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Unsri Heimet

Unsri Heimet – -do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

30/09/1681 CAPITULATION DE STRAßBURG

Posté le février 2nd, 2017 by Unsri Heimet

Articles proposés par les Préteur, Consuls et Magistrats de la ville
de Strasbourg, le 3o Septembre 1681.

Nous François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois, secrétaire d’État et des commandements de Sa Majesté, et Joseph de Ponts, baron de Montclar, lieutenant-général des armées du Roi, commandant pour Sa Majesté en Alsace; en vertu des pouvoirs à nous accordés par Sa Majesté pour recevoir la ville de Strasbourg à son obéissance, avons mis les apostilles ci-dessous, dont nous promettons fournir la ratification de Sa Majesté et la remettre au magistrat entre ci et dix jours :

ART. 1.° La ville de Strasbourg, à l’exemple de M. l’évêque de Strasbourg, le comte de Hanau, seigneur de Fleckenstein, et de la noblesse de la Basse-Alsace, reconnaît Sa Majesté Très-chrétienne pour son Souverain Seigneur et Protecteur. [ Le Roi reçoit la ville et toutes ses dépendances en sa royale protection].

2 ° Sa Majesté confirmera tous les anciens privilèges, droits, statuts et coutumes de la ville de Strasbourg, tant ecclésiastiques que politiques, conformément au traité de paix de Westphalie, confirmé par celui de Nimègue. [ Accordé].

3 ° Sa Majesté laissera le libre exercice de la religion, comme il l’a été depuis l’année 1624 jusqu’à présent , avec toutes les églises et écoles, et ne permettra à qui que ce soit d’y faire des prétentions, ni aux biens ecclésiastiques, fondations et convents ;
à savoir l’abbaye de St-Étienne, le chapitre de St.-Thomas, St.-Marc, St.-Guillaume, aux Tous Saints et tous les autres compris et non compris, mais les conservera à perpétuité à la ville et à ses habitants. [Accordé, pour jouir de tout ce qui regarde les biens ecclésiastiques, suivant qu'il est prescrit par le traité de Munster, à la réserve du corps de l'église de Notre-Dame, appelée autrement le Dôme, qui sera rendu aux catholiques; Sa Majesté trouvant bon néanmoins qu'ils puissent se servir des cloches de ladite église pour tous les usages ci-devant pratiqués, hors pour sonner leurs prières].

4.° Sa Majesté veut laisser le magistrat dans le présent état, avec tous ses droits et libre élection de leur Collège, nommément celui des Treize, Quinze, Vingt et un, Grand et Petit Sénat, des Échevins, des Officiers de la ville et chancellerie, des convents
ecclésiastiques ; l’université avec tous leurs docteurs, professeurs et étudiants, en quelque qualité qu’ils soient; le collège, les tribus et maîtrises, tous comme ils se trouvent à présent, avec la juridiction civile et criminelle. [ Accordé, à la réserve que, pour les causes qui excéderont 1ooo livres de France en capital, on en pourra appeler au conseil de Brisach, sans néanmoins que l'appel suspende l'exécution du jugement qui aura été rendu par le magistrat, s'il n'est pas question de plus de 2ooo livres de France].

5 ° Sa Majesté accorde aussi à la ville, que tous les revenus, droits, péages, pontages et commerce avec la douane, soient conservés en toute liberté et jouissance, comme elle les a eus jusqu’à présent, avec la libre disposition du pfenningthurn et la monnaie; des magasins de canons, munitions, armes, tant de ceux qui se trouvent dans l’arsenal qu’aux remparts et maisons de la bourgeoisie; des magasins de blés, vins, bois, charbons, suifs
et tous les autres, comme aussi les archives, documents et papiers, de quelque nature qu’ils soient. [ Accordé, à la réserve des canons, munitions de guerre et armes des magasins publics, qui seront au pouvoir des officiers de Sa Majesté; à l'égard des armes
appartenant aux particuliers, elles seront remises dans l'hôtel de ville en une salle dont le magistrat aura la clef].

6° Toute la bourgeoisie demeurera exempte de toutes contributions et autres payements; Sa Majesté laissant à la ville tous les impôts ordinaires et extraordinaires pour sa conservation.[Accordé]

7 ° Sa Majesté laissera à la ville et citoyens de Strasbourg la libre jouissance du pont du Rhin, de toutes leurs villes, bourgs, villages, maisons champêtres et terres qui leur appartiennent, et fera la grâce à la ville de lui octroyer des lettres de répit contre
ses créanciers, tant dans l’Empire que dehors. [ Accordé].

8° Sa Majesté accorde aussi amnistie de tout le passé, tant au public qu’à tous les particuliers, sans aucune exception, et y fera comprendre le prince palatin de Veldence, le comte de Nassau, le résident de Sa Majesté impériale, tous les hôtels, le Bruderhof avec ses officiers, maisons et appartenances. [Accordé].

9° Il sera permis à la ville de faire bâtir des casernes pour y loger les troupes qui y seront en garnison. [Accordé ]

1o° Les troupes du Roi entreront aujourd’hui, le 3o Septembre 1681 , à la ville, à quatre heures après-midi.
Fait à Illkirch, ce 3o Septembre 1681. Signé : De Louvois ; Joseph de Ponts baron de Montclar: Jean-George de Zedlitz, écuyer et préteur ;’Dominique de Dietrich ; Johann-Leonhard Fræreisen; Jo hann-Philipp Schmid; Daniel Richshoffer; Jonas Stœrr;
J. Joachim Frantz; Christophle Giinzer

Merci également à Moritz Gaerwer

Rot un Wiss à Blotzheim

Posté le janvier 24th, 2017 by Unsri Heimet

L’association Unsri Heimet tiens à remercier le Maire de Blotzheim, monsieur Jean Paul MEYER ainsi que l’ensemble des membres du conseil municipal.

Au nom de l’association, je voudrais également et tout particulièrement remercier Madame Dominique ZIMMER qui est l’initiatrice de la demande concernant la mise en place de deux drapeaux Rot un Wiss à l’hôtel de ville de Blotzheim, bravo et merci Madame ZIMMER.

C’est donc au nom de l’association Unsri Heimet que je me permets de vous transmettre ce message, nous sommes  fier de vous tous, fier de cette commune qui aujourd’hui porte haut nos si belles couleurs, nos valeurs alsaciennes, l’étendard de notre si belle région, l’ALSACE.

