Zweisprachigkeit : Les associations d’une seule voix contre le projet du recteur
Posted on juin 24th, 2011 by KlappersteinAprès s’être exprimées en ordre dispersé, les principales associations qui militent pour l’enseignement de l’allemand et la préservation de l’association ont créé un collectif de fait.
Ce n’est évidemment pas par hasard, ni parce que la tour Europe de la place des Halles se situe près… du rectorat que les associations pour le bilinguisme s’étaient donné rendez-vous hier, au siège strasbourgeois d’Ernst & Young.
D’entrée, Claude Froelicher, président d’Eltern, invitait à y voir l’illustration qu’on n’était pas, ici, entre « gentils illuminés ». L’un des associés de l’importante société de conseil est d’ailleurs venu expliquer que « les sujets de croissance de demain » s’articulent tous autour de connexions du type Bâle-Lörrach et Mulhouse ou Colmar et Freiburg, ou encore Luxembourg-Sarrebrück-Lorraine nord, sur des profils d’acteurs « qui allient une bonne connaissance de la langue et de la culture allemandes ».
Le collectif hier, à Strasbourg : « Une telle mobilisation ne s’est pas produite souvent », a estimé Claude Froelicher, président d’Eltern (debout).
Le ton était donné à une conférence de presse destinée à montrer l’unanimité d’une opposition au projet, fût-il expérimental, du recteur de modifier la structure de l’enseignement bilingue paritaire. « Une telle mobilisation ne s’est pas produite souvent », a constaté le président d’Eltern, dont le site internet proposera dès aujourd’hui (mais les autres suivront) une pétition commune contre « la rupture du pacte [autour de l’enseignement bilingue paritaire], sans aucune concertation, sans qu’aucune association n’ait été présente ». « Il faut, tous, réagir vite et fort et ne pas lâcher le morceau », a jugé Claude Froelicher.
Tous les arguments développés tout au long des tribunes diffusées ces derniers jours (lire notamment L’Alsace des 18, 22 et 23 juin) ont été répétés, avec la force de l’unité. Claude Froelicher a rappelé l’objectif : « Suspension de la mesure, et que le recteur propose un plan de concertation. »
Ce collectif de fait entend aussi maintenir une pression forte sur les élus, à l’instar de Jean-Pierre Woehrling, président de Culture et bilinguisme d’Alsace et de Moselle, qui a estimé : « Autant que l’institution, qui ne prend pas en compte une demande forte de la région, ce sont nos élus qui sont interrogés. C’est à eux de dire que leur signature doit être respectée. » Quant au « conseil unique d’Alsace », sur lesquels ils planchent, Jean-Pierre Woehrling a prévenu que « c’est son examen de passage ».
Rappelant qu’il ne reste d’ores et déjà « que quelques centaines d’enfants dialectophones en petite section de maternelle », Pierre Klein, président d’Initiatives citoyennes alsaciennes (ICA), a élargi le débat en rappelant la nécessité, enfin, d’une loi sur l’enseignement des langues, dans la foulée du débat qui s’annonce sur ce sujet au Sénat. Au chœur alsacien s’était même joint un Breton, André Le Gac, longtemps responsable du dossier de la langue bretonne au conseil général du Finistère, venu en soutien et pour souligner la crainte que ces mesures de réduction de l’enseignement des langues régionales ne participent d’un plan concerté national, l’Alsace étant considérée comme un banc d’essai.
Rappelant les deux prochains rendez-vous importants où le sujet pourrait être abordé, à savoir les réunions du Caen (Conseil académique de l’Éducation nationale) du 28 juin et du 5 juillet, où le recteur recevra les associations « reconnues » de parents d’élèves, Thierry Loth, président de l’Apepa (association des parents d’élèves de l’enseignement public en Alsace) a suggéré qu’ « il serait bon qu’ABCM et Eltern y soient associés et que le recteur profite de l’occasion pour annoncer le retrait » de l’expérimentation décriée. Il s’est d’ailleurs déclaré « assez optimiste » sur le sujet car, estime-t-il, « le recteur a été très mal conseillé et a fait une mauvaise analyse. C’est une personne intelligente qui va revoir sa copie… »
Quelle : L’Alsace
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Refusant une réduction de l’enseignement de l’allemand en classe bilingue, une dizaine d’associations alsaciennes ont décidé d’unir leurs efforts pour pousser le rectorat à revoir sa copie. Un appel à la mobilisation est lancé.
