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Unsri Heimet

Unsri Heimet – do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Victoire historique pour les nationalistes corses

Posté le décembre 16th, 2015 by Klapperstein

Les nationalistes corses ont gagné les élections dimanche dernier et les grands médias de propagande en ont très peu parler, occupés qu’ils étaient à savourer la victoire inattendue du front républicain sur le Front National. Il est vrai qu’évoquer la victoire elle aussi inattendue des nationalistes corses eût quelque peu gâcher la fête. Outre le fait que la République Une et Indivisible est intrinsèquement allergique à toute forme d’identité régionale, les nationalistes corses ne sont en effet pas moins opposés au mondialisme et aux sacro-saintes valeurs républicaines que ne l’est le Front National sur lequel se porte toutes les attentions médiatiques.

Si l’on additionne les votent identitaires en Corse qui sont d’une façon ou d’une autre profondément anti-système (puisque l’idéologie droit-de-l’hommiste est fondamentalement opposée à toutes formes d’identités, qu’elles soient nationales, régionales ou communautaires), on en arrive a un pourcentage relativement proche de la majorité absolue de plus de 44%. Si on fait cette même addition en Alsace des partis nationalistes français et du parti autonomiste alsacien Unser Land, cette fois-ci au premier tour, on obtient même le chiffre de plus de 47%. Qu’il s’agisse de l’identité franco-française ou des identités dites régionales, tout porte à croire que les votent identitaires (malgré l’influence importante des médias de propagande et le caractère antidémocratique des modes de scrutins) sont en train de devenir majoritaires, d’autant plus qu’ils sont beaucoup plus portés par les jeunes électeurs que par leurs parents et grand-parents.

Que vive les identités quelles qu’elles soient, longue vie au peuple corse, Elsass frei. UH

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Régionales : victoire historique pour les nationalistes en Corse

Le maire nationaliste de Bastia Gilles Simeoni s’impose en Corse, selon les résultats définitifs publiés par le ministère de l’Intérieur.

Le maire de Bastia Gilles Simeoni, qui menait la liste nationaliste, termine en tête des régionales en Corse. Dans cette quadrangulaire, il recueille 35,32% des voix, selon les résultats définitifs publiés par le ministère de l’Intérieur. Il devance le candidat divers gauche et président sortant du Conseil exécutif corse, Paul Giacobbi, qui enregistre pour sa part 28,55% des suffrages.

Suit un peu plus loin, la liste de l’union de la droite et du centre de José Rossi avec 27,03%. Le candidat du Front national Christophe Canioni termine quatrième (9,10%).

« Une volonté profonde d’une véritable alternative »

« Cette victoire est celle de tous les Corses et d’une Corse qui a envie de construire son présent et son avenir », a déclaré Gilles Simeoni à France 3 Corse, après l’annonce des résultats. Exprimant sa « joie » et son « émotion pour ceux qui se sont battus pour notre idéal, qui ont sacrifié leur liberté et parfois leur vie, depuis tant d’années », Gilles Simeoni a qualifié cette victoire d »historique » et salué ses concurrents.  »Elle montre », a-t-il ajouté, « une volonté profonde d’une véritable alternative, d’une soif de démocratie, de développement économique et de justice sociale ».

Des milliers de militants et sympathisants nationalistes ont défilé en chantant et en agitant des drapeaux corses blancs à tête de Maure dans les rues de Bastia et d’Ajaccio où résonnaient des concerts de klaxons.

Quelle : lejjd.fr


Être ou ne pas être français ? Ce que nous dit la Corse


La victoire des nationalistes en Corse est passée relativement inaperçue dans le grand tohu-bohu que nous venons de vivre. Les grands événements s’annoncent sur des pas de colombe, écrivait Nietzsche. Or la victoire de gens qui proclament l’existence d’un peuple corse distinct du peuple français constitue un événement qu’on ne saurait négliger. Car c’est bien de cela qu’il s’agit avec le succès historique de la liste de M. Gilles Siméoni, allié au lugubre Jean-Guy Talamoni.

Le vote corse ne concerne que quelques dizaines de milliers d’électeurs, mais il est emblématique d’un état d’esprit et on s’étonne que M. Valls, si prompt à sonner les trompettes des valeurs républicaines en danger sur le continent, ne se soit pas encore manifesté.