BRAVO ET MERCI… POUR L’ALSACE…

J’en profite pour vous rappeler que les drapeaux Rot un Wiss est en vente sur notre site en suivant le lien ci-dessous.

http://blog.unsri-heimet.eu/boutique/drapeaux/

Onze novembre alsacien

Posté le décembre 8th, 2016 by Unsri Heimet

Onze novembre alsacien

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Je suis français, né dans les années soixante, et les soldats sur cette photo sont allemands. La photo a été prise en 1918, peu après l’armistice, ou dans les premiers mois de 1919. Les soldats sont en captivité, dépouillés de leurs effets personnels et militaires jusqu’aux ceinturons et cartouchières, mais ils sont vivants. Ils sont en apparence indemnes, quoique les traumatismes psychologiques échappent au regard photographique. Cependant, je conserve cette photo, précieusement, car l’un des soldats n’est autre que mon grand-père.

De lui, j’ai peu de souvenirs. Il est mort lorsque j’étais enfant et ce que j’ai appris à son sujet me le rendit plus proche. Mon grand-père était un homme du peuple, simple, qui aurait aimé traverser le siècle en toute simplicité. Mais le destin en a décidé autrement. Il l’a jeté dans une tourmente d’événements dramatiques à l’issue desquels l’attendait une geôle française, c’était à la fin de l’année 1918. Chaque 11 novembre désormais, je tiens cette photo telle une pièce de puzzle, laquelle ne trouve pas sa place parmi les innombrables commémorations qui, aujourd’hui encore, proclament : « Souviens-toi, il est mort pour que tu restes français. »

Je suis français mais j’appartiens à cette génération dont les grands-pères ne sont nullement morts pour cette raison-là. Ils étaient quelques 350 000, nés à la fin du XIXème siècle, en une terre qui aujourd’hui est française mais qui, alors, était allemande. Je veux parler de l’AlsaceMoselle, que l’éphémère Constitution de 1911 nomma: Land Elsass-Lothringen. Pour la plupart, ils ont combattu sur le front germano-russe. Lemberg, Narotsch, Broussilov ou Vilnius leur étaient familiers. Ils ont connu la brève victoire de Brest-Litovsk, concédée par un certain Trotski, puis ils ont remplacé les fantassins tombés sur le front de l’Ouest en se disant: Im Westen nichts neues. Quelques 50 000 d’entre eux sont morts aux combats, beaucoup d’autres sont restés marqués dans leur chair ou leur esprit, pour des raisons dont aujourd’hui nous connaissons les impostures. Sans doute quelques-uns pensèrent-ils jusqu’au bout combattre pour une patrie, mais celle-ci n’était nullement française.

Né français, je partage le sort de compatriotes, français, dont la nation – ou l’Etat – continue de célébrer l’armistice d’une guerre où périrent des millions d’hommes. Sans doute sommes-nous des centaines de milliers, fils et petits-fils de soldats allemands du Land Elsass-Lothringen, à partager ce sort. Nous nous associons à cette commémoration, pleinement, mais nous n’en tenons pas moins en mains la photo de nos grands-pères, lesquels étaient des hommes simples, désireux de traverser le siècle en toute simplicité, des grands-pères que nous ne pouvons renier sans nous renier nous-mêmes.

Nous sommes dépositaires d’une mémoire encombrante, dont la cendre tiède contient encore des braises. Et peut-être aurions-nous mieux fait d’oublier tout ceci, laisser les morts avec les morts pour nous tourner résolument vers l’avenir. Peut-être aurions-nous mieux fait de nous en tenir à cette fatalité qui nous faisait dire, rede m’r nehmi davon (n’en parlons plus!), mais nous n’en sommes pas capables. Un jour ou l’autre, nous ouvrons une vieille boîte en fer blanc d’où tombent des photos sépia de soldats, allemands, qui prenaient la pose avec la tranquille bénédiction du Seigneur (Gott mit uns).

Nous sommes dépositaires d’une mémoire et, jusqu’à présent, nous avons fait notre affaire de ses contradictions et paradoxes: nous avons fait (et faisons) partie du roman national français, auquel nous avons oeuvré (et oeuvrons), avec énergie et constance, tout en feignant d’ignorer que cette implication exige un oubli de nous-mêmes, de nos origines et de nos traditions. Mais cet oubli, cette amputation de nous-mêmes, nous parait de plus en plus difficile, sans doute parce que, alsaciens, nous avons, plus que d’autres, le sens du territoire et des traditions; mais peut-être aussi parce que le roman national français a perdu de son prestige et de sa splendeur. Le roman national français, de plus en plus de Français semblent ne plus y croire eux-mêmes.

Longtemps pourtant, nous avons tenu la lampe sous le boisseau, nous avons chaussé nos galoches au chausse-pied, nous avons tu nos interrogations, nous en avons fait des chansons et des witz où nous nous moquions de nous-mêmes. Tandis que nos compatriotes commémoraient leurs morts pour la France, nous avons commémoré les nôtres en silence. Devant des stèles sans revendication, nous leur avons adressé nos prières muettes dans l’espoir de ne pas les offenser. Nous avons vécu dans une sorte de compromis où beaucoup de choses restaient tacites, dans l’espoir que le temps n’en déplace pas les contours.

Il est cependant dans la nature des choses tacites de n’être ni reconnaissables ni reconnues. « Mal nommer les choses ajoute au malheur du monde », s’exclamait Albert Camus. Nous avions une région, l’Alsace, aujourd’hui fusionnée – dissoute ? – dans une grande région purement administrative, issue d’un découpage jacobin, dont les parties constituantes partagent peu de choses et encore moins une identité. Nos morts sont désormais condamnés à un oubli plus profond et nos traditions à une disparition plus certaine. Mais nous n’en possédons pas moins des photos où des grands-pères, au-delà des décennies, nous adressent une question muette. Ces photos, nous ne pouvons plus en dissimuler l’existence et nous posons désormais à la France cette question: en quel roman national devons-nous les ranger?

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Le roman Cahiers français ou la langue confisquée, paru en 2016 aux éditions Sutton, évoque le destin de ces soldats.

Une épuration ethnique à la française

Posté le septembre 27th, 2016 by Klapperstein

Le dernier livre de Bernard Wittmann « Une épuration ethnique à la française » est en vente dans toutes les librairies, maisons de presse, grandes surfaces et sur le site yoran-embanner.com au prix de 13 €. Los von Paris. Elsass frei ! UH

En Alsace-Moselle, la question de la nationalité a laissé des traces douloureuses . Dans les années 1918 à 1924, l’état français cédait alors aux sirènes de l’« antibochisme » et du racisme ! L’Alsace était livrée au nettoyage ethnique, aux cartes d’identité sélectives selon des critères héréditaires et à une politique de francisation despotique. Des Commissions de triage étaient chargées de châtier les « germanophiles » alsaciens.

Pour les Alsaciens, accéder à la « réintégration dans la nationalité française »fut souvent un parcours difficile. Ils durent effectuer des démarches et des recherches généalogiques humiliantes. Au moindre soupçon de « germanophilie », ils pouvaient être expulsés.
Mais pour les Allemands « indésirables », nés ou résidant en Alsace-Moselle, qui s’étaient entièrement identifiés à l’Alsace, ce fut un véritable drame : l’expulsion manu militari vers l’Allemagne. Leur crime : être nés de parents allemands !

