Südtirol – Alsace/Elsass, Histoires croisées…

C’est le nom du dernier ouvrage de Bernard Wittmann, paru aux Editions Nord Alsace (ENA). Le sous-titre donne le ton : « La volonté de s’émanciper au Südtirol, l’Alsace et les illusions perdues ».

L’idée de départ est de brosser un portrait croisé de ces deux régions germanophones et de leurs destins respectifs à partir de 1919, date à laquelle elles ont été annexées par deux pays latins centralisés, la France pour l’Alsace, l’Italie pour le Südtirol.

Le livre débute par un bref rappel sur l’histoire de ces deux régions, dont on découvre qu’elles avaient, au Moyen-âge, plus de points en commun que l’on pourrait croire. Leur appartenance au Saint Empire Romain Germanique est certes bien connue, mais qui savait que le Sundgau et le Südtirol ont été gouvernées pendant plus de trois siècles (de 1363 à 1648) par la lignée tyrolienne des Habsbourg ? Alors que le Tyrol restera uni jusqu’en 1919, l’Alsace, elle, sera annexée en plusieurs étapes par la France et deviendra une pomme de discorde entre la France et l’Allemagne, ses deux voisins.

Convergences et divergences

Un point clé du destin tyrolien est le rôle joué par ses partis politiques, en particulier la Südtiroler Volkspartei (SVP). Dès sa création en 1945, ce parti démocrate-chrétien a pris le flambeau de la défense des Tyroliens du Sud, de leurs droits linguistiques et de leur volonté d’émancipation. Parti uniquement régional, la SVP a su fédérer derrière elle toute la population, qui, en retour, lui a assuré un règne politique sans partage dans le Südtirol depuis sa création.

Pendant ce temps, l’Alsace suit le chemin inverse : après 1945, les démocrates-chrétiens, qui avaient porté avant-guerre le flambeau de l’autonomisme, se dissolvent dans les partis nationaux français. Par leur servilité envers Paris et les Gaullistes, ils collaborent à la destruction culturelle et politique de l’Alsace, tout en essayant de sauver les apparences.

Alors qu’au Südirol, la cohésion entre le peuple et ses élites a permis une véritable marche vers l’émancipation, la situation est toute autre en Alsace. Entre Vosges et Rhin existe un véritable fossé entre le peuple et la bourgeoisie. En effet, depuis la Révolution, la majorité de la (haute-)bourgeoisie alsacienne a choisi en majorité le camp de Paris. Et à des moments clés de l’histoire (à l’issue de chaque guerre notamment) elle a trahi les intérêts du peuple alsacien pour quelques médailles ou par mercantilisme.

Une longue marche

Malgré tout, la marche du Südtirol vers son émancipation n’a pas été un long fleuve tranquille, loin de là ! Les Tyroliens ont du tout d’abord affronter le fascisme italien avant se retrouver pris en étau entre Mussolini et Hitler. Après la seconde guerre mondiale, Rome lâche un peu de lest et adopte une attitude plus constructive vis-à-vis du Südtirol. Notons qu’au même moment l’orgueilleuse France accentue sa répression contre les minorités nationales en métropole et dans les colonies.

Néanmoins, malgré la pression internationale, les promesses italiennes sont vagues et rarement suivies d’effet. Aussi, dans les années 1960, les habitants du Südtirol, excédés, prennent les armes. Jusqu’en 1980, les attentats du B.A.S. (Befreiungs-Ausschuss-Südtirol), qui ne font la plupart du temps que des dégâts matériels, mettent Rome sous pression. Ce n’est que dans les années 1970 que sera progressivement mis en place un statut d’autonomie qui mettra d’ailleurs près de vingt années à se concrétiser.

Savoir ce que l’on veut et le dire haut et fort

Un autre élément important explique la réussite du Südtirol : c’est la permanence depuis 80 ans d’une revendication claire et sans concession, à savoir le retour du Südtirol au sein de la « mère patrie » autrichienne. Il en a résulté une opposition frontale avec le pouvoir central italien, lequel a progressivement lâché du lest, en espérant affaiblir la revendication rattachiste.

Cette opposition a abouti à une autonomie politique croissante. Selon Bernard Wittmann, le niveau d’autonomie atteint semble aujourd’hui satisfaire la majorité de la population et s’avère être un bon compromis.

Mais, ne l’oublions jamais, l’autonomie n’est pas un statut stable et figé. Ce n’est que la résultante à un instant précis de l’opposition entre un pouvoir centralisateur et des forces émancipatrices. Si l’une ou l’autre force s’affaiblit ou revoit unilatéralement ses prétentions à la baisse, l’équilibre se déplace automatiquement.

Il est intéressant de noter que, dans la quasi-totalité des cas, les « régions » européennes qui ont obtenu un statut d’autonomie, le doivent à la présence d’un mouvement indépendantiste ou rattachiste. Est-ce la condition nécessaire pour qu’un état centralisé daigne modifier sa façon de fonctionner ? En France, les exemples corses et ultramarins semblent confirmer cette hypothèse.

En Alsace, depuis 150 ans, différents mots d’ordre se sont succédé et ont cohabité avec des fortunes diverses : régionalisme, autonomisme, rattachement à l’Allemagne ou la France (selon la période), ou indépendantisme. Où serions-nous aujourd’hui si la revendication alsacienne était portée depuis 80 ans par un seul mouvement indépendantiste fort et structuré ? La question mérite d’être posée.

« Mir welle bliewe was mir sin »

En choisissant de comparer l’Alsace et le Südtirol, Bernard Wittmann ignorait nullement les différences de contexte entre les deux régions. Il a en fait démontré avec brio ce que l’Alsace aurait pu (pourrait) obtenir aujourd’hui si elle avait pu (pouvait) compter sur une société alsacienne unie derrière des revendications claires.

Assurément, l’Alsace, région riche coincée entre deux nations belliqueuses, ne bénéficiait (bénéficie) pas des meilleures cartes pour assurer aisément son épanouissement politique. La tâche était (est) certes difficile mais pas impossible. Aussi, cette brillante étude sur le Südtirol pourrait être utilement complétée par l’étude d’un autre cas, très intéressant pour l’Alsace : le Luxembourg.

