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Et le peuple alsacien, quand sera-t-il consulté ?

Posté le septembre 17th, 2018 by Klapperstein

Communiqué de presse d’Unser Land : Et le peuple alsacien, quand sera-t-il consulté ?


Suite à la visite en Alsace de Mme Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, Unser Land prend note des déclarations de la ministre indiquant « que le gouvernement fera tout pour le retour d’une collectivité d’Alsace ».

Unser Land regrette que les partis et la société civile n’aient pas été consultés, que les concertations et les groupes de travail annoncés soient l’apanage d’un cercle d’élus dont on sait qu’ils n’ont qu’une représentativité très relative, en particulier sur ce sujet. Chacun sait que les élus qui ont été consultés n’ont pas fait campagne sur l’avenir institutionnel de l’Alsace, ils n’ont donc pas légitimité à se prononcer sur ce sujet. Seul le peuple alsacien est souverain et doit être consulté par référendum.

Unser Land met en garde contre le piège qui consisterait à bricoler un département unique en lui attribuant provisoirement des compétences « au titre de l’expérimentation », le temps que la réforme constitutionnelle aboutisse. Nous savons tous que cette réforme a peu de chances d’aboutir et que les compétences « expérimentales » seront bien vite évaporées, faute d’un statut solide.

Unser Land réaffirme son attachement à la constitution d’une collectivité alsacienne à statut particulier, assumant les compétences de la région et du département ainsi que des compétences supplémentaires dans les domaines de l’enseignement, de l’aménagement du territoire, des transports, du transfrontalier et de l’économie. En outre, nous demandons que le Droit local soit confié aux élus d’Alsace-Moselle.

Nous rappelons que l’Alsace répond pleinement aux critères pour constituer une collectivité à statut particulier. Il serait particulièrement choquant que l’on octroie ce statut à des métropoles comme Paris, Lyon ou Marseille, mais qu’on le refuse à l’Alsace à cause de son… particularisme ! Ainsi le rapport Marx estime qu’« une collectivité alsacienne à statut particulier pourrait conduire à une prolifération des demandes émanant d’autres territoires (Bretagne, Pays Basque,…), qui pourrait mettre à mal les principes fondamentaux de la République ». Il est temps que le gouvernement tire un trait sur ces vieux réflexes jacobins d’un autre âge et comprenne que nous ne sommes plus en 1792, mais dans l’Europe du XXIe siècle.

Enfin, nous attendons de la ministre qu’elle mette enfin sur la table la question de la sortie du Grand Est. Il serait inconcevable en démocratie que l’on puisse évacuer du débat ce qui constitue la revendication de 83 % de la population alsacienne (sondage CSA avril 2017).

La question alsacienne est une question posée à la France : la France est-elle capable oui ou non d’accepter le principe d’unité dans la diversité ou préfère-t-elle continuer à imposer une uniformité destructrice ? La balle est dans le camp du gouvernement.

Jean-Georges Trouillet
Secrétaire général et porte-parole

Quelle : Unser Land

Ministerin Gourault zu Besuch im Elsaß

Posté le septembre 17th, 2018 by Klapperstein

Bild © Facebook / Préfet du Haut-Rhin

Colmar/Straßburg – Die französische beigeordnete Ministerin Jaqueline Gourault (MoDem), die damit beauftragt wird, mit den fremdländischen Provinzen zu verhandeln – sie war bisher schon die Gesprächspartnerin der korsischen Landesregierung, die eine Erweiterung des Autonomiestatuts der Mittelmeerinsel anstrebt – besuchte am Freitag und Samstag nun das Elsaß, das seit über drei Jahren gegen die von Paris entschiedene Zwangsfusion in die künstliche ostfranzösische Großregion „Grand Est“ rebelliert.

Am Freitag besuchte sie das Oberland, wo sie u.a. in Colmar von Bezirkstagspräsidentin Brigitte Klinkert in Anwesenheit des französischen Präfekten für das Oberelsaß empfangen wurde. Im Interview mit der Tageszeitung „Dernières Nouvelles d’Alsace“ erklärte die Ministerin, daß „die [französische] Regierung alles“ für „die Rückkehr einer von den Elsässern und Elsässerinnen erwarteten Gebietskörperschaft Elsaß“ tun wird und kündigte die Gründung von Arbeitsgruppen zwischen Mandataren und Behörden an, um die Frage der Kompetenzen dieser neuzuschaffenden Gebietskörperschaft zu erörtern, die u.a. in den Bereichen „Zweisprachigkeit, Tourismus, Landesstraßen bzw. Ökosteuer“ liegen sollten.

Am Samstag besuchte sie das Unterland, wo sie am Morgen in der Präfektur im Schloß Klinglin in Straßburg eine aus Generalsekretär Jean-Georges Trouillet (s. Bild) und Martin Meyer bestehende Delegation der elsässisch-autonomistischen Partei „Unser Land“ eine Stunde lang empfing. Man merke nebenbei, daß es vielleicht sogar das erste Mal seit 1918 ist, daß ein französischer Regierungsvertreter überhaupt offiziell mit elsässischen Autonomisten sprach…

Am Nachmittag organisierten die Autonomisten entsprechend eine Demonstration gegen die Großregion „Grand Est“ in der Straßburger Innenstadt.

Bild © Facebook / Unser Land

Quelle : Strassburger Zeitung

Georges Schuler verläßt LR-Fraktion im Regionalrat

Posté le septembre 16th, 2018 by Klapperstein

Straßburg – Der Regionalrat und Bürgermeister der Stadt Reichstett (Kreis Straßburg-Land) Georges Schuler hat entschieden, die Fraktion der Partei „Les Républicains“ (LR) im Regionalrat der sog. ostfranzösischen Großregion „Grand Est“ zu verlassen, wo „er sich in den letzten Wochen zutiefst unwohl fühlte.“

Herr Schuler stehe „zu einer Entscheidung, die sicher nicht die [Rottners] bzw. vieler Mandatare [seiner] Mehrheit“ sei, sondern wolle er „das Sprachrohr von denen sein, die ihn gewählt haben und wollen, daß das Elsaß einen Statut wieder habe,“ so Schuler. Fortan wird er als unabhängiger elsässischer Regionalrat im Parlament der Ostregion sitzen.

Der derzeitige Präsident des Regionalrats der 2015 fusionierten Großregion und frühere Oberbürgermeister von Mülhausen, Jean Rottner, der sich ursprünglich als Verteidiger des Elsaß stilisiert hatte, verfolgt inzwischen – ganz besonders seitdem er zum Präsidenten des Regionalrats gewählt wurde… – eine Paris hörige Linie, die von 83% der Elsässer vehement abgelehnt wird.

Quelle : Strassburger Zeitung

Lettre ouverte au préfet du Grand Est, M. Jean-Luc Marx

Posté le février 11th, 2018 by Unsri Heimet !

Communiqué de presse du l’association UNSRI HEIMET du 10 février 2018

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Lettre ouverte au préfet du Grand Est, M. Jean-Luc Marx

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Monsieur le Préfet,

Vous avez été chargé par le Premier ministre, M. Edouard Philippe, d’une mission de réflexion sur « l’évolution du Bas-Rhin et du Haut-Rhin à l’intérieur du Grand Est », tout en évaluant « la réalité des volontés exprimées ». Vous devez ainsi résoudre un étonnant paradoxe, car tout indique que la sortie du Grand Est correspond à la volonté exprimée par le plus grand nombre. Vous ne pouvez en effet ignorer que 117 000 Alsaciens ont signé une pétition dans ce sens, et que 84% des Alsaciens souhaitent voir l’Alsace redevenir une région à part entière (sondage CSA de mai 2017) :

https://www.csa.eu/fr/survey/les-alsaciens-et-leur-region

Si cela ne suffit pas pour vous convaincre de cette « réalité », vous n’avez qu’une seule solution : organiser un référendum sur la « question alsacienne », posant clairement la question de la sortie de l’Alsace du Grand Est. Toute autre solution de type demi-mesure qui instaurerait une forme d’Alsace dans le Grand Est, et qui par fusion des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin mettrait de surcroît le droit local en danger, est vouée à l’échec et ne ferait qu’accroître la malaise alsacien.