Certes, ce vote ne concerne que quelques dizaines de milliers d’électeurs, mais il est emblématique d’un état d’esprit et on s’étonne que M. Valls, si prompt à sonner les trompettes des valeurs républicaines en danger sur le continent, ne se soit pas encore manifesté. Il est vrai qu’en Corse, comme sur le continent, le discours sur les valeurs républicaines tombe à plat face à la revendication identitaire. Sur le continent, c’est le FN qui assume cette revendication.

En Corse, ce sont les nationalistes, qui sont, comme le FN, allergiques à la mondialisation. Mais ils nous disent aussi autre chose. Ce que nous disent les Corses identitaires c’est qu’ils ne se sentent plus Français, mais exclusivement Corses. La Corse qui fut francophile jusqu’à De Gaulle, ne l’est plus.

En Corse, ce sont les nationalistes, qui sont, comme le FN, allergiques à la mondialisation. Mais ils nous disent aussi autre chose. Ce que nous disent les Corses identitaires c’est qu’ils ne se sentent plus Français, mais exclusivement Corses. La Corse qui fut francophile jusqu’à De Gaulle, ne l’est plus. De nombreux insulaires ne se considèrent plus français qu’administrativement dans un pays où le seul drapeau qui vaille est celui de la tête de maure. A quoi bon maintenir la fiction de l’État nation dans une région qui se sent de moins en moins française? Nous devrions y réfléchir plutôt que de nous cacher derrière la ligne Maginot des valeurs de la république. Car le cas corse est l’expression d’une crise de l’Etat nation affaibli par l’Europe et la mondialisation. Franco-maghrébins qui hissent des drapeaux algériens ou marocains à la moindre occasion et nationalistes corses participent d’un phénomène à certains égards comparable. Ils témoignent, chacun à leur manière, d’une dissociation, devenue banale, entre nationalité administrative et sentiment d’appartenance communautaire. Quant au vote Front national, il exprime la montée d’un communautarisme franco-français qui répond aux communautarismes des minorités encouragé par la gauche depuis si longtemps. La gravité de cette situation nous oblige à aller au fond des choses. Qu’est-ce au juste qu’être Français? Tant que nous n’aurons pas répondu à cette question en délaissant nos ornières idéologiques, nous ne verrons pas d’issue à la crise identitaire qui travaille ce pays. Face à ce défi, la gauche nous ressasse son catéchisme obsolète.

Non, M. Cambadélis, être Français n’est pas adhérer à des valeurs, fussent-elle républicaines, c’est une appartenance qui ne relève pas de la politique.