Grisée par une victoire inespérée, obnubilée par la haine du « Boche » et désireuse d’imposer rapidement son autorité en Alsace-Moselle, la France reniait ses prétendues convictions républicaines du droit du sol, de la fraternité, de l’égalité et de la tolérance.

Bernard Witmann est né en 1948 à Strasbourg. Partisan de longue date d’une Europe fédérale des Régions, il est aussi un fervent défenseur de l’identité alsacienne et des minorités niées ou opprimées.
Historien de l’Alsace, il est l’auteur très connu de nombreux articles et de plusieurs ouvrages traitant de l’histoire de l’Alsace et de la question alsacienne.

Quelle : yoran embanner.com

L’aberration écologique et économique du décret Royal

Posté le août 31st, 2016 by Klapperstein

L’ASMA dénonce l’aberration écologique et économique du décret dit Royal (https://www.legifrance.gouv.fr/…/…/2016/5/30/LHAX1613394D/jo) de l’ITE, Isolation Thermique Extérieure. Celui-ci obligera (à part dérogation argumentée et onéreuse) les propriétaires à recouvrir totalement les façades de toute maison ancienne – dont nos chères maisons à colombages – d’une isolation extérieure pour tout ravalement de façade !

Non seulement cela portera gravement préjudice à nos maisons d’un point de vue esthétique, mais également structurel car nos maisons naturelles et perspirantes étoufferont et pourriront sous l’isolant! Sans compter que, pour des raisons de marge, l’isolant qui sera privilégié sera comme à Ingenheim… Le polystyrène, une catastrophe environnementale.

Madame ROYAL, de grâce, ne cédez pas aux lobbies, écoutez votre bon sens et renoncez à ce décret aux ravages les plus dramatiques qu’aura connu notre patrimoine depuis la seconde guerre mondiale.

Parlez-en autour de vous, informez-vous, rejoignez-nous!
L’équipe ASMA

[ASMA] Isolation par l'extérieur, JT TF1 du 30/08/16 from ASMA on Vimeo.

Quelle : ASMA

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Non seulement les socialistes sont intégralement vendus aux intérêts mondialistes, mais ils sont en plus spontanément stupides et incroyablement cons. Langt’s den no net ? La France et sa verdammte République, plus que jamais, en sortir c’est s’en sortir ! Nie wieder Frankreich, Elsass frei ! UH

Die Zeit kommt allein und nicht zu zweit

Posté le août 31st, 2016 by Klapperstein

Wilde Flamme – Die Zeit kommt allein und nicht zu zweit

Halt mal die Luft an, junges Mädchen
Atme tief durch, junger Mann
Das alles hält doch nur ein Leben
Hält für uns doch nur ein Leben lang an

Du kannst nur laufen, so lang dein Atem mitmacht
Du springst nie höher, als es geht
Alles bremst dich, holt dich runter
Alles was fliegt, was sich dreht, was dich schlägt
Und sich bewegt

Die Sache mit der Zeit, sie bleibt ein Rätsel
Bleibt dies Ding, das man niemals versteht
Also was, wenn schon bald oder noch früher
Vor dir der Todesengel steht?

Wir wissen es nicht, wir wissen es nicht
Wir wissen es alle nicht
Aber es scheint, dass es nicht so wichtig ist
Wir wissen es nicht, wir wissen es alle nicht
Denn wirklich wichtig ist, denn wirklich wichtig ist

Dass wir die Zeit, dass wir all die Zeit
Dass wir die Zeit, die uns allen noch bleibt
Mit andern teil’n, sie gemeinsam erleben
Denn sie kommt allein und nicht zu zweit

Dass wir die Zeit, dass wir all die Zeit
Dass wir die Zeit, die uns allen noch bleibt
Mit andern teil’n, sie gemeinsam erleben
Denn sie kommt allein und nicht zu zweit

Es tut mir leid, es tut mir so unendlich leid
Jede Sekunde in sinnloser Einsamkeit
Die besten Szenen in jedem Leben
Sind ein glanzvoller Teppich ausgerollt auf
Gemeinsamen Wegen

Heute lachen mich im Spiegel gar nicht wenige Fehler an
Und wisst ihr was, ist egal, irgendwann kommt ja jeder dran
Zu erkennen, zu versteh’n, wo es wirklich besser lief
Es war dann, wenn das Herz um etwas Herz für die andern
Zum eignen Herz rief

Dass wir die Zeit, dass wir all die Zeit
Dass wir die Zeit, die uns allen noch bleibt
Mit andern teil’n, sie gemeinsam erleben
Denn sie kommt allein und nicht zu zweit

Dass wir die Zeit, dass wir all die Zeit
Dass wir die Zeit, die uns allen noch bleibt
Mit andern teil’n, sie gemeinsam erleben
Denn sie kommt allein und nicht zu zweit

Wir haben getanzt im Tränenregen
Auch in Einsamkeit gelacht
Doch das Feuer in uns, es blieb entfacht, es blieb entfacht
Es blieb entfacht, es blieb entfacht

Dass wir die Zeit, dass wir all die Zeit
Dass wir die Zeit, die uns allen noch bleibt
Mit andern teil’n, sie gemeinsam erleben
Denn sie kommt allein und nicht zu zweit

Dass wir die Zeit, dass wir all die Zeit
Dass wir die Zeit, die uns allen noch bleibt
Mit andern teil’n, sie gemeinsam erleben
Denn sie kommt allein und nicht zu zweit

Dialecte et allemand standard: complémentarité ou concurrence ?

Posté le août 17th, 2016 by Klapperstein

Dialecte et allemand standard: complémentarité ou concurrence ?

par André Weckmann

Il est surprenant, voire inquiétant qu’après vingt années de réflexions, de discussions, d’écrits sur ce thème, par des pédagogues, par des linguistes, par nous-même, les valeurs du dialecte, l’intercompréhension dialectale, les interrogations quant à sa survie, les rapports des dialectes avec la langue standard posent toujours des problèmes en Alsace.

Essayons, pour commencer, de clarifier les choses:

Tout d’abord, un dialecte, notre dialecte, n’est pas un patois. Le patois est en effet la survivance d’un ancien dialecte relégué à un état proche de l’extinction définitive. Il est pratiqué dans des aires très restreintes par des locuteurs situés au bas de l’échelle sociale. Il ne véhicule plus la culture populaire et ne connaît pas de production littéraire. Ce qui n’est pas le cas de notre dialecte alsacien. Nous le verrons plus loin.