A travers votre rapport au Premier ministre, vous pouvez soit préconiser d’entretenir le mécontentement du plus grand nombre, comme c’est le cas dans la situation actuelle, soit proposer d’accéder aux revendications légitimes de l’écrasante majorité des Alsaciens.

Dans votre réflexion, vous ne pouvez pas faire l’économie de consulter le plus largement possible la population alsacienne, ni vous contenter d’en référer aux seuls élus – dont certains sont prompts à croire en une solution par définition insatisfaisante qui diviserait durablement les Alsaciens – et aux représentants de la société civile.

La mission qui vous a été confiée est la reconnaissance explicite du fait et du malaise alsaciens par la République. Les Alsaciens demandent réparation du préjudice subi né de l’adoption de la loi du 16 janvier 2015 relative à la délimitation des régions, pour ne pas avoir été préalablement consultés. La Charte européenne de l’autonomie locale obligeait en effet la France à organiser un référendum, comme le Conseil de l’Europe l’a rappelé lorsqu’en 2016 il a constaté à l’unanimité la violation par la France de la

Charte européenne. La loi antidémocratique a non seulement spolié les Alsaciens de toute représentation politique et institutionnelle propres, elle a aussi enchaîné les départements alsaciens dans une construction administrative artificielle, irrespectueuse des spécificités alsaciennes qui se sont ainsi trouvées bridées. Il est inutile de préciser que la grande région est également une importante source de gabegie, comme l’indique la Cour des comptes dans ses rapports.

Monsieur le Préfet, les Alsaciens ne veulent pas d’une Alsace au rabais, ils veulent d’une Région Alsace à statut particulier, qui soit véritablement innovante sur le plan institutionnel et ouverte sur son espace naturel rhénan. Il est temps de réparer la faute grave commise par le gouvernement précédent. La France, pays le plus centralisateur d’Europe, s’honorerait de reconnaître qu’elle peut aussi être riche de ses régions, de leurs cultures et de leurs identités respectives.

Monsieur le Préfet, si le droit à la différenciation repose sur le caractère marqué d’une identité sur un territoire donné, les Alsaciens demandent incidemment pour l’Alsace le même droit à la différenciation que celui qui sera accordé par la constitution à la Corse, car en effet, l’identité alsacienne n’est pas moins marquée que l’identité corse : culture, dialecte, droit local notamment. Le président de la Région Bretagne, M. Loïg Chesnais-Girard, réunira le 15 février prochain le Conseil régional afin de travailler sur la question du droit à la différenciation pour la Bretagne. L’Alsace se caractérise elle aussi par une forme d’insularité, territoriale, parce qu’elle est enclavée géographiquement entre Vosges et Rhin tout en étant frontalière au cœur du continent européen et naturellement largement ouverte sur l’Allemagne et la Suisse.

La France n’a jamais été un bloc monolithique que dans l’esprit de certains gouvernants, ignorants des réalités locales. Le centralisme outrancier, cultivé depuis trop longtemps, nuit à l’efficacité de l’action publique. L’autonomie locale est l’âge adulte de la démocratie.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, les salutations vigilantes des Alsaciens.

Pour l’association UNSRI HEIMET,

Le Président,

Dominique Greder.

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Lettre ouverte au format PDF disponible ici.

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Très belle initiative de l’association les Alsaciens Réunis !

Posté le décembre 30th, 2017 by Unsri Heimet !

« Bravo, et sachez que bien évidement l’association Unsri Heimet soutiendra cette démarche. »

La question alsacienne relève clairement du droit international. L’État français a violé de façon ostensible et délibérée la Charte européenne de l’autonomie locale l’obligeant pourtant à organiser un référendum en cas de modification des limites des collectivités territoriales.

Ce faisant, il a renié à la fois la parole donnée aux Français de respecter leurs collectivités territoriales ainsi que ses engagements internationaux vis-à-vis de tous les États parties à ce traité.

L’État français aurait pourtant pu dénoncer ce traité préalablement à l’adoption de la loi et démontrer ainsi sa véritable nature antidémocratique. 46 des 47 États membres du Conseil de l’Europe ont constaté et dénoncé cette violation par l’État français du droit de près de deux millions d’Alsaciens à pouvoir disposer de leur représentation politique propre à travers une collectivité territoriale indépendante de toute autre.

L’Alsace et les Alsaciens ont été spoliés de ce droit fondamental à exister politiquement et institutionnellement, et ils doivent être rétablis sans plus attendre dans l’exercice de ce droit.

Le Conseil de l’Europe, dans ses conclusions, a invité l’État français à prendre des mesures, mais rien n’a été fait depuis mars 2016.

Au vu du droit international, de force supérieure à la loi française comme le stipule la Constitution, la revendication du rétablissement d’une Région Alsace apparaît plus légitime que la revendication séparatiste catalane, quelle que soit la sympathie pour cette dernière.

Ce qui s’est passé pour l’Alsace serait inimaginable en Corse, qui au 1er janvier 2018 disposera d’une collectivité territoriale unique. Le manque de respect de l’État français pour l’Alsace et son histoire est intolérable.

Face à l’absence de dialogue et à l’autisme des autorités françaises qui persistent dans l’erreur historique commise en rayant l’Alsace de la carte et des manuels scolaires, la démarche des Alsaciens Réunis auprès des plus hautes instances de l’Organisation des Nations Unies a pour but d’alerter la communauté internationale sur le déni de démocratie qui a cours en France et d’inscrire l’Alsace institutionnelle à l’agenda du prochain Forum sur les questions relatives aux minorités du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, lequel doit se tenir le 3 décembre 2018.

Une entrevue a été demandée dans ce sens par voie de courrier et de message électronique adressé au Secrétaire Général de l’ONU, M. António Guterres, dont les Alsaciens Réunis sont sûrs d’obtenir une écoute attentive.

Ils souhaitent informer et sensibiliser le Secrétaire Général au sort de l’Alsace et au malaise alsacien.

En 2016 déjà des Alsaciens, Bretons, Corses ou Savoisiens s’étaient rendus au Forum pour demander le statut de minorité nationale. C’est bien la démonstration que le Forum est tout à fait indiqué pour constituer une tribune où les Alsaciens peuvent être écoutés et entendus à l’échelle de la planète. Cette fois, les Alsaciens Réunis demanderont à cette tribune internationale qu’il soit reconnu aux Alsaciens le droit fondamental d’exister « à nouveau » politiquement dans leur propre pays, ce dont une loi inique les a privés.

Outre le Secrétariat Général des Nations unies, le même courrier a été adressé au Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, au Conseil de l’Europe et aux médias nationaux, régionaux et locaux. Les Alsaciens Réunis sont confiants. Ils ne lâcheront rien jusqu’à réparation du préjudice subi, et sont prêts à faire le déplacement à Genève ou à New-York.

Ils invitent tous les défenseurs sincères de l’Alsace à soutenir leur démarche pour en garantir un succès le plus large possible à l’échelle « régionale ».

Il n’y a aucune fatalité et les Alsaciens, qui avec une constance exemplaire demandent à 84% le retour de la Région Alsace, doivent se battre et le faire savoir, c’est ce que font les Alsaciens Réunis, car la victoire est au bout du chemin.

Le droit international est du côté de l’Alsace et des Alsaciens, comme l’a démontré la plainte couronnée de succès devant le Conseil de l’Europe.

Leur cause est de facto juste et légitime.

Au-delà des questions juridiques, tous les indicateurs démontrent que le « grand est » est une hérésie qui nuit gravement, chaque jour un peu plus, à l’identité alsacienne.

Il n’y a aucune appétence pour le « grand est » malgré les efforts inutiles et onéreux de quelques complices zélés de l’État français.

Tous les secteurs dans lesquels l’identité alsacienne pouvait s’exprimer sont atteints, sans oublier l’économie, le tourisme et même la structure sociale.

Un mouvement de fond se manifeste contre le « grand est », mais il faut à présent des résultats.

Il n’est pas encore trop tard, mais il faut agir vite.

Vive l’Alsace !

Président des Alsaciens Réunis. Sébastien Dell’Era

Vice Président. Chris SPRAUEL

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Pour voir la vidéo de Sébastien DELLERA, président de l’association les Alsaciens Réunis le 29.12.2017 au JT de France 3 Alsace c’est ICI

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Elsàss/Alsace

Posté le décembre 18th, 2017 by Unsri Heimet !

