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Unsri Heimet

Unsri Heimet – -do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Richert verhöhnt die Elsässer

Posted on mai 7th, 2015 by Klapperstein

Der amtierende Präsident des elsässischen Regionalrats Philippe Richert hat sich offensichtlich mit der von den Elsässern massiv abgelehnten Zwangsfusion des Elsaß mit Welschlothringen und der Champagne echt gut abgefunden. Eine Gruppierung namens «Les Jeunes avec Richert», die in seinem Namen schon für die kommenden ALCA-Regionalwahlen wirbt, benutzt obiges Bild als Hintergrund ihrer Facebook-Seite. Das Schlagwort «Engage-toi pour ta région!»  klingt apriori bloß wie das übliche nichtssagende Blabla von UMP, SP und Grünen… doch in dem derzeitigen Zusammenhang, wo Zehntausende von Elsässern sich eben eingesetzt haben, damit ihre Region, ihr Land, doch nicht von der Landkarte gestrichen wird, während Richert absolut nichts dagegen getan hat, außer sich für die Präsidentschaft der Großregion zu bewerben… ist es eine Ohrfeige für alle elsässische Patrioten.

Quelle : Hytt Morje

UMP-Becht: Heimatbund-Petition ist «eine politische Gefahr»

Posted on avril 5th, 2015 by Klapperstein

Der Vizepräsident des oberelsässischen Bezirkstags und Bürgermeister von Rixheim, Olivier Becht (UMP), bezeichnet die Petition des elsässischen Heimatbundes für einen Volksentscheid gegen die von Frankreich dem elsässischen Volk aufgezwungene Zwangsfusion als eine «juristische Lüge», die eine «schwere politische Gefahr» in sich berge. Für ihn – wie für sein Parteifreund Regionalratspräsident Richert – würde ein Volksentscheid nichts nützen. Die Antwort zur ukasartigen Auflösung des Landes durch Frankreich solle ihm zufolge bloß darin liegen, daß die beiden elsässischen Bezirkstage (Unterelsaß und Oberelsaß) in Zukunft besser und enger zusammenarbeiten, um «Landesrecht, Konkordat, Landeskrankenkasse, Zweisprachigkeit [bzw.] grenzüberschreitende Zusammenarbeit» in der Großregion ALCA retten zu können.

Quelle : Hytt Morje

Départementales : le peuple alsacien prend son destin en main

Posted on mars 23rd, 2015 by Klapperstein

Ce dimanche 22 mars s’est déroulé le premier tour des élections départementales. Au lendemain de la réforme de la carte des régions qui a humilié les Alsaciens et rayé notre région de la carte, ce scrutin avait valeur de test pour le Gouvernement. Par leur vote, les Alsaciens ont décidé de sanctionner la politique menée à Paris contre l’Alsace. Le message envoyé aujourd’hui au Gouvernement Valls ne souffre d’aucune ambigüité : les Alsaciens rejettent la fusion de l’Alsace dans la méga-région ALCA.

Nous tenons à remercier tous les citoyens alsaciens qui ont accordé leur vote à Unser Land pour la construction d’une Alsace maitresse de son destin, forte de son identité, ouverte sur l’Europe et libérée du centralisme parisien.

Nous remercions également les citoyens alsaciens qui se sont portés candidats sous les couleurs d’Unser Land et ont permis au mouvement alsacien d’être présent dans plus de la moitié des cantons alsaciens et dans l’immense majorité des cantons ruraux et ont ainsi offert à leurs concitoyens une alternative aux partis parisiens, ceux-là même qui ont conduit l’Alsace dans la crise économique, politique, institutionnelle et identitaire que nous connaissons.

Nous rappelons que seul un statut d’autonomie régionale, comparable à celui en vigueur dans les autres régions européennes, permettra à nos concitoyens de reprendre leur destin en main et de donner un avenir alsacien et européen à nos enfants.

En quelques années, grâce à la force de l’engagement bénévole de ses militants, notre parti – qui ne bénéficie d’aucune aide ou financement public – s’est affirmé comme l’une des principales forces politiques d’Alsace et l’une des plus puissantes forces régionalistes de l’hexagone.

Aussi, nous demandons au premier ministre M. Valls, d’entendre le message qui lui a adressé le peuple alsacien et de nous recevoir dans les plus brefs délais, avec les principales forces vives de notre région, afin de trouver une solution politique à la question alsacienne.

En ce qui concerne le second tour qui aura lieu dimanche prochain, le 29 mars :

· là où nos candidats n’ont pu accéder au second tour du fait du mode de scrutin nous ne donnerons aucune consigne de vote car aucun parti parisien (UMP, PS et encore moins le FN) n’est en mesure de porter les intérêts de l’Alsace. Nous enjoignons nos électeurs à glisser un bulletin « Unser Land » dans l’urne.

Quelle : Unser Land

Philippe Richert : un judas des temps modernes

Posted on mars 18th, 2015 by Klapperstein

Suite et fin de l’article de Bernard Wittmann : Un judas des temps modernes (la première partie  est ici)

Collusion UMP-PS : L’absence des députés UMP a permis le vote de la loi

Rasséréné, le gouvernement pouvait passer à l’attaque pour imposer, par un vote des députés, la fusion aux Alsaciens. Pour rester crédibles, les élus UMP alsaciens brassèrent beaucoup d’air pour un dernier baroud d’honneur : « Ne tuez pas l’Alsace » pouvait-on lire sur une banderole qu’ils allèrent ensemble déployer à Paris !!! Une formule implorante, pleurnicharde qui n’avait évidemment aucune chance d’intimider Paris qui a toujours traité l’Alsace par le mépris ! Souvenons-nous simplement de ce honteux 26 février 1871 où l’Assemblée nationale avait voté, à une écrasante majorité de 81%, la cession « à perpétuité, en toute souveraineté et propriété » de l’Alsace-Moselle à l’Allemagne. Pour se sauver, la France n’hésita pas alors à sacrifier l’Alsace. Et plus tard, en 1940, quand Hitler procéda à l’annexion de facto de l’Alsace, Vichy ne protesta que très mollement !

