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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Onze novembre alsacien

Posted on décembre 8th, 2016 by Unsri Heimet

Onze novembre alsacien

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Je suis français, né dans les années soixante, et les soldats sur cette photo sont allemands. La photo a été prise en 1918, peu après l’armistice, ou dans les premiers mois de 1919. Les soldats sont en captivité, dépouillés de leurs effets personnels et militaires jusqu’aux ceinturons et cartouchières, mais ils sont vivants. Ils sont en apparence indemnes, quoique les traumatismes psychologiques échappent au regard photographique. Cependant, je conserve cette photo, précieusement, car l’un des soldats n’est autre que mon grand-père.

De lui, j’ai peu de souvenirs. Il est mort lorsque j’étais enfant et ce que j’ai appris à son sujet me le rendit plus proche. Mon grand-père était un homme du peuple, simple, qui aurait aimé traverser le siècle en toute simplicité. Mais le destin en a décidé autrement. Il l’a jeté dans une tourmente d’événements dramatiques à l’issue desquels l’attendait une geôle française, c’était à la fin de l’année 1918. Chaque 11 novembre désormais, je tiens cette photo telle une pièce de puzzle, laquelle ne trouve pas sa place parmi les innombrables commémorations qui, aujourd’hui encore, proclament : « Souviens-toi, il est mort pour que tu restes français. »

Je suis français mais j’appartiens à cette génération dont les grands-pères ne sont nullement morts pour cette raison-là. Ils étaient quelques 350 000, nés à la fin du XIXème siècle, en une terre qui aujourd’hui est française mais qui, alors, était allemande. Je veux parler de l’AlsaceMoselle, que l’éphémère Constitution de 1911 nomma: Land Elsass-Lothringen. Pour la plupart, ils ont combattu sur le front germano-russe. Lemberg, Narotsch, Broussilov ou Vilnius leur étaient familiers. Ils ont connu la brève victoire de Brest-Litovsk, concédée par un certain Trotski, puis ils ont remplacé les fantassins tombés sur le front de l’Ouest en se disant: Im Westen nichts neues. Quelques 50 000 d’entre eux sont morts aux combats, beaucoup d’autres sont restés marqués dans leur chair ou leur esprit, pour des raisons dont aujourd’hui nous connaissons les impostures. Sans doute quelques-uns pensèrent-ils jusqu’au bout combattre pour une patrie, mais celle-ci n’était nullement française.

Né français, je partage le sort de compatriotes, français, dont la nation – ou l’Etat – continue de célébrer l’armistice d’une guerre où périrent des millions d’hommes. Sans doute sommes-nous des centaines de milliers, fils et petits-fils de soldats allemands du Land Elsass-Lothringen, à partager ce sort. Nous nous associons à cette commémoration, pleinement, mais nous n’en tenons pas moins en mains la photo de nos grands-pères, lesquels étaient des hommes simples, désireux de traverser le siècle en toute simplicité, des grands-pères que nous ne pouvons renier sans nous renier nous-mêmes.

Nous sommes dépositaires d’une mémoire encombrante, dont la cendre tiède contient encore des braises. Et peut-être aurions-nous mieux fait d’oublier tout ceci, laisser les morts avec les morts pour nous tourner résolument vers l’avenir. Peut-être aurions-nous mieux fait de nous en tenir à cette fatalité qui nous faisait dire, rede m’r nehmi davon (n’en parlons plus!), mais nous n’en sommes pas capables. Un jour ou l’autre, nous ouvrons une vieille boîte en fer blanc d’où tombent des photos sépia de soldats, allemands, qui prenaient la pose avec la tranquille bénédiction du Seigneur (Gott mit uns).

Nous sommes dépositaires d’une mémoire et, jusqu’à présent, nous avons fait notre affaire de ses contradictions et paradoxes: nous avons fait (et faisons) partie du roman national français, auquel nous avons oeuvré (et oeuvrons), avec énergie et constance, tout en feignant d’ignorer que cette implication exige un oubli de nous-mêmes, de nos origines et de nos traditions. Mais cet oubli, cette amputation de nous-mêmes, nous parait de plus en plus difficile, sans doute parce que, alsaciens, nous avons, plus que d’autres, le sens du territoire et des traditions; mais peut-être aussi parce que le roman national français a perdu de son prestige et de sa splendeur. Le roman national français, de plus en plus de Français semblent ne plus y croire eux-mêmes.

Longtemps pourtant, nous avons tenu la lampe sous le boisseau, nous avons chaussé nos galoches au chausse-pied, nous avons tu nos interrogations, nous en avons fait des chansons et des witz où nous nous moquions de nous-mêmes. Tandis que nos compatriotes commémoraient leurs morts pour la France, nous avons commémoré les nôtres en silence. Devant des stèles sans revendication, nous leur avons adressé nos prières muettes dans l’espoir de ne pas les offenser. Nous avons vécu dans une sorte de compromis où beaucoup de choses restaient tacites, dans l’espoir que le temps n’en déplace pas les contours.