Non, M. Cambadélis, être Français n’est pas adhérer à des valeurs, fussent-elle républicaines, c’est une appartenance qui ne relève pas de la politique. Quelles sont les valeurs des Italiens au juste? Et des Croates? Des Serbes et des Portugais? Il n’y a qu’en France, ou aux États-Unis, que l’on croit que les «valeurs» conditionnent l’existence d’un peuple alors que la langue, la culture ou la familiarité avec une région sont bien plus importantes. A cet égard, il est insupportable que nous ayons à subir, à tout propos, le chantage inculte de Manuel Valls et consort sur les «valeurs de la république». Qui sont ces gens pour nous dire ce que nous devons être? Ne savent-t-ils pas que la France a précédé la République et qu’on a été Français avant d’être républicain? Les plus grands écrivains français, depuis Balzac à Saint Exupéry en passant par Baudelaire et Giono n’étaient pas républicains et leur renommée est néanmoins universelle. Être Français n’est, ni plus ni moins valeureux qu’être Italien ou Américain, il n’y a pas lieu d’en avoir honte, ni d’en tirer une fierté déplacée. Je suis français si mes parents le sont ou si je le suis devenu par la naturalisation ou le droit du sol, voilà pour la réalité effective, mais aussi si je me sens lié à ce pays et impliqué par lui, voilà pour la réalité affective. Ce lien peut être très incarné, l’amour des paysages de France ou plus cérébral, l’amour de la langue. Il peut être religieux ou historique. Mais ce qui compte avant tout est d’être concerné. Or certains sont moins concernés par la France que consternés par ce qu’elle représente à leurs yeux. Ils sont les citoyens d’un pays qu’ils n’aiment plus et que parfois ils abhorrent. Mais après tout, nul n’est obligé d’être français. Pourquoi ces gens ne renoncent-ils pas à une nationalité qui n’a pas de sens à leurs yeux? Ce n’est pas que ces gens soient contre la solidarité nationale, au contraire, ils la réclament à cor et à cri, mais ce cri est utilitaire, voir alimentaire. Et puis il y a ces hexagonaux qui ne prisent plus un pays indigne d’eux. Eux sont universels ou citoyens du monde. La France est trop limitée pour ces esprits dont la pensée rayonne depuis New York à New Delhi. Mais pourquoi s’en soucient-ils autant alors? Pourquoi ne renoncent-t-ils pas à vouloir que la France, qui ne les mérite décidément pas, leur ressemble? Cette morgue étayée depuis tant d’années explique aussi le score massif du FN. Face à cette situation dramatique les Français doivent renouer un lien affectif avec un pays, la France, qui n’est pas un territoire administratif ou une idéalité abstraite. C’est ce lien sensible qu’il faut assumer, sans chauvinisme ni haine de soi et qui n’implique nullement de tourner le dos à L’Europe ou au vaste monde. «Je ne serais pas plus homme pour être moins français» écrit Malraux. Non la France n’appartient pas à tout le monde, contrairement à ce que prétend Danielle Mitterrand, mais à ceux qui s’en sentent les responsables parce qu’ils en sont les héritiers.

Quelle : lefigaro.fr

Elections régionales : les dés étaient pipés

Posté le décembre 16th, 2015 by Klapperstein

Ci-dessous le point de vue de Bernard Wittmann sur les élections régionales. A noter la déclaration emblématique du Secrétaire d’Etat à la Réforme territoriale André Vallini, qui en réponse à la demande d’Unser Land d’organiser un référendum, a affirmé que « le peuple manquait de maturité pour utiliser de façon pertinente cet outil de démocratie directe ». Kommentarlos ! UH

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Les dés étaient pipés

En tant qu’Alsaciens, avons-nous encore un avenir dans ce pays ? Après ces élections régionales la question mérite d’être posée. Les jacobins de Paris veulent notre mort et le système est totalement verrouillé. Quel espoir pouvons-nous avoir dans ce pays qui nous montre si peu de respect et dont le projet quasi obsessionnel est d’en finir avec nos particularités pour nous faire disparaître en tant que peuple. Regardons ces dernières élections régionales. Il apparaît clairement que, pour les autonomistes alsaciens, l’espoir d’envoyer des représentants à l’assemblée de l’ACAL était quasi nul compte tenu du faible poids numérique des Alsaciens dans cette méga-mégalo région grande comme deux fois la Belgique : les dès étaient donc pipés ! Et comment mener campagne pour intéresser les Champenois, les Ardennais et les Lorrains francophones à nos problématiques alsaciennes ? C’est mission impossible : les intérêts des trois régions qui composent l’ACAL sont trop divergents et les points de convergences quasi nuls ! Résultat, la liste régionaliste/autonomiste de Jean-Georges Trouillet n’a obtenu que des scores proches de 1% dans les deux autres régions (à l’exception de la Moselle où elle a totalisé 2,12% des voix). Et les excellents scores réalisés en Alsace, 12,65% dans le Haut-Rhin et 10,07% dans le Bas-Rhin, ne suffirent pas pour rattraper ce retard. Ainsi, le parti Unser Land, devenu le 3e parti d’Alsace, derrière le FN et les partis coalisés de droite LR-UDI-Modem, n’aura-t-il aucun représentant dans l’assemblée de la grande région, son score global sur l’ACAL (4,74%) n’ayant pas dépassé les 5%. Ainsi, 70 000 électeurs alsaciens ne seront tout simplement pas représentés : ils comptent pour des peanuts ! A l’inverse, dans une région Alsace, les deux listes départementales d’Unser Land ayant dépassé le seuil de 10% leur permettant de se maintenir, les autonomistes auraient pu disposer de 4 à 5 sièges à l’assemblée régionale pour se faire entendre.

