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Albert Schweizer und seine zwei Sprachen

Posted on avril 26th, 2011 by Klapperstein

« Wohl spreche ich von Kindheit auf Französisch gleicherweise wie Deutsch. Französisch aber empfinde ich nicht als Muttersprache, obwohl ich mich von jeher für meine an meine Eltern gerichteten Briefe ausschliesslich des Französischen bediente, weil dies so Brauch in der Familie war. Deutsch ist mir Muttersprache, weil der elsässische Dialekt,  in dem ich sprachlich wurzle, deutsch ist.

Den Unterschied zwischen den beiden Sprachen empfinde ich in der Art, als ob ich mich in der französischen auf den wohlgepflegten Wegen eines schönen Parkes erginge,in der deutschen aber mich in einem herrlichen Wald herumtriebe.Aus den Dialekten, mit denen sie Fühlung behalten hat, fliesst der deutschen Schriftsprache ständig neues Leben zu. Die französische hat diese Bodenständigkeit verloren. Sie wurzelt in ihrer Literatur. Dadurch ist sie im günstigsten wie im ungünstigsten Sinne des Wortes etwas Fertiges geworden, während die deutsche in demselben Sinne etwas Unfertiges bleibt. Die Vollkommenheit des Französischen besteht darin, einen Gedanken auf die klarste und kürzeste Weise ausdrücken zu können, die des Deutschen darin, ihn in seiner Vielgestaltigkeit hinzustellen. »

ffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffAlbert Schweizer, Aus meinem Leben und Denken

« Certes je m’exprime depuis mon enfance de même façon en Allemand et en Français, mais je ne ressens pas le Français comme ma langue maternelle, bien que je l’ais utilisé depuis toujours dans ma correspondance avec mes parents, parce que c’était l’usage dans ma famille. Pour moi, c’est l’Allemand qui est ma langue maternelle parce que le dialecte alsacien dans lequel j’ai mes racines linguistiques, est allemand.

La différence entre les deux langues se manifeste pour moi par l’impression que j’éprouve avec le Français d’avancer dans un beau parc aux chemins bien entretenus et avec l’Allemand, d’errer à travers une forêt magnifique. Les dialectes avec lesquels l’Allemand a gardé contact apportent constamment à la langue écrite une vie nouvelle. Le Français a perdu ce côté enracinement au terroir. Ses racines sont dans sa littérature. Le Français est devenu par là même, dans le meilleur et dans le pire sens du mot quelque chose d’achevé, alors que l’Allemand demeure dans le même sens quelque chose d’inachevé. La perfection du Français réside dans la faculté d’exprimer une idée de la façon sa plus claire et la plus brève, celle de l’Allemand, d’en restituer toute la complexité. »

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