Il est cependant dans la nature des choses tacites de n’être ni reconnaissables ni reconnues. « Mal nommer les choses ajoute au malheur du monde », s’exclamait Albert Camus. Nous avions une région, l’Alsace, aujourd’hui fusionnée – dissoute ? – dans une grande région purement administrative, issue d’un découpage jacobin, dont les parties constituantes partagent peu de choses et encore moins une identité. Nos morts sont désormais condamnés à un oubli plus profond et nos traditions à une disparition plus certaine. Mais nous n’en possédons pas moins des photos où des grands-pères, au-delà des décennies, nous adressent une question muette. Ces photos, nous ne pouvons plus en dissimuler l’existence et nous posons désormais à la France cette question: en quel roman national devons-nous les ranger?

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Le roman Cahiers français ou la langue confisquée, paru en 2016 aux éditions Sutton, évoque le destin de ces soldats.

Une épuration ethnique à la française

Posted on septembre 27th, 2016 by Klapperstein

Le dernier livre de Bernard Wittmann « Une épuration ethnique à la française » est en vente dans toutes les librairies, maisons de presse, grandes surfaces et sur le site yoran-embanner.com au prix de 13 €. Los von Paris. Elsass frei ! UH

En Alsace-Moselle, la question de la nationalité a laissé des traces douloureuses . Dans les années 1918 à 1924, l’état français cédait alors aux sirènes de l’« antibochisme » et du racisme ! L’Alsace était livrée au nettoyage ethnique, aux cartes d’identité sélectives selon des critères héréditaires et à une politique de francisation despotique. Des Commissions de triage étaient chargées de châtier les « germanophiles » alsaciens.

Pour les Alsaciens, accéder à la « réintégration dans la nationalité française »fut souvent un parcours difficile. Ils durent effectuer des démarches et des recherches généalogiques humiliantes. Au moindre soupçon de « germanophilie », ils pouvaient être expulsés.
Mais pour les Allemands « indésirables », nés ou résidant en Alsace-Moselle, qui s’étaient entièrement identifiés à l’Alsace, ce fut un véritable drame : l’expulsion manu militari vers l’Allemagne. Leur crime : être nés de parents allemands !

Grisée par une victoire inespérée, obnubilée par la haine du « Boche » et désireuse d’imposer rapidement son autorité en Alsace-Moselle, la France reniait ses prétendues convictions républicaines du droit du sol, de la fraternité, de l’égalité et de la tolérance.

Bernard Witmann est né en 1948 à Strasbourg. Partisan de longue date d’une Europe fédérale des Régions, il est aussi un fervent défenseur de l’identité alsacienne et des minorités niées ou opprimées.
Historien de l’Alsace, il est l’auteur très connu de nombreux articles et de plusieurs ouvrages traitant de l’histoire de l’Alsace et de la question alsacienne.

Quelle : yoran embanner.com

Ci-dessous un article du Basler Zeitung sur Maria Hart (1854–1924) et son roman interdit «Üs unserer Franzosezit», récemment traduit en français par Joseph Schmittbiel et réédité aux éditions Yoran Embanner. Quand les Suisses osent dirent tout haut ce que les Français occultent ! Nie wieder Frankreich. Elsass frei ! UH

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Es gab im Elsass eine «ethnische Säuberung»
Ein ehemals verbotenes Buch ist neu erschienen

Strassburg. Das offizielle Frankreich hat sich zu diesem Kapitel in der jüngeren Geschichte nie geäussert. Nach hundert Jahren kommt es nun zur Neuauflage des Romans «Üs unserer Franzosezit» der unter-elsässischen Schriftstellerin und Dichterin Marie Hart (1854–1924). Die Apothekerstochter aus Buchsweiler im Norden des Elsasses schrieb dieses Buch im Exil, in das sie gezwungen wurde, weil ihr Mann aus einer deutschstämmigen Familie kam.

Marie Hart schildert im Buch die Geschichte der alteingesessenen elsässischen Familie Redslob im fiktiven Dorf Bummernäh und zeigt, wie zuerst der Erste Weltkrieg in das friedliche Dorfleben einbricht und dann, als klar ist, dass die Deutschen den Krieg verlieren, die französischen Truppen kommen. Doch die vermeintlichen Befreier und Verkünder von Liberté und Fraternité bringen für viele Elsässer nur Schrecken, Diffamierung – und am Ende Enteignung sowie die Vertreibung ins Exil.

Der elsässische Historiker Bernard Wittmann, ein Spezialist für die elsässische Geschichte, hat die Fakten zum Roman nachrecherchiert und sagt, dass es nach dem Ersten Weltkrieg rund 150 000 Heimatvertriebene gegeben habe, eine davon war Marie Hart. Als ihr Roman 1921 erschien, verbot ihn die französische Zensur sofort. Der Herausgeber der kürzlich erschienenen Neuauflage, Joseph Schmittbiel, spricht wegen der Radikalität, mit der die Franzosen gegen die Elsässer vorgingen, von einer «ethnischen Säuberung». hws Seite 17.