Arrivé à l’indépendance un peu par hasard, ce pays, « grand » comme la moitié du Bas-Rhin, a su faire face tant bien que mal aux ambitions de ses voisins. Le Luxembourg a lui aussi connu la dictature militaire allemande pendant les deux guerres mondiales. Il a connu une industrialisation effrénée suivie d’importantes mutations sociétales. Il en a néanmoins gardé son identité culturelle, sa langue et son indépendance. Il a su développer ses infrastructures en coopérant avec ses voisins et œuvrer pleinement à la construction européenne, non comme spectateur alibi mais comme acteur.

Si proche de nous historiquement, culturellement et géographiquement, le Luxembourg mériterait bien que l’on s’intéresse de plus près à son destin modèle…

Quelle : Unser Land

Hans Keppi: ein Elsässer gegen Hitler

Posted on décembre 20th, 2013 by Klapperstein

Jean Keppi est une figure emblématique de l’autonomisme alsacien. Chrétien-démocrate, il dédia toute sa vie au service du peuple alsacien. Ses convictions politiques lui valurent maintes tracasseries avec la police et la justice française. Livré par les Français aux Allemands en 1940, il contacte l’opposition allemande anti-nazi dès 1942 et participe à l’opération Walkyrie dont le but était d’assassiner Hitler et de renverser le régime nazi.

Une personnalité oublié remise en lumière par Bernard Wittmann, auteur de nombreux ouvrages sur l’Histoire de l’Alsace, dont notamment  « Une histoire de l’Alsace, autrement » et  « Marianne m’a tuer » . UH

www.yoran-embanner.com

Fränzi Waag – Geschichte des Elsass, der elsässische Standpunkt

Posted on août 2nd, 2012 by Unsri Heimet !

Histoire d’Alsace
le point de vue alsacien
François Waag

De la préhistoire à nos jours, l’histoire d’un pays allemand du St Empire romain germanique conquis militairement par Louis XIV en 1648, redevenu allemand en 1871 par le traité international de Francfort, français de 1918 à 1940, etc…

Pendant tout le Moyen Age, l’Alsace morcelée en plusieurs petits états, a connu sa période la plus florissante: Godfried von Strassburg reste un grand nom de la littérature allemande, la première Bible en allemand fut imprimée à Strassburg, etc…

Sur la période allant de 1871 à nos jours, l’auteur se fait un point d’honneur à dévoiler tout ce que l’histoire officielle (Le point de vue français) cache soigneusement. Par exemple, ce fut pendant la période du Reichsland (1871-1918) que l’Alsace fut la plus libre: les Alsaciens ont fini par disposer d’un gouvernement et d’une Assemblée régionale dotés d’une large autonomie qu’ils perdront dès leur annexion par la France en 1918. Ce qui explique l’histoire houleuse de l’entre-deux guerres.

L’occupation nazie, très dure pour les Alsaciens, servira de prétexte idéal pour Paris afin de supprimer toutes traces de germanisme en Alsace. Il faudra attendre 2011 pour que l’Alsace se réveille enfin et projette de s’autogouverner par une Assemblée territoriale unique*.

Trois annexes importantes concernent à la fois les Alsaciens et les Bretons :
- L’assassinat de Jos Youénou, militant nationaliste breton,au Struthof(ancien camp de concentration nazi réouvert par les Français après la Libération).
- Le martyr des enfants alsaciens-lorrains au camp Marguerite (Rennes).
- La déclaration du président de la cour de sûreté de l’état au procès du FLB en 1972.

On trouvera en annexes l’histoire et les visuels
-du blason alsacien (ndlr: le blason alsacien en couverture n’est pas le blason historique !) et son symbolisme
-du drapeau, le Rot und wiss
-de l’hymne alsacien : texte original avec partition + traduction en français
-Une petite histoire de Sainte Odile patronne de l’Alsace.

Enseignant, « Fränzi » Waag est passionné par l’histoire de l’Alsace. Il collabore à plusieurs journaux et a déjà publié deux autres ouvrages dont l’un consacré à la Grande Guerre.

*Pour aller plus loin dans la compréhension de cette revendication, on peut compléter la lecture de cette Histoire d’Alsace par l’ouvrage :

L’Alsace demain
Plaidoyer pour un statut d’autonomie
de Bernard Wittmann (chez le même éditeur)

Dans la même collection :
- Histoire de Bretagne de Jean-Pierre Le Mat (existe également en anglais et en allemand))
- Histoire de Corse de Francescu-Maria Perfettini
- Histoire de Flandre de Eric Vanneufville
- Histoire d’Arménie de Jean V. Guréghian
- Histoire de Wallonie de Yannick Bauthière et Arnaud Pirotte

12€, Poche
Broché
11 x 17 cm
336 pages
Nombreuses photos et cartes en noir et blanc
Dessin de couverture : Gwendal Lazzara
ISBN 978-2-914855-66-2

Ed. Yoran Embanner

Le Conseil d’Alsace, une chance historique pour l’Alsace

Posted on décembre 31st, 2011 by Klapperstein

Webrundschau Le Conseil d’Alsace, une chance historique pour l’Alsace, par Bernard Wittmann

22 janvier 2011 : coup de tonnerre en Alsace !

Ce jour, le ministre et président de Région Philippe Richert annonçait un « accord historique » entre les 3 présidents des collectivités alsaciennes pour l’organisation, en 2012, d’un « Congrès d’Alsace » en vue de leur fusion en une collectivité unique, le « Conseil d’Alsace ». Ce dernier serait doté de compétences élargies et jouirait de plus d’autonomie fiscale ! Un référendum, que permet la loi (1), devra donner une pleine légitimité au « Congrès fondateur » réunissant tous les élus des Conseils généraux et régionaux.

