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Petite leçon sur le bilinguisme

Posted on juin 30th, 2011 by Klapperstein

Karine Sarbacher, présidente de l’association ABCM Zweisprachigkeit, explique de façon très claire dans le communiqué de presse que nous publions ci-dessous, pourquoi le parité horaire, en l’occurrence 12h d’allemand/12h de français par semaine, est une condition minimum et  indispensable à l’enseignement bilingue.

Du coté du rectorat, Armande Le Pellec Muller s’obstine quant à elle à affirmer dans L’Alsace « On ne touche pas au bilinguisme paritaire » qu’il se serait pas question, avec le projet en cours, de toucher au bilinguisme paritaire! Une logique, un aplomb et une négation de la réalité désespérément française et républicaine. Ja, typisch französisch. Langt’s den immer no net ?

Communiqué de presse

L’association A.B.C.M. Zweisprachigkeit dit « NON » à la réduction de 12h à 8h des heures d’enseignement en langue allemande dans les classes bilingues pour toutes les raisons déjà évoquées par les associations de parents d’élèves et les associations qui défendent l’enseignement de la langue régionale en Alsace-Moselle.

Rappelons la définition de la langue régionale formulée officiellement en 1985 par le Recteur Deyon dans sa double dimension : allemand dialectal et allemand standard.

« Il n’existe en effet qu’une seule définition scientifiquement correcte de la langue régionale en Alsace, ce sont les dialectes alsaciens dont l’expression écrite est l’allemand ».

S’appuyant sur les préceptes pédagogique du Professeur Jean PETIT, psycholinguiste reconnu, les écoles A.B.C.M. Zweisprachigkeit scolarisent des enfants allant de la petite section maternelle au CM2 et peuvent donc se prévaloir d’une véritable expérience dans le domaine de la pédagogie bilingue.

Depuis 20 ans, A.B.C.M. Zweisprachigkeit a su faire évoluer sa pédagogie pour s’adapter aux réalités linguistiques. Vu le déclin dramatique de la langue régionale dialectale (à peine 2 % d’enfants de moins de 5 ans la parlent ou la comprennent actuellement), seul l’enseignement immersif comme le pratiquent les Bretons, les Basques, les Occitans et les Catalans peut sauver la pratique de la langue régionale dans ses deux expressions, l’allemand standard et l’allemand dialectal.

On entend par immersion un enseignement augmentant au maximum la part de la langue faible, c‘est-à-dire l‘allemand, langue régionale, notamment dans les classes maternelles et en début d‘élémentaire. Seule cette immersion en allemand permettra d‘atteindre une parité de compétences ou une égale maîtrise dans les deux langues en fin de CM2 et permettra aux enfants d‘être convenablement armés pour passer sans appréhension au collège, ce qui garantira la continuité de leur cursus bilingue. Les écoles A.B.C.M. Zweisprachigkeit ont évolué vers un enseignement immersif en maternelle en complétant l‘enseignement de l‘allemand par un enseignement en alsacien.

Un maître de référence pour la langue faible est une règle simple et efficace qui officialise la langue. Elle apporte à l’enfant un soutien psychologique indispensable pour démarrer le plus rapidement possible le langage en allemand dans un monde devenu presque exclusivement francophone.

La présence de deux maîtres permet de construire parallèlement deux langues et garantir ainsi un véritable bain linguistique. Un seul maître pour les deux langues signifie que la part de la langue faible, l’allemand, diminuera forcément du seul fait qu’il n’y aura plus de référent dans cette langue. L’enfant ne fera plus l’effort de s’adresser à l’enseignant dans la langue faible et passera de plus en plus souvent au français par facilité et par commodité. Il risquera de se contenter de traduire alors que l’enseignement bilingue construit une deuxième langue sans jamais traduire.

L’association A.B.C.M. Zweisprachigkeit a ouvert les premières classes bilingues en Alsace en 1991 et milite depuis toujours pour l’ouverture des classes dans l’enseignement public. Actuellement, demander l’ouverture d’une classe bilingue à l’Education Nationale relève de la seule volonté des parents et constitue à chaque fois un véritable parcours du combattant. Généraliser l’enseignement bilingue permettrait à tous les enfants un réel apprentissage d’une deuxième langue, quelque soit son origine sociale, sans discriminiation et donc, sans élitisme.

Karine SARBACHER

Quelle : A.B.C.M. Zweisprachigkeit


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