C’est ainsi que le 17 décembre 2014, la carte des 13 régions fut définitivement adoptée par 95 voix pour – dont 94 PS -, 56 contre et 11 abstentions. Le sort de l’Alsace était scellé par quelques dizaines de députés socialistes. A cette occasion, on put s’apercevoir de la collusion entre l’UMP et le PS, la plupart des députés UMP n’étant pas venus siéger pour permettre l’adoption du texte par leurs collègues socialistes venus plus nombreux. Petit arrangement entre amis. Cependant, pour la galerie et pour ne pas qu’ils perdent trop la face vis à vis de leurs électeurs alsaciens, on laissa les quelques députés UMP alsaciens présents dans l’hémicycle se livrer à un simulacre de protestation solennelle en séance, sachant qu’ils ne pourraient en rien changer l’issue du scrutin déjà négociée par avance entre l’UMP et le PS ! C’est ainsi qu’on décida de la disparition de l’Alsace sans même que les Alsaciens ne soient consultés : un incroyable déni de démocratie ! Et pendant tout ce temps Philippe Richert était resté silencieux !

Arrivés trop tard dans la bataille, les jeux étant quasiment faits, nos élus UMP rentrèrent à nouveau progressivement dans le rang en ronchonnant… mais tout en commençant à lorgner vers les nouvelles sinécures qu’offrait l’ALCA et que Richert leur faisait déjà miroiter pour emporter leur ralliement.

Et pourtant, tous les recours contre cette fusion n’étaient pas épuisés à ce moment-là et le président de notre Conseil régional ne pouvait être sans le savoir. En effet, selon l’article L.1112-16 du Code Général des Collectivités Territoriales, une pétition signée par 10% des électeurs d’Alsace, soit environ 127 000 électeurs, aurait suffi pour contraindre le Conseil Régional à organiser une consultation par référendum. Or, Philippe Richert n’en a rien fait et s’est tu, sans doute parce qu’il avait déjà fait le choix de l’ALCA. Devant l’inaction de l’exécutif régional, le 5 février 2015, un collectif de citoyens s’intitulant « Alsace retrouve ta voix », s’est alors donné pour mission de réunir les signatures nécessaires. Mais il est hélas bien tard, l’opération devant être clôturée pour le 31 mars.

Richert tourne définitivement la page de l’Alsace

Rompu au grenouillage, ce qui explique sa longévité politique, à partir de là, il se désintéressa de l’Alsace. Sans attendre, il commença par entamer sa campagne électorale en sillonnant l’ALCA pour nouer des contacts avec les élus et entreprendre des consultations « au sommet » avec ses 2 homologues de Lorraine et de Champagne-Ardenne… tout en continuant de fustiger les manifestants alsaciens qui continuaient de s’opposer à la fusion, contrariant par là ses projets personnels ! Le massacre de Charlie Hebdo et l’émotion qui s’empara alors des masses mirent fin aux manifestations.

Malin, pour emporter l’investiture, Philippe Richert organisa encore début février une espèce « d’appel à l’homme providentiel » de la part des 22 parlementaires et grands élus alsaciens de droite. Ceux-ci, y compris ceux qui l’avaient critiqués vertement et traités de « narcisse » peu avant, l’assuraient maintenant de leur « soutien indéfectible », tout en énumérant ses innombrables qualités : « Il a acquis compétence et expérience (…) c’est le candidat naturel et légitime pour diriger la nouvelle région », écriront-ils[3]. Et la manœuvre fut impeccablement menée car quelques jours plus tard, le 5 février 2014, la Commission nationale des investitures de l’UMP lui confiera la responsabilité de conduire la liste UMP aux régionales. Parmi les élus UMP, ceux restés fermement opposés à la réforme territoriale, expliqueront ensuite leur volte-face par cet argument : « Il ne faut pas mettre Richert en difficulté pour ne pas gêner son élection ; c’est aussi risquer de faire le jeu du PS ou du FN ». Tiens donc ! A l’évidence, pour eux, l’intérêt du parti prime sur tout le reste… même sur l’Alsace !

C’est ainsi que, sans aucun état d’âme et sans honte aucune, Philippe Richert tourna la page de l’Alsace pour aller butiner à d’autres fleurs et construire son avenir politique ailleurs… plus près de Paris. A l’instar d’un bateleur de foire, dorénavant il n’aura pas assez de mots pour vanter les « grandes opportunités » et l’avenir radieux que nous offrira l’ALCA : « Notre axe sera de faire de cette grande région, la région experte sur la coopération transfrontalière, nous serons la région « cœur d’Europe », à l’articulation entre les deux piliers de la construction européenne »[4] ! S’il est élu à la présidence, il se fait fort de mener la construction de cette nouvelle région : « Je me sens coresponsable de ce territoire (ALCA), on va le construire avec tous les autres, d’ailleurs il y a des points communs entre nos trois Régions ne serait-ce que dans le domaine des pôles de compétences. Ce qu’il faut, c’est donner à ce grand territoire une lisibilité tant politique qu’administrative et aussi fonctionnelle », déclara-t-il dans l’Ami Hebdo[5]. Moi je Président… ! Le Grand Est a subitement pris sens pour lui, l’Alsace beaucoup moins, c’est déjà du passé. Non, décidemment la Heimet ne lui parle pas à cet homme là, elle ne fait pas vibrer son cœur ! Ce qui lui importe à présent, c’est d’entrer dans l’histoire comme le premier président de l’ALCA… et non d’y rester seulement comme le dernier président de l’Alsace.

Après un tel échec, leur crédibilité est anéantie

Suite à toutes ses trahisons au profit de sa carrière politique, osera-t-il encore venir en Alsace dans quelques mois faire campagne pour nous vendre la méga-région Est ? Son ambition et sa quête de pouvoir sont tellement fortes, qu’il n’est pas exclu qu’il ait le culot de l’envisager. Mais cette fois, il lui faudra faire preuve de beaucoup, d’énormément de talent pour arriver à berner une nouvelle fois les Alsaciens.

Cependant, conscient que son image de traître alsacien pouvait nuire à sa crédibilité pour briguer la présidence de l’ALCA, il a récemment tenté de se reconstruire une image de patriote alsacien : « Je suis profondément attaché à l’Alsace, à ses particularités et à son identité », a-t-il juré dans l’Ami Hebdo.com du 26 février 2015. Et d’en donner une preuve : « J’ai souhaité que soient organisées les premières Assises de la Langue et de la Culture régionales pour en faire reconnaitre l’actualité et en consolider les pratiques ». Or, qu’écrivait en janvier 2015 l’association Culture et bilinguisme dans sa revue Land un Sproch (N° 192) à propos de ces Assises : « Dans une précédente édition, nous avions écrit, au sujet des Assises : « Et la montagne accoucha d’une souris ». Hélas, plus de 6 mois après la fin des Assises, nous en sommes à nous demander si, au terme de ce difficile accouchement, la montagne n’a pas englouti la souris ». On le voit, le constat est sans appel : une opération poudre aux yeux de plus !