A l’avenir, ce sont donc les Ardennais, les Champenois et les Lorrains qui, forts de leur supériorité numérique, décideront du sort de l’Alsace. C’était évidemment le but recherché par les jacobins du PS à l’origine de ce mariage forcé entre les 3 régions : il fallait museler l’Alsace, la noyer dans le nombre et la rendre ainsi inaudible !

Avec ce « Grand-Est », nous aurons ainsi le même problème qu’au niveau national : que pèseront 47 Alsaciens noyés dans la masse des 169 élus de l’ACAL !

La France : une démocratie « Canada dry »

Au vu de ces élections, il est donc tout à fait pertinent de douter de la démocratie française. Et force est de constater qu’elle ne fonctionne tout simplement pas. Le traitement pitoyable infligé à l’Alsace à l’occasion de cette fusion scélérate en est la meilleure illustration : l’usage de la démocratie pour les prises de décisions est quasi inexistant en France.

A cela s’ajoute que les Alsaciens, placés sous l’étroite tutelle de Paris et soumis à un régime de diktats, ne peuvent toujours pas décider pour et par eux-mêmes : la démocratie participative n’a pas cours dans notre « Jacobinie » qui ne connaît pas la subsidiarité ! La France, République autoritaire et centralisée plombée par la radicalité du projet jacobin, est donc tout sauf une vraie démocratie à l’image des pays voisins qui sont tous des démocraties décentralisées.

Du coup, les Alsaciens se retrouvent privés de tout espoir pour l’avenir. Il ne faudra donc pas s’étonner qu’ils se mettent en quête d’une échappatoire pour fuir l’asservissement et rechercher une voie émancipatrice leur ouvrant les portes de la responsabilisation. Et si Marianne persiste à s’accrocher à son idéologie totalisante jacobine, un divorce à l’amiable n’est pas à exclure.

Un double blocage

Si la démocratie est ainsi en situation d’échec en France, il y a deux raisons principales :

- La première est que les peuples allogènes y sont confrontés à une majorité oppressive qui a instauré partout des rapports dominant-dominé conduisant à un véritable système de colonisation intérieure. L’humanisme et l’universalisme dont elle se réclame sont purement décoratifs. Cette majorité entend imprimer ses marques à tout le territoire sans esprit de tolérance aucun à l’égard des peuples minoritaires auxquels elle refuse tout droit à la reconnaissance et à l’auto-administration et ceci au nom du principe sacralisé de l’unité nationale. Un exemple : en France, la discrimination linguistique est inscrite dans la constitution rendant ainsi impossible la ratification de la charte européenne des langues.

Or, face à une majorité oppressive, les règles démocratiques ne fonctionnent pas puisque les minorités, du fait de leur infériorité numérique et donc de leur incapacité à peser sur les votes, n’ont pas voix au chapitre. Et la possibilité offerte de mettre un bulletin dans l’urne tous les cinq ans ne suffit pas pour qu’on puisse parler de démocratie.

Ainsi, dans le système français, la règle démocratique de la majorité devient un instrument de la domination, la minorité étant en permanence soumise à la dictature du plus grand nombre. La démocratie parlementaire française, qui applique systématiquement la règle de la supériorité numérique, devient alors un piège mortel pour les minorités. C’est bien la loi de la majorité qu’on opposa aux Alsaciens pour leur imposer la fusion… sans même les consulter et, de plus, en violation d’un traité international ratifié par la France (Charte de l’autonomie locale). Si ce système français où la majorité impose sa loi à la minorité était appliqué en Suisse, où les Alémaniques représentent 70% de la population, cela fait belle lurette qu’on ne parlerait plus le français ou l’italien dans ce pays !

- La deuxième raison vient de l’idéologie nationale jacobine, une abstraction totalisante construite sur une expression citoyenne unidimensionnelle, qui imprègne les esprits depuis des générations. A cela s’ajoute un héritage impérialiste et colonialiste qui a façonné la pensée française. Alors que les autonomistes considèrent que la diversité est une richesse à préserver, pour les jacobins, elle est considérée comme un danger mortel pour l’unité de l’Etat qui, dans cette logique, doit les combattre pour les faire disparaître : « La France, pays de la diversité vaincue » était la devise de la IIIe République ».