Il y a peu de provinces de France dont le nom pose problème quant à son origine. « Berry » vient de la tribu gauloise des Bituriges, « Provence » du latin Provincia, « Champagne » de « campagne », « Lorraine » de Lothar, petit-fils de Charlemagne. Mais qu’en est-il de l’Alsace ?

En 610 apparaît pour la première fois dans les documents latins la forme Alsatia. Ses habitants sont alors les Alsatii (sing. Alsatius), ou les Alesaciones (singulier : Alesacio, prononcer Alésatsio) vers 630. La forme française actuelle vient du germanique Elsass et c’est l’origine de ce dernier qui nous occupe ici.

La difficulté du problème tient à l’inépuisable fantaisie de certains érudits, mais aussi aux arrière-pensées politiques, qui n’ont jamais cessé de polluer la recherche historique. Soyons clairs : expliquer l’origine d’Alsace par le celtique ou le germanique, revenait, à certaines époques, à faire basculer les Alsaciens du côté de la France — et à en faire des Celtes — ou de l’Allemagne – et à en faire des Germains —. La réalité dans cette terre de contacts a des chances d’être plus complexe que cela.

À la veille des invasions germaniques du Ve siècle, il subsiste en Alsace des zones qui ne sont romanisées que superficiellement, et ceci, malgré 4 siècles de présence romaine. Il suffit de se rendre au Musée archéologique de Strasbourg et voir les stèles du IVe s. qui associent des divinités parfaitement romaines et d’autres, clairement celtiques. Or, dès cette époque, non seulement les Alamans s’infiltrent, mais des barbares sont déjà là, au service des Romains. Lors de la bataille d’Argentoratum, en 357, Julien l’Apostat avait dans ses troupes des soldats et des officiers portant des noms aussi peu romains que Bainobaudes ou Charietto.

En 406, les Alamans reviennent définitivement en Alsace et s’installent. Les noms des lieux et des hommes prennent une teinte germanique, sans effacer pour autant le substrat romano-celtique. On ne peut nier la persistance de ce dernier, pas plus que la présence physique des Germains. Or, c’est dans ce contexte de cohabitation, deux siècles plus tard, qu’apparaît le nom Alsatia.
Après ce rappel, passons en revue les thèses qui tentent de donner un sens à ce nom.
Il en existe en gros cinq.

Une première explication germanique. On la trouve sous la plume d’Ermold le Noir, au IXe s., soit 2 siècles après l’apparition du nom Alsatia. Ce dernier est décomposé en ali (autre) et saz, établissement. Le sens général serait alors : « établissement à l’extérieur ». Ce serait le nom donné aux Francs installés dans la province, en terre alémanique par ceux restés outre-Rhin. C’est séduisant sur le plan linguistique, et cela s’intègre au contexte, mais la proximité chronologique d’Ermold avec ce qu’il décrit n’est pas une garantie de solidité scientifique.

La seconde explication germanique. Le nom *Alisaz serait une contraction de Alilandsaz ou Alemannensaz, soit « établissement dans un autre pays » ou « établissement » des Alamans. L’idée d’une contraction est acceptable : après tout, *Bischofsheim a bien donné Bischheim. Malheureusement, on ne peut aller plus loin.

La troisième explication germanique. *Illsass : « établissement sur l’Ill ». L’Alsace serait donc, à l’origine, le pays des riverains de l’Ill. Cette rivière apparaît sous le nom Alsa à plusieurs reprises entre le Xe et le XIVe s. ; mais parallèlement, il existe une forme Illa, ce qui donnerait à penser, disent les linguistes, que Alsa est une formation savante.

Première thèse celtique. Elsass viendrait du celte alisa (= Falaise, cf. Alésia) : les Alsaciens seraient ceux établis au pied de la « Falaise » des Vosges. On peut se demander, pourtant, ce que cette falaise a de prégnant dans le paysage.
Seconde thèse celtique. Le nom viendrait de alisa, « aulne ». L’Alsace serait le pays des aulnes. On verrait pourtant mal pourquoi la présence d’aulnes serait devenue la caractéristique de l’Alsace.

Dans un article où il faisait la critique des thèses germaniques, F.J. Himly rappelle dans quel ordre les différentes formes du nom sont apparues. Les plus anciennes : Alesacius, Alsatius, Alesacio (plur. –iones), sont du VIIe s. Elles désignent clairement une population. Ensuite, au VIIIe, on trouve pagus Alisacinsae, pagus Alisacinse, pagus Alsacinse, etc., ce qui signifie « district des Alisacii ». Il est donc clair que le nom des habitants a servi à nommer le territoire. Ce nom de population — en jargon technique, cela s’appelle un ethnique ou un ethnonyme – apparaît au moment où les noms de lieux de notre province sont en train de se germaniser, avec des terminaisons en –heim, –ingen, –hof, etc. Admettre une origine celtique à cet ethnique qui trouve la force de s’imposer dans la littérature dans un tel contexte pose déjà un problème de vraisemblance.
Par ailleurs, pour qu’il se maintienne, voire s’impose, il faut qu’il ait connu un usage et un enracinement particulièrement fort avant même l’arrivée des Germains. C’est un point qu’il faut examiner.

Pour les Romains, l’Alsace faisait partie de la Germanie supérieure (Germania superior). En dehors de ces repères administratifs, les indigènes se définissaient-ils par une falaise ou des aulnes, comme certains le voudraient ? La réponse existe depuis 2000 ans chez les auteurs gréco-latins. La région était divisée en une cité des Triboques (civitas Tribocorum) et une cité des Rauraques (civitas Rauracorum). Il s’agissait en fait de deux tribus, probablement celtiques, dont la présence remonte à César. Or, les Tribocchi, se définissaient comme « ceux qui habitent en villages (trib-) ». Les Rauraci étaient les « riverains de l’Aar (Araura) ». Ces deux groupes ne se définissaient donc ni par une falaise, ni par des aulnes, mais par leur mode de vie et par un cours d’eau. À l’époque antique, il ne semble donc pas qu’il y ait place pour l’explication proposée. Par ailleurs, un nom commun à toute la zone ne peut avoir émergé qu’après la disparition de la division en deux cités, et la modification ethnique du pays.

Ceci autorise à penser que les noms Alsatii, Alesaciones, etc. comprennent au moins une composante germanique. Celle qui semble poser le moins de problèmes est saz, « établissement ». Par contre, pour El-, on spécule, comme on le voit dans les thèses exposées plus haut. La plus simple, celle qui demande le moins de contorsions est le nom du fleuve, l’Ill.
Les Ale-sacii seraient donc les « gens établis le long de l’Ill ». Cette explication n’empêche pas que le nom de la rivière puisse être d’origine celtique, voire pré-celtique. Après tout, ce sont les hydronymes (noms de cours d’eau) qui changent le plus lentement. Pensez à Rhenos > Rhein > Rhin ; à *Brusca > Breusch > Bruche ; à *Araura > Aar ; *Matra > Moder ; *Scara > Scheer. On pourrait objecter que le nom de l’Ill, avec son éventuelle variante *El n’est pas attesté à l’époque romaine. En Alsace, nombre de cours d’eau portent un nom clairement germanique : Giessen, Mühlbach, Herrenbach, etc. Leur nom fait parfaitement sens en allemand. Or, ce n’est pas le cas pour l’Ill. Il est donc pré-germanique, voire pré-celtique.Le nom de notre province pourrait donc être mixte. Les Alamans en s’y infiltrant, se seraient nommés, — dans leur langue à eux — d’après une rivière dont ils auraient conservé le nom. Ce dernier peut parfaitement avoir présenté des variantes locales.

À l’appui de cette explication, je voudrais rappeler le cas de la borne milliaire romaine de Weitbruch. On y lit une indication de distances en lieues (unité gauloise !), et les noms Vicco Broca. On y reconnaît le latin vicus, « agglomération, bourgade » et le celtique broca, « coupure, limite ». Or, il est clair que c’est de Vicco Broca que vient Weitbruch, d’aspect parfaitement germanique, et qui se traduit par « vaste marécage ». En fait, il y a trois strates dans ce nom : le celtique broca, le romain vicus, puis le germanique Weitbruch, qui est en fait une réinterprétation.
De même, on peut parfaitement admettre que l’Ill ait porté un nom celtique ou pré-celtique, Illa ou Ale ou El, et que les Germains en s’installant sur ses rives aient pris le nom de Ale-saciones, (*Ale + sass), « riverains de l’Ale », nom qui se serait ensuite étendu à toute la rive gauche du Rhin. Le nom allemand, Elsass, aurait été formé sur la variante El.
Dans un contexte où de nouveaux toponymes germaniques viennent se superposer où se juxtaposer à un vieux fond celtique ou pré-celtique, l’étymologie proposée serait-elle choquante ?

