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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

L’Alsace un mythe et le peuple alsacien une fiction ? (4/5)

Posted on août 10th, 2016 by Klapperstein

LA CONSCIENCE IDENTITAIRE DES ALSACIENS A TRAVERS LES SIECLES

par Bernard Wittmann

Illustration ci-dessus : Début XVIIIe siècle : L’Alsace « province à l’instar de l’étranger effectif »

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Les Alsaciens furent toujours habités par le sentiment de former un peuple

C’est sur le « socle » du duché et les différentes institutions qui vinrent le conforter ultérieurement que se développa un patriotisme régional autour d’un système de valeurs partagées (habitus, langue, histoire, croyances, spiritualité, mode de vie…) et une quête permanente des Alsaciens vers plus de liberté et d’autogestion.

A travers les siècles, les Alsaciens ont toujours conservé vivaces leurs marqueurs ethniques (langue, culture, ouverture au spirituel…) et une conscience identitaire forte. Ils n’ont jamais cessé d’être habités par le sentiment de former un peuple singulier doté d’une histoire et d’une identité propres.

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Intégrée au « Saint Empire Romain de nation germanique » (Xe -XVIIe siècles)

L’intégration de l’Alsace au Saint Empire Romain Germanique, fondé en 962, dura sept siècles. Le socle de culture et de civilisation étant commun, il n’y eut pas rupture mais continuum. Les Alsaciens s’intégrèrent parfaitement au Reich, structure fédérative – « l’union dans la diversité » – appliquant le principe de subsidiarité, et marquèrent un constant attachement à l’Empereur et à l’Empire. C’est sous leur protection que Strasbourg et les villes de la Décapole purent progressivement accéder aux libertés jusqu’à devenir quasi-souveraines. Cette bonne intégration était favorisée par le fait que l’Alsace fut longtemps constitutive du centre politique et culturel de l’Empire.

Les Alsaciens se sentent alors comme une partie intégrante de la nation allemande. C’est ainsi qu’aux XVe et XVIe siècles les humanistes alsaciens, Wimpfeling, Sébastien Brant, Beatus Rhenatus…, publient de vibrants plaidoyers en faveur de l’Empire. Il suffit de lire ce qu’écrit Jacob Wimpfeling dans son Germania dans lequel il martèle que les Alsaciens, pour avoir certes une originalité, n’en sont pas moins une partie intégrante de la nation allemande et que la rive gauche du Rhin n’a jamais été française ! Notons que le XVIe siècle marque le sommet de la culture alsacienne.

Cependant, la conscience identitaire des Alsaciens n’en gardait pas moins sa vivacité : « En dépit du morcellement politique, la conscience de l’entité alsacienne demeure forte. Elle se traduit dans un engagement politique et militaire face aux menaces de Charles le Téméraire » écrit B. Vogler. Ainsi, après 1520, l’humaniste Beatus Rhenanus, tout en manifestant une attitude nationale allemande, n’en affichait pas moins « un vigoureux patriotisme régional alémanique et alsacien (…) L’identité alsacienne se forge au XVIe siècle contre la France » [1] note B. Vogler. En effet, le roi de France restait l’ennemi des Habsbourg et l’Alsace se méfiait de tout ce qui pouvait venir d’Outre-Vosges. Lazare Schwendi lui-même dénonce « les lubricques et frauduleux François avec lesquels jamais estat ou prince est abordé à bon port »[2]. Il existe même des procès de sorcières dans lesquels l’accusée reconnaît avoir rencontré le diable sous la forme d’un démon parlant français[3].

Les Alsaciens se considéraient alors comme un peuple d’Allemands marqué par une identité propre. Dans leur esprit ils étaient, avec les Badois (et les Suisses), la composante rhénane alémanique de la nation allemande (le Rhin ne constituait nullement une frontière).