« Ce n’est pas si souvent que nous assistons à une telle mobilisation de nos associations et à une réaction si homogène », remarque Christian Fröhliecher, président d’Eltern Alsace, avant d’expliquer, en compagnie de neuf autres associations qui défendent le bilinguisme en Alsace, les raisons d’une telle mobilisation.
En proposant d’expérimenter, en 2012 dans quelques classes du premier degré, un nouveau dispositif bilingue comprenant un tiers d’enseignement en allemand et deux tiers en français, au lieu des 12 heures en allemand et 12 heures en français (DNA du 16 juin), le recteur de l’académie de Strasbourg, Armande Le Pellec Muller, aurait « rompu le pacte » sans concertation. « Même si en volume, les changements sont peu importants, cette mesure insidieuse prépare le démantèlement de la voie paritaire pour des raisons fallacieuses », affirme Christian Fröhliecher. Puis d’annoncer : « Nous voulons réagir vite et fort et ne pas lâcher le morceau ».
Pressions sur le rectorat et les élus
Réunis hier matin dans les locaux strasbourgeois de la société d’avocats Ernst & Young, les représentants associatifs demandent au recteur « la suspension immédiate » ou plutôt « l’annulation » du nouveau dispositif et « une concertation » avec l’ensemble des associations engagées dans la promotion de l’enseignement bilingue. Un thème qui doit justement faire l’objet d’un débat le 5 juillet prochain au rectorat avec les associations de parents d’élèves.
En attendant, histoire de faire monter la pression, les défenseurs du bilinguisme ont décidé de mettre en ligne, à partir d’aujourd’hui, une pétition en ligne (Pour signer la pétition : cliquez ICI). « Nous demandons aux élèves et aux parents de réagir directement auprès des instances et nous lançons un appel aux politiques pour qu’ils mettent en accord leurs actes et leurs paroles en faveur du bilinguisme en Alsace ».
Gérard Cronenberger, vice-président du Comité fédéral des associations d’Alsace-Lorraine pour la promotion de la langue régionale, reproche plus précisément aux présidents de la Région Alsace et des conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, qui sont tous trois liés à l’Éducation nationale, d’avoir « aveuglément suivi ce que propose le rectorat… On parle d’un conseil unique en Alsace. Aujourd’hui, c’est l’examen de passage du Conseil d’Alsace et de ses compétences futures ».
« Examen de passage du futur Conseil d’Alsace »
Si le président de l’APEPA Thierry Loth, estime que le recteur « va revoir sa copie », Jean-Marie Woehrling, président de Culture et bilinguisme, assure que les associations ne font pas de cette remise en cause de la voie paritaire « un problème de personne. L’institution n’est pas capable de prendre en charge cette demande forte ». Le manque de professeurs d’allemand pourrait être techniquement résolu avec une plus grande volonté politique.
La voie paritaire est « le minimum pour l’apprentissage de l’allemand. Nous sommes sur la ligne de flottaison. Il ne faut pas aller au dessous, sinon tout le système capote », assure Jean-Marie Woehrling. « Déjà pratiqué par le passé en Alsace, les six heures d’enseignement en allemand ont fait la preuve que ce dispositif ne marchait pas », rappelle le représentant de Lehrer.
Débat au sénat
Dans tous les cas, ce projet du rectorat résonne comme un coup de tonnerre qui a été entendu aux quatre coins de la France, au Pays-Basque, mais aussi en Bretagne. Ancien conseiller général du Finistère, André Le Gac était, hier, aux côtés de ses amis alsaciens. Ce défenseur de la langue bretonne se demande si les autres régions de France, qui ont développé un bilinguisme régional, ne seront pas à leur tour touchées par les restrictions de l’Éducation nationale. L’Alsace ayant pu servir de terrain d’essai.
La discussion le 30 juin prochain au sénat de la proposition de loi sur la promotion des langues et cultures régionales pourrait prendre des allures de combat.
Quelle : apepa.fr Site des parents d’élèves de l’enseignement public en Alsace