Enfin une voie, certes étroite, s’ouvrait pour en finir avec un système territorial et administratif français, antidémocratique, coûteux (2) et marqué par l’obsolescence caractérisée par le calamiteux « millefeuille administratif » si largement décrié. « Il faut décoloniser la République » disait déjà l’écrivain et poète Aimé Césaire.

Pour la première fois depuis le Reichsland, l’Alsace allait donc pouvoir retrouver le chemin de l’unité et d’une certaine responsabilisation. Un vieux rêve alsacien allait enfin pouvoir devenir réalité ! L’Alsace pourrait enfin commencer à décider elle-même de ce qui est bon pour elle en choisissant ses propres politiques, l’Etat se concentrant dès lors sur ses tâches régaliennes. Cerise sur le gâteau, le gouvernement semble prêt à soutenir le projet !

Les Alsaciens doivent donc absolument se saisir d’une telle opportunité.

Toutefois, pour les partisans de l’autonomie alsacienne, la fusion des 3 collectivités ne saurait être une fin en soi. Elle devra impérativement être corrélée à un projet démocratique et politique émancipateur plus vaste qui conduira progressivement à l’instauration d’un statut d’autonomie et d’un authentique Parlement régional.

Accompagnant cette annonce du président du Conseil régional, divers sondages montraient la très forte adhésion de la population alsacienne au projet (entre 60 et 70%) (3). Il en sera de même des socio-professionnels qui, le 30 mars et par la voix du CESER-Alsace, se prononcèrent eux aussi avec force en faveur de la fusion et du Conseil unique : 53 voix pour, 2 contre et 8 abstentions.

Ce consensus se manifestera encore le 7 mai au Conseil Régional qui, en séance plénière, adoptera à l’unanimité, à l’exclusion des élus du Front national qui s’abstiendront, une résolution favorable au Conseil d’Alsace. Une première voie était ainsi ouverte pour engager la réforme !

Les grandes orientations du projet

Le rapport (4) présenté le 7 mai par Philippe Richert devant l’Assemblée plénière du Conseil Régional précise les grandes orientations de la réforme préconisée (on parle d’expérimentation). L’accent est mis sur la nécessité d’une action publique « plus efficace et plus lisible (« face à la multiplication des structures et des institutions locales, le citoyen ne sait plus qui fait quoi ») », « de capacités nouvelles pour l’Alsace », « d’une expression plus affirmée de la singularité et de l’identité alsaciennes »… Dans son projet « pour construire l’Alsace du XXIe siècle », le rapporteur tient à souligner le caractère singulier de l’Alsace – notamment par la pratique de la langue régionale qui « contribue à forger un vivre-ensemble alsacien » – car « il conditionne les modalités d’exercice de la démocratie locale, c’est-à-dire la façon dont les Alsaciennes et les Alsaciens pourront choisir de la manière la plus efficiente les grandes options pour la région où ils vivent et travaillent ». Pour Philippe Richert, cette réforme vise à obtenir pour l’Alsace « plus de poids politique par rapport à Paris et aux régions voisines de Suisse et d’Allemagne » par le « transfert de nouvelles compétences et de nouveaux moyens à la Région » dans un cadre contractuel (5). L’accent est mis sur la nécessité de la délégation par l’Etat d’une « compétence législative » au futur Conseil d’Alsace : « l’Alsace, qui dispose déjà d’un droit local propre, aurait toute légitimité pour exercer un pouvoir normatif régional » est-il souligné.

Au rang des nouveaux transferts de compétences vers le Conseil d’Alsace que les Alsaciens pourraient exercer plus efficacement et plus rationnellement que l’Etat, le rapport cite par exemple :

- la langue régionale ;
- l’orientation professionnelle ;
- les routes nationales, « le futur Conseil d’Alsace pourrait se voir confier la gestion de la totalité des routes alsaciennes, ce qui permettrait de gagner en cohérence et en efficacité »…

Et de conclure : « Le projet du Conseil d’Alsace permettrait de créer une organisation sur mesure pour l’Alsace qui garantirait au mieux ses intérêts et répondrait aux besoins des Alsaciens. C’est là toute notre ambition : prendre notre destin en main, dès maintenant (…) il faut oser pour l’Alsace » !

Un « Groupe Projet », composé de conseillers généraux et régionaux, de parlementaires issus des deux départements, de représentants des associations des maires et des trois agglomérations de Mulhouse, Colmar et Strasbourg ainsi que de membres du CESER-Alsace, sera chargé de lister les futures propositions de réformes et de transferts de compétences.

1er décembre 2011 : réunion du « Congrès d’Alsace » à Colmar

Aussi, après la forte adhésion au projet manifestée par la population et diverses instances représentatives alsaciennes, le vote unanime (6) du « Congrès » (7), réuni le 1er décembre à Colmar, en faveur de la création à l’horizon 2014 d’un Conseil d’Alsace, s’est-il inscrit dans une certaine logique. Une première étape historique était franchie !

À remarquer toutefois, l’attitude de certains élus socialistes qui, incapables de dépasser les mesquineries des clivages idéologiques périmés comme de rompre avec le jacobinisme de l’ancienne SFIO en Alsace, se sont retrouvés sur la même ligne de l’abstention que les élus du FN (après des explications alambiquées, pour motiver leur vote, ils arguèrent finalement d’un « manque de concertation ») !

Quelques jours plus tard, au Conseil général du Bas-Rhin, on retrouvera d’ailleurs ce jacobinisme rampant chez 4 élus socialistes (Eric Elkouby, Raphaël Nisand (8), Serge Oehler et Henri Dreyfus) qui revinrent sur leur vote du 1er décembre à Colmar : seuls contre tous, ils votèrent contre la motion qui devait entériner juridiquement le vote du « Congrès » (une assemblée qui n’est pas prévue dans les textes régissant les collectivités et qui, de ce fait, n’a pas de capacité délibérative (9)). Les quatre autres élus socialistes (Claude Froehly, Robert Herrmann, Philippe Bies, Olivier Bitz) se sont abstenus, montrant ainsi la division régnant sur cette question au sein du PS 67. Quant à leurs alliés EELV, ils se sont tous prononcés pour le Conseil unique, leur chef de file Jacques Fernique s’étant même déclaré pour une « décentralisation différenciée », une contorsion sémantique pour éviter de prononcer le mot encore tabou « autonomie » !