Or dans cette idéologie en permanence dans l’abstraction et le déni du réel, la notion d’enracinement dans une terre est inexistante. Son idéal humain est un homme hors sol et sans liens affectifs avec un territoire. Ceci explique que le découpage régional a été décidé à Paris sans considération aucune pour les territoires historiques, espaces de vie séculaires de peuples aux identités particulières. Ajoutons encore que les jacobins, contrairement aux autonomistes, ne font pas confiance à l’homme et au peuple, ils s’en méfient. Le 12 Novembre 2015, le Secrétaire d’Etat à la Réforme territoriale, André Vallini, n’a-t-il pas dit à la délégation d’Unser Land venue pour lui demander d’organiser un référendum, qu’il pensait que « le peuple manquait de maturité pour utiliser de façon pertinente cet outil de démocratie directe »? C’est d’ailleurs pourquoi les jacobins, marqués par un puissant caporalisme, adorent règlementer, encadrer, édicter des lois, énoncer des interdits…

Un statut d’autonomie

Un statut d’autonomie négocié nous reconnaissant des droits particuliers reste ainsi la seule et unique voie pour nous extraire de ce système mortifère, antidémocratique et plombé par ses tares structurelles. Si l’Alsace ne l’obtient pas rapidement, elle risque bien de disparaître ! Aussi, ces régionales ne marquent-elle que le début de notre combat ! Le temps du respect des Alsaciens est arrivé, ils ont été suffisamment méprisés. Le moment est à présent venu de construire un nouveau rapport de force avec Paris ! Avec Unser Land, nous avons maintenant un parti alsacien solide avec un bon ancrage électoral, pour engager cette lutte existentielle !

Bernard Wittmann 6.12.2015

Quelle : hewwemi.net

Unser Land, troisième formation politique d’Alsace

Posté le décembre 8th, 2015 by Klapperstein

Jean-Georges Trouillet n’a pas réussi à bloquer la réforme territoriale par la voie juridique, mais il peut se flatter d’avoir installé Unser Land dans le paysage politique alsacien. C’est l’un des faits marquants de ce premier tour des élections régionales.

S’il n’a pas atteint, dans l’ensemble de la grande région, les 5% nécessaires pour fusionner au second tour avec une autre liste, le tout jeune mouvement régionaliste s’est imposé comme la troisième force politique d’Alsace.

Unser Land supplante le PS dans le Haut-Rhin

La liste « Non à l’ACAL, oui à nos régions » a recueilli dimanche soir 10,07 % des suffrages dans le Bas-Rhin, se classant quatrième. Dans le Haut-Rhin, avec 12,65 %, elle enlève la troisième place au PS.

Dans le Bas-Rhin, elle enregistre son meilleur score dans le canton de Sélestat (15,79 %) et de Wissembourg (14,53 %) alors que dans le Haut-Rhin, les cantons de Saint-Louis (20,67 %) et de Cernay (16,07 %) fournissent le plus fort contingent de voix. A l’inverse, la liste dépasse à peine les 5 % des voix à Strasbourg.

ACAL : l’alliance régionaliste réalise ses meilleurs scores dans le Haut-Rhin

Au total, 67 760 Alsaciens ont voté pour Unser Land, manifestant leur hostilité à l’ACAL et à la tête de liste LR-UDI-MoDem Philippe Richert accusé de « trahison » pour avoir joué le jeu de la grande région, soit 20 000 de plus que lors des élections départementales de mars dernier.

Au second tour, Jean-Georges Trouillet et ses têtes listes départementales en Alsace persistent et signent, puisqu’ils ont très rapidement appelé à voter blanc au second tour.

Quelle : France 3 Alsace

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Malgré l’architecture fondamentalement antidémocratique du système électoral  républicain, Unser Land  parvient à passer largement la barre  symbolique des 10% en Alsace. Un grand bravo à tous les militants et électeurs qui ont rendu possible ce score historique.