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Sous la royauté (1648-1789)

Après la brutale annexion de l’Alsace à la France au XVIIe siècle, la royauté française continua néanmoins de considérer les Alsaciens comme des Allemands. L’édit de création du Conseil souverain (1657) reconnaît formellement qu’ils sont « de nation allemande ».

Cependant, comme nous l’avons vu, les Alsaciens habitués à gérer leurs propres affaires vont se retrouver livrés au centralisme français et à l’absolutisme royal… et ne manqueront pas de se rebiffer : « Le roi de France est perçu comme une puissance étrangère et dominatrice à l’égard des cités et des pouvoirs locaux (…) L’occupation française est vécue comme oppressive et frustrante », relève B. Vogler[4]. En effet, les Alsaciens continuaient à se sentir étrangers au royaume et, se souvenant des brutalités de l’annexion, ne montraient que défiance à l’égard de la France et du roi. Ainsi, à Strasbourg, après un siècle de présence royale, le peuple n’avait toujours pas tourné la page de l’agression française qui s’était terminée par la capitulation de la ville libre. Un témoin oculaire, le prince Karl August von Meiningen, venu étudier à l’université de Strasbourg, raconte cette anecdote significative dans ses lettres. Le 25 juin 1775, jour du couronnement de Louis XVI, lors des grandioses festivités organisées à Strasbourg par le prêteur Klingling pour fêter l’événement, ni lors de l’allumage des feux de joie dans la ville, ni lors du feu d’artifice où apparaissait le nom du monarque avec le blason français, le peuple ne cria « Vive le Roi ! »… alors que les soldats massés dans la ville, sur ordre, avaient pourtant donné le bon exemple[5].

Pour les Français, l’Alsace restait « une province d’Allemagne » d’autant qu’elle maintenait toujours des contacts très étroits avec le monde germanique tant sur les plans économiques que culturels (jusqu’en 1766, date de l’annexion déguisée du duché de Lorraine, l’Alsace n’avait pas de frontière commune avec la France[6]). D’ailleurs, la frontière économique sera maintenue sur les Vosges jusqu’à la Révolution. La langue allemande restait la langue incontestée du pays et continuait à dominer dans le peuple, la presse, l’enseignement et l’université.

Ce n’est que vers la fin du XVIIIe siècle que les Alsaciens commencèrent progressivement à perdre le souvenir de leur ancienne appartenance à l’Empire. Pris entre deux cultures, ils prenaient pleinement conscience de leur originalité et commençaient à rêver de jouer un rôle de pont entre la France et l’Allemagne. Ainsi, peu avant les évènements révolutionnaires, la conscience régionale reprit une nouvelle vigueur. Dans les cahiers de doléances les Alsaciens demanderont le maintien des droits et privilèges de la province, la création d’Etats provinciaux pour administrer le pays et, pour les anciennes villes de la Décapole, le retour aux privilèges de jadis.

La conscience régionale apparut également fortement chez les députés de l’Assemblée provinciale d’Alsace (1787), créée sur le modèle des Landstände. Ces derniers étaient notamment favorables au maintien des barrières douanières sur les Vosges : les Alsaciens voulaient que leur pays continue à être considéré comme une province étrangère (« province à l’instar de l’étranger »)! De son côté, la Commission intermédiaire demandera également le maintien des frontières douanières sur les Vosges, l’emploi des Alsaciens dans l’administration ainsi que l’unité du pays.

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La Révolution bouleverse tout

La Révolution marqua un tournant. Au début du mouvement, les Alsaciens sont favorables aux réformes qu’on promettait de mettre en œuvre : le sentiment démocratique était ancré de vieille date dans le caractère alsacien. Ils pensaient que le progrès promis se trouvait dans une constitution démocratique et libérale garantissant un élargissement de l’autonomie provinciale et des droits individuels ainsi qu’un encadrement plus strict du pouvoir royal. Aussi, en 1787, l’Assemblée provinciale d’Alsace créée par le roi sur le modèle des Landstände, s’engagea-t-elle immédiatement sur la voie de proclamations autonomistes.