Le dialecte, les dialectes? Il s’agit chez nous en effet de deux dialectes, le francique et l’alémanique dans leurs différentes variantes, leurs différents mélanges aussi dans les zones de contact. Nous appelons cet ensemble dialectal: Elsasserditsch, allemand alsacien ou encore, en simplifiant: l’alsacien.

Ces variantes dialectales sont chacune un code d’identification local. C’est ainsi que, dans la plupart des cas, on reconnaît l’origine géographique du locuteur à son parler: wissembourgeoise, d’Alsace Bossue, du Kochersberg, strasbourgeoise, colmarienne, mulhousienne, sundgovienne, etc..

Unter dem Terminus Elsässische Mundart versteht man eigentlich zwei Dialekte: Alemannisch und Fränkisch in verschiedenen Varianten und Mischformen, pfälzisches Rheinfränkisch im äußersten Norden, lothringisches Rheinfränkisch im Krummen Elsaß, Alemannisch, von Nieder- bis Hochalemannisch, im übrigen Elsaß. Es gibt also keine einheitliche elsässische Mundart, deshalb benennen wir das im Elsaß gesprochene dialektale Deutsch: Elsässerdeutsch (Elsässerditsch), das heißt: Deutsch so wie es im Elsaß gesprochen wird.

Ces variantes vivent côte à côte depuis des siècles. Ce sont soeurs et cousines, la parenté est indiscutable. Nous nous comprenons sans problèmes les uns les autres, les inévitables différences ne font pas obstacle. L’intercompréhension alsacienne est une réalité. Les émissions dialectales de France 3 Alsace en font la démonstration: le sundgovien de Guschti Vonville et le strasbourgeois de Christian Hahn sont bien la même langue, même si le vocalisme diffère.

Evidemment, pour qui ne pratique le dialecte qu’épisodiquement et imparfaitement, le francique de Lauterbourg et le haut-alémannique de Ferrette peuvent apparaître comme des idiomes exotiques. Malheureusement, ce sont souvent ces personnes-là qui excellent à semer la confusion dans les esprits. Il est vrai qu’en Alsace, dans ce domaine, n’importe qui dit n’importe quoi.

L’expérience de René Egles, la mienne propre et celle de mes collègues qui ont pratiqué la méthode Im Zwurwelland de restructuration du dialecte avec passage naturel vers le Hochdeutsch a prouvé qu’on peut très bien s’adresser à des enfants parlant un dialecte différent de celui de l’enseignant sans que cela pose des problèmes de compréhension.

Dieses Elsässerditsch wird, trotz der vielen lokalen Verschiedenheiten, von dialektsprachigen Elsässern von Lauterburg bis Basel verstanden. Wer das Gegenteil behauptet, zeugt von einer krassen Unkenntnis unserer Sprachsituation. Wer dann – wie noch kürzlich von sogenannten Intellektuellen zu hören war – die enge Verwandtschaft zwischen Elsässerdeutsch und der Dachsprache Hochdeutsch verneint, der streut wissentlich, gelinde gesagt, eine Unwahrheit aus.

Le dialecte et l’allemand standard: ce sont deux expressions d’une même langue. La première, expression régionale, est plutôt orale et non codifiée, la deuxième est langue officielle de référence à l’intérieur du domaine germanophone, Dachsprache des différents dialectes et langue de grande communication.

On a pensé longtemps que le dialecte pouvait se maintenir plus authentique et plus pur s’il était coupé de l’allemand standard.

C’était une grave erreur, car c’était le confiner dans un passé rural avec un vocabulaire basé sur des techniques devenues obsolètes. En outre, ce code oral confronté à la pression monopolistique de la langue française ne peut résister à cette emprise sémantique et même sa structure grammaticale – qui est en gros identique à la langue standard – s’en trouve attaquée, minée, et finalement détruite. Coupé de la Dachsprache, de son enseignement, de sa pratique, ne fut-ce que par la lecture, le dialecte n’a aucune chance de survie. Car sa sève nourricière, il la tire de l’allemand standard, littéraire, et c’est grâce à lui qu’il a la possibilité de s’adapter à la vie moderne sans se dévoyer dans un code-switching francalsaco, un pidgin-elsässisch qui est l’avant-dernier stade avant sa disparition définitive.

Il ne peut donc y avoir de dialecte vivant sans un Hochdeutsch vivant.

Der Dialekt ist von seiner Dachsprache, Standarddeutsch, abhängig. Beide Ausformungen haben dieselbe grammatische Struktur. Die Unterschiede liegen in der Lautung, teilweise auch im Wortschatz, sie sind aber nicht gravierend. Die Schriftsprache stützt die nicht normierte dialektale Umgangssprache lexikalisch und strukturell ab, die sonst nicht dem Druck der Nationalsprache widerstehen könnte. Man merkt dies am besten bei Dialektsprechern der jüngeren und mittleren Generation, für die Hochdeutsch quasi zu einer Fremdsprache geworden ist: Ihre Ausdrucksfähigkeit in der Mundart ist stark reduziert. Es kann also keine lebendige Mundart ohne die Abstützung durch die Standardsprache geben. Fehlt diese Abstützung, verarmt die Mundart, verkümmert und stirbt schließlich ab.

Il ne peut pas non plus y avoir en Alsace de Hochdeutsch vivant sans un dialecte vivant. Il ne peut pas y avoir de bilinguisme franco-allemand effectif et performant sans la présence d’un dialecte vivant.

Le bilinguisme alsacien n’est possible – Eugène Philipps le dit depuis vingt ans – que si les deux langues ont une existence sociale en Alsace. L’existence sociale de la langue allemande est assurée chez nous par la pratique du dialecte. Même si celui-ci a reculé de façon inquiétante, il marque toujours de sa forte empreinte le paysage linguistique alsacien. Il s’agit donc d’assurer la pérennité de cette présence dialectale. Car si elle disparaissait, l’allemand n’aurait plus aucun ancrage en Alsace.

Im Gegenzug kann es aber auch bei uns keine echte, gelebte deutsch-französische Zweisprachigkeit geben ohne die Mitwirkung des Dialekts. Der Weg vom dialektalen Deutsch zu Standarddeutsch ist doch viel kürzer und einfacher als von Französisch zu Deutsch, das wird ein jeder einsehen. Und eine gelebte Zweisprachigkeit kann es nur dort geben, wo beide Sprachen einen sozialen und kulturellen Status haben. Dies ist immer noch der Fall im Elsaß, trotz des starken sprachlichen Abwanderungstrends. Wenn Elsässerditsch aus unserer Sprachlandschaft verschwinden würde, wäre Deutsch entgültig weg vom Fenster, um das kraß zu formulieren. Und das würde nicht nur die Auslöschung unseres kulturellen Erinnerungsvermögens bedeuten, sondern auch und besonders den Zusammenbruch eines der beiden Stützpfeiler der elsässischen Zweisprachigkeit und somit unserer Fähigkeit, uns im europäischen Raum zurechtzufinden.

