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Unsri Heimet

Unsri Heimet – -do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Le collectif Unsri Heimet a pour objectif premier de mettre en lumière les passages occultés de notre Histoire par le pouvoir central parisien afin de sensibiliser nos compatriotes aux crimes (les bien-pensants et les ignorants parlent volontiers de maladresse) perpétrés au nom de l’unité et de l’indivisibilité de la France. Nous avons donc sélectionné aujourd’hui pour vous un extrait du livre « la Lorraine mosellane 1918-1946″ dans lequel l’auteur, Joseph Rohr, fait voler en éclats les idées reçues sur l’Alsace-Moselle et révèle certaines méthodes utilisées par la République française, défenseuse devant l’Eternel des droits de l’Homme et donneuse de leçons de démocratie au reste du monde mais qui, au lendemain de la première guerre mondiale s’est livrée, sur son propre sol, à une épuration ethnique sans précédent. Au total, une centaine de milliers d’Alsaciens, sans distinction d’âge ou de sexe, ont été contraints de quitter l’Alsace-Moselle dans des conditions déplorables. Les planificateurs de ces actes odieux n’ont jamais été jugés. N’oublions pas qu’en 1940, les nazis, enivrés de l’idéologie jacobine, en feront de même avec les individus et les familles considérés (souvent à tord) comme francophiles… au lecteur de juger désormais ces faits.

*

Le premier contact entre la France et les provinces recouvrées a été marqué par un élan irrésistible vers la France mais bientôt après se produisit une réaction contre les tendances excessives d’unification, ce qui est connu sous le nom de « malaise alsacien-lorrain »:

1) Un des premiers malentendus est né de la germanophonie en Alsace-Lorraine, les Français croyant dans leur grande majorité que celle-ci était une importation allemande postérieure à 1871. En fait, les parlers allemands en Alsace-Lorraine remontent à plus de quinze siècles. Plus ou moins bien compris par la population dans son ensemble avant 1871, le français n’était vraiment parlé que dans la bourgeoisie. Il n’y a eu importation linguistique allemande que dans les zones francophones des régions messine et vosgienne. Elle fut d’ailleurs nécessairement d’ordre scolaire et d’une efficacité très inégale.

2) Beaucoup de Lorrains ayant servi dans l’armée allemande pendant la guerre de 1914-1918 ne purent revenir qu’après l’armistice, lorsque les Français avaient déjà fait leur entrée. Ils furent reçus avec une animosité méfiante, comme des prisonniers ennemis, encadrés de troupes baïonnette au canon et dirigés vers une forteresse. Ce n’était sûrement pas leur faute d’ avoir servi dans les rangs allemands…

3) L’idée d’une classification de la population d’Alsace-Lorraine avait été proposée par l’abbé Wetterlé à la conférence d’Alsace et de Lorraine qui prescrivit dès le 19 et 26 avril 1915 de subdiviser la population en 4 catégories : A – B – C – D. Dès l’entrée des troupes, les Mairies furent averties d’établir des cartes d’identité qui servaient en même temps de pièces de légitimation. La carte A fut délivrée d’ office aux Alsaciens et Lorrains qui avaient eu la nationalité française avant 1870 ou à ceux dont les parents et grands-parents avaient été dans ce cas. Ils furent « réintégrés de plein droit ».

Le traître calotin Emile Wetterlé

[L'ancêtre de l'abbé Wetterlé, Laurent Widelin, était immigré (p.11) d' Adelshausen (Allemagne). Son fils Jean Thomas, mort à Colmar le 29.1.1786, avait épousé à Wintzenheim (H.-Rh.), le 7.5.1742, Madeleine Blindin. Les enfants ont transformé leur nom Windelin en Wetterlé].

Reçurent la carte B ceux dont l’un des parents était de descendance étrangère.

La carte C fut délivrée à ceux dont les parents des deux côtés étaient nés dans un pays allié ou neutre.

Reçurent la carte D les étrangers originaires des pays ennemis (allemands, autrichiens, hongrois, etc.) et leurs enfants, même s’ils étaient nés en Lorraine.