Cependant, contrairement aux Français, les Alsaciens étaient totalement étrangers à la centralisation et au nivellement qui marquaient historiquement la France et que les révolutionnaires parisiens entendaient renforcer encore. Tout commença donc par un malentendu. Jean de Turckheim (1749-1824), qui avait été député du Tiers Etat de Strasbourg aux Etats généraux en 1789, s’en fit ensuite l’écho en expliquant que ses concitoyens « désiraient des réformes mais non une révolution » et qu’ils tenaient « à conserver leurs privilèges et non à les échanger contre des mœurs et une organisation étrangère ».

C’est pourquoi, plus les révolutionnaires à Paris exigeaient la stricte unité du pays, plus la nécessité apparaissait aux Alsaciens de revendiquer pour l’Alsace le traitement d’une province étrangère. La crainte d’une perte de la personnalité alsacienne taraudait la population. Ainsi la Treuherzige Ermahnung du 12 janvier 1790, craignant un complot des « capitalistes de Paris » pour ponctionner d’avantage l’Alsace, conclut : « Nos traités, nos traités, tel est le cri de la bonne et brave nation alsacienne ». Tandis que le Nouveau Catéchisme strasbourgeois déplore qu’on ait enlevé aux Alsaciens des privilèges « qui (les) rendaient plus heureux que d’autres ».

Cependant, à Paris les plus radicaux l’emportèrent et le pays se trouvera coupé en deux départements. La province d’Alsace cessa d’exister et on ne parlera plus d’Alsace dans les communications officielles.

Par la suite, l’hystérie anti-alsacienne des jacobins, dont la guillotine fut l’argument majeur, leur haine de la langue allemande restée la langue des Alsaciens, leur intolérance, leur volonté de faire table rase du passé et de supprimer les spécificités alsaciennes, vont faire naître un profond malaise chez les Alsaciens. Toujours accrochés à leurs privilèges et à leur langue, ils se trouvaient blessés qu’on porte ainsi atteinte à leur identité, leurs spécificités et leur culture. Ils se montreront dès lors de plus en plus hostiles à la politique des révolutionnaires. Cette hostilité trouvera sa pleine expression lors de la « Grande fuite » de décembre 1793 : près de 40 000 Alsaciens de Basse-Alsace choisirent alors la voie de l’exil en suivant dans leur retraite les troupes autrichiennes conduites par leur compatriote le généralissime Wurmser. En pénétrant en Alsace du nord, en octobre 1793, ce dernier avait été acclamé et accueilli en libérateur par la population.

Mais l’introduction des principes de liberté et d’égalité changea la mentalité politique. L’Alsace commençait à s’ouvrir timidement à la vie nationale française.

Cependant les Alsaciens continuaient à se considérer comme des Allemands. C’est le constat que fit le maire révolutionnaire de Strasbourg Pierre-François Monnet[7] dans un discours du 10 mai 1794 où il notait que l’Alsace était la plus exposée aux agressions des ennemis de la République de l’intérieur et de l’extérieur. Pour lui, la raison des malheurs des Alsaciens se trouvait dans l’antipathie invétérée de la population à l’encontre des Français et son inclinaison manifeste vers la germanité : « Le nom de Français vaut pour une injure tandis que celui d’Allemand signifie un compatriote », concluait-il dépité[8] ! D’ailleurs, lors de la levée en masse décidée par la Convention en février 1793, en Alsace il y aura plus d’insoumis que de soldats à partir (l’Alsace devait théoriquement fournir 9000 hommes). Et si les milices révolutionnaires recrutées sur la base du volontariat ne firent pas recette en Alsace, c’est que les Alsaciens n’étaient pas prêts à payer le tribut du sang pour la France.

Ce n’est qu’avec « l’épopée impériale » que naîtra un sentiment patriotique dans certaines couches de la population. Le pouvoir d’intégration de l’armée ou des innombrables champs de bataille n’y est évidemment pas étranger.