Quant à Charles Buttner qui, pour arracher quelques sinécures, s’est distingué par ses atermoiements et ses constants revirements, il traîne régulièrement les pieds avec le pitoyable résultat de ralentir le processus engagé : « Ce qui lui manque, c’est une boussole, il ne sait pas où il va » s’est exclamé un élu PS au Congrès ; « Il est de notre devoir de ne pas céder à la buttnerisation… » s’est agacé le Conseiller général de Bouxwiller Pierre Marmillod. Nouvelle volte-face, à présent Charles Buttner refuse de convoquer une Assemblée du Conseil général du Haut-Rhin pour entériner le vote du Congrès.

Ailleurs, l’Alsace fait des envieux

Il n’empêche, depuis janvier 2011 l’Alsace fait des envieux. Dans d’autres Régions, des déclarations enthousiastes, à gauche comme à droite, – preuve que les lignes bougent et qu’elles traversent les partis – se multiplièrent pour suivre l’exemple alsacien. Ainsi, lors de la session de décembre de l’Assemblée de Corse – où 1/3 des élus sont autonomistes -, le président de l’Exécutif, le radical-socialiste Paul Giaccobi, intéressé par la démarche alsacienne, s’est déclaré favorable à ce que l’Assemblée délibère sur « des évolutions institutionnelles », ajoutant : « Je n’exclus pas que l’Assemblée soit conduite à formuler des propositions dont l’application exige une révision de la Constitution ». En Bretagne, le président de la Région, le socialiste Jean-Yves Le Drian, plaidant pour « une collectivité unique de Bretagne » et une décentralisation à la carte permettant aux Régions de faire « une application différenciée de la loi » et d’élaborer des décrets régionaux, a tenu à souligner que la décentralisation est « un élément de réponse à la crise » (au Conseil régional de Bretagne certains groupes revendiquent « l’autonomie » (UDB), d’autres le « parlementarisme régional » (EELV)).

Ainsi, au fil des mois, Philippe Richert, déjà conforté par le soutien présidentiel (10) et dont le projet était plébiscité à plusieurs reprises par des instances représentatives alsaciennes, voyait sa position se renforcer ! Aussi, si le référendum vient en confirmation appuyée du consensus alsacien sur ce projet, l’optimisme pourra raisonnablement être permis.

Des obstacles sérieux restent

Première épreuve, le référendum, qui devra réunir au moins 25% des électeurs inscrits et dont l’organisation est prévue au 2e trimestre 2012, donc après les présidentielles. Il revêt une importance capitale car, si le vote en faveur du Conseil unique est massif, le résultat des élections de 2012 ne pourra que très difficilement remettre en cause le processus engagé ! En effet, on voit mal comment, après l’adhésion massive des élus alsaciens au projet et un fort soutien populaire exprimé par voie de référendum, un gouvernement, quel qu’il soit, pourrait oser s’opposer au Conseil d’Alsace. Le référendum sera ainsi un moment fort de la mobilisation en faveur de la réforme. Néanmoins, il restera encore plusieurs obstacles à franchir.

Il y a d’abord les rivalités habituelles des partis qui peuvent à tout moment se lancer dans des querelles partisanes de nature à rompre le consensus et faire capoter ainsi le projet, comme ce fut le cas en Corse en juillet 2003 où les déchirements politiques des partis stato-nationaux, conduisirent à l’enterrement (à 1000 voix près) du statut d’autonomie qui, au départ, avait pourtant obtenu l’adhésion populaire. Nos politiques seront-ils capables de dépasser leur propre appartenance, de mettre de côté les oppositions de principe et de penser collectif (l’intelligence collective est là !) ? Sauront-ils faire primer l’intérêt général, celui du peuple alsacien dans son ensemble, sur les intérêts partisans ? Il faut l’espérer !

La termitière jacobine s’agite

Déjà la termitière jacobine commence à s’agiter. Le député PS Armand Jung (11), dont le suppléant n’est autre que Eric Elkouby (un des Conseillers généraux PS opposé au Conseil unique), le premier a ouvert le feu dans sa « Lettre d’information n°14 » (12) du 29.11.2011 curieusement titrée « L’Alsace est unique ». Il se dit « député à l’Assemblée nationale et non au Landtag » et, pour lui, fusion signifie « démantèlement » (?). À défaut d’arguments, selon la plus pure tradition jacobine, il a choisi d’agiter les peurs et de crier au loup ! Lui voit dans le Conseil unique « des réminiscences du passé revenant sur la scène de manière insidieuse (…) une région autonome, car c’est bien de cela qu’il s’agit, insiste-t-il, ne permettra pas de répondre aux problèmes sociaux, économiques et identitaires de l’Alsace (…) L’Alsace n’est pas le Tyrol (13)». Pour Armand Jung, qui voit dans l’autonomisme « une voie régressive », « notre avenir est au sein de la France et de la République » (comme s’il s’agissait de quitter la France). Philippe Richert ne serait donc qu’un autonomiste camouflé voire un séparatiste ? Pourtant, dans la même phrase, il lance avec un certain lyrisme : « Notre avenir est en nous-mêmes » ! …reprenant ainsi la pensée maîtresse des autonomistes ! De toute façon, notre député est catégorique et prévient : « Si la gauche vient au pouvoir en mai-juin, elle abrogera la loi sur le conseiller territorial » (sous-entendu, le projet du Conseil unique sera balayé).

Armand Jung est rejoint dans son analyse par le « Front de Gauche Alsace » qui, dans un communiqué publié par l’Humanité.fr, considère que « le Conseil d’Alsace est révélateur du démantèlement programmé de la République et annonce la rupture des solidarités nationales » (14).