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Stimmen der vertriebenen Elsässer
Nach 100 Jahren wird der ehemals verbotene Roman «Üs unserer Franzosezit» wieder gedruckt

Von Mischa Hauswirth

Strassburg. Bislang war die Welt in den offiziellen französischen Geschichtsbüchern klar eingeteilt: Auf der einen Seite waren da die Guten, die Franzosen, welche die Elsässer befreiten. Auf der anderen Seite die Deutschen, welche die Welt in zwei Kriege stürzten und deshalb das Böse verkörperten. Die Neuauflage des ehemals verbotenen Romans «Üs unserer Franzosezit» von Marie Hart (1856 –1924) aber stellt diese Geschichtsschreibung infrage. Denn nach dem Ende des Ersten Weltkrieges kam es im Elsass zu vielen Ungerechtigkeiten, welche die französischen «Sieger» an der deutschstämmigen Elsässer Bevölkerung verübten, Ungerechtigkeiten, die in keinem offiziellen Geschichtsbuch erwähnt werden. «130 000 Menschen wurden aus ihrer Heimat vertrieben», schreibt Joseph Schmittbiel, der Marie Harts Roman herausgegeben hat.

Die Schriftstellerin hat die Vertreibung selber erfahren müssen. Die Unter-Elsässerin aus Buchsweiler, die ihre Muttersprache als etwas Eigenständiges angesehen hatte, etwas das die elsässische Identität ausmacht, wurde nach dem Zuschlag des Elsasses zu Frankreich 1918 ins Exil nach Bad Liebenzell im Schwarzwald gezwungen, weil ihr Ehemann deutschstämmig war. Bis zu ihrem Tod lebte sie in Süddeutschland. Hart hat vieles, über das sie im Buch schrieb, am eigenen Leib miterlebt: den Kriegsbeginn, den Gesinnungswandel der «normalen Elsässer» von pro-deutsch zu pro-französisch, die Verjagung der «Boches» (französisches Schimpfwort für Deutsche) durch Elsässer und die Diskriminierung jener, die Elsässisch redeten, weil die allemannische Sprache plötzlich als Sprache des Feindes und Kriegsverlierers galt. «Die Bezeichnung ‹Ethnische Säuberung› ist definitiv nicht übertrieben. Zwar wurde niemand umgebracht, aber ‹das Land der Freiheit›, wie sich Frankreich gerne selber nennt, hat mindestens 130 000 Elsässer und Lothringer beraubt und vertrieben», sagt Joseph Schmittbiel.

«Hetz gejen alles, was ditsch»

Der elsässische Historiker Bernard Wittmann, ein Spezialist für die elsässische Geschichte, hat die Fakten zum Roman nachrecherchiert und sagt, dass die Gesamtzahl der Heimatvertriebenen nach dem Ersten Weltkrieg wohl noch höher liegt – er schätzt um die 150 000 Personen. Die Ausweisungen und damit verbundenen Enteignungen von Hab und Gut der Betroffenen hätten erst 1924 gänzlich aufgehört.

Marie Hart erzählt die Geschichte vom Dorf Bummernäh und der alteingesessenen Familie Redslob, für die es selbstverständlich ist, dass sie Elsässisch redet und das Land zu Deutschland gehört. Nach dem deutsch-französischen Krieg 1871 wurde das Elsass zwar eine deutsche Region, genoss aber weitgehend Selbstbestimmungsrechte.

Das Buch gibt einen vertieften Blick in das Leben von damals und die Sittenregeln, die herrschten. Zum Beispiel, dass den Mädchen nur erlaubt war, alleine das Haus zu verlassen, wenn sie in die Kirche gingen. Oder dass die Frauen die Stube zu räumen hatten, wenn der Hausherr nach Hause kam und Zeitung lesen wollte.

Die Geschichte ist in einem unter-elsässischen Dialekt geschrieben. Die Sprache ist gut zu verstehen, vor allem für jene, die eines allemannischen Dialektes mächtig sind. Spezielle französische Ausdrücke wurden für das deutschsprachige Publikum zudem übersetzt. Marie Harts Roman öffnet die Augen nicht nur für die Ungerechtigkeiten, die im Namen Frankreichs verübt worden sind, sondern hinterfragt auch Frankreich, das mit den Versprechen von Brüderlichkeit und Gleichheit das Elsass übernommen hatte, dann aber für viele Menschen Zwiespalt und Gewalt brachte. «In Bummernäh geht’s nämlich zidder m Waffestillstand wuescht zue. D’Hetz gejen alles, was ditsch heisst, isch in vollem Schwung», schreibt Hart.

Die Ungerechtigkeit erreichte ihren Höhepunkt, als vier Kategorien von Identitätskarten herausgegeben wurden, welche das Schicksal der Einwohner unwiederbringlich besiegelten. «Carte A – Reini Elsässer, wie nuer keltisches Bluet in den Odere han. Carte B – Mischling, verhassti Prodükt üs eren unnatierliche Hieroot zwischen men Elsässer und ere Ditsche, oder em e Ditschen und eren Elsässere. Carte C – Neutrali. Carte D – Ditschi, Schwoowe! dr Üswurf von dr Menschheit.» Elf Monate hatten sogenannte «Aus- lesekommissionen mit ihren Kohorten von Denunzianten ihr Unwesen im ganzen Land getrieben», schreibt Wittmann.