Cependant, la conscience de l’identité régionale restait prégnante.

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Au XIXe siècle :

De 1800 à 1870, on assistera à un renforcement du pouvoir central et à une politique plus offensive pour franciser de façon despotique le pays – surtout après 1848 – et imposer coûte que coûte la langue française notamment à l’école : « Le devoir est de parler français », expliquera en 1823 aux Alsaciens le préfet Louis-Antoine de Malouet.

Cependant, l’intégration à la France ne progresse que très lentement. Les Alsaciens continuent à s’accrocher à leur langue, marqueur majeur de leur identité particulière : l’écrasante majorité de la population continue à s’exprimer en allemand. Idem pour les églises, les auteurs, la presse (aucune revue littéraire n’est publiée en français), etc.. L’allemand demeure la langue du sentiment et beaucoup se montrent même hostiles à la langue française[9]. Seule une infime minorité s’exprime en français. Ainsi, pour être compris par la population, le roi Louis-Philippe, en visite officielle en Alsace (1831), choisira de s’adresser en allemand à la population. Il en ira de même pour Napoléon III lors de son passage à Strasbourg en 1852.

Par ailleurs, comme le note B. Vogler, « la conscience de l’identité régionale, en dépit du découpage administratif en deux départements, demeure très vive »[10]. D’ailleurs, dès 1815, on parlera à nouveau d’Elsass et non d’Alsa ou Alsatier termes utilisés sous la Révolution.

Coupés du monde allemand, les Alsaciens n’en continueront pas moins d’accepter le concept d’Allemand, souvent avec même une pointe de fierté. Un profond particularisme ethnique demeurait. Ainsi, le 10.2.1838, le professeur Graff écrivait toujours au professeur Ed. Reuss : « Nous Alsaciens, nous sommes des Allemands, c’est un fait, et le serons et devons l’être et le rester ». De son côté, Ed. Reuss écrivait le 2.6.1838 dans « Erwinia » : « Ce que nous voulons, c’est le germanisme, auquel nous rendons hommage, que nous tenons pour sacré…De l’esprit allemand et du style allemand nous ne nous séparons pas ».

Dans un ouvrage de référence publié en 1834 à Paris par M. Loriol, avec la coopération d’une société de savants et d’hommes de lettres, il est dressé ce constat : « Depuis 1648, jusqu’à ce jour, la domination française n’a pu effacer ce caractère germanique. Par les mœurs, les habitudes, le langage, les Alsaciens sont encore aujourd’hui plus Allemands que Français [11]».

Les Alsaciens prenaient alors pleinement conscience de leur originalité ethnique : ils étaient « une branche allemande greffée sur le tronc français » ! De fait, et plus que jamais, ils se sentaient d’abord Alsaciens et Rhénans. Le poète Ehrenfried Stöber (1779-1835) l’exprime parfaitement dans ces deux vers :

Das Rheinthal ist uns Vaterland

Das Elsass drin sein Diamant

C’est probablement le grand romancier et poète alsacien Friedrich Lienhard (1865-1929) qui décrit le mieux les sentiments dominants des Alsaciens face à la France à la veille de la guerre de 1870. Dans un ouvrage collectif paru en 1915, ce dernier écrit : « Der Elsässer wurde im grossen und ganzen ein oppositioneller Staatsbürger mit ausgeprägter Neigung zum Frondieren, ganz natürlich, weil das innere Verwachsensein mit der französischen Staatsidee bei dem Durschnittselsässer fehlte (…) Aber bei dieser langsamen Durchsetzung eines ausgesprochenen Nationalgefühls, an dem nur eine dünne Schicht der oberen Bourgeoisie und Beamtenschaft teilhatte, musste die Neigung, am elsässischen Vaterlandsgedanken Ersatz zu suchen, sich zäh erhalten, ja verstärken. Der Ausdruck der naiven starken Heimatliebe, wie ihn Ehrenfried Stöber prägte in dem Gedicht :