L’Alsace entre dans l’histoire

À partir du IIIe siècle, la pression des peuples germains se fait de plus en plus forte. Les incursions alamanes se multiplient en 235, 245, 260, 355 (Strasbourg est saccagée par les Alamans), 357 (bataille de Strasbourg), 378 (bataille de Horbourg ou les Alamans infiltrés en Alsace sont rejetés sur la rive droite du Rhin)… Le système défensif romain s’effondre en 406. Les Alamans s’installent dans le sud et le centre du pays, imposent leur langue et leur autorité. Les gallo-romains se regroupent sans doute dans les villes ou autour d’elles, sous l’autorité de l’Église et de l’évêque, seuls vestiges solides et garants de la culture romaine…
Au nord de la forêt de Haguenau les Alamans sont au contact des Francs. L’affrontement entre ces deux peuples germaniques sera inévitable.
Les Francs s’installent dans le nord de la France et en Belgique au début du Ve siècle. Une dynastie émerge, celle des Mérovingiens (Mérovée, 448-457).

260 ; Sous la pression des Germains, les Romains évacuent les Champs Décumates. Le Rhin redevient la frontière de l’Empire.

406/07 ; C’est la période de la «grande invasion» de la Gaule. Les Alamans s’installent définitivement en Alsace. Saint Jérôme signale le «transfert» de Strasbourg en Germanie. Les Romains redressent néanmoins une ultime fois
la situation.

451 ; Strasbourg détruit par les Huns et occupée par les Alamans. L’invasion des Huns, sous la conduite d’Attila, marque la fin de l’Alsace gallo-romaine et les débuts de l’Alsace alémanique. Les Alamans parachèvent l’occupation de l’Alsace.
Un dialecte germanique, l’alémanique, se substitue dans la quasi-totalité de l’Alsace aux langues romane et celtique.
La population gallo-romaine a-t-elle été chassée de ses terres ou a-t-elle été assimilée progressivement
? Des patois celtiques et gallo-romains ont-ils pu survivre à cette tourmente ? Pendant combien de temps ?
Poussant leurs incursions de plus en plus vers le nord de la Gaule, les Alamans se heurtent à une tribu germanique, les Francs.

496 ou 506 ; L’Alsace est annexée au royaume franc.
Clovis soumet les Alamans lors de la bataille de Tolbiac en 496. A noter que la bataille de Tolbiac se déroula peut être en 506, le roi des Ostrogoths, Théodoric, recevant à cette date une lettre où les Alamans demandaient sa protection, suite à leur défaite contre les Francs.
Les Francs s’installent en Alsace en petit nombre, mais y encadrent la société alamane (ils forment sans doute le noyau noble de la future féodalité alsacienne…). Ils colonisent la région de l’Outre-Forêt (au nord de Haguenau). Ils y introduisent leur langue, le francique ; les dialectes actuels de cette région présentent des traits qui portent témoignage de cette colonisation.
Deux dialectes germaniques coexistent à présent en Alsace :
– le francique au nord
– l’alémanique dans le reste de l’Alsace
La frontière des langues date des Ve et VIe siècles (invasion des Alamans et des Francs), mais ce n’est qu’à partir du IXe siècle que les hommes prennent conscience de la différenciation de leurs parlers (parlers romans d’un côté des Vosges, parlers germanique de l’autre). Qu’est-ce qui a déterminé le tracé de cette limite des langues ? Les Alamans qui s’étaient installés en Alsace n’ont pas poursuivi leur progression vers l’ouest. Ils n’ont pas franchi les épaisses forêts vosgiennes et les monts jurassiens du Sundgau de sorte que le tracé de la frontière linguistique qui longe la crête des Vosges semble avoir été déterminé par les obstacles naturels. Le tracé de la frontière des langues se modifiera assez peu jusqu’à nos jours, ce qui témoigne de l’ancienneté de cette limite. Les modifications les plus importantes interviennent dans la Vallée de la Bruche et de la Lièpvre avant et après 1648 et sont liées aux migrations de population.

610 ; En 610 apparaît pour la première fois dans les documents latins la forme Alsatia. Ses habitants sont alors les Alsatii (sing. Alsatius).

Vers 630 ; La Chronique de Frégédaire parle d’Alesaciones pour désigner «ceux qui habitent» in Alesacio (prononcer Alésatsio), «en Alsace».

640-767 ; L’Alsace devient une entité politique, un duché.
Les rois Mérovingiens font de l’Alsace un duché afin de se protéger sur la frontière rhénane.
Parmi les ducs d’Alsace : Gondoin (vers 640), Boniface (avant 661), Etichon – Adalric, père de saint Odile (662-690), Adalbert (690-722), Liutfried (722-767).
Les ducs favorisent l’expansion du christianisme en créant des abbayes : Wissembourg, Marmoutier, Munster, Murbach, Hohenburg (Mont-Sainte-Odile). Le pays se rechristianise (apport des moines irlandais – saint Florent) et vers 650 sont créés les évêchés de Bâle et de Strasbourg.
Après Dagobert II (629-639), affaiblissement des Mérovingiens. Ils seront appelés « les rois fainéants
» et supplantés au VIIIe siècle par les Carolingiens, qui suppriment le duché en 767, trop puissant à leurs yeux.

842 ; Serments de Strasbourg entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, prononcé en langue tudesque et romane, il est le plus ancien document des langues germanique et française.
Louis le Germanique déclare son serment en langue romane pour être compris des soldats de Charles le Chauve. Et Charles le Chauve prononce le sien en langue tudesque pour qu’il soit entendu des soldats de Louis. Cette façon de procéder constitue aussi, outre la compréhension par les soldats de l’autre partie, un acte symbolique.

843 ; Traité de Verdun : L’Alsace fait désormais partie de la Francie médiane (domaine de l’empereur Lothaire). Le traité de Verdun, conclu par trois fils de Louis le Pieux, lui-même fils de Charlemagne, après une querelle d’héritage (voir les Serments de Strasbourg de 842), divise le royaume de Charlemagne en trois.

855 : l’Alsace revient à Lothaire II et fait partie de la Lotharingie.

870 ; Traité de Meersen : la Lotharingie est partagée entre Charles le Chauve et Louis le Germanique. L’Alsace est rattachée à la Francie orientale (domaine de Louis le Germanique agrandi au traité de Meerssen). Elle fera ensuite partie du Saint-Empire romain germanique jusqu’au XVIIe siècle.

884 ; L’Alsace divisée en deux comtés : Nordgau et Sundgau.

917 ; Naissance en Alsace de Gontran le Riche (comte d’Alsace de 917 à 954), plus vieil ancêtre confirmé de la dynastie des Habsbourg.

925 ; En 925, quand Henri l’Oiseleur s’empare de la Lotharingie, il en détache l’Alsace pour l’intégrer au Duché de Souabe.

1015 ; La première pierre de la cathédrale de Strasbourg est posée.

1115 ; Frédéric II construit vers 1115 un château en Alsace, sur une île de la Moder, autour duquel se fonda la ville d’Haguenau. Ce château est devenu palais impérial sous Frédéric Barberousse.

1125 ; Frédéric II de Hohenstaufen prend le titre de duc d’Alsace.
L’Alsace est dévastée lors de la lutte opposant Frédéric II « Le Borgne » à Lothaire III de Saxe, duc d’Alsace et de Souabe, tous deux prétendants au trône du Saint Empire Romain Germanique.

Vers 1125 ; Les Habsbourg acquièrent le titre de Landgraves de Haute Alsace.

1262 ; Bataille d’Oberhausbergen. Fin de la domination épiscopale sur la ville de Strasbourg. Strasbourg, ville libre d’Empire (Freie Reichsstadt).

1273 ; Élection à l’Empire de Rodolphe de Habsbourg, Landgrave de Haute Alsace. Il crée le grand bailliage (Landvogtei) de Haguenau.