D’après le recensement de 1920, la ville de Sarreguemines comptait 14 187 habitants, dont 7 7 14 personnes avaient été réintégrées de plein droit. (Communication de M. Charles Langguth, mairie de Sarreguemines). Ces cartes d’identité ont joué un grand rôle lors de l’échange de l’argent allemand et des élections et pour la circulation dans le pays.Les titulaires de la carte D et des indésirables durent quitter le pays. Ainsi, de décembre 1918 à octobre 1920, 100 000 Allemands, dont 14 000 fonctionnaires, les uns de gré, les autres de force, quittèrent le pays. Parmi les volontaires figura Mgr. Benzler, évêque de Metz, qui dut démissionner le 12 janvier 1919. Il avait reçu l’ordre de se présenter, le 27 avril 1919, à la gare centrale de Metz. Grâce à l’intervention de son successeur, le vicaire général de Metz, Pelt, cet ordre fut retiré et Mgr. Benzler put quitter, le 27 août, son diocèse par Sierck-Perl. Les vicaires généraux Pelt et Cordel et le Chanoine Collin l’accompagnèrent jusqu’à la frontière. Il est décédé le 16 avril 1921 à Lichtental, archevêque titulaire d’ Attala; il fut enterré à l’ abbaye bénédictine de Beuron. (Un prédécesseur de Mgr Benzler, Mgr Dupont des Loges, bien que né à Rennes le 11.11.1804, avait pu cependant continuer d’exercer ses fonctions d’évêque sous la domination allemande jusqu’à sa mort, survenue le 1 8 août 1886).
(p.12)

N.B. Les circonstances du départ de Mgr Benzler soulevèrent à Metz une émotion considérable, le prélat allemand ayant fait preuve d’une grande compréhension à l’égard de la population mosellane.

DOCUMENT ORDONNANT LE RAPATRIEMENT DE MGR. BENZLER
Commissariat de la République
Service spécial
des
Rapatriements p. l’Allemagne
N° 14bis

Benzler Willibrord, 66 ans – Sa soeur, 5 1 ans et Amann Ottmar, 51 ans. Rapatrié volontaire : M. Mgr. Willibrord Benzler, âgé de 66 ans , Profession : Evêque, Domicilié à Metz, 15 , Place Ste Clossine, est avisé que sa demande de rapatriement est acceptée. En conséquence, le Commissaire de la République lui donne l’ordre de se trouver le 27 août 1919 , à 9 1/2 heures du matin, à la gare centrale de Metz.Le rassemblement aura lieu dans la grande salle des PasPerdus de la gare.Chaque voyageur pourra emporter:

1 . Un maximum de 30 kg de bagages à main.
2. Deux jours de vivres.
3. Un maximum de 2000 M. par personne majeure et 500 M. par enfant, en billets de banque allemands.
Toute somme supérieure sera confisquée. Il est interdit d’emporter soit de l’or, soit de l’argent monnayés, soit des billets de banque français ou alliés, soit des lettres.

(p.13) Les personnes qui, pour une raison quelconque reconnue non valable, manqueraient le départ au jour fixé, se verront refuser ultérieurement toute autorisation. Chaque voyageur devra avoir pris son billet de chcmin de fer à la gare de Metz avant de se présenter au chef de convoi. Les guichets de la salle des Pas-Perdus délivreront les billets depuis l’ avant-veille, jusqu’ à l’heure de la convocation.

Metz, le 22 août 1919.
Pr. le Commissaire de la République
Le Chef de Service Spécial de Rapatriement.
Timbre : Le Commissaire de la République
rouge : Metz, Service spécial. Rapatriement,
Signature : (illisible). Visa du Contrôle sur le quai.

Cette convocation sera présentée à l’autorité militaire à l’arrivée à la gare de Metz (Salle des Pas-Perdus). (Elsass IV, p. 407).

Au revoir les boches! Dessin de J-J. Waltz dit Hansi

http://french-colonies-alsace-lorraine-1918-1946.skynetblogs.be/archive-week/2007-32

One Response to "Epuration ethnique (1918-1919)"

  1. [...] les Français en automne 1944 ont une nouvelle fois imposé avec brutalité (on se souviendra des 100 000 Alsaciens-Lorrains expulsés par la France en 1918) leur domination au peuple alsacien déjà meurtri par 4 années de dictature nazie et [...]

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