« Das Elsass unser Ländel,

Es isch meineidi schön ;

Mer hewwe’s fest am Bändel

Mer lonn’s bi Gott nit gehn » -

trat für die Masse des Volkes geradezu an die Stelle eines Nationalliedes. Gewiss, es gab in diesen letzten Jahrzehnten der französischen Herschaft strebsame Geister, die es im Interesse ihres Vorwärtskommens eilig hatten, alles Elsässische abzutun. Diese Verwelschten waren aber dafür auch meistens dem Volkswitz ausgesetzt. Es wurden vom städtischen Mittelstande bis ins Kleinbürgertum hinein mancherlei Bestandteile französischer Kultur, Sitte, vor allem der Sprache, augenommen ; aber im Grunde blieb man dem französischen Nationalitäts- und Staatsgedanken gegenüber kühl. Das beherrschende Gefühl war eben : « Mer sin halt Elsässer »[12].

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Sous le Reichsland (1870-1918)

Après la phase protestataire, l’Alsace connaîtra très vite un nouvel essor économique ainsi que des progrès fulgurants dans le domaine social (caisses de maladie, d’accidents, d’invalidité, de vieillesse…).

Parallèlement, on assista à un formidable renouveau artistique et culturel, l’allemand étant redevenu la langue officielle du pays. Dans le cadre libéral et fédéral de l’Empire, les Alsaciens allaient de nouveau pouvoir affirmer pleinement leur identité et leur volonté d’émancipation.

A mesure que le contact avec la France se perdait, une nouvelle conscience politique se développa rapidement. Avec elle naîtra une nouvelle génération qui aura pour seul objectif prendre en main son destin.

Le concept politique d’Alsace s’imposa d’emblée. De même, l’affirmation de l’existence d’un « peuple alsacien » fit la quasi unanimité. Cependant, aux alentours de 1900, l’idée d’une « nation alsacienne » commencera à se répandre dans le pays. Cette ligne est notamment défendue par le député au Landesausschuss (1900 à 1911) Anselm Laugel, les députés au Reichstag Jacques Preiss et Daniel Blumenthal, mais aussi par l’abbé Xavier Haegy. Les trois premiers formulent la revendication de l’indépendance d’une République alsacienne, l’abbé Haegy donnant sa préférence à un Etat alsacien autonome intégré à l’Empire : « Laugel se proclame « nationaliste alsacien et républicain » (…)  pour lui, comme pour l’abbé Haegy, l’Alsace est une « nation » dont la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, qui n’ont pas de centre civilisateur unique, fournissent le modèle », note l’historien François Igersheim[13].

Dans la revue francophile Dur’s Elsass (26.11.1910)

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L’Alsace veut l’autonomie !

Ainsi vont s’affirmer trois courants politiques :

  • un courant pro-allemand favorable à une intégration totale dans le Reich ;
  • un autre très puissant, notamment dans les milieux intellectuels et les masses populaires, favorable à l’autonomie complète au sein du Reich et qui aura pour slogan fétiche « L’Alsace aux Alsaciens » ;
  • et un dernier, qui bénéficiait de la sympathie de Paris, affirmant l’existence d’une « nation alsacienne » et revendiquant l’indépendance d’une république alsacienne.

Il restait encore un courant minoritaire pro-français qui, aux élections d’octobre 1911, ne rassembla que 3,2% des voix.

Drapeau alsacien traditionnel rot un wiss

Drapeau du Reichsland, adopté à l’unanimité par les députés du parlement d’Alsace-Lorraine en 1912

Cette lutte pour l’émancipation trouvera sa consécration en 1911 avec l’octroi au Reichsland par Berlin d’une constitution avec un statut d’autonomie ! La voie était ainsi tracée pour faire du Reichsland un Etat comme les autres Etats allemands.