Dans sa réponse à l’Ami Hebdo, Philippe Richert déclarait aussi : « Au-delà du droit local, du Concordat et de notre inscription forte dans un environnement transfrontalier à l’échelle du Rhin Supérieur, c’est une certaine culture de travail particulière que nous avons su développer dans notre territoire où, sur les sujets essentiels, l’écoute et le dialogue priment sur la confrontation politique ». Apparemment, à en croire notre président, le droit local, le concordat, ce n’est pas ce qui prime, donc on peut les brader, ce qui compte c’est « une certaine culture de travail particulière » !

Cependant, la droite alsacienne, qui craint une réaction de rejet des électeurs alsaciens écœurés par les échecs et les retournements de Philippe Richert, continue de faire courir le bruit que si l’UMP venait au pouvoir en 2017, elle œuvrerait au retour de la région Alsace : « Votez pour nous si vous voulez que l’Alsace soit ressuscitée », tel est en substance le message !!! Ils n’ont même pas été capables d’empêcher son enterrement et maintenant ils voudraient la ressusciter ! C’est vraiment prendre les Alsaciens pour des idiots ! De même, comment peut-on envisager un seul instant que Philippe Richert, qui se sera donné tant de mal pour accéder à la présidence de l’ALCA, s’il y parvient, acceptera ensuite d’y renoncer en rétropédalant pour se retrouver à la case départ. Impensable !

Et comment un électeur censé peut-il encore faire confiance à un parti dont les leaders ont montré à ce point leur incapacité à défendre notre région et dont les fautes en cascades ont conduit l’Alsace jusqu’à la disparition ? Peut-on imaginer un bilan plus calamiteux ? Cette classe politique n’est décidément plus crédible, ce n’est pas d’elle que viendra l’indispensable renouveau : « Weg mit dem Ballast » disait Jean Keppi ! Une solution pour en sortir : ne plus voter pour un parti stato-national quel qu’il soit, l’Alsace étant le dernier de leurs soucis !!! Unser Land reste ainsi la seule alternative pour ceux qui sont décidés à continuer la lutte pour la renaissance institutionnelle de l’Alsace sous la forme d’une « collectivité territoriale à statut particulier ».

Notre salut viendra de nous-mêmes, de notre capacité à nous prendre en main, à nous organiser pour entrer démocratiquement en résistance et établir des rapports de force pour contraindre Paris à nous rendre justice en rétablissant la région Alsace, supprimée sans consultation des Alsaciens par un intolérable diktat et en violation de la Charte européenne de l’autonomie locale pourtant signée et ratifiée par la France ! Plus que jamais, pour nous extraire du bourbier de l’ALCA, c‘est l’autonomie qu’il nous faut revendiquer.

Bernard Wittmann – 5.3.2015

[3] DNA 5.2.2015

[4] Rue89-Strasbourg du 7.2.2015

[5] Ami Hebdo 13.2.2015

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Un passage de cet article nous a quelque peu choqué : « Souvenons-nous simplement de ce honteux 26 février 1871 où l’Assemblée nationale avait voté, à une écrasante majorité de 81%, la cession « à perpétuité, en toute souveraineté et propriété » de l’Alsace-Moselle à l’Allemagne. Pour se sauver, la France n’hésita pas alors à sacrifier l’Alsace. »

En ce qui nous concerne, ce qui nous pose problème, ce n’est aucunement que France ai accepté sous la contrainte de renoncer à sa main mise sur l’Alsace en 1871, mais qu’elle soit revenue sur sa parole dès qu’elle en a eu l’opportunité ! UH

Un judas des temps modernes

Posted on mars 15th, 2015 by Klapperstein

Il y a les figures historiques de la traîtrise…

Tous les peuples ont hélas leurs judas et à ce niveau le peuple alsacien est même plutôt bien servi. Depuis 1648, date marquant le début de son assujettissement, il a eu son lot de traîtres qui renièrent leurs compatriotes, leur cité, leur culture, leur langue, leur religion… Par vanité, souci de réussite ou en échange de quelques honneurs, titres ou prébendes lucratives, ils ont prêté main forte à l’oppresseur pour asseoir sa domination sur leur peuple. Deux renégats célèbres de Strasbourg sont restés dans l’histoire alsacienne. Il s’agit de deux éminents juristes : Jean-Christophe Güntzer (1636-1695), diplomate et ancien secrétaire de la République libre de Straßburg qui œuvra en sous-main pour livrer la ville au roi de France et Ulrich Obrecht (1646-1701) dont l’historien Rodolphe Reuss a dit qu’il était « plus royaliste que le roi ».

Après la capitulation de la cité devant les troupes françaises, tous deux tournèrent casaque et misèrent sur la royauté. Faisant preuve d’une servilité peu commune, ils s’appliquèrent à briser la résistance des édiles de l’ancienne ville libre d’empire et défendirent, avec un zèle peu commun, les intérêts français contre ceux de leurs propres compatriotes qui luttaient pour préserver leurs libertés et leurs droits. Pour prix de sa trahison, le premier fut nommé syndic royal dès le 9 octobre 1681. Quant au second, nommé au poste de prêteur royal en 1685, il se chargera de la mise au pas des Strasbourgeois et couvrira toutes les mesures royales pour imposer le français et entraver voire interdire l’usage de l’allemand. Pour plaire au roi catholique, il finira même, comme le premier, par abjurer sa religion protestante. A Straßburg, tous deux firent une brillante carrière de « valets » alsaciens du roi.

