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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Les baïonnettes connaissent la vérité

Posted on novembre 11th, 2010 by Klapperstein

Pierri Zind, dans son ouvrage Elsass-Lothringen Alsace Lorraine, une nation interdite 1870-1940, nous raconte le crépuscule du Reichland Elsass-Lothringen et de l’éphémère Republik Elsass-Lothringen proclamée par le Nationalrat .

En novembre et décembre 1918 les troupes françaises ne sont d’après le traité de paix que des troupes d’occupation provisoire dans l’attente d’un plébiscite d’auto-détermination. Mais face à l’intransigeance et aux intimidations des envahisseurs français, qui n’ont nullement l’intention de respecter le traité de paix et leurs engagements passés, une majorité des membres du Landtag décide de donner raison à la force brut. En signe d’allégeance à la France, ils chassent Eugène Ricklin de la tête du Nationalrat pour y mettre le chanoine Nicolas Delsor, depuis peu converti à la cause de l’occupant français. Et c’est ainsi que le peuple alsacien-lorrain, trahi par ses représentants, va perdre la face aux yeux d’une histoire que les Français n’aurons plus qu’à arranger, dénaturer et réécrire. UH

Le jeudi 5 décembre à 15h30, Nicolas Deslor convoque tout le beau monde de Strasbourg à une Solennelle Séance Plénière de l’Assemblée Nationale :

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Ce fut un vrai cirque mélodramatique. Officiers, journalistes, représentants parisiens, tous ces étrangers garnissaient les tribunes, mais l’Alsace authentique était absente. Delsor donna lecture de la proposition préparée la veille : elle fut votée publiquement, par «assis et levé», évidemment à l’unanimité, et son affichage fut ordonné dans toutes les communes d’Alsace-Lorraine. Après cette comédie, Delsor ajouta ces paroles ahurissantes : «Les hommes d’Etat qui revendiquent le plus énergiquement pour les peuples le droit de disposer librement et souverainement de leurs destinées peuvent être en ce qui concerne l’Alsace-Lorraine pleinement satisfaits. Le référendum n’a plus de raison d’être, il est fait ! (Vifs applaudissements) Il s’est accompli dans un enthousiasme indescriptible de village en village, de cité en cité, sur les pas triomphants de nos légions victorieuses ! (Vifs applaudissements)». Ces paroles également avaient été dictées par Paris, pour fermer la bouche aux Américains et aux Anglais qui, comme les Allemands, réclamaient l’application du plébiscite en Alsace-Lorraine.

Pareilles confusions politiques et psychologiques laissent perplexe.
Comment peut-on assimiler le référendum ou plébiscite, vote individuel, anonyme et secret, organe de la démocratie directe, à un vote public par «assis et levé», en présence du vainqueur invité précisément pour assister à ce simulacre et effectué dans la fièvre par quelques dizaines de députés nullement élus pour cette opération — députés qui avaient juré fidélité à la Constitution alsacienne-lorraine de 1911 — députés qui par un coup d’Etat avaient transformé le Landtag en Nationalrat, et qui de toute façon n’étaient que les organes de la démocratie indirecte ?
Comment peut-on assimiler à un référendum individuel, secret et anonyme, l’accueil fait aux troupes victorieuses apportant enfin la paix et organisé par des agents français dans des villes épuisées par cinq années de guerre et de privations innombrables, sous un régime de dure dictature militaire ?
Comment peut-on proclamer le rattachement du Land Elsass-Lothringen à la France, alors que l’Alsace-Lorraine se trouvait toujours dans la situation de territoire allemand occupé, conformément aux articles de la convention d’armistice et valables au moins jusqu’au 17 décembre 1918 à 12 h ?
Comment enfin peut-on parler sérieusement de «nos légions victorieuses», alors que 380 000 Alsaciens-Lorrains étaient — morts ou vifs — des «Feldgrauen» vaincus ?
Où est la vérité ? Où est le droit ? Où sont la pudeur du vaincu et la fierté du héros malheureux ? Où est la dignité humaine ?
Mais toutes ces flagorneries bourgeoises ne modifièrent en rien l’inéluctable cours des événements. Les jeux étaient faits, et une fois de plus, sans le peuple alsacien-lorrain.

Le 9 décembre 1918, accompagnés de plus d’un millier de politiciens et de parlementaires, le Président de la République Raymond Poincaré et le Président du Conseil Georges Clemenceau faisaient à leur tour une entrée triomphale dans Strasbourg. Anticipant gaillardement sur le futur traité de Versailles, le gouvernement de Paris prenait possession de sa conquête pour mettre les Alliés devant le fait accompli.
A la mairie de Strasbourg, l’illustre cortège n’aurait même pas accordé un regard aux membres du Nationalrat assemblé, si le chanoine Muller n’avait pris sur lui d’arrêter le «Tigre» pour lui présenter, comme par hasard, les véritables et lamentables détenteurs de la souveraineté du peuple d’Alsace-Lorraine.
Quelle humiliation pour le président du Nationalrat, l’abbé Delsor ! Quant à l’ancien président de la «Volkskammer» du Landtag Elsass-Lothringens, ancien député au Reichstag, et créateur du Nationalrat, le Dr Eugène Ricklin, c’est debout sur la pointe des pieds au milieu de la foule anonyme qu’il a dû assister aux cérémonies fastueuses de la visite du gouvernement français !

Il était clair que le gouvernement français ne reconnaissait plus d’autre autorité que la sienne, celle du vainqueur militaire ; il n’admettait plus d’autre source de pouvoir que celle de Paris, que celle d’un gouvernement centraliste.

Pierri Zind, Elsass-Lothringen Alsace Lorraine, une nation interdite 1870-1940

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