En effet, le 25 octobre 1918, le Reichstag vota une loi pour une autonomie complète du Reichsland élevé au statut d’Etat fédéré, mais elle arrivait trop tard.

Dr Eugène Ricklin (1862-1935) Président du Landtag d’Alsace-Lorraine (1911-1918)

Charles Hauss (1871-1925) Premier ministre du gouvernement constitutionnel alsacien Schwander-Hauss (oct.-nov.1918)

Tout sera brutalement remis en question en novembre 1918 avec le retour des Français, de leur centralisme et de leur idéologie jacobine !

Pendant que l’épuration ethnique des Allemands et des Alsaciens germanophiles faisait rage, les nuages commencèrent immédiatement à s’accumuler… jusqu’à conduire à l’explosion autonomiste des années 20/30.

Mouvement neutraliste après 1918 : lettre de René Caesar Ley au Secrétaire Général de la Société des Nations à Genève pour lui exposer la situation de l’Alsace et lui demander qu’une délégation d’Alsaciens-Lorrains soit autorisée à venir s’exprimer devant l’assemblée de la SDN.

Pétition adressée au Secrétaire Général de la SDN à Genève pour demander l’organisation d’un plébiscite pour l’Alsace-Lorraine.


Bernard Wittmann – Historien (juin 2015) – Fin du 4e Chapitre, à suivre : Conclusion.

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[1] B. Vogler, Histoire culturelle de l’Alsace, éd. de la Nuée Bleue, p.60.

[2] Cf Correspondance politique de la Maison d’Orange-Nassau, éd. par Groen van Prinsterer Leyde, 1835.

[3] Edmond Bapst, Les sorcières de Bergheim, Paris, 1929.

[4] B. Vogler op. cit. p.124/125

[5] O. Lorentz & W. Scherer, Geschichte des Elsasses, Weidmannsche Buchhandlung, Berlin, 1886, p.427

[6] En 1735, suite à une négociation habilement menée, la France obtint de l’Empereur qu’à la mort de Stanislas Leszczynski -qu’on décida de placer à la tête du duché de Lorraine en remplacement du duc François-, le duché lui revienne. Dépossédé de son duché, le duc François de Lorraine, gendre de l’Empereur Charles VI, sera indemnisé par la Toscane. Stanislas Leszczynski décédera le 23.2.1766.

[7] Maire de Strasbourg de janvier 1793 à août 1794.

[8] Dans la même veine, le 27.1.1793, au nom du Comité de salut public, Barrère proclama devant la Convention : « Dans les départements du Haut et du Bas-Rhin, qui a appelé de concert avec le traître, le Prussien et l’Autrichien sur nos frontières envahies, l’habitant des campagnes qui parle la même langue que nos ennemis se croit ainsi bien plus leur frère et leur concitoyen que le frère et le concitoyen des Français qui parlent une autre langue et ont d’autres habitudes. L’empire du langage, l’intelligence qui règne entre nos ennemis d’Allemagne et nos concitoyens du département du Bas-Rhin est si incontestable qu’ils n’ont pas été arrêtés dans leur émigration par tout ce que les hommes ont de plus cher, le sol qui les a vu naître, les dieux pénates et les terres qu’ils avaient fertilisées ».

[9] En 1843, l’inspecteur du primaire du Ht-Rhin, Perney, s’en fait l’écho.

[10] Histoire culturelle de l’Alsace, op. cit. p.295

[11] In La France, description géographique, statistique et topographique – Alsace Ht-Rhin & B. Rhin, publié par M. Loriol, éd. Chez Verdière, Paris, 1834.

[12] Friedrich Lienhard, Wohin gehört Elsass-Lothringen, Verlag Von Rascher & Cie Zürich, 1915, p.19/20.

[13] François Igersheim, L’Alsace des notables 1870-1914, la bourgeoisie et le peuple alsacien, imprimerie du Nouvel Alsacien, éd. bf – Strasbourg, 1981, pp.118/126.

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