Par la suite, la bourgeoisie alsacienne coupée des racines populaires viendra alimenter cette galerie de la honte. Très tôt, elle se désolidarisa du peuple pour se ranger du côté de l’oppresseur. Elle se distingua tout particulièrement par son reniement de la langue et de la culture régionales pour adopter celles du dominant, celles du pouvoir politique. Sa collaboration intéressée avec le pouvoir français sur le dos du peuple alsacien permettra à Paris d’asseoir son emprise sur le pays. Citons en exemple l’avocat Colmarien Jean-François Reubell (1747-1807) auquel Mulhouse, ancienne république suisse, dut la perte de sa souveraineté suite à l’odieux blocus économique qu’il organisa pour la contraindre de se plier à l’ordre français ; l’abbé Nicolas Delsor (1847-1927), triste pantin manipulé par Paris, qui organisa le sabordage du Nationalrat initié par le Dr Ricklin pour préserver les acquis du Reichsland pour lesquels les Alsaciens-Mosellans s’étaient battus ; Jacques Peirotes (1869-1935), ancien adhérant du parti social-démocrate allemand et partisan d’une transformation du Reichsland en République neutre dans le cadre de l’Empire allemand, qui, dès novembre 1918, soutint pourtant les Commissions de Triages et l’épuration ethnique et n’aura ensuite de cesse de réclamer l’assimilation totale de l’Alsace…

… et ceux qui, à présent, ont pris leur relève

Ces hommes, qui de leur temps ont fait la honte et le malheur de l’Alsace, ont à présent de dignes successeurs. Philippe Richert est de cette trempe, c’est un judas d’aujourd’hui. A cause des ses choix calamiteux, de son esprit de soumission et de sa volonté de rester toujours dans les bonnes grâces de Paris pour servir son ambition personnelle et sa boulimie de pouvoir, l’Alsace lui doit d’avoir été rayée de la carte des régions de France. En effet, à la tête de la Région, ce narcisse dévoré d’ambition a cumulé les erreurs, les mauvais calculs et les reniements jusqu’à conduire le pays à la disparition. De volte-face en volte-face, ce « derviche tourneur » alsacien a fini par donner le tournis à tous, même aux élus de son propre camp politique. Parions qu’il entrera dans l’histoire comme le fossoyeur de l’Alsace, celui par qui arriva notre malheur.

Capable de nager dans toutes les eaux, le déroulé de ses reculades, trahisons, louvoiements, renonciations et capitulations successifs est sidérant :

Première stupidité de notre président !

Alors qu’il était ministre dans le gouvernement Fillon chargé des collectivités territoriales et de l’application de la réforme territoriale, il n’a pas compris le coup de Jarnac que lui préparaient les jacobins de Paris qui, en fixant des conditions draconiennes de quorums, œuvraient à faire échouer le référendum en faveur de la « Collectivité unique alsacienne ». Les Corses, eux, ont refusé un tel dispositif. Résultat, ils viennent d’obtenir, sans passer par la case référendum, le statut de « Collectivité territoriale unique » : « Entre juillet et la fin de l’année 2012, j’ai passé beaucoup de temps sur le dossier alsacien. À l’époque, l’Alsace (c’est-à-dire Philippe Richert) avait demandé l’organisation d’un référendum, et rien d’autre : nous y avons bien sûr fait droit, mais ce référendum a donné le résultat que vous savez », a expliqué la Ministre de la décentralisation Marylise Lebranchu à l’Assemblée le 20 février 2015.

Le fiasco du référendum !

Vint la campagne en faveur du référendum : elle fut calamiteuse. Effrayé à l’idée de déplaire à Paris et de s’attirer les foudres des jacobins, Philippe Richert refusa de jouer la carte de l’Alsace contre Paris et resta toujours dans le vague sur les possibilités émancipatrices et les nouvelles perspectives qu’offrait cette réforme. Il se contenta d’axer sa campagne sur les « simplifications administratives » et les « économies d’échelles » en moulinant des formules creuses. Jamais il ne prononça le mot d’autonomie ! Du coup, le projet manquant de transparence, il en résulta une certaine incompréhension. Le résultat fut le terrible gâchis que l’on sait[1] ! A Paris, les jacobins à l’affût purent alors sauter sur l’occasion pour imposer la fusion de l’Alsace et de la Lorraine.

Grosse boulette de Philippe Richert !

A peine le projet gouvernemental de fusion avec la Lorraine connu, Philippe Richert, qui quelques mois auparavant avait défendu une « Alsace unie et plus forte », se plia immédiatement aux injonctions de Paris. En catimini, sans en référer à personne, il alla se précipiter dans les bras de son homologue lorrain Jean-Pierre Masseret pour étudier avec lui, « au sommet » bien sûr, le rapprochement de la Lorraine et de l’Alsace. Mais, pas de chance, le journal Le Monde du 22 avril 2014 ébruita l’affaire ! Pris en défaut, le socialiste lorrain Jean-Pierre Masseret le premier se mit à table : « La Lorraine est prête à dépasser les clivages politiques (…) avec Philippe Richert président UMP de la région Alsace, nous sommes prêts à mettre en œuvre des expérimentations », expliqua-t-il. La manœuvre d’approche de Richert fit donc chou blanc et, même dans son camp, on cria à la trahison ! Gêné, il va alors évoquer timidement des « synergies » et des « convergences » entre ces deux régions. Et ce fut un nouveau mauvais message adressé à Paris où le gouvernement interpréta son attitude comme l’acceptation de la fusion avec la Lorraine.

Plus grave encore : la résignation affichée côté alsacien eut alors pour conséquence d’inciter le gouvernement – confronté à l’hostilité des Picards au mariage avec la Champagne-Ardenne – à élargir le projet de fusion initiale de l’Alsace et de la Lorraine à la Champagne-Ardenne dont il ne savait que faire. C’est ainsi que nous devons probablement à l’inconséquence de Philippe Richert cette usine à gaz qu’est la méga région ALCA grande comme près de 2 fois la Belgique et qui finira inévitablement par engloutir l’Alsace (le Conseil régional de l’ALCA comptera 169 élus dont seulement 60 pour l’Alsace).

Autre erreur tactique !

En Alsace, cette méga Région allant de Nogent en Haute-Marne jusqu’au Rhin et de la Belgique aux portes de Paris, fit immédiatement l’unanimité contre elle. Et ce fut une levée de boucliers générale… même de la part des élus UMP qui furent eux aussi vent debout contre ce qui apparaissait à tous comme une aberration… e Schnapsidee von unsere pariser Jakobiner ! D’ailleurs, elle ne permettait ni économie, ni démocratie de proximité ! Le maire de Mulhouse lança même une pétition teintée d’autonomisme – titrée « L’Alsace reprend son destin en main » – demandant que « L’Alsace reste seule » et qui, en quelques semaines, recueillera plus de 60 000 signatures. De leur côté, les deux Conseils départementaux et le Conseil régional votèrent à 96% une motion contre cette fusion et le retour du Conseil unique d’Alsace. Et la colère continuait d’enfler.

