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Conseil d’Alsace : Le Bas-Rhin dit oui

Posted on juin 22nd, 2011 by Klapperstein

Le conseil général du Bas-Rhin s’est prononcé hier comme prévu pour un conseil d’Alsace unique. Guy-Dominique Kennel, qui par ailleurs c’est montré récemment  bien décevant sur la question du bilinguisme, c’est également prononcé pour l’organisation d’un référendum.

A l’heure actuelle, il est encore bien difficile  d’évaluer les chances d’aboutissement du timide processus de renouveau démocratique en Alsace, qui consiste en la création d’un conseil d’Alsace unique et à sa validation  par le peuple alsacien via un référendum.

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Après le conseil régional, le conseil général du Bas-Rhin s’est déclaré favorable hier, à une large majorité, à la réunion de la Région et des deux Départements.

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La délibération des élus bas-rhinois est légèrement différente de celle adoptée, début juin, par le conseil régional. Mais l’essentiel y est. Par leur vote (35 pour, 8 contre), ils souscrivent, à la fois à une fusion des trois collectivités alsaciennes, et à la consultation des citoyens alsaciens par référendum. Ils prévoient aussi « l’expérimentation du conseil d’Alsace, sans création de nouvelle structure avant le renouvellement de 2014 », et demandent la mise en place, « dans les meilleurs délais », d’un groupe projets, avec la participation des élus des trois collectivités, des trois grandes agglomérations et des communes, et enfin de la société civile, via le Céser-Alsace. « Oubliée » dans la délibération, la participation des parlementaires a été confirmée dans le discours du président Guy-Dominique Kennel.

Avoir de l’audace

Le débat a duré trois heures, avec 22 interventions. « Avancer vers le conseil d’Alsace, c’est oser et avoir de l’audace », a affirmé le président Guy-Dominique Kennel, qui a développé concrètement les grandes lignes d’un « projet politique pour l’Alsace ». S’il a pu s’appuyer sur sa large majorité, renforcée par les deux élus « écologistes et démocrates », le président bas-rhinois n’a pas réussi à convaincre les socialistes qui ont pris une position opposée à celle de leurs camarades du conseil régional. L’introduction d’une dose de proportionnelle ne les a pas convaincus. « Votre conseil unique ne verra jamais le jour », a lancé leur chef de file, Raphaël Nisand, en soulevant les contradictions avec la position du conseil général du Haut-Rhin. « Pourquoi le conseil unique permettrait-il de résoudre ce que les trois présidents de la majorité n’ont pas su faire ? » a renchéri Robert Herrmann, en leur reprochant de n’avoir jamais su regrouper les organismes économiques. Quant à Henri Dreyfus, il estime que « la fusion ne palliera pas la perte de l’autonomie financière ».

Fidèle à la ligne défendue par Europe Écologie-les Verts, Marie-Dominique Dreyssé a estimé que « l’Alsace grandeur nature est possible, si nous savons faire respecter notre volonté par la majorité quelle qu’elle soit ». Les élus de la majorité — centristes, indépendants, UMP — ont décliné les différents arguments en faveur du conseil d’Alsace. « C’est un vote historique », s’est enthousiasmé Laurent Furst, qui peut se prévaloir, comme quatre autres élus, de la « double départementalité ». « Ne gâchons pas la chance qui se présente par peur, conservatisme, manque d’ambition ou pire, calcul politique », a estimé l’élu de Molsheim, tout en attirant l’attention sur la proximité du Haut-Rhin avec la Suisse et sur le besoin de reconnaissance du Centre-Alsace. « Nous n’arrêtons pas de demander aux entreprises d’innover et nous serions incapables de le faire », a plaidé le sénateur Francis Grignon, en citant en exemple les chambres consulaires et les organismes du monde économique.

Démarrer le chantier

Alfred Becker a observé « le côté inhabituel du débat ». « Personne ne nous impose rien. C’est à nous de prendre position pour faire face aux défis de notre époque », s’est enthousiasmé l’élu de Barr, tandis que son collègue de Marckolsheim, Gérard Simler, tout en approuvant « pleinement » la délibération, s’est interrogé sur la manière de renouer avec le conseil général du Haut-Rhin, quitte à revoir les ambitions à la baisse, « pour démarrer le chantier… »

En reprenant la parole, le président Kennel a défendu l’organisation d’un référendum, estimant que « le choix est trop important pour ne pas être soumis aux Alsaciens ». Encore faut-il, en l’état actuel de la législation, que son collègue haut-rhinois — qui réunira son assemblée demain — soumette une délibération analogue à son assemblée. Mais rien n’est encore prévu.


Quelle : L’Alsace

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