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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Le dimanche sanglant ou l’affrontement entre communistes/autonomistes alsaciens-lorrains et fascistes français dans les rues de Colmar le 22 août 1926

Les autonomistes alsaciens-lorrains se rendent ce jour-là à Colmar forts d’une autorisation préfectorale. Ils ignorent alors le guet-apens tendu par la préfecture qui a rassemblé entre temps une coalition de patriotes et de fascistes, pour empêcher la réunion. Parmi ces commandos, recrutés dans les villes françaises limitrophes pour défendre la «patrie en danger» et qui ont à leur tête Maître Kalb de Colmar et Auguste Wallach de Mulhouse, on trouve pêle-mêle d’anciens légionnaires et engagés volontaires français, des médaillés militaires, d’anciens combattants et les fascistes du Faisceau des Combattants.

Vers midi, le Docteur Eugène Ricklin (ancien président du Landtag alsacien-lorrain), 64 ans, accompagné de Zadock, invalide de guerre, voient fondre sur eux une troupe d’environ 25 patriotes armés de cannes plombées, de matraques en caoutchouc et de lattes cloutées. Le Docteur Ricklin, frappé à la tête, s’écroule couvert de sang tandis qu’à ses côtés le reste des assaillants s’acharnent sur l’invalide Zadock, qui a perdu un bras à la guerre. Il est roué de coups aux cris de : «Encore un de ces cochons qui ont combattu contre nous dans l’armée allemande !».

Sur tout le parcours conduisant de la gare à la salle de réunion des Catherinettes, les autonomistes, sans armes, subissent les assauts répétés des commandos de patriotes. La police assiste, passive, aux brutalités perpétrées par les « patriotes » sur les autonomistes, venus manifester pacifiquement.

Ces derniers, victimes des agressions, feront malgré tout les frais des arrestations et des procès-verbaux de la police. Le lendemain, quatre d’entre eux sont condamnés à quelques jour de prison.

Le Journal de l’Est du 23 août 1926 inscrivait en première page une «bonne journée pour la France».

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L’historien Pierri Zind nous livre l’évènement dans son ouvrage « Alsace-Lorraine: une nation interdite » (éditions Copernic)

« Vers 14h30 les autonomistes se présentaient devant la salle des Catherinettes, marchant au pas en rangs par quatre, avec en tête quinze rangées de la Strassburger Schutztruppe (troupe de protection strasbourgeoise en réponse aux aggressions fascistes) conduite par le boxeur Kiehl, la canne à la main. Environ 150 communistes suivaient sans arme, et derrière eux les membres du Heimatbund arborant le ruban ethnique rouge-blanc. Quelques abbés, comme l’abbé Rohmer de Wintzenheim et le vicaire d’lngersheim, conduisaient de pacifiques campagnards. Soudain retentirent des coups de sifflet: royalistes, fascistes, engagés volontaires et anciens combattants passaient à la riposte, à coup de cannes plombées, de matraques, de casse-tête et de coups de poings américains. Un autonomiste resta quatre jours dans le coma. Gendarmes et policiers n’intervinrent point pour protéger les combattants de l’indépendance et assurer la liberté de réunion, au contraire ils dressèrent des procès-verbaux contre les victimes. L’une d’elle, ayant failli passer sous les pieds des chevaux, protesta. Un gendarme la prit par la nuque, lui braqua son revolver sur le front, et la fit ainsi passer entre deux haies de contre-manifestants qui la frappaient à coups redoublés. Gendarmes et policiers avaient reçu des ordres supérieurs. Environs 120 à 150 Heimatbündler parvinrent à se retrancher avec Joseph Rossé et l’abbé Fashauer dans le jardin du Cercle Saint Martin, d’où ils réussirent à repousser les assauts de leurs aggresseurs. Quelques autonomistes furent arrêtés et condamnés à 3 ou 4 jours de prison. Quant au préfet Henri Gassern, il régala ensuite de Freibier (bière gratuite à volonté) les gendarmes et contre-manifestants patriotes, aux frais du peuple alsacien-lorrain. »

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