Craignant de n’être pas de taille pour jouer le chef d’orchestre dans ce Grand-Est couvrant 57 000 km2, pour garder la main et éviter une révolte de ses troupes, Philippe Richert opéra une nouvelle volte-face : il rejetait cette fois catégoriquement toute idée de fusion ! Ainsi, le 28 août 2014, très offensif, il déclarait dans les DNA : « La fusion Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne est tout simplement inacceptable (…) Le Conseil d’Alsace est la seule réponse possible (…) Si l’Alsace parle d’une voix claire et encore plus forte, le gouvernement ne pourra pas ne pas l’entendre ».

Adoptant une posture de rebelle, le 11 octobre 2014, il organisa une grande manifestation de protestation place de Bordeaux à Strasbourg qui devait marquer la détermination alsacienne. Là, sur la tribune, les tenants de la droite alsacienne se succédèrent en jouant des biscotos : l’Alsace dit non à la fusion, awer jetz langt’s… ! Arriva le tour du président Richert. Avec des airs de tribun courroucé et déterminé, il fit mine de montrer les dents : « Nous croyons à une Alsace ouverte sur le Rhin (…) Le pari est réussi (les Alsaciens) ont dit oui à l’Alsace ! », lança-t-il au micro face aux 10000 manifestants enthousiastes et une forêt de rot un wiss… avant d’entonner la Marseillaise et de clore la manifestation avec un lâcher de ballons tricolores, à l’instar d’une joyeuse fête paroissiale, suscitant l’incompréhension et la désapprobation de beaucoup. Colère… mais quand même génuflexion !

Cette mise en scène grotesque, vu le contexte tendu de contestation voire de fronde, était en réalité destinée à rassurer Paris où l’on comprit dès lors que le président de l’exécutif régional, incapable de se départir de son obséquiosité et de son penchant pour l’obéissance, n’engagera pas la fronde jusqu’au bout et n’entrera pas en résistance. Et ce sera un nouveau flop !

Nouveau retournement de veste !

A partir de là, médusée par le nombre des rot un wiss brandis par la foule et le poids inattendu des autonomistes du parti Unser Land lors de la manifestation du 11 octobre, l’UMP préféra se mettre en retrait et rester dans l’expectative. Cependant, désireuse néanmoins d’exploiter le mécontentement à son profit, en décembre 2014, elle fit savoir, par la voix de Nicolas Sarkozy invité à un meeting à Mulhouse, qu’en cas de retour au pouvoir en 2017, elle annulerait purement et simplement la fusion de l’Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne.

L’indignation ne retombant point et l’UMP ne bougeant toujours pas, c’est à partir des réseaux sociaux que furent alors organisées plusieurs grandes manifestations citoyennes contre la fusion à Strasbourg, Colmar, Mulhouse et Thann. Elles réunirent des milliers de manifestants, pour la plupart jeunes, issus de toutes les couches de la population alsacienne. Les autonomistes, qui y tenaient le haut du pavé, dénonçaient l’aspect antidémocratique de la fusion programmée et réclamaient un référendum !

Placée sous la coupe de Philippe Richert, l’UMP refusa de participer à ces manifestations populaires d’une ampleur rare. Pire, le tandem Richert-Kennel n’aura de cesse de fustiger les manifestants et de dénigrer les autonomistes : « À cause de ces manifestations, nous sommes perçus à Paris comme des autonomistes. Pour certains, on est même des Allemands », dira ce dernier dans « L’Alsace » du 5 décembre 2014, avant d’ajouter : « L’Alsace n’a pas les moyens de son autonomie ». Un discours qui a du ravir Paris.

En savant équilibriste politique, Philippe Richert commença alors par amorcer un nouveau virage vers un abandon de la cause alsacienne… normal, quand on sait que, dès le 11 décembre 2014[2], il était quasiment acquis au sein de l’UMP qu’il serait investi pour prendre la tête de la liste du parti dans la région ALCA aux régionales prévues en décembre 2015 ! Ceci expliquant bien sûr cela !!! fin de la première partie de l’article, à suivre…

Bernard Wittmann

[1] Le oui l’emporta pourtant de 58%. Mais l’imposition d’une participation minimale de 25% des inscrits et l’obligation de la victoire du oui dans les deux départements, firent échouer le référendum.

[2] DNA du 11.12.2014 – « Qui pour prendre la tête de la liste UMP aux prochaines régionales ? »

Quelle : hewwemi.net

Qu’en sera-t-il de notre « Droit Local » ?

Posted on mars 2nd, 2015 by Klapperstein

Depuis 1945, la classe politique alsacienne n’a jamais su s’affranchir des logiques de soumission et, face à Paris, n’a pas su se tenir debout. Nos politiques ont manqué singulièrement d’audace et d’imagination pour défendre l’identité alsacienne et ont fini par céder à peu près sur tout. Ils ont ainsi cumulé les revers, le dernier en date étant celui de la fusion de l’Alsace dans la méga-région ALCA entraînant sa disparition pure et simple de la carte des régions.

Pour mieux comprendre la déroute des élites politiques alsaciennes depuis 1945, il suffit de voir l’enlisement de notre « droit local », progressivement grignoté par le droit général jusqu’à en perdre sa cohérence première. Or, on a tendance parfois à l’oublier, notre « droit local » a été arraché de haute lutte aux jacobins de Paris par nos Heimatrechtler[1] de l’entre-deux-guerres qui voulaient une Alsace émancipée et respectée avec toutes ses particularités. Les Alsaciens ont toujours été très attachés à leur « Lokalrecht ». Depuis son entrée en vigueur, il a de tout temps fait consensus.

Dispositions particulières du « droit local »

Notre « droit local » est constitué d’un ensemble de dispositions et prérogatives particulières à l’Alsace et à la Moselle qui furent conservées après 1918 dès lors qu’elles étaient plus favorables aux Alsaciens que ceux de la législation française. Il comporte : 1/ des dispositions d’origine française maintenues en vigueur par les autorités allemandes après 1870 ; 2/ des dispositions allemandes applicables dans l’ensemble du Reich ; 3/ des dispositions propres au Reichsland adoptées par les organes législatifs alors compétents ; 4/ des dispositions françaises intervenues après 1918 mais uniquement applicables à l’Alsace-Moselle. Deux lois de juin 1924 donnèrent un caractère définitif à ce dispositif unique en France.