Verbot nach Erstpublikation

Dass das Buch verboten wurde, lag auch an der Klarheit, mit der Marie Hart Stellung bezog – für das Elsass und seine allemannische Kultur, die sich unabhängig von den Strömungen aus Berlin oder Paris entwickelte. Da war es nur logisch, dass nach dem Krieg gegen Deutschland die französischen Behörden und ihre Zensur Anstoss nahmen an Formulierungen wie dieser: «O, ihr tauwen Elsässer! Werfen eich de Franzose in dr servilschten Art an de Kopf, un was isch dr Dank drfür? Dass mr eich verspott und do därf mr nit e mol ebs saawe!» Der Satz hat auch heute noch eine gewisse Aktualität, da Elsässer gegen die Eingliederung des Elsasses in die Region Grand Est waren, aber Paris ihnen kein Mitspracherecht einräumte.

Viele Franzosen nutzten die Deutschfeindlichkeit im Land, um jene Leute aus dem Weg zu räumen, die ihnen beru ich oder nanziell im Weg standen. Wenn einer als «Boche» galt, «noo isch mr ne los», wie Marie Hart lapidar in ihrem Buch festhielt. Pikant: Bis heute schweigt das offizielle Frankreich zum Thema Vertreibung und ethnische Säuberung im Elsass. Von Wiedergutmachung an die betroffenen Familien ganz zu schweigen.

«Üs unserer Franzosezit», Marie Hart, Herausgegeben von Joseph Schmittbiel mit einem Vorwort von Historiker Bernard Wittmann, Verlag Yoran Embanner, 185 Seiten, 13 Euro.

Quelle : Basler Zeitung (09/08/2016)

Au revoir les boches! Dessin haineux de J-J. Waltz dit Hansi

Au revoir les boches! Dessin haineux de J-J. Waltz dit Hansi

Südtirol – Elsass, Histoires croisées…

Posted on juillet 9th, 2014 by Klapperstein

Suite aux propos consternants et mensongés du député alsacien Armand Jung : « Je ne veux pas que l’Alsace soit le Tyrol du Sud. J’aime l’Alsace parce qu’elle est unique, c’est pour cela que je ne veux pas la voir folklorisée », nous publions ci-dessous un commentaire du livre de Bernard Wittmann  « Südtirol – Alsace/Elsass, Histoires croisées… « paru en décembre 2009.

Cela étant, le problème  principal d’Armand Jung n’est certainement pas sa méconnaissance de l’Histoire, mais simplement sa détermination à servir l’idéologie républicaine de l’oligarchie française au détriment des intérêts du peuple alsacien. UH

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Südtirol – Alsace/Elsass, Histoires croisées…

C’est le nom du dernier ouvrage de Bernard Wittmann, paru aux Editions Nord Alsace (ENA). Le sous-titre donne le ton : « La volonté de s’émanciper au Südtirol, l’Alsace et les illusions perdues ».

L’idée de départ est de brosser un portrait croisé de ces deux régions germanophones et de leurs destins respectifs à partir de 1919, date à laquelle elles ont été annexées par deux pays latins centralisés, la France pour l’Alsace, l’Italie pour le Südtirol.

Le livre débute par un bref rappel sur l’histoire de ces deux régions, dont on découvre qu’elles avaient, au Moyen-âge, plus de points en commun que l’on pourrait croire. Leur appartenance au Saint Empire Romain Germanique est certes bien connue, mais qui savait que le Sundgau et le Südtirol ont été gouvernées pendant plus de trois siècles (de 1363 à 1648) par la lignée tyrolienne des Habsbourg ? Alors que le Tyrol restera uni jusqu’en 1919, l’Alsace, elle, sera annexée en plusieurs étapes par la France et deviendra une pomme de discorde entre la France et l’Allemagne, ses deux voisins.

Convergences et divergences

Un point clé du destin tyrolien est le rôle joué par ses partis politiques, en particulier la Südtiroler Volkspartei (SVP). Dès sa création en 1945, ce parti démocrate-chrétien a pris le flambeau de la défense des Tyroliens du Sud, de leurs droits linguistiques et de leur volonté d’émancipation. Parti uniquement régional, la SVP a su fédérer derrière elle toute la population, qui, en retour, lui a assuré un règne politique sans partage dans le Südtirol depuis sa création.

Pendant ce temps, l’Alsace suit le chemin inverse : après 1945, les démocrates-chrétiens, qui avaient porté avant-guerre le flambeau de l’autonomisme, se dissolvent dans les partis nationaux français. Par leur servilité envers Paris et les Gaullistes, ils collaborent à la destruction culturelle et politique de l’Alsace, tout en essayant de sauver les apparences.

