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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Lasst uns lachen !

Posted on novembre 19th, 2014 by Klapperstein

Laissez-nous rigoler !

Ils sont marrants, nos Bandelajäger de service, alors qu’ils sont tous plus républicains les uns que les autres, ils s’indignent publiquement et avec fracas de ce que la grande machine républicaine à broyer les identités et les peuples fasse simplement son travail.

Il est vrai qu’entre nos si républicains députés alsaciens qui ne sont représentants du peuple que par la grâce de modes de scrutin fondamentalement antidémocratique et le super rebelle Charles « Schnàbelix » Buttner qui découvre un an après avoir été le principal responsable de l’échec du référendum qui scella pour un temps le sort de l’Alsace que les couleurs historiques de sa très chère région sont le Rot et le Wiss, les Alsaciens ont vraiment de quoi rigoler.

Et il est vrai qu’à Unsri Heimet, ces derniers temps, et ce n’est manifestement pas près de s’arrêter, on a beaucoup rigolé. Alors que les Alsaciens rigolent, plutôt que de s’indigner naïvement du sort que leur inflige une République Française dont ils n’ont jamais su ni osé  jauger la bien réelle nocivité à sa juste valeur, qu’ils rigolent et qu’ils rigolent encore, ce sera là le signe qu’ils ont cessé d’estimer les bandits qui les gouvernent, les volent et les manipulent avec tant de décontraction et de mépris. Ce sera là le signe qu’ils ont cesser d’accepter et de partager des « valeurs républicaines » qui ne sont rien d’autre que des valeurs de soumission qu’imposent des dominants à des dominés.

Alors là, peut-être, ayant cesser d’estimer leurs maîtres, ils pourront peut-être enfin se rebeller, peut-être. Mais en attendant, de grâce, laissez-nous rigoler. Lasst uns einfach lachen ! UH

Un 11 Novembre ordinaire en Alsace

Posted on novembre 12th, 2010 by Unsri Heimet !

11 novembre 2010. Quelque part en Alsace. Il est 11 heures. Des percussions et des cuivres résonnent au loin. Je sors. Par simple curiosité. Des drapeaux tricolores flottent dans la rue principale. La batterie-fanfare et la section locale des anciens combattants convergent vers le monument aux morts. Je m’y rends. Quelques habitants, âgés pour la plupart, sont là. Le conseil municipal et une poignée d’écoliers aussi.

La cérémonie commence. Un ancien combattant s’avance et lit un texte qu’il semble découvrir. La guerre, l’inhumanité. La Grande Nation, leurs troupes victorieuses, Clemenceau, le soldat inconnu. Puis 39-45, Vichy, le gaullisme. Pour conclure avec l’Europe et le soutien des troupes en Afghanistan, pour la démocratie et les droits de l’Homme, apparemment. Cinq minutes de langue de bois, cinq minutes où tout sonne faux.

Mais place aux enfants, aux enfants de l’école élémentaire. Un poème et une lettre de poilus. Une larme. Moi aussi je suis passé par là. A l’époque notre présence était obligatoire. Musique ! Les drapeaux s’abaissent. Le maire s’avance et dépose une gerbe de fleurs au ruban encore et toujours tricolore au pied du monument. « A nos morts ! » Puis une minute de silence, symbolique. Et hop, une dernière Marseillaise pour la route.  Personne pour la chanter. Böse Leute haben sowieso keine Lieder.

Demi-tour direction l’hôtel de ville, joyeusement et en musique. Un verre de vin nous y attends. La vieille République rince à l’œil. Plus pour longtemps. Le mot du maire. Aussi plat que le précédent. Remise des médailles aux anciens combattants. Ils l’ont bien mérité, ils sont en vie, eux. Un journaliste local dont on retrouvera la prose le lendemain dans le journal au milieu d’autres articles du même acabit. Quelques photos pour la postérité.

Midi. C’est l’heure. Je part enfin. En passant le seuil, un mot me revient sans cesse à l’esprit. Elsass-Lothringen. Alsace-Lorraine. Oui, et l’Alsace-Lorraine  et les Alsaciens-Lorrains dans tout cette histoire ? Je n’ai entendu de la bouche de ces braves Alsaciens que le mot  « France ».  « France, France, France », jusqu’à l’indigestion. Et nos aïeux, ces 250 000 Alsaciens-Lorrains, alors citoyens allemands, qui avaient servi sous l’uniforme impérial Feldgrau ? 30 000 y ont laissé leur vie. Aucune pensée pour ces derniers. 92 ans après, ceux qui sont tombés en Russie, à Verdun, à Ypres, en Crimée, semblent n’avoir jamais existé.  Nix, nada, kein Wort darüber. Quelle honte. Pas une tombe pour ces hommes. Et pas une seule pensée. L’insulte. Wie eine Spucke im Gesicht ! Effacés de la mémoire collective alsacienne au profit d’une mémoire française de substitution qui sonne décidément si faux. Assez de mensonges d’une part et d’amnésie de l’autre. Place à la vérité historique. Alors hommage en ce jour. Hommage à nos 30 000 morts alsaciens-lorrains… et à tout les autres sans exception ! UH

Un témoignage d’époque à lire: Les Deux Felix ou 1914/18 vu par un combattant d’Alsace-Lorraine, ed. Do Bentzinger, présenté par Fränzi Waag et préfacé par Bernard Wittmann. L’itinéraire d’un mosellan mobilisé à 20 ans dans l’armée impériale, combattant sur les deux fronts, blessé, décoré de la croix de fer. Il rentre dans sa  Heimat occupée par les Français qui voient en lui un boche, un traître à la Nation. Un destin commun à la grande majorité des Alsaciens-Lorrains de l’époque revenus certes vivants mais en vaincus.

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