Par la suite, les Nazis supprimèrent le droit local. Mais il sera à nouveau rétabli par l’ordonnance du 15 septembre 1945 « portant rétablissement de la légalité républicaine ».

En dépit d’une volonté constante de l’Etat de l’abolir, l’attachement des Alsaciens à leur législation locale a fait qu’elle est néanmoins restée en vigueur jusqu’à nos jours.

À présent, les principales matières où subsistent les dispositions de droit local sont[2] :

Le régime des cultes : l’Alsace reste régie par la loi du 8 avril 1802 comprenant le Concordat de 1801 et les articles organiques des cultes catholique, protestant et israélite ;
Le régime de l’artisanat : il est régi par le code des Professions (Gewerbeordnung) suivant la loi d’Empire du 26 juillet 1900 ;
Le droit du travail : avec des dispositions particulières concernant : le maintien de la rémunération en cas d’absence, le repos dominical et les jours fériés (l’Alsace compte deux jours fériés supplémentaires : le Vendredi-Saint et la Saint-Etienne), la clause de non-concurrence… ;
La législation sociale : avec des dispositions particulières concernant le régime local de sécurité sociale (remboursement à 90%), l’aide sociale… ;
La chasse : avec un droit de chasse particulier ;
Les associations : la loi du 1er juillet 1901 n’est pas applicable aux associations ayant leur siège en Alsace-Moselle, celles-ci sont soumises aux articles 21 à 79 du Code civil local et la loi d’Empire du 19 avril 1908 ;
La publicité foncière : en Alsace-Moselle, la publicité foncière est assurée par le Livre foncier tenu par un magistrat spécialisé et relève du Ministère de la Justice ;
La justice : les tribunaux d’instance ont des compétences plus étendues ; les Tribunaux de Commerce sont remplacés par une chambre spécialisée du Tribunal de Grande Instance, les émoluments des avocats et les frais de justice sont régis par des dispositions spécifiques ; il n’y a pas d’avoués auprès des Cours d’Appel, les charges de notaires et des huissiers se caractérisent par leur non-vénalité et l’absence de droit de présentation, la faillite civile s’appliquant aux personnes civiles qui peuvent se voir appliquer la loi commerciale sur le redressement et la liquidation s’ils sont en état d’insolvabilité notoire ;
Le droit communal : plus grand respect des libertés communales (autonomie plus grande pour les communes), règles différentes de fonctionnement du Conseil municipal, règles particulières d’urbanisme (les communes peuvent, par exemple, répercuter sur les riverains les frais de premier établissement des voies (« taxes de riverains ») ; Etc.

On ne peut que regretter que, depuis 1945, au lieu de partir du « droit local » tel qu’il existait alors, pour le faire évoluer progressivement vers un véritable « statut particulier » permettant à l’Alsace de s’administrer plus librement grâce à l’adjonction de nouvelles prérogatives négociées, les élites politiques alsaciennes restèrent silencieuses. Elles ne songèrent même pas à le faire évoluer. À l’évidence, elles n’ont pas compris que le « droit local », avec l’ensemble des dispositions qui y sont attachées, pouvait servir de fondement pour l’élaboration d’un statut garantissant plus de dévolutions pour l’Alsace ! D’ailleurs, des négociations en ce sens n’ont même jamais été entamées depuis 1945. Côté alsacien, on s’est simplement contenté de camper sur l’existant, sans songer à aller de l’avant pour arracher plus de libertés dans l’intérêt de l’Alsace. Nos élus n’y ont pas songé, ou pire, paralysés par leur servilité et leur docilité légendaire, ils n’ont tout simplement pas osé[3]… sans doute par peur d’indisposer Paris !

A présent, alors que l’Alsace va disparaître diluée dans la région « grand est », où elle sera ultra-minoritaire, les Alsaciens peuvent légitimement s’inquiéter du devenir de leur droit local. Les jacobins restent en embuscade pour anéantir, dès que l’occasion se présentera, ce dernier marqueur fort de l’identité alsacienne. L’ALCA leur offrira indéniablement de nouvelles possibilités pour le laminer. Les Alsaciens devront donc redoubler de vigilance !

Bernard Wittmann – Historien

[1] Défenseurs des droits de la patrie.

[2] Documentation : voir site internet de l’Institut du Droit Local Alsacien-Mosellan.

[3] Depuis toutes ces années, ils n’ont même pas relevé que la plupart des articles du droit local sont rédigés en allemand, conférant ainsi de facto à la langue allemande le caractère d’officialité en Alsace. L’article 10 de la loi fondatrice du droit local du 1er juin 1924 stipule expressément : « Dans les trois mois au plus tard après la mise en vigueur de la présente loi, un décret publiera, traduit en langue française, les textes des lois locales maintenues en vigueur avec les modifications résultant de la présente loi. Cette traduction, faite à titre documentaire, n’aura pas de caractère authentique ». On ne peut être plus clair : seul le texte en allemand se voit reconnaître un « caractère authentique » ! Donc la langue de l’Alsace est (toujours) l’allemand ! On aurait ainsi pu s’appuyer sur le Droit Local pour engager une action en reconnaissance linguistique et, partant, étayer juridiquement l’exigence de son enseignement. D’ailleurs, le droit local comporte déjà de nombreuses dispositions dérogatoires à la législation nationale, notamment dans le domaine de l’enseignement. Il aurait donc suffi d’emprunter une voie qui était déjà ouverte (on peut d’ailleurs toujours le faire).

Quelle : hewwemi.net

Impôts en Alsace : silence on essore !

Posted on février 22nd, 2015 by Klapperstein

L’Alsace a de tout temps jouit d’une réputation de région riche, une richesse venant essentiellement du labeur de sa population. Car c’est un fait établi que notre région a toujours été bien servie par ses hommes. Aussi fut-elle toujours considérée peu ou prou comme une vache à lait par Paris.

Ainsi, en 2012, les recettes de l’Etat collectées en Alsace ont été de 10,6 Milliards d’€[1] alors que, pour la même année, les recettes fiscales nettes de l’Etat[2] s’élevaient à 296 milliards d’€[3]. C’est-à-dire que les Alsaciens, qui représentent 2,8% de la population française, ont contribué à 3,6% du montant des recettes fiscales de l’Etat !