Mais ces positionnements outranciers du front jacobin sont néanmoins assez marginaux et n’ont eu guère d’impact politique jusque-là. Certains voient même dans cette rhétorique surannée le chant du cygne d’une idéologie totalisante en conflit permanent avec l’altérité et en passe de disparaître devant les coups de boutoirs de la modernité, de l’intégration européenne en marche et de la mondialisation. Dans les faits, l’Etat-nation unitaire à la française tant rêvé par nos Jacobins a dores et déjà vécu !

Là où tout se jouera en définitive

Et pour finir, il restera encore deux obstacles majeurs à franchir avant 2014 :

- l’avis du Conseil d’Etat (saisi par le gouvernement) sur le projet de référendum ;
- la promulgation d’une loi adoptée par l’Assemblée précisant l’organisation du Conseil d’Alsace, l’élection de ses membres et les transferts de compétences.

Or, il est connu que c’est dans ces deux instances que sont embusqués les Jacobins les plus teigneux. Le Conseil d’Etat, véritable sanctuaire de l’idéologie jacobine, a toujours eu pour mission de verrouiller, autant que faire se peut, toutes les avancées régionalistes, les Corses en ont fait l’expérience !

L’issue des élections présidentielles et la majorité qui sortira des urnes aux législatives après 2012 sera déterminante, car le soutien gouvernemental sera indispensable. C’est pourquoi, il est important que les candidats soient tous questionnés sur leur positionnement par rapport au Conseil d’Alsace. On peut penser que si c’est Sarkozy qui l’emporte, la discipline majoritaire devrait permettre le vote de la loi. Par contre, ce que fera la gauche si elle gagne reste encore une inconnue. Le poids électoral de EELV, qui fait alliance avec les autonomistes de R&PS (15) représenté en Alsace par Unser Land, sera alors vraisemblablement déterminant pour la poursuite de la réforme.

Toutefois, dans les deux cas, on peut néanmoins espérer que cette réforme trouvera un appui dans les rangs des progressistes de l’Assemblée en rupture avec l’idéologie jacobine et qu’on retrouve heureusement tant à gauche qu’à droite. Il reste donc simplement à espérer que, sur ce dossier du Conseil d’Alsace, ils soient en capacité de transcender les clivages politiciens et d’opter pour la raison, la rationalité et la modernité en unissant leurs voix pour placer l’Alsace à la pointe de la décentralisation! On connaît mieux en Alsace, placée en voisinage direct avec les Länder et les Cantons, les atouts du fédéralisme et le dynamisme qu’il induit ! « Le tout-Etat » à la mode jacobine a heureusement fait son temps » constate André Klein pourtant ancien sous-préfet et ancien directeur du Cahr et des services de la Région Alsace (16). L’Alsace pourrait devenir un symbole de cette rupture !

C’est donc là, en fin de parcours, que la bataille à mener contre les tenants de l’unitarisme jacobin sera la plus rude car, comme le disent les Corses : le scorpion ne pique qu’à la fin !

Bernard Wittmann – 26.12.2011

Notes:

(1) La loi du 16.12.2010, qui porte sur les réformes des collectivités territoriales, prévoit la possibilité d’organiser un référendum dans le cadre d’une fusion de collectivités.

(2) Dans Le Point du 10 novembre 2011, Gilles Carrez, rapporteur général UMP de la commission des finances, a reconnu que « la fusion des Régions et des départements permettrait d’obtenir 2 à 3 milliards d’économies, soit 10% des dépenses totales des collectivités locales ».

(3) En janvier 2011, un sondage des DNA auprès de leurs lecteurs faisait apparaître que 67% d’entre eux réclamaient un Conseil unique d’Alsace. Un sondage CSA (réalisé les 19/20.4.2011) montra que 79% des Alsaciens étaient favorables à un référendum sur un Conseil unique d’Alsace.

(4) Rapport du 7 mai 2011 titré « le Conseil d’Alsace : construire l’Alsace au 21e siècle »

(5) Dans le texte à « travers la contractualisation », c’est-à-dire par un contrat négocié Etat-Région.

(6) Plus de 83% des voix : 101 voix pour, 1 contre (UMP) et 19 abstentions.

(7) Le « Congrès d’Alsace » réuni tous les Conseillers régionaux et généraux alsaciens.

(8) Totalement à court d’arguments, ce jacobin flamboyant en arrivera à railler les fautes d’orthographe contenues dans le rapport.

(9) Cette motion du Conseil Général 67 fut adoptée à une écrasante majorité : 35 voix pour, 5 abstentions et 4 contre (les socialistes Elkouby, Nisand, Oehler et Dreyfus).

(10) In Corse-Matin 29.11.2011

(11) Un élu socialiste atypique qui compte parmi les plus ardents défenseurs de la langue régionale.

(12) Reprise dans son Bloc-note N°21 de novembre 2011 titré « Entre nous… »

(13) Il voulait sans doute parler du « Südtirol »

(14) In Humanité.fr – décembre 2011 – communication du Front de Gauche Alsace

(15) Le député autonomiste corse et membre de R&PS, François Alfonsi, fait partie de l’équipe de campagne de la candidate EELV Eva Joly.

(16) In DNA du 15.12.2011

Quelle : Unser Land

« L’Alsace demain » : le temps de l’autonomie est-il arrivé ?

Posted on novembre 26th, 2011 by Klapperstein

Le nouvel ouvrage de Bernard Wittmann, « L’Alsace demain », est depuis peu disponible. Si nous adhérons bien évidemment à sa critique du centralisme français, nous ne partageons pas pour autant sa sympathie vis à vis de l’Union Européenne. Si la vieille France républicaine est bien le problème, l’Europe ultra libérale et antidémocratique qui se construit n’est malheureusement pas pour autant la solution.

Ci-dessous la recension d’Unser Land du dernier opus de Bernard Wittmann.