Alors qu’au Südirol, la cohésion entre le peuple et ses élites a permis une véritable marche vers l’émancipation, la situation est toute autre en Alsace. Entre Vosges et Rhin existe un véritable fossé entre le peuple et la bourgeoisie. En effet, depuis la Révolution, la majorité de la (haute-)bourgeoisie alsacienne a choisi en majorité le camp de Paris. Et à des moments clés de l’histoire (à l’issue de chaque guerre notamment) elle a trahi les intérêts du peuple alsacien pour quelques médailles ou par mercantilisme.

Une longue marche

Malgré tout, la marche du Südtirol vers son émancipation n’a pas été un long fleuve tranquille, loin de là ! Les Tyroliens ont du tout d’abord affronter le fascisme italien avant se retrouver pris en étau entre Mussolini et Hitler. Après la seconde guerre mondiale, Rome lâche un peu de lest et adopte une attitude plus constructive vis-à-vis du Südtirol. Notons qu’au même moment l’orgueilleuse France accentue sa répression contre les minorités nationales en métropole et dans les colonies.

Néanmoins, malgré la pression internationale, les promesses italiennes sont vagues et rarement suivies d’effet. Aussi, dans les années 1960, les habitants du Südtirol, excédés, prennent les armes. Jusqu’en 1980, les attentats du B.A.S. (Befreiungs-Ausschuss-Südtirol), qui ne font la plupart du temps que des dégâts matériels, mettent Rome sous pression. Ce n’est que dans les années 1970 que sera progressivement mis en place un statut d’autonomie qui mettra d’ailleurs près de vingt années à se concrétiser.

Savoir ce que l’on veut et le dire haut et fort

Un autre élément important explique la réussite du Südtirol : c’est la permanence depuis 80 ans d’une revendication claire et sans concession, à savoir le retour du Südtirol au sein de la « mère patrie » autrichienne. Il en a résulté une opposition frontale avec le pouvoir central italien, lequel a progressivement lâché du lest, en espérant affaiblir la revendication rattachiste.

Cette opposition a abouti à une autonomie politique croissante. Selon Bernard Wittmann, le niveau d’autonomie atteint semble aujourd’hui satisfaire la majorité de la population et s’avère être un bon compromis.

Mais, ne l’oublions jamais, l’autonomie n’est pas un statut stable et figé. Ce n’est que la résultante à un instant précis de l’opposition entre un pouvoir centralisateur et des forces émancipatrices. Si l’une ou l’autre force s’affaiblit ou revoit unilatéralement ses prétentions à la baisse, l’équilibre se déplace automatiquement.

Il est intéressant de noter que, dans la quasi-totalité des cas, les « régions » européennes qui ont obtenu un statut d’autonomie, le doivent à la présence d’un mouvement indépendantiste ou rattachiste. Est-ce la condition nécessaire pour qu’un état centralisé daigne modifier sa façon de fonctionner ? En France, les exemples corses et ultramarins semblent confirmer cette hypothèse.

En Alsace, depuis 150 ans, différents mots d’ordre se sont succédé et ont cohabité avec des fortunes diverses : régionalisme, autonomisme, rattachement à l’Allemagne ou la France (selon la période), ou indépendantisme. Où serions-nous aujourd’hui si la revendication alsacienne était portée depuis 80 ans par un seul mouvement indépendantiste fort et structuré ? La question mérite d’être posée.

« Mir welle bliewe was mir sin »

En choisissant de comparer l’Alsace et le Südtirol, Bernard Wittmann ignorait nullement les différences de contexte entre les deux régions. Il a en fait démontré avec brio ce que l’Alsace aurait pu (pourrait) obtenir aujourd’hui si elle avait pu (pouvait) compter sur une société alsacienne unie derrière des revendications claires.

Assurément, l’Alsace, région riche coincée entre deux nations belliqueuses, ne bénéficiait (bénéficie) pas des meilleures cartes pour assurer aisément son épanouissement politique. La tâche était (est) certes difficile mais pas impossible. Aussi, cette brillante étude sur le Südtirol pourrait être utilement complétée par l’étude d’un autre cas, très intéressant pour l’Alsace : le Luxembourg.

Arrivé à l’indépendance un peu par hasard, ce pays, « grand » comme la moitié du Bas-Rhin, a su faire face tant bien que mal aux ambitions de ses voisins. Le Luxembourg a lui aussi connu la dictature militaire allemande pendant les deux guerres mondiales. Il a connu une industrialisation effrénée suivie d’importantes mutations sociétales. Il en a néanmoins gardé son identité culturelle, sa langue et son indépendance. Il a su développer ses infrastructures en coopérant avec ses voisins et œuvrer pleinement à la construction européenne, non comme spectateur alibi mais comme acteur.

Si proche de nous historiquement, culturellement et géographiquement, le Luxembourg mériterait bien que l’on s’intéresse de plus près à son destin modèle…

Quelle : Unser Land

Hans Keppi: ein Elsässer gegen Hitler

Posted on décembre 20th, 2013 by Klapperstein

Jean Keppi est une figure emblématique de l’autonomisme alsacien. Chrétien-démocrate, il dédia toute sa vie au service du peuple alsacien. Ses convictions politiques lui valurent maintes tracasseries avec la police et la justice française. Livré par les Français aux Allemands en 1940, il contacte l’opposition allemande anti-nazi dès 1942 et participe à l’opération Walkyrie dont le but était d’assassiner Hitler et de renverser le régime nazi.