L’Alsace est d’ailleurs placée régulièrement dans le peloton de tête pour le montant des impôts versés par tête d’habitant[4], mais se situe parmi les régions les moins bien loties pour les investissements de l’Etat : aides, dotations / participations, investissements sur infrastructures, investissements d’avenir, subventions…

En comparant, par exemple, les chiffres de l’Alsace et de la Lorraine pour l’année 2011, on s’aperçoit que l’Etat a prélevé en Alsace 1,928 milliards€ d’impôts sur le revenu pour une population de 1,843 millions d’hab. (Recensement 2011), contre seulement 1,168 milliards€ en Lorraine pour une population pourtant beaucoup plus importante de 2,356 millions d’hab.[5]. En Lorraine, le nombre de foyers fiscaux imposables, en % de l’ensemble des foyers fiscaux, n’était que de 52%, alors qu’en Alsace il grimpait à 61%[6]. Deux ans plus tard, en avril 2013, un rapport de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) plaçait toujours l’Alsace en tête des régions françaises[7] pour le taux des foyers fiscaux imposables.

Envolée sa prospérité d’antan

Ses intérêts ayant été constamment sacrifiés sur l’autel de l’intérêt national (dans sa perception jacobine), avec la crise venue se surajouter, l’Alsace est à présent obligée d’affronter les récessions en cascades. Sa situation au cœur des dynamiques rhénanes et la nature laborieuse de sa population ne suffisent plus pour maintenir son développement passé. Sa prospérité d’antan s’en est allée et le taux de progression du chômage a battu des records, il a presque doublé entre 2000 et 2014. Les causes sont hélas connues : désindustrialisation, perte d’emplois frontaliers, mauvaise politique économique de Paris… D’après l’INSEE, l’Alsace, longtemps préservée de ce fléau, en 2014 comptait 9,5% de chômeurs, chiffre proche de la moyenne française qui se situait alors à 9,9% (10,6% pour la Lorraine). Plus grave, le chômage de longue durée ne cesse de progresser.

Pas de « comptes propres »

Cependant, on cherchera vainement les chiffres mettant en balance l’ensemble des prélèvements financiers de l’Etat en Alsace et, en retour, le montant de ses investissements (dotations, subventions, investissements, aides…) dans la Région. Mission absolument impossible. Ces études n’existent pas ! Il y a bien des études fragmentaires de la situation, des analyses éparses, mais pas de vue d’ensemble claire, les chiffres sont embrouillés et entremêlés dans des statistiques alambiquées.

Aussi se trouve-t-on dans l’impossibilité d’établir des « comptes propres ». Et pour cause, l’Alsace subit un véritable essorage qu’on n’a pu mesurer pleinement qu’à une seule occasion : en 1975 ! Cette année là, au mois de septembre, et pour la première fois, un rapport de l’INSEE de Strasbourg avait mis en évidence que l’Alsace payait 4722 F d’impôts par habitant – un record français – mais ne recevait en retour que 508 F de subventions, minimum national !!! Le rapport était de 1 à 9 au détriment de l’Alsace[8]. Les DNA choisirent d’abord d’étouffer ce rapport incendiaire… mais pas le « Nouvel Alsacien ». Dans son édition du 31.10.1975, ce dernier publia l’enquête qui mettait en évidence ce qui s’apparentait à un véritable pillage de l’Alsace. Du coup, les DNA ne purent faire autrement que d’évoquer à leur tour ces chiffres quelques jours plus tard. Le préfet, soutenu par les politiques locaux compromis dans ce détournement de l’argent des Alsaciens, contre-attaqua. Une contre-expertise établie par des universitaires spécialisés fut demandée ! Celle-ci arriva pourtant à la conclusion : « Les chiffres de l’INSEE sont justes » ! Ainsi, pour avoir confirmation qu’ils étaient bel et bien essorés, les contribuables alsaciens durent-ils encore débourser 300 000F supplémentaires, coût de l’opération !

L’année suivante, une autre étude de l’INSEE viendra confirmer celle de 1975.

Du coup, on préféra ne plus s’aventurer à commanditer de telles études trop périlleuses pour le gouvernement car elles risquaient de mettre en lumière un formidable déséquilibre en défaveur de l’Alsace qu’il valait mieux occulter.

Avec l’ALCA les statistiques seront inextricables

Cependant, avec la méga région ALCA, ces études, d’accès déjà très difficile, seront rendues encore beaucoup plus complexes. L’Alsace étant à présent privée de périmètre administratif pour être fondue dans le vaste ensemble de l’ALCA, grand comme près de deux fois la Belgique, les statistiques la concernant seront quasiment inaccessibles car confondues avec celles de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne. Tout sera encore d’avantage complexifié. Démêler l’écheveau des chiffres pour faire ressortir la part alsacienne, tant pour les sorties de fonds que les investissements en retour, relèvera de l’exploit. Du coup, les Alsaciens pourront être traits sans qu’ils puissent prendre la mesure de l’ampleur du siphonage et de la spoliation dont ils sont les victimes. C’est ça aussi qui nous attend avec l’ALCA !

Bernard Wittmann – 8.2.2015

[1] Source : SGARE / DRFIP Alsace. Ventilation (chiffres en milliards d’€): TVA 5,393, impôts sur revenus 1,928, impôts sur sociétés 1,386, divers 1,893. En 2012, le montant moyen des revenus déclarés par foyer au fisc était de 32.541€ pour l’Île de France (1ère), 26 690€ pour l’Alsace (2e) et seulement 23 126€ pour la Lorraine (13e).

[2] Représentant l’ensemble des recettes fiscales résultant des prélèvements obligatoires.

[3] Source : Comptes Publics.fr – Recettes fiscales (2012). En 2013, les recettes fiscales nettes de l’Etat s’élevaient à 292,6 milliards d’€.

[4] Après l’Île-de-France qui est un cas particulier. En 2012, le montant moyen des revenus déclarés par foyer à l’administration fiscale était de : 32 541€ en Île-de-France (1ère), 26 690€ en Alsace (2e), 23 299€ en Champagne-Ardenne (12e), 23 126€ en Lorraine (13e). Source : JDN L’économie demain – http://www.journaldunet.com/economie/impots/classement.regions/revenu-fiscal

[5] Précisons qu’en 2012, le PIB par habitant était de 27 986€ en Alsace, 25 430€ en Champagne-Ardenne et seulement 22 955€ en Lorraine. Le PIB par hab. de l’ALCA est de 26 700€ !!!