______________________________________________________

« L’Alsace demain : plaidoyer pour un statut d’autonomie »

Tel est le titre du dernier ouvrage de Bernard Wittmann. Il y dresse un constat alarmant du délabrement de la France en rappelant que, dès 2003, dans un ouvrage de référence titré « La France qui tombe », l’économiste Nicolas Baverez avait déjà décortiqué les cercles vicieux de l’incapacité française. Depuis, la dégringolade s’est emballée : structures administratives obsolètes qui font de la France un pays où tout est compliqué et où rien ne marche, corruption, paupérisation des masses, crise de la citoyenneté, du « vivre ensemble », du système éducatif, de la justice, de la recherche, de la morale… Criblé de dettes, avec des déficits commerciaux historiques et tremblant pour son triple A, le pays souffre de mille maux. La France est devenue « un pays délabré, voire périmé », constate Bernard Wittmann.

Le mal français

Pour l’auteur, « les faiblesses de la France sont essentiellement structurelles. Le mal français est ancien et vient de l’intérieur, essentiellement de son système politique inepte et coûteux ». Pour preuve : de part et d’autre du Rhin, en dépit de caractéristiques géographiques, d’une typologie humaine et d’un niveau de formation des populations semblables, seule la rive allemande est prospère et dynamique. Ce qui les différencie, ce sont les institutions politiques : centralisme d’un côté, structures fédérales de l’autre ! « Ce sont les systèmes politiques qui conditionnent les réussites notamment économiques » conclut l’auteur qui en profite pour pointer tous les méfaits du centralisme français, avec ses funestes conséquences pour l’Alsace. En effet, ce système aberrant engendre des rigidités mortifères à tous les niveaux du pays : l’Etat central exerce sa tutelle sur tout, décide de tout, commande tout, ce qui crée évidemment des engorgements au sommet. Quant aux contraintes bureaucratiques propres à la centralisation avec son millefeuille administratif, elles complexifient tout, freinent tout et font de la France l’Etat le plus fonctionnarisé d’Europe. Au final, « ce système rigide bride l’initiative et les réflexes de la compétitivité. Il entrave la créativité, freine le développement en empêchant l’émulation et, pour finir, étouffe les Régions. Pire, en déresponsabilisant la base citoyenne et en confinant les élus au rôle de plaideurs voire de mendiants, il génère des mentalités d’assistés et ravale le citoyen au rang de sujet » constate l’auteur.

Le millefeuille des collectivités locales, une spécialité française, est aussi très coûteux. Dans Le Point du 10 novembre 2011, Gilles Carrez, rapporteur général UMP de la commission des finances, a reconnu que « la fusion des Régions et des départements permettrait d’obtenir 2 à 3 milliards d’économies, soit 10% des dépenses totales des collectivités locales ».

Une idéologie délétère qui conduit le pays au déclin

Aussi, ce qui conduit la France au déclin, c’est moins la « crise » (l’Allemagne se porte bien) qu’une idéologie délétère, dont le pays n’arrive pas à ses défaire. C’est elle qui constitue aujourd’hui le principal frein à son développement : l’idéologie jacobine, héritée des révolutionnaires de la Terreur et qui fonde la tradition centraliste française, a gardé toute sa prégnance. Ses « marques de fabrique » sont la mystique unitariste et égalitariste, la concentration au sommet de tous les pouvoirs, le délire monomaniaque (un peuple, une langue, une histoire, un pays indivisible…), l’instillation des peurs (peur de l’altérité, des immigrés, des Régions, de l’Allemagne…) -, le chauvinisme linguistique (vocation du français à l’universalité), la phobie de la diversité couplée avec la haine des langues régionales (décriées comme autant de menaces pour l’unité), l’intolérance à l’égard des minorités… Dans l’Etat-nation français « un et indivisible » fondé sur l’idéal de « la diversité vaincue », « l’expression citoyenne est invariablement unidimensionnelle », déplore l’auteur. Un chapitre entier du livre est d’ailleurs consacré à l’intolérance linguistique et au refus de la diversité – cauchemar des jacobins – qui caractérisent la France, « mouton noir » en Europe pour son manque de respect des droits, linguistiques notamment, des minorités. Son idéal d’indifférenciation l’amène jusqu’à nier l’existence de minorités sur son sol, « un négationnisme d’Etat ! » s’insurge l’auteur : « Cette politique française est totalement à contre-courant des évolutions qu’ont connu tous les autres pays européens qui, dans leur quasi-totalité, reconnaissent à présent des droits particuliers, notamment linguistiques, à leurs minorités. C’est que « les Jacobins veulent forcer l’avènement d’un Etat monoethnique conçu sur le modèle d’une tribu. Ils ethnicisent le concept de nation ».

Pour l’auteur, Marianne, qui a montré sa totale incapacité à se réformer, à entamer un sursaut fédéral ou à persévérer dans la voie de la régionalisation, est aujourd’hui en situation d’échec total : « Elle n’a plus qu’à nous offrir le large registre de ses échecs et de ses dogmes surannés » ! Mais si demain la France coule, elle entraînera avec elle la laborieuse Alsace, autrefois prospère, mais déjà bien mal-en-point. Aussi serait-il parfaitement inacceptable que les Alsaciens aient à payer l’ardoise de l’entêtement et des errements idéologiques de la classe politique française !

La situation de l’Alsace ne cesse de se dégrader

Depuis les années 90 la situation de l’Alsace n’a cessé de se dégrader. En deux décennies, elle est entrée dans un processus régressif économico-culturel. Son bilinguisme qui faisait jadis sa force se meurt : « Si un effort n’est pas fait en faveur de l’enseignement de l’allemand, 50 000 emplois pourraient être perdus par les frontaliers alsaciens », titrait L’Alsace du 21.10.2011 en se référant à une étude récente. Ponctionnée de partout, parent pauvre des subventions, bridée de toutes parts, l’Alsace a fini par s’essouffler. Résultat : le fossé avec les Régions de France les plus dynamiques n’a cessé de se creuser ! « Aujourd’hui l’Alsace compte parmi les trois Régions les plus endettées et la croissance de son PIB a été en dessous de la moyenne française : entre 2000 et 2007, la croissance du PIB national a été de 13% tandis que celle de l’Alsace atteignait tout juste 5% !! ». Le décrochage alsacien peut aussi se mesurer à la croissance fulgurante du chômage, à la progression constante du nombre des allocataires du RSA et des bénéficiaires de la CMU, à l’endettement exponentiel de la Région, au recul du travail transfrontalier dû à la perte du bilinguisme, au recul constant de l’emploi salarié dû à la désindustrialisation… Et selon une étude du cabinet Astérès (2009), l’Alsace sera la région de France la plus affectée par la crise.