Le recul de la pratique dialectale est dû en grande partie à l’influence de l’école sur les réflexes linguistiques familiaux.

En effet, des enfants dialectophones entrant en maternelle – d’où la langue maternelle est exclue – apprennent rapidement le français et désapprennent aussi rapidement leur langue d’origine.

Je cite en exemple trois cas que j’ai eu l’occasion d’observer:

1) La petite A, âgée de 3 ans 1/2, vivant dans un milieu ouvrier dialectophone, commençait à s’exprimer couramment dans sa langue maternelle. Depuis sa scolarisation, ses connaissances en dialecte régressent de jour en jour. Les parents font tout leur possible pour maintenir la pratique dialectale, l’enfant fuit cependant les personnes étrangères au cercle familial s’adressant à elle en dialecte, ce qu’elle ne faisait pas précédemment.

2) La petite B, du même âge que la fillette précédente, semble être perdue pour l’expression dialectale. Cette enfant étant devenue muette à la maison, ses parents ont dû abandonner la pratique du dialecte pour renouer le dialogue avec l’enfant.

3) La petite C, elle aussi fille de parents ouvriers, que j’ai connue dialectophone à l’entrée en classe de maternelle – elle est maintenant en CE – est aujourd’hui entièrement monolingue, ses parents ayant capitulé devant la pression sociologique et pédagogique de l’école.

Im Elsaß dient die Ecole maternelle seit jeher dem Erlernen der französischen Sprache. Der Dialekt wurde konsequent verdrängt. Vom traumatischen Erlebnis, die diese Verdrängung nach sich zog, abgesehen, wurde nun dem Kind offenbar, daß der Schlüssel zur Welt, die es zu entdecken gilt, nur ein frankophoner Schlüssel sein kann, und so wurde der Dialekt in seinem Unterbewußtsein zu einer minderwertigen Sprache degradiert, « e Sproch fer nix ». Das Kleinkind war von da an auf ein Gleis gestellt, das es nicht mehr wird verlassen können: das Gleis der sprachlichen Assimilation. Und die Sprechgewohnheiten, die die Kinder sich in der Schule aneignen, werden erfahrungsgemäß zu Hause nur wenig abgebaut, so daß Kommunikationsschwierigkeiten entstehen und den Eltern keine andere Wahl mehr übrigbleibt, als auch in die Schulsprache umzusteigen. Eltern sind nämlich keine Sprachwissenschaftler, sie wissen nicht, wie eine Sprache lebt und wie sie sterben kann. Ihnen geht es auch nicht primär um Sprache, sondern um Kommunikaton mit den Kindern und gute Zensuren.

Ich habe in der Vergangenheitsform gesprochen, da in den meisten Fällen diese Assimilation bereits vollzogen ist. Sie vollzieht sich aber weiter in ländlichen Gegenden, wo der Dialekt sich noch einigermaßen widerstandsfähig zeigt. Dieser Sprachzerstörung muß nun Einhalt geboten werden, damit unsere zweisprachige Potentialität noch quasi in letzter Minute gerettet werden kann.

On entend souvent dire que la responsabilité de cette déperdition incombe aux parents. C’est une argumentation fallacieuse qui dispense ceux qui l’avancent d’une sérieuse remise en question. On ne peut pas exiger des parents de s’opposer de façon conséquente à la politique linguistique de l’école. L’essentiel pour eux est de maintenir le dialogue avec leurs enfants, ceci dans la langue qui est devenue celle des enfants. Nous l’avons vu dans les exemples cités. Et il n’y aura plus de retour possible, les quelques exceptions confirmant cette règle.

Ceci dit, je n’incrimine pas la bonne foi du personnel enseignant, mais le système qui n’a pas rendu ces personnels conscients du fait qu’en pratiquant un exclusivisme linguistique, la langue d’origine est reléguée aux oubliettes, que les enfants la perçoivent comme une langue inutile, alors que la langue officielle est parée du prestige de langue dominante du groupe et langue exclusive de la socialisation. Des circulaires rectorales ont certes conseillé une « ritualisation de la pratique dialectale », des conseils didactiques et des fiches pédagogiques ont été élaborés à cet effet, mais il ne semble pas que l’information soit toujours arrivée à destination.

Il est urgent de redonner à la langue orale régionale, le dialecte, l’image de marque qui lui revient de droit, pour que l’enfant perçoive intuitivement que cette expression est, elle aussi, une clé permettant la découverte du monde extérieur. Et faut-il le rappeler une fois de plus: la pratique du dialecte est une des deux bases indispensables d’un bilinguisme populaire naturel.

Je sais, les dialectes sont perçus négativement par l’école et la société, pas seulement en Alsace d’ailleurs. On ignore – on veut ignorer – que les linguistes et les ethnologues ont redécouvert les valeurs culturelles des petites entités linguistiques qui fondent la richesse intérieure de l’individu, sa personnalité propre dans cette civilisation du nivellement et de l’uniformisation.

On ignore aussi que, du moins dans l’espace culturel germanophone, des poètes se sont emparés de ces idiomes et en ont fait un outil poétique très performant. La littérature dialectale alsacienne contemporaine a elle aussi conquis ses lettres de noblesse, reconnues surtout à l’étranger. Mais il est vrai que le snobisme ambiant soit l’ignore, soit se plaît à la disqualifier « a priori ».

Nicht nur im Elsaß, auch in Deutschland und sogar in Österreich werden die Dialekte seit Jahrzehnten aus der Schule verbannt: es sei schlechtes Deutsch. Wie viele Dialektbiotope wurden so zerstört. Und dabei ist die Aussagekraft der Mundarten der der Standardsprachen ebenbürtig. Sie sind sogar zu einem modernen lyrischen Medium geworden: Man denke an die Meister der konkreten Poesie, H.C. Artmann, Gerhard Rühm und Ernst Jandl, dann an die Schweizer Dichter Kurt Marti und Eugen Gommringer, die alle, neben ihren hochdeutschen Werken, auch, meist experimentelle, Dialektgedichte verfaßt haben. Und auch das Elsaß hat auf diesem lyrischen Gebiet Bahnbrechendes vorzuweisen.

J’ai demandé, voici une dizaine d’années, que l’alsacien, langue maternelle, devrait être pratiqué à l’école dès la petite maternelle, non pas en tant que langue à apprendre, mais langue à sauvegarder et à structurer grâce à des activités ludiques journalières, ceci partout où le dialecte est encore langue de l’environnement familial, la langue à apprendre étant le français. A l’école élémentaire, on serait passé progressivement du dialecte au hochdeutsch. C’eût été là une démarche naturelle, raisonnable.