[6] Chiffres 2011 – INSEE-DGFIP

[7] Après la région Île-de-France dont le taux de foyers fiscaux imposables est de 63%.

[8]Cf. « Une histoire de l’Alsace autrement », B.Wittmann, T.3 p.280/281

Quelle : hewwemi.net

Sans référendum, pas de démocratie, pas de légitimité

Posted on janvier 24th, 2015 by Klapperstein

Es gibt keine echte Demokratie ohne direkte Demokratie. Il n’y a pas de véritable démocratie sans démocratie directe. L’Histoire de l’Alsace en témoigne et comme toujours la République se moque de nous en bafouant nos droits civiques les plus élémentaires. Nous exigeons un référendum sur la fusion forcée. Sans référendum, pas de démocratie, pas de légitimité.

L’ALCA n’a de toute façon aucun avenir. Plus que jamais l’Alsace est notre avenir. UH

Article des DNA – 22/01/2015

Trotz allem großartig !

Posted on décembre 4th, 2014 by Klapperstein

La majorité du Conseil Général du Haut-Rhin s’est baillonnée durant plusieurs minutes avec des bandeaux rot un wiss, pour protester contre la fusion Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne.

Durant ces dernières années, Charles Buttner (président du Conseil Général du Haut-Rhin) a beaucoup fait en coulisses pour faire capoter le projet de fusion des 3 collectivités alsaciennes en un Conseil Unique d’Alsace. Et pourtant, aujourd’hui, il est à la pointe de la contestation contre la fusion ALCA, qui a pour cause indirecte l’échec du référendum de 2013 sur le Conseil Unique.

Les hommes politiques sont ainsi faits qu’ils surfent sur les vagues de l’opinion publique. Les hommes politiques ne sont souvent humainement ni bons ni mauvais, et ils ont parfois quelques convictions, qu’ils défendent ou abandonnent au gré des circonstances.

Une chose est toutefois certaine : ce revirement d’un responsable politique comme Charles Buttner (jusqu’à pavoiser le Conseil Général en Rot un Wiss, à se bâillonner comme l’est l’alsacienne bâillonnée des affiches d’Alsace d’abord, à se ranger derrière une banderole du parti autonomiste Unser Land dimanche dernier à Colmar) est la conséquence de la pression populaire et citoyenne alsacienne.

Pour ceux qui défendent l’Alsace, il faut accueillir cette évolution de façon positive, comme une victoire de la pression populaire et de la stratégie d’influence menée par les contestataires.

Quelle : Alsace Actu Facebook

La mobilisation de la population alsacienne ( pétition Rottner Prenons notre destin en main, pétition Oui au référendum sur la réforme territoriale, succession de manifestations etc…) porte ses fruits, non seulement les politiciens alsaciens commencent à se révolter, mais en plus ils le font en Rot un Wiss ! Début d’une vrai rébellion des élus alsaciens face au pouvoir parisien ou simple coup de com’ ? L’avenir nous de dira. Et l’avenir, c’est pour commencer Sunntig in Milhùsa ! UH

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Haut-Rhin Les conseillers généraux se bâillonnent pour protester contre la grande région

Près d’une vingtaine de conseillers généraux haut-rhinois se sont symboliquement bâillonnés avec un bandeau « rot un wiss », ce matin, en ouverture de la séance publique du Conseil général qui se tient actuellement à Colmar, pour protester contre l’intégration de l’Alsace dans la future grande région ALCA (Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) .

La scène a duré plusieurs minutes, « le temps qu’il a fallu à la commission mixte paritaire pour sceller le sort de notre région », a expliqué le président Charles Buttner avant ce happening. Au-delà des 16 élus de la majorité – tous ceux qui étaient présents – qui y ont participé, quelques indépendants se sont montrés solidaires, à l’image de Max Delmond (Huningue) et Odile Boquet-Hunold (Soultz), qui ont porté le bâillon, ou de Pierre Vogt (Cernay), qui s’est contenté de le porter autour du cou. Les écologistes, n’ont pas suivi. Quant aux élus socialistes, qui ont dénoncé « une mascarade ridicule », ils ont quitté la salle, à l’image d’un Pierre Freyburger qui a claqué la porte.

« Contre le mépris de l’Etat jacobin « 

A la mi-journée, le service de presse du Conseil général a diffusé un communiqué expliquant cette action symbolique en ces termes :

« Par un silence assourdissant de quelques minutes, les Conseillers Généraux Haut-Rhinois, réunis ce matin en Séance Publique, ont fait entendre leur colère face à la réforme territoriale qui s’est faite sans les élus locaux, sans écouter l’avis des Sénateurs et sans consulter le peuple. Ils se sont baillonnés avec un tissu rouge et blanc aux couleurs de l’Alsace.

Les élus départementaux entendaient ainsi, avec ce geste symbolique, s’insurger contre le mépris de l’Etat jacobin qui refuse d’écouter les voix et les cris du cœur d’une très grande majorité d’Alsaciennes et d’Alsaciens opposés à la Méga Région et qui ne demandent que le respect de ce qu’ils sont.
HAUT-RHIN Les conseillers généraux se bâillonnent pour protester contre la grande région
Près d’une vingtaine de conseillers généraux haut-rhinois se sont symboliquement bâillonnés avec un bandeau « rot un wiss », ce matin, en ouverture de la séance publique du Conseil général qui se tient actuellement à Colmar, pour protester contre l’intégration de l’Alsace dans la future grande région ALCA (Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) .
Nous avons expliqué, proposé, revendiqué, réclamé, protesté mais tout cela est resté vain, a expliqué solennellement Charles Buttner dans son allocution d’ouverture de la Séance Publique. Les mots ont démontré leurs limites. Il ne reste plus aucun terme qui pourrait exprimer notre déception, notre tristesse, notre colère, a-t-il ajouté.

Et de conclure son propos par ces mots : Une assemblée silencieuse, c’est aussi l’image d’une méga région hypothétique et improbable où ne résonneraient plus les voix des territoires et de leurs élus de proximité. Nous ne pouvons pas l’accepter. »

Quelle : L’Alsace

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