Une personnalité oublié remise en lumière par Bernard Wittmann, auteur de nombreux ouvrages sur l’Histoire de l’Alsace, dont notamment  « Une histoire de l’Alsace, autrement » et  « Marianne m’a tuer » . UH

www.yoran-embanner.com

André Nisslé – d’ Lehrstuwa Auflage 2012

Posted on octobre 30th, 2012 by Unsri Heimet !

Das Wörterbuch der elsässischen Mundart von André Nisslé mit 127430 Stichwörtern und Ausdrücken auf 970 Seiten ist erscheinen. Es lohnt sich wirklich ! Schade dass, die Übersetzung von Elsässerdeutsch nach Hochdeutsch komplet weggelassen wurde… UH

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D’r Verlàg 2012 vum « Wärterbüach » esch ärscheena. Dàs « Wärterbüach » bschteet üss ungfohr hundert un sewanazwàntzigtoisigviarhundert Wärter uff ninhundertsewazig Sitta. Vum Frànzescha zum Elsassischa un vum Elsassischa zum Frànzescha, àwer oi d’Schtätt un d’Därfla vum Owerlànd un vum Unterlànd d’Vornamma ewersätzt. Dàss Büach esch em südliga Neederàlamànischa uffgsätzt. As esch ni vorgschlàga fer 25 euros + 10 euros Mettailung àm Porto.

L’édition 2012 du « dictionnaire français alsacien » est parue. Ce livre de mots est composé d’environ 127430 mots sur 970 pages. Du français vers l’alsacien , de l’alsacien vers le français, mais aussi les villes et les villages du Haut-rhin et du Bas-rhin ainsi que les prénoms traduits. Il est écrit en bas alémanique du sud. Il est proposé au prix de 25 euros + 10 euros de participation aux frais d’expédition (le cas échéant).

Er känna s’ni àschàffa àn da folgenda Àdrassa / Vous pouvez vous le procurer des façons suivantes : par téléphone au : 09 75 26 07 13, par e-mail :  j.acpa@wanadoo.fr, par courrier postal : ACPA André Nisslé 1 rue du Saule 68260 Kingersheim, et dans toutes les bonnes librairies de toute l’Alsace

Quelle :  Association Culture et Patrimoine d’Alsace

ELSASSER HEIMATKALENDER 2012

Posted on décembre 17th, 2011 by Unsri Heimet !

Der neue elsässer Heimatkalender für das Jahr 2012 ist jetzt im Lädel erhältlich

Le nouveau calendrier alsacien 2012 est à présent disponible dans la boutique

Der Heimatkalender ist  auch in den folgenden Verkaufsstellen verfügbar :

CAVEAU LEIBER, 5 rue Principale, BURG-HÜSSERA (HUSSEREN-LES-CHATEAUX)
RESTAURANT « AU PIED DE COCHON/ZUM SAUFÜESS », 47 rue Herzog, WETTOLSHEIM
CHOCOLATERIE RITTER, Z.A Wirrenweg, PFAFFENHEIM
SAVEURS ET TERROIRS, 22 rue des Anémones, WESTHALTEN
Boulangerie GWINNER, 2 rue Soultzmatt, OSENBACH
BUHL’S CAFE, 84 rue du Florival, BUHL
Restaurant « SÜR UN SIESS » , 92, route de Guebwiller, SOULTZ
Restaurant « A LA COURONNE », 84 rue Principale, WUENHEIM
Boulangerie KINDLER, 33 rue d’Or, BERRWILLER
Caveau de l’Engelbourg, 10 rue du Général de Gaulle, THANN
ESPACE BURO, 29 rue du Mar. Foch, MASMENSCHTER ( MASEVAUX)
Wistuwa « ZUM SAUWADALA », 13 rue de l’Arsenal, MILHÜSA
Restaurant « LE PIC-VIT », 8 rue des Bons Enfants, MILHÜSA
Brasserie « ZUM KLAPPERSTEIN », 20 rue Engel Dollfus, MILHÜSA

Douceurs des Régions, 6 place de la Concorde, MILHÜSA
Tabac de l’Illberg, 41 rue Illberg, MILHÜSA
Auberge « A LA KESCHTA », 29 rue de Brunstatt, MILHÜSA
Hôtel Restaurant « AU CYGNE », 1 rue de Mulhouse, RIXHEIM
Quincaillerie DURLIAT, 18 rue de Delle, DAMMERKIRCH (DANNEMARIE)
TABAC MULTISERVICE, 62 rue Principale, ROPPENTZWILLER

Merci vielmol ìn àlli Gschàftlitt un Wirte, wu’ni halfa unsra Heimetkalender zum verkàifa.

« L’Alsace demain » : le temps de l’autonomie est-il arrivé ?