En dix ans, la situation a changé complètement. Il n’y a plus de zones exclusivement dialectales. Et nous avons maintenant un petit nombre de maternelles bilingues français-allemand qui sont appelées à se multiplier. Comment faire face à cette situation nouvelle pour maintenir la pratique dialectale là où elle n’a pas complètement disparu, comment y organiser le côte à côte dialecte/allemand standard, comment opérer dans les classes bilingues avec des enfants non-dialectophones?

Dans les zones, surtout rurales, où le dialecte est langue de l’environnement social, même si les petits enfants ne le parlent guère, il faut commencer par une éducation bilingue français/alsacien. Mais, il est absolument indispensable d’associer la famille à cette pédagogie. L’alsacien est, en effet, langue de l’affectif, il faut éviter d’en faire une langue « scolaire ». Je proposerai une démarche possible dans la deuxième partie de mon exposé.

Dans les classes bilingues paritaires (français/allemand standard) avec des enfants non-dialectophones on introduira des éléments littéraires dialectaux dans le cursus allemand: comptines, petites poésies, chants, danses, etc. Il est important que ces enfants soient mis au contact de l’expression alsacienne qu’ils entendent – encore – dans la rue, pour qu’ils ne la perçoivent pas comme un idiome étranger mais qu’ils se rendent compte, intuitivement, qu’il s’agit d’une variante alsacienne orale de la langue qu’ils apprennent – qui, de ce fait aussi, ne sera plus perçue comme une langue totalement étrangère. Les socio-linguistes ne me contrediront pas, au contraire. Ces interventions dialectales pourraient être faites par des intervenants extérieurs, si l’enseignante n’est pas dialectophone.

En conclusion:

- Le dialecte alsacien n’est pas un idiome barbare. Il est l’expression millénaire de notre culture populaire, il véhicule tout un ensemble de connotations et de réflexes transmis par les générations.

- Il a ses lettres de noblesse littéraires.

- Il est la base de notre spécificité alsacienne.

- Il est surtout la voie royale qui conduit à un bilinguisme effectif et performant.

- Ce serait pour notre région une perte considérable s’il venait à disparaître par la faute d’une méconnaissance des fonctionnements et dysfonctionnements linguistiques, de réticences et blocages psychologiques, d’un snobisme bourgeois et petit-bourgeois.

- Il est de notre devoir, à nous autres enseignants tout d’abord, qui maîtrisons l’appareil pédagogique, de tout mettre en oeuvre pour sauver ce patrimoine qui représente pour notre région à la fois un enracinement et une ouverture.

Quelle : Facebook Alsace bilingue

L’Alsace un mythe et le peuple alsacien une fiction ? (5/5)

Posté le août 13th, 2016 by Klapperstein
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llustration ci-dessus : 1576 : Die Hirsebreifahrt : Arrivée des Zurichois à Strasbourg avec le chaudron de soupe de millet encore chaud. Le but de l’opération était de rassurer les Strasbourgeois en leur montrant avec quelle rapidité les Zurichois pouvaient intervenir pour venir à leur secours en cas de menace (en 1456 avait eu lieu une première démonstration de ce type).


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Conclusion

L’historiographie française a toujours cherché à imposer l’idée d’une Alsace sans peuple original doté d’une conscience régionale. En octobre 2014, Manuel Valls, le Premier ministre lui-même, reprit ce négationnisme à son compte en déclarant devant l’assemblée qu’ « il n’y a pas de peuple alsacien »[1]. De son côté, l’historien jacobin Georges Bischoff renchérira en déclarant dans L’Alsace[2] : « Le peuple alsacien, je ne sais pas ce que ça veut dire ». Cependant, ces déclarations de nature idéologiques niant le réel ne sauraient effacer le ressenti partagé des Alsaciens de former un peuple.

De même les historiens républicains cherchèrent-ils toujours à imposer l’idée que le morcellement politique du pays, sans cesse décliné jusqu’à la caricature, aurait empêché l’Alsace d’exister en tant que telle. Evidemment ces affirmations permettaient de conclure que l’Alsace ne devait son unité qu’à l’action bénéfique de la France : « (la période napoléonienne) a été une période charnière pour l’Alsace qui, de mosaïque hétéroclite, devient un ensemble cohérent désormais tourné vers la France », écrit l’historien Roland Oberlé dans son « Napoléon et l’Alsace ».

C’est la même théorie qu’avança Paris pour donner un peu de lustre à la colonisation de l’Afrique noire : « La France a uni des populations et des régions éparses favorisant ainsi un meilleur développement » (sous son joug bien sûr). L’empire colonial français se trouvait ainsi auréolé d’une volonté bienfaisante et du coup, la colonisation pouvait presque passer pour une œuvre salutaire ! Il en est de même pour l’Alsace. Non sans un certain toupet, l’historien républicain Jules Michelet ira même jusqu’à affirmer que la royauté à fait le bien de l’Alsace à son corps défendant : « La royauté en unissant de force ces provinces à la France, réalisait à leur insu (sic) leur véritable aspiration », écrit ce dernier dans son « Tableau de la France » (p.76).

Or, nous l’avons vu, l’Alsace n’était pas cette « mosaïque éclatée » comme l’affirme l’historiographie française. Une série d’institutions souples créaient le lien et donnaient corps à cet ensemble territorial bien marqué entre Vosges et Rhin. Avec les Landstände, elle disposait déjà d’une assemblée législative commune pour se constituer en une entité étatique respectueuse de ses diversités. On comprend mieux alors pourquoi le rôle de la Diète d’Alsace a toujours été minimisé dans l’historiographie française.

Au XVIe siècle, jusqu’à l’avènement de la guerre de Trente Ans, l’Alsace était sur la voie d’une évolution vers un système fédéral sur le modèle de la Suisse, un système avec des institutions fondées sur le principe de l’unité dans la diversité (Jean Holzweg parle de « polyphonie fédérale »). On peut d’ailleurs noter que dès 1515 Mulhouse devenait une République suisse. De même, la République de Strasbourg renouvelait régulièrement son alliance avec les Confédérés. Ainsi, durant la « guerre des évêques » (1592-1604), ses alliés suisses lui envoyèrent 3000 hommes pour prêter main-forte à ses contingents engagés contre les mercenaires lorrains du prince Charles de Lorraine qui dévastaient son territoire.