1331-1360 ; Révolutions dans les villes, qui mettent fin à la domination du patriciat et assurent le pouvoir municipal aux corporations de métiers.

1354 ; Fondation par Charles IV de la ligue des dix villes impériales (Décapole).

1358 ; L’empereur Charles IV fait de Seltz une ville libre d’Empire. Elle le reste jusqu’en 1414.

1386 (9 juillet) ; La bataille de Sempach
De nombreux nobles alsaciens qui combattent sous la bannière des Habsbourg sont tués lors de cette bataille. On chiffre ce nombre de tués à 15 % de la noblesse alsacienne.

1404 ; Fondation des Illsassen, une structure de coopération de villes et bourgades riveraines de l’Ill, qui espéraient, par leur coopération, régler les problèmes de navigation, de pêche et de meunerie. L’abbé d’Ebermunster, le comte de Ribeauvillé, les villes de Colmar, Sélestat, Strasbourg, le seigneur de Rathsamhausen, l’évêque et le grand chapitre de Strasbourg, conscients de l’intérêt vital de l’Ill, se concertent pour prendre des mesures nécessaires au maintien du lit navigable à une largeur de 24 pieds environ.

1444 ; Louis XI organisa en Haute-Alsace des pillages et laissa derrière lui la misère et la destruction. Ce roi demanda de plus à la ville de Strasbourg si elle voulait devenir française. La réponse alsacienne d’un peuple qui encourageait des villes libres selon l’esprit germanique fut directe : « Niemals… » (jamais). Dès la seconde moitié du XIVe siècle, la convoitise française pour une Alsace « riche, opulente et dans le chemin de l’humanisme » éclate au grand jour. Le désir d’y installer une principauté est très fort. De nombreuses incursions françaises militaires et mercenaires sont à noter jusqu’en 1648.

1444-1445 ; Invasion des Armagnacs, appelés par l’empereur Frédéric III du Saint-Empire pour mettre à mal l’autonomie des cités impériales ; après avoir écrasé les cités suisses, ils décident de s’attaquer aux cités alsaciennes. La noblesse alsacienne se joint à eux. Seules les villes fortifiées résistent. À la fin du siège, les Mulhousiens décident de dissoudre la corporation de la noblesse et expulsent les récalcitrants qui quittent la ville avec un profond ressentiment.

1466-1468 : Guerre des Six Deniers, la noblesse de Haute-Alsace tente de se venger des Mulhousiens et déclare la guerre à la cité pour un motif futile. Les Mulhousiens sont abandonnés par la Décapole et doivent leur survie à une alliance militaire avec Berne et Soleure appuyée par Schwytz, Uri, Lucerne, Zurich, Zug et Glaris. Le conflit gagne rapidement en intensité et l’empereur Frédéric III du Saint-Empire tente en vain de le faire cesser. Le landvogt prend le parti de la noblesse qui assiège Mulhouse, ce qui provoque l’entrée de troupes de la Confédération en Haute-Alsace. Les Mulhousiens et les Confédérés écrasent la noblesse et ravagent toute la Haute-Alsace, rasant plus d’une centaine de villages sur les terres seigneuriales.
Sigismond d’Autriche dut signer en 1468 le traité de paix de Waldshut, qui reconnaissait les franchises et libertés dont bénéficiaient les Mulhousiens et leurs alliés. Il fut également contraint de dédommager financièrement les cités concernées. À la suite des violences commises, la tension entre les Mulhousiens et le reste des habitants de Haute-Alsace demeura très vive.

1493 ; Première conspiration du Bundschuh (à Sélestat).

1515 ; À la suite de la Guerre des Six Deniers, Mulhouse conclut en 1515 une alliance définitive avec les cantons suisses afin de garantir une paix durable ainsi que le respect de sa souveraineté : elle se retirait ainsi de la Décapole.

1521 ; Landau intègre la Décapole, ligue de dix villes libres d’Alsace fondée en 1354.

1525 (avril-mai) ; Guerre des Paysans en Alsace.
Massacre de Saverne, défaites de Lupstein et de Scherwiller.
Ce soulèvement a été minutieusement préparé car il éclate dans toutes les parties de l’Alsace le même jour, le 14 avril 1525, et bénéficie d’un effet de surprise totale. Les autorités ne peuvent opposer aucune résistance. Le mouvement gagne très vite le Duché de Lorraine. Des paysans révoltés pénètrent dans la région de Blâmont, de Saint-Dié. Plus au nord, il gagne Dieuze et le bailliage d’Allemagne (la partie germanophone du Duché de Lorraine). Les insurgés occupent l’abbaye d’Herbitzheim qui devient un grand centre de rassemblement où 3 000 paysans lorrains rejoignent les révoltés alsaciens, fin avril-début mai. Les autorités sont ainsi menacées par une dangereuse entreprise de destruction de l’ordre établi. Aussi le duc Antoine de Lorraine se résout-il fin avril à monter une expédition militaire.
On estime à environ 20 000 le nombre des tués à Lupstein, Saverne et Neuwiller.

1621 ; Début de la guerre de Trente Ans (1618-1648) en Alsace proclamation de neutralité de la Ville de Strasbourg (traité d’Aschaffenbourg, 21 mars) et invasion des troupes de Mansfeld (20 novembre). L’Alsace est pillée à de nombreuses reprises, les massacres s’enchaînent, les villages sont rasés et brûlés, la famine se répand et la peste touche la région, la population fuit les villes et villages pour se réfugier dans les Vosges et dans les grandes forêts alsaciennes, environ 60 % de la population alsacienne est décimée. L’économie est anéantie. La République de Mulhouse, qui comprend également Illzach et Modenheim, est épargnée grâce à son statut de cité-État. Elle accueille massivement des réfugiés alsaciens dont le nombre est alors bien supérieur à celui des Mulhousiens. Le repeuplement sera conforté par l’arrivée de migrants suisses dont l’anthroponymie garde le souvenir : Schweitz.

1632 – 1634 ; La foudroyante offensive de Gustave Adolphe se termine tragiquement pour lui à Lützen le 16 novembre 1632. Mais son chancelier Oxenstiern et le général Gustave Horn prennent les choses en main : Le 7 juin 1632 Strasbourg conclut une alliance avec les Suédois alors que les généraux impériaux Ossa et Montecuculi placent des troupes dans leurs villes fortifiées ; en automne 1632 Horn envahit l’Alsace par Kehl. Le 1er septembre Erstein est pillée, puis Obernai et Rosheim. Benfeld résiste sous les ordres de Louis Zorn de Bulach : elle capitule après 7 semaines de siège et qu’une armée de secours eut été battue à Ebersheim. Le gouvernement Habsbourg d’Ensisheim reste totalement inactif.
Rouffach tombe le 21 novembre, Sélestat le 12 décembre. Le gouvernement Habsbourg se réfugie à Thann, puis à Porrentruy, enfin à Brisach. Le 20 décembre 1632, c’est la chute de Colmar. Horn quitte alors l’Alsace et le Rheingraf Otton termine la conquête par la prise de Thann et de Belfort. Haguenau doit accepter une garnison suédoise : au début de 1633 tout le pays est aux Suédois, sauf Saverne et Dachstein.
Devant le saccage et le pillage, les paysans du Sundgau se soulèvent fin janvier 1633 : il prennent Ferrette, tuent le comte d’Erlach, marchent vers Bâle et Belfort, mais une colonne est massacrée à Blotzheim par Von Harpff, et l’autre par Otton à Vézelois en mars. Par contre, le comte Lorrain de Salm, parti de Saverne, reprend Haguenau aux Suédois.
Au printemps 1633 le comte Christian de Birkenfeld remplace Otton. Il écrase l’armée lorraine à Pfaffenhoffen en août, mais ne peut reprendre Haguenau. En automne, l’armée Espagnole catholique du duc de Feria arrive en Alsace. Les Suédois évacuent en grande partie la Haute Alsace et lèvent le siège de Brisach. Les Espagnols passent en Souabe. Toutes ces armées vivent sur le pays dont la situation matérielle devient catastrophique.