Pour Bernard Wittmann, une chose est sûre, l’Alsace ne pourra jamais se redresser si elle continue à ne compter que sur la France percluse de dettes, plombée par ses crispations dogmatiques et dont les élites sont incapables de changer de cap et de virer de bord pour éviter l’échouage. « Dans ce système verrouillé par le dogme absurde de l’unicité, l’Alsace, qui fut toujours condamnée à suivre le cap tracé par Paris, n’a aucune chance si ses marges de manœuvres ne sont pas considérablement élargies et à tous les niveaux ».

L’autonomie pour s’affranchir des logiques de soumission

Pour s’en sortir et s’extraire du marigot jacobin où elle s’embourbe, pour connaître un autre destin que celui d’un Hexagone en perdition, pour s’affranchir des logiques de soumission qui la condamnent à la léthargie et à la mendicité, « l’Alsace ne pourra compter que sur ses propres capacités à se prendre en main et à trouver la voie libératrice ». Pour l’auteur, cette voie passe par un statut d’autonomie négocié et introduit par paliers, qui donnera à l’Alsace, préalablement unifiée en une collectivité unique, une plus grande prise de responsabilité. Ce statut, qui répond aussi à un impératif démocratique, devra permettre aux Alsaciens, dans le cadre d’une Région Alsace forte d’un Parlement régional doté de moyens législatifs et financiers, d’exercer toutes les compétences politiques et juridiques nécessaires pour assurer leur développement de manière autonome et responsable. « Cap sur l’autonomie » est le titre du dernier chapitre !

En novembre 2011, le ministre des collectivités territoriales et président de la Région Philippe Richert a confirmé le lancement, dès le 1er décembre, par la réunion en « Congrès » des 3 collectivités, du processus de fusion des trois collectivités territoriales alsaciennes en une collectivité unique dotée d’une Assemblée unique, avec la date butoir de 2014 qui deviendra ainsi un carrefour historique pour l’Alsace. Pour peu que les Alsaciens sachent faire preuve de détermination et d’intelligence collective, le « Parlement d’Alsace », notre Landtag, pourrait être au bout ! Encore convient-il de se méfier du machiavélisme des jacobins de Paris qui, via un avis négatif Conseil d’Etat, pourraient tenter un dernier tir de barrage pour empêcher une réforme qui fait pourtant consensus en Alsace.

Dans les débats qui vont s’ouvrir, le livre de Bernard Wittmann ambitionne ainsi d’offrir un argumentaire à ceux qui ont choisi de rompre avec la servilité docile en optant pour la responsabilisation et l’émancipation ! Et de conclure : « Le temps de l’autonomie est arrivé »!

Bernard Wittmann, « L’Alsace demain : plaidoyer pour un statut d’autonomie », aux éditions Yoran Embanner. Préface de Max Siméoni et David Heckel.

Quelle : Unser Land

Un 11 Novembre ordinaire en Alsace

Posted on novembre 12th, 2010 by Unsri Heimet !

11 novembre 2010. Quelque part en Alsace. Il est 11 heures. Des percussions et des cuivres résonnent au loin. Je sors. Par simple curiosité. Des drapeaux tricolores flottent dans la rue principale. La batterie-fanfare et la section locale des anciens combattants convergent vers le monument aux morts. Je m’y rends. Quelques habitants, âgés pour la plupart, sont là. Le conseil municipal et une poignée d’écoliers aussi.

La cérémonie commence. Un ancien combattant s’avance et lit un texte qu’il semble découvrir. La guerre, l’inhumanité. La Grande Nation, leurs troupes victorieuses, Clemenceau, le soldat inconnu. Puis 39-45, Vichy, le gaullisme. Pour conclure avec l’Europe et le soutien des troupes en Afghanistan, pour la démocratie et les droits de l’Homme, apparemment. Cinq minutes de langue de bois, cinq minutes où tout sonne faux.

Mais place aux enfants, aux enfants de l’école élémentaire. Un poème et une lettre de poilus. Une larme. Moi aussi je suis passé par là. A l’époque notre présence était obligatoire. Musique ! Les drapeaux s’abaissent. Le maire s’avance et dépose une gerbe de fleurs au ruban encore et toujours tricolore au pied du monument. « A nos morts ! » Puis une minute de silence, symbolique. Et hop, une dernière Marseillaise pour la route.  Personne pour la chanter. Böse Leute haben sowieso keine Lieder.

Demi-tour direction l’hôtel de ville, joyeusement et en musique. Un verre de vin nous y attends. La vieille République rince à l’œil. Plus pour longtemps. Le mot du maire. Aussi plat que le précédent. Remise des médailles aux anciens combattants. Ils l’ont bien mérité, ils sont en vie, eux. Un journaliste local dont on retrouvera la prose le lendemain dans le journal au milieu d’autres articles du même acabit. Quelques photos pour la postérité.