C’est au XVIe siècle que, dans les différents Etats alsaciens, on prit conscience de la nécessité de développer et d’harmoniser les différents systèmes administratifs en s’inspirant des plus performants d’entre eux comme ceux de la Régence d’Ensisheim, des territoires épiscopaux, du comté de Hanau-Lichtenberg dont la Régence siégeait à Buchsweiler ou de la République de Straßburg. Les petits seigneurs qui n’avaient pas la force de développer une machinerie bureaucratique efficace pour prélever l’impôt nécessaire à l’affirmation de leur puissance étaient condamnés tôt ou tard à perdre leur souveraineté au profit des Etats alsaciens plus puissants et mieux organisés. Des restructurations administratives, des rapprochements et des regroupements de toute nature étaient dores et déjà dans l’air. Une évolution vers un système confédéral commençait à se profiler.

L’annexion du pays par la France contraria brutalement et définitivement cette évolution vers un système fondé sur la pratique vivifiante de la subsidiarité et l’autogestion. A partir de là, les Alsaciens mis au pas militairement furent délestés de leurs libertés : les citoyens des souverainetés urbaines retournèrent à l’état de sujets ! Les Alsaciens furent alors livrés à l’arbitraire royal : contraints de subir, ils ne purent plus décider pour eux-mêmes !

En effet, la France a toujours été un état hyper centralisé, même sous la royauté. Ce centralisme s’aggrava même à partir de la Révolution avec son jacobinisme aliénant et son idéologie moniste sur laquelle fut fondée le modèle de l’Etat-nation. De sorte que les Français nourris au dogme de la France « une et indivisible » ont toujours considéré le système fédéral, tel que le connaissaient les Allemands dès le Saint Empire, comme un modèle uniquement propre à gérer la désunion que symbolisait à leurs yeux la diversité, confondue avec un « émiettement » mortifère : « Le Saint-Empire connaît une large diffusion des pouvoirs. Il ignora toujours l’obsession du « centre », caricaturé par l’interprétation française classique avec les termes « émiettement » et « mosaïque », écrit l’historien Jean Holzweg[1]. En effet, la diversité est perçue par les Français non comme une richesse, mais comme un mal à combattre car portant en elle les germes de la division. Un républicain français ne peut concevoir le peuple français que globalisé et unique.

Pour les Français, incapables d’imaginer un autre système que celui de la centralisation jacobine, la Confédération Suisse, avec ses 3 langues officielles, 4 avec le romanche, et ses 26 cantons ayant chacun sa propre constitution, n’est pas un pays abouti mais un pays morcelé, inachevé, une « mosaïque » de cantons disparates ! Pour un Français, la Suisse n’est pas un « vrai » pays, c’est-à-dire « un et indivisible » sur le modèle moniste français ! En France, où dominent toujours la phobie de la diversité et « la culture politique de la généralité » (dixit Pierre Rosanvallon[2]) hostile à l’auto-organisation de la société, le critère absolu pour juger de la force et de la consistance d’un Etat réside dans sa capacité à neutraliser la pluralité des composantes et à mettre en place une concentration pyramidale du pouvoir. Cette approche totalitariste du pouvoir étatique est évidemment en totale opposition avec le système « polyphonique » fédéral et ses autonomies régionales (fédéral : du latin feoderatio, alliance, lien, pacte) fondés sur les principes démocratiques de partage et de diffusion des pouvoirs.

Bernard Wittmann – Historien (Juin 2015)

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[1] Pourtant, dans l’entre-deux-guerres à Paris, le « Guide Michelin régionaux, Vosges-Lorraine-Alsace » (1932-1933, p.75), se risqua même à s’aventurer dangereusement se le terrain glissant du racialisme en affirmant l’existence d’une « race alsacienne » (sic). En effet, il écrivait alors à propos de la statue de Kléber, que ce dernier était « représentatif de cette race alsacienne, vigoureuse, énergique, qui a donné à la France tant de grands capitaines » ! Et à présent, il n’y aurait même plus de peuple ?

[2] L’Alsace du 21.6.2015.

[3] In L’Ami Hebdo du 30.11.2014

[4] Le modèle politique français, la société civile contre le jacobinisme de 1789 à nos jours, Seuil, 2004.

Ci-dessous un article du Basler Zeitung sur Maria Hart (1854–1924) et son roman interdit «Üs unserer Franzosezit», récemment traduit en français par Joseph Schmittbiel et réédité aux éditions Yoran Embanner. Quand les Suisses osent dirent tout haut ce que les Français occultent ! Nie wieder Frankreich. Elsass frei ! UH

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Es gab im Elsass eine «ethnische Säuberung»
Ein ehemals verbotenes Buch ist neu erschienen

Strassburg. Das offizielle Frankreich hat sich zu diesem Kapitel in der jüngeren Geschichte nie geäussert. Nach hundert Jahren kommt es nun zur Neuauflage des Romans «Üs unserer Franzosezit» der unter-elsässischen Schriftstellerin und Dichterin Marie Hart (1854–1924). Die Apothekerstochter aus Buchsweiler im Norden des Elsasses schrieb dieses Buch im Exil, in das sie gezwungen wurde, weil ihr Mann aus einer deutschstämmigen Familie kam.

Marie Hart schildert im Buch die Geschichte der alteingesessenen elsässischen Familie Redslob im fiktiven Dorf Bummernäh und zeigt, wie zuerst der Erste Weltkrieg in das friedliche Dorfleben einbricht und dann, als klar ist, dass die Deutschen den Krieg verlieren, die französischen Truppen kommen. Doch die vermeintlichen Befreier und Verkünder von Liberté und Fraternité bringen für viele Elsässer nur Schrecken, Diffamierung – und am Ende Enteignung sowie die Vertreibung ins Exil.

Der elsässische Historiker Bernard Wittmann, ein Spezialist für die elsässische Geschichte, hat die Fakten zum Roman nachrecherchiert und sagt, dass es nach dem Ersten Weltkrieg rund 150 000 Heimatvertriebene gegeben habe, eine davon war Marie Hart. Als ihr Roman 1921 erschien, verbot ihn die französische Zensur sofort. Der Herausgeber der kürzlich erschienenen Neuauflage, Joseph Schmittbiel, spricht wegen der Radikalität, mit der die Franzosen gegen die Elsässer vorgingen, von einer «ethnischen Säuberung». hws Seite 17.

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Stimmen der vertriebenen Elsässer
Nach 100 Jahren wird der ehemals verbotene Roman «Üs unserer Franzosezit» wieder gedruckt

Von Mischa Hauswirth

Strassburg. Bislang war die Welt in den offiziellen französischen Geschichtsbüchern klar eingeteilt: Auf der einen Seite waren da die Guten, die Franzosen, welche die Elsässer befreiten. Auf der anderen Seite die Deutschen, welche die Welt in zwei Kriege stürzten und deshalb das Böse verkörperten. Die Neuauflage des ehemals verbotenen Romans «Üs unserer Franzosezit» von Marie Hart (1856 –1924) aber stellt diese Geschichtsschreibung infrage. Denn nach dem Ende des Ersten Weltkrieges kam es im Elsass zu vielen Ungerechtigkeiten, welche die französischen «Sieger» an der deutschstämmigen Elsässer Bevölkerung verübten, Ungerechtigkeiten, die in keinem offiziellen Geschichtsbuch erwähnt werden. «130 000 Menschen wurden aus ihrer Heimat vertrieben», schreibt Joseph Schmittbiel, der Marie Harts Roman herausgegeben hat.