1634–1637 ; Premières occupations françaises en Alsace.
C’est alors que Richelieu, pour contrecarrer la politique dos Habsbourg intervient directement. Fin 1633 le comte de Hanau – Lichtenberg met ses biens sous protection française : les armées royales occupent Bouxwiller, Neuwiller et Ingwiller. En janvier 1634 le comte de Salm demande au Maréchal de La Force la protection pour Haguenau et Saverne, à condition que ces villes réintégrassent l’Empire après la guerre. Le 6 septembre 1634, les Suédois sont battus à Nördlingen et implorent l’aide de la France : le 9 octobre un traité stipule que toutes les places fortes d’Alsace aux mains des Suédois passent au Français, hormis Benfeld, tout en garantissant droits et privilèges de ces villes (Colmar, Sélestat, Marckolsheim, Turckheim, Ensisheim, Munster, etc…). Prudent, le magistrat de Colmar conclut un accord spécial à Rueil pour réitérer les garanties. Ainsi, à la fin de 1634 une grande partie de l’Alsace se trouve entre les mains de Louis XIII. Les Français font leur apparition en 1635 dans la Vallée de Munster.
Richelieu va plus loin : par le traité de Saint Germain il place l’armée Suédoise (en fait une majorité de mercenaires) sous le commandement du jeune Prince Bernard de Saxe-Weimar, lui entretient une armée de 18 000 hommes et lui accorde les droits sur les territoires alsaciens des Habsbourg. L’Alsace connaît alors ses plus terribles années de guerre : les armées les plus diverses s’installent, pillant, dévastant, torturant, brûlant, massacrant et se comportant en pays conquis : Impériaux, Croates, Polonais, Français, Lorrains, Suédois, Espagnols… La misère la plus noire règne avec son cortège de famines, misère et épidémies. Jamais le pays n’a connu telle détresse.

1635 (1er août) ; Traité de Rueil entre la Ville de Colmar et la France.

1638 (8 décembre) ; Capitulation de Brisach.

1648 (24 octobre) ; Une partie importante de l’Alsace est cédée à la France par les traités de Westphalie, signés à Münster et à Osnabrück, l’Empereur cède au Roi de France ses droits et possessions en Alsace. Petit à petit, la couronne de France annexe les territoires alsaciens qui ne sont pas encore en sa possession.

1652 ; Des régiments lorrains sèment encore la désolation dans la vallée de Munster.

1655 ; Arrivée en Alsace du premier intendant, Colbert de Croissy.

1657 ; Edit de création du Conseil souverain d’Alsace qui sera installé à Ensisheim.

1672 ; Sur ordre du prince de Condé les français mettent le feu au pont sur le Rhin près de Kehl. Le Conseil de Strasbourg porte plainte contre cet acte devant Louis XIV, mais n’obtient de réponse. Cependant, lorsque les Strasbourgeois veulent rebâtir le pont, le roi de France le leur interdit catégoriquement, désignant en cette reconstruction un casus belli.

1673 ; Louvois occupe Colmar, Sélestat, Obernai, Rosheim, Munster, Haguenau, Wissembourg et Landau et en rase les murs d’enceinte.

1674 ; Turenne assiège le pont de Kehl, détruit Brumath et incendie Seltz. Il porte une contre-attaque le 4 octobre en Basse-Alsace, à Entzheim où l’on relèvera 6000 victimes.

1675 (5 janvier) ; Massacre des habitants de Türkheim par les troupes de Turenne. Destruction du château de Horbourg. Barr, Lauterbourg, Colmar, Sélestat, Obernai, Rosheim, Munster, Haguenau, Wissembourg, Landau, Benfeld… sont rasés et les châteaux de Hohenbourg, Cleebourg, Fleckenstein, Falkenstein, Vieux-Windstein, Hohenfels, Neuwindstein, Greifenstein, Hohbarr, Hohlandsbourg, Hohnack, Engelsbourg, entre beaucoup d’autres, sont détruits.

1677 ; Louis XIV décide de soumettre la Décapole par la force : Haguenau est prise par les soldats du maréchal de François de Créquy. Elle est incendiée, en janvier et en août 1677, par les troupes du général Montclar. Destruction du Château du Kochersberg (à Neugartheim, Strasbourg).

1678 ; Le maréchal de Créqui prend de force le pont de Kehl, le fait démonter malgré la neutralité de la ville de Strasbourg et tire un coup de canon sur la cathédrale de Strasbourg depuis son camp à La Wantzenau. Les Français incendient Lauterbourg.

1678-1679 ; La signature du traité de Nimègue (Traité du 17 septembre 1678 et traité du 5 février 1679) marque la fin de la Décapole. Seule la République de Mulhouse conserve son indépendance.

1680 ; Les Français détruisent le château de Lembach.

1681 ; Strasbourg est assiégée par une armée de 30 000 hommes sous le commandement de Louis XIV (28 septembre).
La noblesse de Basse-Alsace jure fidélité à la France à Niedernai (29 septembre).
Le ministre français Louvois rencontre à Illkirch les délégués strasbourgeois. Il déclare à ceux-ci, que la ville de Strasbourg doit se soumettre avant 7 heures du soir, sinon la ville sera considérée comme ennemie et traitée comme telle (30 septembre). Strasbourg capitule. Les Strasbourgeois doivent se soumettre à la force des armes.

1692 ; Le château de Hegle à Adelshoffen (Strasbourg) est détruit.

1697 (30 octobre) ; Au traité de Ryswick, le Rhin devient frontière entre la France et l’Empire.

Fin XVIIe-XVIIIe siècles ; La quasi-totalité de l’Alsace est sous domination française. À la veille de la Révolution (1789) la situation semble être la suivante :
« les immigrés [français] parlaient français et ignoraient l’allemand ; les masses populaires parlaient allemand [c’est-à-dire les dialectes] et ignoraient le fran-
çais ; la noblesse et la haute bourgeoisie parlaient français, mais savaient encore l’allemand ; la bourgeoisie moyenne parlait allemand, mais savait déjà le français
».

1736 ; Les Français écartent l’usage officiel de l’allemand en Lorraine Thioise.

1775 ; Résistance de la vallée de Munster : les habitants refusent de prêter serment. Le XVIII siècle est marqué par de graves conflits entre les Munstériens et l’autorité royale.

1789 ; Des recrues alsaciennes refusent l’enrôlement français et passent en masse aux Prussiens et aux Autrichiens. 50.000 Alsaciens fuient de l’autre côté du Rhin. Le mieux serait de « guillotiner le quart des habitants de cette province et d’en déporter le reste » dit le général français Lacoste.
Sac de l’hôtel de ville de Strasbourg (Pfalz) le 20 juillet et émeutes paysannes en Alsace (fin juillet-août).
Définition des nouvelles limites administratives de l’Alsace (30 décembre).

1789-1800 ; Les révolutionnaires veulent imposer le français dans tous les domaines de la vie publique (administration, justice, école…). Dans le même temps, l’on commence à établir un lien étroit entre la langue française et les sentiments patriotiques.
La Convention nationale française décret le 2 Thermidor An II (1794), que désormais tous les actes officiels doivent être publiés en langue française.

1790 ; Organisation des deux départements du Haut-Rhin (avec Belfort) et du Bas-Rhin (15 janvier – 4 mars) et « reculement » des barrières douanières au Rhin (30 octobre).

1798 ; Mulhouse est annexée par la France.

1815 ; Les Français incendient Mundolsheim le 27 juin pendant la bataille de Souffelweyersheim-Hœnheim, le village perdit 39 maisons et 84 autres bâtiments.
Les Wurtembergeois incendient le village de Souffelweyersheim et le maire, George Schaeffer, ainsi que 17 bourgeois du village, accusés d’avoir tiré sur les troupes wurtembergeoises, sont arrêtés et conduits au quartier général du Kronprinz, à Vendenheim pour y être fusillés. Cependant grâce à plusieurs interventions dont celles du pasteur Dannenberger, le Kronprinz Guillaume de Wurtemberg accepte de gracier les otages.

1853 ; Le français devient langue d’enseignement en Alsace.

1870/71 ; Batailles de Froeschwiller et de Woerth (5-6 aôut 1870). Sièges de Strasbourg (qui capitule le 28 septembre 1870) et de Belfort (jusqu’au 13 février 1871). La cession de l’Alsace-Lorraine à l’Allemagne est votée par l’Assemblée nationale française par 546 voix contre 107. L’allemand redevient langue d’enseignement en Alsace-Lorraine (sauf dans les régions francophones).