Midi. C’est l’heure. Je part enfin. En passant le seuil, un mot me revient sans cesse à l’esprit. Elsass-Lothringen. Alsace-Lorraine. Oui, et l’Alsace-Lorraine  et les Alsaciens-Lorrains dans tout cette histoire ? Je n’ai entendu de la bouche de ces braves Alsaciens que le mot  « France ».  « France, France, France », jusqu’à l’indigestion. Et nos aïeux, ces 250 000 Alsaciens-Lorrains, alors citoyens allemands, qui avaient servi sous l’uniforme impérial Feldgrau ? 30 000 y ont laissé leur vie. Aucune pensée pour ces derniers. 92 ans après, ceux qui sont tombés en Russie, à Verdun, à Ypres, en Crimée, semblent n’avoir jamais existé.  Nix, nada, kein Wort darüber. Quelle honte. Pas une tombe pour ces hommes. Et pas une seule pensée. L’insulte. Wie eine Spucke im Gesicht ! Effacés de la mémoire collective alsacienne au profit d’une mémoire française de substitution qui sonne décidément si faux. Assez de mensonges d’une part et d’amnésie de l’autre. Place à la vérité historique. Alors hommage en ce jour. Hommage à nos 30 000 morts alsaciens-lorrains… et à tout les autres sans exception ! UH

Un témoignage d’époque à lire: Les Deux Felix ou 1914/18 vu par un combattant d’Alsace-Lorraine, ed. Do Bentzinger, présenté par Fränzi Waag et préfacé par Bernard Wittmann. L’itinéraire d’un mosellan mobilisé à 20 ans dans l’armée impériale, combattant sur les deux fronts, blessé, décoré de la croix de fer. Il rentre dans sa  Heimat occupée par les Français qui voient en lui un boche, un traître à la Nation. Un destin commun à la grande majorité des Alsaciens-Lorrains de l’époque revenus certes vivants mais en vaincus.

Keine Verelsässerung für die Südtiroler

Posted on novembre 7th, 2010 by Klapperstein

Die Südtiroler haben ihr Schicksal selbst in die Hand genommen – eine elsässische Studienreise über die Alpen


Warum fahren die Elsässer so gern nach Tirol, und besonders nach… Südtirol? Weil es in Italien liegt? Weil es billiger ist? Oder ganz einfach, weil sie dort in ihrer Sprache begrüßt, empfangen und bedient werden? Weil sie dort reden können « wie ihne d’r Schnààwel gwàchsa isch »? Sicher auch, weil sie dort eine Region vorfinden, die mit Erfolg selbst über ihr Schicksal entscheidet.

Im vergangenen Juni hat eine kleine Delegation von Elsässern unter Leitung der Generalrätin Andrée Munchenbach aus Schiltigheim und dem Roeschwooger Bürgermeister Michel Lorentz eine Studienreise nach Bozen, der Hauptstadt der Autonomen Provinz Südtirol unternommen. Man wollte dort in Erfahrung bringen, was man von diesen 500 000 deutschsprachigen Italienern lernen und auf elsässische Verhältnisse übertragen kann.

Die Autonome Provinz Südtirol verfügt über ein besonderes Statut, das der römischen Zentralregierung in einem langen und zähen Ringen abgetrotzt worden ist. In diesem ist festgelegt, dass die Provinz über einen eigenen Landtag (ein Regionalparlament) verfügt, welcher gesetzgebende Kompetenz hat.

Die Provinz ist finanziell hervorragend ausgestattet: 90 Prozent der im Land vereinnahmten Steuern werden von Rom an die Provinz zurücküberwiesen. Zum Vergleich: bei einer Einwohnerzahl von 500 000 verfügt das Land über einen Haushalt in Höhe von 5,3 Milliarden Euro – insgesamt also doppelt soviel wie die Budgets der beiden Generalräte und des Regionalrates zusammen. Pro Einwohner kann Südtirol also fast zehnmal soviel Geld ausgeben wie die elsässischen General- und Regionalräte zusammen! Ausschließlich die Landesregierung entscheidet über die Verwendung dieser Gelder.

Das komplette Bildungswesen ist in der Zuständigkeit der Landesregierung. Für jede Sprachgruppe gibt es eigene Schulen, in denen zunächst die Muttersprache und dann die Sprache der anderen Bevölkerungsgruppe unterrichtet wird. Demzufolge sind alle Menschen zwei- oder dreisprachig.

Die Arbeitslosenquote liegt bei nur 2% und liegt damit deutlich niedriger als im Rest Italiens oder im Elsass (über 8%) .

Die Delegation wurde auch von Landeshauptmann (le Premier Ministre de la Région) Luis Durnwalder im Landtag empfangen. Gespräche wurden mit einigen Volksvertretern (élus) sowie mit dem Leiter des deutschen Schulamtes geführt. In der Europäischen Akademie für Mehrsprachigkeit und Minderheiten EURAC, die im Rahmen von Interreg für die Région Alsace eine Studie über “Die Sprachen im Elsass” herausgegeben hat, informierte man sich über die Lage sprachlicher Minderheiten in anderen europäischen Ländern.

Wir hoffen, daß bald eine offizielle Delegation der drei elsässischen Gebietskörperschaften (mit Vertretern aller Parteien, Elternvereinigungen und Gewerkschaften) dieses erste Kennenlernen vor Ort vertieft, damit das Elsass endlich auch auf den Weg zur “geistigen Autonomie” gelangt.

Die Studienreise kam mit Unterstützung des Straßburger Historikers Bernard Wittmann zustande, der ein persönlicher Freund von Landesobmann Luis Durnwalder ist. Wer sich ausführlicher über die Situation und die Errungenschaften in Südtirol informieren möchte, dem sei das in diesem Jahr erschienene Buch Bernard Wittmanns ”De 1919 à nos jours : Südtirol/Elsass: histoires croisées et destins opposés“ wärmstens empfohlen.

Quelle : Newsletter Zweisprachigkeit n° 1

____________________________________________

Verelsässerung n.f. – 1961 Terme d’origine sudtirolienne.  Action  pour un peuple, par la contrainte d’un Etat centralisé et/ou fasciste, de perdre tout ou une partie de son identité  culturelle, de sa mémoire  et de sa langue, ainsi que les droits et libertés politiques  qui y sont liés. syn. aliénation collective; déculturation; linguicide; ethnocide // verelsässern v.. Transformer un peuple  en en altérant profondément ses mœurs, sa langue, son histoire et son organisation politique //Sich verelsässern se méprendre, s’obstiner dans l’erreur Fig. et Fam se détériorer fortement; partir en vrille

MENU

M'R EMPFHELE

Copyright © 2009 Unsri Heimet. Theme par THAT Agency propulsé par WordPress.