Posted on novembre 26th, 2011 by Klapperstein

Le nouvel ouvrage de Bernard Wittmann, « L’Alsace demain », est depuis peu disponible. Si nous adhérons bien évidemment à sa critique du centralisme français, nous ne partageons pas pour autant sa sympathie vis à vis de l’Union Européenne. Si la vieille France républicaine est bien le problème, l’Europe ultra libérale et antidémocratique qui se construit n’est malheureusement pas pour autant la solution.

Ci-dessous la recension d’Unser Land du dernier opus de Bernard Wittmann.

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« L’Alsace demain : plaidoyer pour un statut d’autonomie »

Tel est le titre du dernier ouvrage de Bernard Wittmann. Il y dresse un constat alarmant du délabrement de la France en rappelant que, dès 2003, dans un ouvrage de référence titré « La France qui tombe », l’économiste Nicolas Baverez avait déjà décortiqué les cercles vicieux de l’incapacité française. Depuis, la dégringolade s’est emballée : structures administratives obsolètes qui font de la France un pays où tout est compliqué et où rien ne marche, corruption, paupérisation des masses, crise de la citoyenneté, du « vivre ensemble », du système éducatif, de la justice, de la recherche, de la morale… Criblé de dettes, avec des déficits commerciaux historiques et tremblant pour son triple A, le pays souffre de mille maux. La France est devenue « un pays délabré, voire périmé », constate Bernard Wittmann.

Le mal français

Pour l’auteur, « les faiblesses de la France sont essentiellement structurelles. Le mal français est ancien et vient de l’intérieur, essentiellement de son système politique inepte et coûteux ». Pour preuve : de part et d’autre du Rhin, en dépit de caractéristiques géographiques, d’une typologie humaine et d’un niveau de formation des populations semblables, seule la rive allemande est prospère et dynamique. Ce qui les différencie, ce sont les institutions politiques : centralisme d’un côté, structures fédérales de l’autre ! « Ce sont les systèmes politiques qui conditionnent les réussites notamment économiques » conclut l’auteur qui en profite pour pointer tous les méfaits du centralisme français, avec ses funestes conséquences pour l’Alsace. En effet, ce système aberrant engendre des rigidités mortifères à tous les niveaux du pays : l’Etat central exerce sa tutelle sur tout, décide de tout, commande tout, ce qui crée évidemment des engorgements au sommet. Quant aux contraintes bureaucratiques propres à la centralisation avec son millefeuille administratif, elles complexifient tout, freinent tout et font de la France l’Etat le plus fonctionnarisé d’Europe. Au final, « ce système rigide bride l’initiative et les réflexes de la compétitivité. Il entrave la créativité, freine le développement en empêchant l’émulation et, pour finir, étouffe les Régions. Pire, en déresponsabilisant la base citoyenne et en confinant les élus au rôle de plaideurs voire de mendiants, il génère des mentalités d’assistés et ravale le citoyen au rang de sujet » constate l’auteur.

Le millefeuille des collectivités locales, une spécialité française, est aussi très coûteux. Dans Le Point du 10 novembre 2011, Gilles Carrez, rapporteur général UMP de la commission des finances, a reconnu que « la fusion des Régions et des départements permettrait d’obtenir 2 à 3 milliards d’économies, soit 10% des dépenses totales des collectivités locales ».

Une idéologie délétère qui conduit le pays au déclin

Aussi, ce qui conduit la France au déclin, c’est moins la « crise » (l’Allemagne se porte bien) qu’une idéologie délétère, dont le pays n’arrive pas à ses défaire. C’est elle qui constitue aujourd’hui le principal frein à son développement : l’idéologie jacobine, héritée des révolutionnaires de la Terreur et qui fonde la tradition centraliste française, a gardé toute sa prégnance. Ses « marques de fabrique » sont la mystique unitariste et égalitariste, la concentration au sommet de tous les pouvoirs, le délire monomaniaque (un peuple, une langue, une histoire, un pays indivisible…), l’instillation des peurs (peur de l’altérité, des immigrés, des Régions, de l’Allemagne…) -, le chauvinisme linguistique (vocation du français à l’universalité), la phobie de la diversité couplée avec la haine des langues régionales (décriées comme autant de menaces pour l’unité), l’intolérance à l’égard des minorités… Dans l’Etat-nation français « un et indivisible » fondé sur l’idéal de « la diversité vaincue », « l’expression citoyenne est invariablement unidimensionnelle », déplore l’auteur. Un chapitre entier du livre est d’ailleurs consacré à l’intolérance linguistique et au refus de la diversité – cauchemar des jacobins – qui caractérisent la France, « mouton noir » en Europe pour son manque de respect des droits, linguistiques notamment, des minorités. Son idéal d’indifférenciation l’amène jusqu’à nier l’existence de minorités sur son sol, « un négationnisme d’Etat ! » s’insurge l’auteur : « Cette politique française est totalement à contre-courant des évolutions qu’ont connu tous les autres pays européens qui, dans leur quasi-totalité, reconnaissent à présent des droits particuliers, notamment linguistiques, à leurs minorités. C’est que « les Jacobins veulent forcer l’avènement d’un Etat monoethnique conçu sur le modèle d’une tribu. Ils ethnicisent le concept de nation ».