1871 (10 mai) ; Par le traité de Francfort, l’Empire allemand prend possession de l’Alsace, sauf les environs de Belfort ainsi qu’une partie de la Lorraine (Moselle).
Le 9 juin 1871, Bismarck fait voter une loi déterminant le statut de l’Alsace au sein de l’Empire : juridiquement l’Alsace est un « Reichsland », une terre d’empire, à l’inverse de tous les autres états de la fédération qui forment le Reich. Elle n’a aucun représentant, ni au Reichstag, ni au Bundesrat. Elle dépend directement de l’Empereur, qui nomme un Oberpräsidium (Président supérieur), Eduard Von Moeller (1814-1880), un spécialiste de l’assimilation.

1874 ; Après trois années de tutelle politique, Bismarck met en vigueur la Constitution de l’Empire d’Allemagne : l’Alsace-Lorraine reste un « Reichsland », une terre d’empire. Le 29 octobre 1874, une délégation régionale, le « Landesaußchuss » est créée. Les Alsaciens-Lorrains enverront 15 députés au Reichstag, mais ils n’auront qu’une voix consultative.

1877 ; Le 02 mai, le « Landesaußchuss » obtient le droit délibérer sur les lois à émettre par le Kaiser, qui reste cependant maître de la décision.

1879 ; Nouvelle évolution importante le 04 juillet : à la tête du Reichsland est nommé par le Kaiser un gouverneur provincial ou Statthalter. Disposant de pouvoirs plus étendus, il est assisté d’un ministère d’Alsace-Lorraine (un secrétaire d’État, trois sous-secrétaires) et de deux assemblées renouvelables tous les trois ans : la Délégation « Landesaußchuss » de 58 membres élus au suffrage universel indirect (Issus des conseils généraux) et un Conseil d’État ou « Staatsrat » de 12 à 16 membres, tous nommés par l’empereur. Le « Landesausschuss » peut désormais faire des propositions de loi et envoie toujours 15 députés au Reichstag de Berlin, avec voix uniquement consultative. Le paragraphe de la dictature est maintenu.

1881-1885 ; Lois sociales allemandes (assurance-maladie, accidents de travail, retraites).

1898 ; Constitution du « Cercle de Saint-Léonard » symbolisant l’avènement d’une nouvelle génération d’intellectuels et d’artistes alsaciens.

1911 (mai) ; Le 26 mai 1911, les députés du Reichstag votent le « Verfassungsgesetz » (loi constitutionnelle), par 212 voix contre 94, les opposants étant principalement des conservateurs peu influents, les militaires, et 12 des 15 représentants du Reichsland Elsass-Lothringen. Seules trois voix alsaciennes comptent dans cette majorité : celles du socialiste Bernard Boehle, de Jean Hoeffel et de Léon Vonderscheer. Le 31, la loi est promulguée.

1912 ; Entre 1912 et 1913, la question du drapeau est débattue au sein des diverses factions du Landtag. Très vite un consensus en faveur du Rot un Wiss se dégage. Le 12 mai 1912, devant le Landtag et au nom du puissant Zentrum, le chanoine Muller demande un drapeau officiel pour l’Alsace « qui pourrait être l’emblème de notre particularisme et de notre autonomie » : « Was es zum Teil durch unsere Konstitution erreicht und zum Teil noch zu erreichen hofft : « ein Wahrzeichen unserer Eigenheit und unserer Selbständigkeit. »
Effectivement, le 25 juin 1912, le Landtag d’Alsace-Lorraine adopte le drapeau rot un wiss à l’unanimité et lui confère ainsi une légitimité historique. Ce vote suivait les deux motions présentées par le Zentrum (Charles Hauss) et le parti libéral-démocrate (Georges Wolf) ainsi que les conclusion d’une commission chargée d’élaborer une proposition définitive. Mais le Kaiser se braque et refuse d’agréer le vote du parlement alsacien. Viendra la guerre.

1913 (novembre-décembre) ; L’incident de Saverne montre les tensions grandissantes entre les Alsaciens et Mosellans et l’Empire.

1914-1918 ; Déclaration de guerre (3 août 1914). Stabilisation du front sur les Hautes-Vosges (batailles du Hartmanswillerkopf et du Linge en 1915). Etat de siège.
Le 14 octobre 1918, Le gouvernement allemand tente in extremis de garder l’Alsace-Lorraine en lui accordant ce qu’il lui avait toujours refusé : l’autonomie et l’égalité avec les autres États allemands et nomme Statthalter Rudolf Schwander assisté du Staatssekretär Karl Hauss ; avec un protestant et un catholique, on pense ainsi ménager les susceptibilités religieuses, mais cette nomination déchaîne la fureur d’Eugène Ricklin, « le Lion du Sundgau », qui se voyait déjà dans la place : il joue donc la carte anti-allemande et déclare dépassé le statut d’autonomie.

1918 (novembre) ; Le 3 novembre six Alsaciens, membre de l’Elsässer-Bund, envoient un télégramme au président Wilson pour lui demander que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes soit reconnu à l’Alsace-Lorraine. Pendant ce temps l’abbé Sigwalt, curé de Rountzenheim, fait de la propagande pour une République d’Alsace-Lorraine neutre, mais le 6 novembre il y ajoute un article très maladroit dans l’Elsässer, où il rappelle que : « Un peuple catholique ne peut s’accommoder d’un État athée », ce qui rappelle aux protestants qu’une Alsace-Lorraine indépendante risquerait d’être dominée par la religion rivale.
Avant même l’armistice du 11 novembre 1918 qui met fin à la Première Guerre mondiale, des troubles se produisent dans les principales villes de la région. Des conseils d’ouvriers et de soldats (Soldaten- und Arbeiterräte) d’inspiration marxiste se forment à Mulhouse le 9 novembre, puis à Strasbourg, Colmar et ensuite Metz à partir du 10, sur le modèle de la Révolution allemande.
Le 10 novembre, avec l’arrivée des marins de Kiel, une « République des conseils » est proclamée ; il y avait donc deux gouvernements, dans la mesure où l’équipe Schwander-Hauss représentait encore quelque chose et où l’on pouvait considérer comme un ensemble les divers conseils d’ouvriers et de soldats qui surgissaient partout en Alsace-Lorraine, et étaient parfois deux à se partager la même ville. Pour ajouter à la confusion le professeur Wurtz avait prévu de convoquer au Sängerhaus le 11 novembre un comité réunissant des personnalités d’Alsace-Lorraine pour prendre le pouvoir et proclamer d’indépendance de l’Alsace-Lorraine. Mais la tentative avorte. Le Landtag, qui s’est transformé en Nationalrat après avoir absorbé les députés alsaciens Lorrains au Reichstag, renverse Schwander, et c’est Eugène Ricklin qui le remplace, pour peu de temps d’ailleurs, car vient alors le chanoine Delsor. On ne sait plus qui gouverne ; d’autant plus qu’éclate la révolution et qu’une république des conseils est proclamée.
Le 11 novembre 1918, le Landtag d’Alsace-Lorraine se proclame Nationalrat/parlement national dont la présidence est confiée à Eugène Ricklin. Profitant d’un vide légal suite à l’abdication de Guillaume II, le Nationalrat devient l’autorité même du Reichsland. Quelques jours plus tard, devant l’avancée des troupes française et sous l’impulsion de la révolution de novembre, elle se proclame République libre. Mais la situation est précaire et le rêve d’une Alsace indépendante semble s’éloigner. Les Français entrent dans Strasbourg le 22 novembre (d’où le nom de la fameuse rue) et mettent un terme à l’éphémère République libre.
Le 13 novembre : le drapeau rouge flotte sur la cathédrale de Strasbourg, et y reste jusqu’au 20 novembre.