Die Schriftstellerin hat die Vertreibung selber erfahren müssen. Die Unter-Elsässerin aus Buchsweiler, die ihre Muttersprache als etwas Eigenständiges angesehen hatte, etwas das die elsässische Identität ausmacht, wurde nach dem Zuschlag des Elsasses zu Frankreich 1918 ins Exil nach Bad Liebenzell im Schwarzwald gezwungen, weil ihr Ehemann deutschstämmig war. Bis zu ihrem Tod lebte sie in Süddeutschland. Hart hat vieles, über das sie im Buch schrieb, am eigenen Leib miterlebt: den Kriegsbeginn, den Gesinnungswandel der «normalen Elsässer» von pro-deutsch zu pro-französisch, die Verjagung der «Boches» (französisches Schimpfwort für Deutsche) durch Elsässer und die Diskriminierung jener, die Elsässisch redeten, weil die allemannische Sprache plötzlich als Sprache des Feindes und Kriegsverlierers galt. «Die Bezeichnung ‹Ethnische Säuberung› ist definitiv nicht übertrieben. Zwar wurde niemand umgebracht, aber ‹das Land der Freiheit›, wie sich Frankreich gerne selber nennt, hat mindestens 130 000 Elsässer und Lothringer beraubt und vertrieben», sagt Joseph Schmittbiel.

«Hetz gejen alles, was ditsch»

Der elsässische Historiker Bernard Wittmann, ein Spezialist für die elsässische Geschichte, hat die Fakten zum Roman nachrecherchiert und sagt, dass die Gesamtzahl der Heimatvertriebenen nach dem Ersten Weltkrieg wohl noch höher liegt – er schätzt um die 150 000 Personen. Die Ausweisungen und damit verbundenen Enteignungen von Hab und Gut der Betroffenen hätten erst 1924 gänzlich aufgehört.

Marie Hart erzählt die Geschichte vom Dorf Bummernäh und der alteingesessenen Familie Redslob, für die es selbstverständlich ist, dass sie Elsässisch redet und das Land zu Deutschland gehört. Nach dem deutsch-französischen Krieg 1871 wurde das Elsass zwar eine deutsche Region, genoss aber weitgehend Selbstbestimmungsrechte.

Das Buch gibt einen vertieften Blick in das Leben von damals und die Sittenregeln, die herrschten. Zum Beispiel, dass den Mädchen nur erlaubt war, alleine das Haus zu verlassen, wenn sie in die Kirche gingen. Oder dass die Frauen die Stube zu räumen hatten, wenn der Hausherr nach Hause kam und Zeitung lesen wollte.

Die Geschichte ist in einem unter-elsässischen Dialekt geschrieben. Die Sprache ist gut zu verstehen, vor allem für jene, die eines allemannischen Dialektes mächtig sind. Spezielle französische Ausdrücke wurden für das deutschsprachige Publikum zudem übersetzt. Marie Harts Roman öffnet die Augen nicht nur für die Ungerechtigkeiten, die im Namen Frankreichs verübt worden sind, sondern hinterfragt auch Frankreich, das mit den Versprechen von Brüderlichkeit und Gleichheit das Elsass übernommen hatte, dann aber für viele Menschen Zwiespalt und Gewalt brachte. «In Bummernäh geht’s nämlich zidder m Waffestillstand wuescht zue. D’Hetz gejen alles, was ditsch heisst, isch in vollem Schwung», schreibt Hart.

Die Ungerechtigkeit erreichte ihren Höhepunkt, als vier Kategorien von Identitätskarten herausgegeben wurden, welche das Schicksal der Einwohner unwiederbringlich besiegelten. «Carte A – Reini Elsässer, wie nuer keltisches Bluet in den Odere han. Carte B – Mischling, verhassti Prodükt üs eren unnatierliche Hieroot zwischen men Elsässer und ere Ditsche, oder em e Ditschen und eren Elsässere. Carte C – Neutrali. Carte D – Ditschi, Schwoowe! dr Üswurf von dr Menschheit.» Elf Monate hatten sogenannte «Aus- lesekommissionen mit ihren Kohorten von Denunzianten ihr Unwesen im ganzen Land getrieben», schreibt Wittmann.

Verbot nach Erstpublikation

Dass das Buch verboten wurde, lag auch an der Klarheit, mit der Marie Hart Stellung bezog – für das Elsass und seine allemannische Kultur, die sich unabhängig von den Strömungen aus Berlin oder Paris entwickelte. Da war es nur logisch, dass nach dem Krieg gegen Deutschland die französischen Behörden und ihre Zensur Anstoss nahmen an Formulierungen wie dieser: «O, ihr tauwen Elsässer! Werfen eich de Franzose in dr servilschten Art an de Kopf, un was isch dr Dank drfür? Dass mr eich verspott und do därf mr nit e mol ebs saawe!» Der Satz hat auch heute noch eine gewisse Aktualität, da Elsässer gegen die Eingliederung des Elsasses in die Region Grand Est waren, aber Paris ihnen kein Mitspracherecht einräumte.

Viele Franzosen nutzten die Deutschfeindlichkeit im Land, um jene Leute aus dem Weg zu räumen, die ihnen beru ich oder nanziell im Weg standen. Wenn einer als «Boche» galt, «noo isch mr ne los», wie Marie Hart lapidar in ihrem Buch festhielt. Pikant: Bis heute schweigt das offizielle Frankreich zum Thema Vertreibung und ethnische Säuberung im Elsass. Von Wiedergutmachung an die betroffenen Familien ganz zu schweigen.

«Üs unserer Franzosezit», Marie Hart, Herausgegeben von Joseph Schmittbiel mit einem Vorwort von Historiker Bernard Wittmann, Verlag Yoran Embanner, 185 Seiten, 13 Euro.

Quelle : Basler Zeitung (09/08/2016)

Au revoir les boches! Dessin haineux de J-J. Waltz dit Hansi

Au revoir les boches! Dessin haineux de J-J. Waltz dit Hansi

Ewige französische Besserwisserheit

Posté le août 11th, 2016 by Klapperstein

Lisez la presse suisse ! Cette article fait suite à la visite d’une délégation du Sénat français à Berne en 2013. Un moment de bonheur, à lire avec délectation ! Seuls les Suisses peuvent parler ainsi de la France avec une lucidité aussi cruelle! UH

Quelle : L’AGIFI via  Renaissance Alsace facebook

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