Pour l’auteur, Marianne, qui a montré sa totale incapacité à se réformer, à entamer un sursaut fédéral ou à persévérer dans la voie de la régionalisation, est aujourd’hui en situation d’échec total : « Elle n’a plus qu’à nous offrir le large registre de ses échecs et de ses dogmes surannés » ! Mais si demain la France coule, elle entraînera avec elle la laborieuse Alsace, autrefois prospère, mais déjà bien mal-en-point. Aussi serait-il parfaitement inacceptable que les Alsaciens aient à payer l’ardoise de l’entêtement et des errements idéologiques de la classe politique française !

La situation de l’Alsace ne cesse de se dégrader

Depuis les années 90 la situation de l’Alsace n’a cessé de se dégrader. En deux décennies, elle est entrée dans un processus régressif économico-culturel. Son bilinguisme qui faisait jadis sa force se meurt : « Si un effort n’est pas fait en faveur de l’enseignement de l’allemand, 50 000 emplois pourraient être perdus par les frontaliers alsaciens », titrait L’Alsace du 21.10.2011 en se référant à une étude récente. Ponctionnée de partout, parent pauvre des subventions, bridée de toutes parts, l’Alsace a fini par s’essouffler. Résultat : le fossé avec les Régions de France les plus dynamiques n’a cessé de se creuser ! « Aujourd’hui l’Alsace compte parmi les trois Régions les plus endettées et la croissance de son PIB a été en dessous de la moyenne française : entre 2000 et 2007, la croissance du PIB national a été de 13% tandis que celle de l’Alsace atteignait tout juste 5% !! ». Le décrochage alsacien peut aussi se mesurer à la croissance fulgurante du chômage, à la progression constante du nombre des allocataires du RSA et des bénéficiaires de la CMU, à l’endettement exponentiel de la Région, au recul du travail transfrontalier dû à la perte du bilinguisme, au recul constant de l’emploi salarié dû à la désindustrialisation… Et selon une étude du cabinet Astérès (2009), l’Alsace sera la région de France la plus affectée par la crise.

Pour Bernard Wittmann, une chose est sûre, l’Alsace ne pourra jamais se redresser si elle continue à ne compter que sur la France percluse de dettes, plombée par ses crispations dogmatiques et dont les élites sont incapables de changer de cap et de virer de bord pour éviter l’échouage. « Dans ce système verrouillé par le dogme absurde de l’unicité, l’Alsace, qui fut toujours condamnée à suivre le cap tracé par Paris, n’a aucune chance si ses marges de manœuvres ne sont pas considérablement élargies et à tous les niveaux ».

L’autonomie pour s’affranchir des logiques de soumission

Pour s’en sortir et s’extraire du marigot jacobin où elle s’embourbe, pour connaître un autre destin que celui d’un Hexagone en perdition, pour s’affranchir des logiques de soumission qui la condamnent à la léthargie et à la mendicité, « l’Alsace ne pourra compter que sur ses propres capacités à se prendre en main et à trouver la voie libératrice ». Pour l’auteur, cette voie passe par un statut d’autonomie négocié et introduit par paliers, qui donnera à l’Alsace, préalablement unifiée en une collectivité unique, une plus grande prise de responsabilité. Ce statut, qui répond aussi à un impératif démocratique, devra permettre aux Alsaciens, dans le cadre d’une Région Alsace forte d’un Parlement régional doté de moyens législatifs et financiers, d’exercer toutes les compétences politiques et juridiques nécessaires pour assurer leur développement de manière autonome et responsable. « Cap sur l’autonomie » est le titre du dernier chapitre !

En novembre 2011, le ministre des collectivités territoriales et président de la Région Philippe Richert a confirmé le lancement, dès le 1er décembre, par la réunion en « Congrès » des 3 collectivités, du processus de fusion des trois collectivités territoriales alsaciennes en une collectivité unique dotée d’une Assemblée unique, avec la date butoir de 2014 qui deviendra ainsi un carrefour historique pour l’Alsace. Pour peu que les Alsaciens sachent faire preuve de détermination et d’intelligence collective, le « Parlement d’Alsace », notre Landtag, pourrait être au bout ! Encore convient-il de se méfier du machiavélisme des jacobins de Paris qui, via un avis négatif Conseil d’Etat, pourraient tenter un dernier tir de barrage pour empêcher une réforme qui fait pourtant consensus en Alsace.

Dans les débats qui vont s’ouvrir, le livre de Bernard Wittmann ambitionne ainsi d’offrir un argumentaire à ceux qui ont choisi de rompre avec la servilité docile en optant pour la responsabilisation et l’émancipation ! Et de conclure : « Le temps de l’autonomie est arrivé »!

Bernard Wittmann, « L’Alsace demain : plaidoyer pour un statut d’autonomie », aux éditions Yoran Embanner. Préface de Max Siméoni et David Heckel.

Quelle : Unser Land

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