1918 ; Retour des jacobins
Le retour des Français en 1918, sera marqué par une débauche de déclarations patriotiques, de discours martiaux des généraux et officiels français et de pavoisement tricolore. Le nationalisme français est alors à son apogée. Pour l’Alsace, Paris fait le choix d’une assimilation rapide. Ainsi est entreprise une vaste campagne de « débochisation » accompagnée d’une épuration ethnique impitoyable qui se soldera par l’expulsion de 130.000 à 150 000 Alt-Deutsche et « bochophiles » alsaciens-mosellans. La constitution alsacienne de 1911 est carrément ignorée. Hansi et l’abbé Wetterlé tombent le masque et dénigrent maintenant le Rot un Wiss. Wetterlé déclare à présent qu’il est « un sérieux obstacle à la réassimilation ».
La purification ethnique est lancée :
Novembre 1918 : la France reprend possession de l’Alsace… une nouvelle fois sans que la population ait été consultée. Après un demi-siècle d’appartenance à l’Empire allemand – une période faste pour l’Alsace-Lorraine qui avait connu un développement sans précédent et obtenu une constitution propre -, la « normalisation » du pays est à l’ordre du jour (…et le restera jusque dans les années 60).
Aussitôt, les nouvelles autorités marquent la volonté de tourner rapidement la page du Reichsland. Elles veulent en finir une fois pour toutes avec la germanité des Alsaciens et leur « langue boche ». Elles n’ont qu’une obsession : « débochiser » l’Alsace afin qu’elle reste « pure de la souillure germanique », selon le vieux slogan de la Ligue d’Alsace.
Dès leur entrée dans le pays, les autorités françaises mettent en place des mesures pour faciliter l’épuration des Vieux-Allemands. Parmi celles-ci, la plus ignoble est probablement l’attribution de cartes d’identités ethniques répartissant la population en quatre catégories A-B-C-D…. une première en Europe. En simplifiant : A : Alsaciens de souche qualifiés de « simples boches » (par opposition aux Allemands qualifiés de « doubles boches ») ; B : ceux dont le père ou la mère avaient la carte A et dont l’autre ascendant était Allemand ; C : ceux dont le père et la mère étaient nés dans un pays allié ou neutre ; D : Allemands (ou Autrichiens) immigrés après 1870 ainsi que leurs descendants, tous étant voués à l’expulsion.
Le classement des Alsaciens-Lorrains en quatre catégories se déroulera sur deux mois, de décembre 1918 à janvier 1919. Il contraindra les Alsaciens de souche à effectuer des démarches généalogiques fastidieuses et parfois compliquées, souvent vexatoires. Quant aux employés des mairies, ils seront contraints de se plonger dans les registres pour valider la généalogie des uns et des autres, pères, grands-pères, arrière-grands-pères, nécessaire à l’établissement des cartes.

sources ;

http://www.alsace-histoire.org/…/chronologie-antiquite-xxe…/

http://www.crdp-strasbourg.fr/…/histoire-en-bref/textes/his…

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9capole_(Saint-Empire)

https://als.wikipedia.org/wiki/Bundschuh-Bewegung

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Ier_de_Germanie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gontran_le_Riche

http://germanie.wikidot.com/merovee

http://www.histoire-fr.com/merovingiens_clovis_et_son_oeuvr…

Brève Histoire de l’Alsace, par André WECKMANN
avec la collaboration de Théodore RIEGER.

Charles de Lasablière, Histoire de la ville de Mulhouse jusqu’à sa réunion à la France en 1798.

Pierre JACOB, Professeur agrégé d’histoire, ancien membre de la Casa Velazquez (Madrid) et titulaire d’un doctorat d’Etat des Lettres et Sciences Humaines.

Michel Paul Urban, LIEUX-DITS, DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE ET HISTORIQUE DES NOMS DE LIEUX EN ALSACE. Éditions du Rhin, Strasbourg, 2003.

François Jacques HIMLY, « À propos des origines du nom de l’Alsace. Fantasmes et réalités ». Cahiers alsaciens d’archéologie d’art et d’histoire, Mélanges offerts à Jean-Jacques Hatt, T. XXXVI, 1993, p. 223-227.

http://www.wittmann-bernard.com/…/67-vient-de-paraitre-une-…

http://unsri-heimet.blogspot.fr/…/trkheim-ville-martyre-de-…

http://www.persee.fr/doc/gazar_0016-5522_1996_num_174_1_3428
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https://alsaciae.org/…/1675-massacre-des-habitants-de-turk…/

http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=8&pChapitreId=2769&pSousChapitreId=2771&pArticleLib=Les+su%E9dois+en+Alsace%A0%3A+1632+%96+1634+%5BL%92Alsace+au+XVII%E8me+si%E8cle-%3ELa+guerre+de+trente+ans%5D

http://emig.free.fr/ALSACE/Schicksalsschlaege.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Duch%C3%A9_de_Souabe

https://fr.wikipedia.org/wiki/Landau_in_der_Pfalz

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Nim%C3%A8gue

http://www.munster.alsace/histoire_ville.aspx

Unsri Heimet sur Facebook

Non à un monstre administratif, oui au retour à la Région Alsace.

Posté le décembre 18th, 2017 by Unsri Heimet !

Le destin de l’Alsace ne sera jamais scellé. Le Président de la République et le gouvernement, malheureusement encouragés par certains parlementaires alsaciens, irrespectueux de la volonté de retrait d’une forte majorité d’Alsaciens, ont à plusieurs reprises annoncé leur intention de maintenir l’Alsace dans le Grand Est. Le motif invoqué serait le risque de contagion en cas de modification du découpage de la carte territoriale régionale. Cette réforme régionale serait si fragile qu’il ne serait pas possible de corriger l’intégration forcée de l’Alsace dans le Grand Est sans remettre en cause tout l’édifice. Peu crédible!
Mauvais prétexte à une bien mauvaise solution: un projet de monstre administratif aussi ubuesque qu’ingérable est avancé. Nous estimons au contraire que faire perdurer une situation injuste et inefficace pour l’Alsace, réduite à un méga département , entraînera un nouveau malaise alsacien durable, une longue période de désamour entre l’Alsace et certains de ses représentants , entre l’Alsace et La République en Marche, entre l’Alsace et la sphère gouvernementale.

Surtout il n’est pas admissible, dans un pays se disant démocratique et celui des Droits de l’homme, et héritier des Lumières, que l’attente – exprimée dès l’origine à l’unanimité des collectivités territoriales et confirmée récemment à 85% des Alsaciens interrogés par plusieurs sondages successifs – d’ une organisation politique et administrative de l’Alsace s’appuyant sur son entité régionale historique et culturelle soit ignorée et même bafouée. Une Alsace qui a disposé à plusieurs étapes de son histoire d’une large autonomie administrative propice à une économie et une civilisation florissantes.
Pour nous, la sortie de l’Alsace et son retour à une région de plein exercice, renforcée des compétences nécessaires à son dynamisme, à ses particularités juridiques, linguistiques, économiques, transfrontalières et culturelles reste la seule issue crédible à une situation stupide que les Alsaciens n’ont pas choisie, et pour laquelle ils n’ont pas été consultés. Un statut administratif de seconde zone les plaçant en situation d’infériorité institutionnelle est inacceptable. L’intégration forcée dans le Grand Est a été massivement refusée lors de deux pétitions ayant reçu un énorme soutien populaire: 115 000 signatures pour l’une rejetée avec mépris par le précédent président du Grand Est , l’autre de 70000 signatures initiée, comble du cynisme en politique locale, par le nouveau président de ce « machin ».

Se contenter de pseudos compétences en matière d’économie, d’attractivité et de tourisme dans un super département « Alsace » comme viennent de le proposer quelques associations bas-rhinoises est tout simplement ridicule.
Cela signifierait en outre que l’Alsace serait durablement, voire définitivement, empêtrée dans une trop grande région plus vaste que la Belgique et la Suisse Ses effets pervers sont dénoncés régulièrement : énormes dépenses supplémentaires pour aligner les rémunérations des personnels et des élus, lourdeurs et graves dysfonctionnements de son fonctionnement et de celui des multiples structures qui en dépendent.

Nous ne renoncerons pas : l’Alsace mérite mieux que des petits arrangements entre camarades de promotion ou entre élus, et des reculades face à une stratégie ouvertement destinée à la priver de sa capacité à prendre son destin en main. Nous continuerons de revendiquer pour l’Alsace l’intégralité des compétences régionales élargies à des attributions nouvelles lui permettant de gérer les situations spécifiques la concernant (droit local, bilinguisme, coopération transfrontalière…).

Bernard Stoessel, Monique Matter, Patrick Kleinclaus, François Schaffner.
Extrait de la page Facebook « Manifeste pour l’Alsace »

Unsri Heimet sur Facebook

L’école A.B.C.M et les chocolats Daniel STOFFEL

Posté le novembre 15th, 2017 by Unsri Heimet !

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Thierry Roland Kranzer