Evidemment, comme nous sommes prisonniers du pays des droits de l’homme et tributaires du fonctionnement de la pseudo démocratie française et républicaine, Unser Land, en plus de n’avoir aucun élu (bien que devenant la troisième force politique d’Alsace), se verra également privé du remboursement de ses frais de campagne ! Langt’s den no net ?

Plus que jamais, la République Française comme l’Union Européenne, en sortir c’est s’en sortir. Ohne Frànkrich in d’Zükunft, Elsàss frei ! UH

La vague d’attentats sans précédent qui a touché Paris hier soir et qui aurait fait, selon un premier bilan, au moins 127 morts, est la conséquence directe de la politique étrangère menée par la France en Syrie et qui vise moins la lutte contre le terrorisme salafiste que la destruction de ce pays et le renversement du président Bachar-al-Assad.

Si plusieurs auteurs du carnage perpétré dans la salle de concert du Bataclan auraient déclaré, selon des témoins : « C’est la faute de Hollande, c’est la faute de votre président, il n’a pas à intervenir en Syrie », il faut ici rappeler quelle a été la réalité de la politique française dans ce pays depuis le début du conflit en 2011.

La république française, comme le révèle le président François Hollande dans un entretien avec le journaliste Xavier Panon, a en effet fourni des armes aux « rebelles » syriens dés 2012. Par l’intermédiaire de la DGSE, ce sont des canons de 20 mm, mitrailleuses, lance-roquettes, missiles anti-chars qui auraient été livrés aux rebelles dits « modérés », en violation de l’embargo mis en place l’été 2011 par l’Union Européenne.

Un conseiller de l’Elysée admet également auprès de Xavier Panon :

« Oui, nous fournissons ce dont ils ont besoin, mais dans la limite de nos moyens et en fonction de notre évaluation de la situation. Dans la clandestinité, vous ne pouvez agir qu’à petite échelle. À moyens limités, objectifs limités. »

La France aurait également envoyé des forces spéciales sur le terrain destinées à la formation et au soutien opérationnel des combattants.

En mars 2012, treize officiers français ont ainsi été capturés par l’armée syrienne lors de la reprise du califat islamique instauré dans le quartier de Baba Amr à Homs par la brigade Al-Farsouq et Al-Waleed. Cette dernière a ensuite rejoint les rangs de l’Etat Islamique.

Le président Hollande, cité par le journal Le Monde a encore confié en août 2014 :

« Nous ne devons pas relâcher le soutien que nous avions accordé à ces rebelles qui sont les seuls à participer à l’esprit démocratique. »

Alors que le président Syrien Bachar-al-Assad a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’y avait pas de rebelles « modérés » sur le terrain, on peut s’interroger sur la véritable nature des groupes rebelles soutenus et armés par l’état français depuis 2012. Le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré à ce propos en 2012 que le Front Al-nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, « faisait du bon boulot »… Une plainte de victimes syriennes des groupes rebelles a d’ailleurs été déposé à l’encontre du ministre français à ce sujet auprès du tribunal administratif de Paris pour « les fautes personnelles commises par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans ses fonctions. »

Dans un rapport de 2012 l’agence de renseignement militaire américaine (DIA) avançait déjà que le soutien aux rebelles dits « modérés » profitait en réalité essentiellement à l’Etat Islamique. Selon le directeur de l’agence, le général Flynn le soutien indirect des USA et de la coalition occidentale à l’Etat Islamique « était une décision intentionnelle ». Dans un précédent article sur le rôle trouble de la coalition occidentale en Irak et en Syrie, j’avais également pointé différents éléments factuels qui montraient le soutien et la collaboration opérationnelle de la Turquie, des états-unis et d’Israël avec différents groupes djihadistes.

Ces différents éléments montrent assez clairement que la coalition occidentale, dont fait partie la France, a mené une politique de soutien à divers groupes djihadistes en Syrie dans l’objectif de renverser le président Bachar-al-Assad, sous couvert de la fiction de l’aide apportée à des groupes fictifs de rebelles « modérés ».

La véritable nature de ces prétendus groupes rebelles a été récemment mise en lumière par l’intervention russe qui a entraîné un déchaînement de protestations de la part des chancelleries occidentales au motif que les frappes aériennes auraient visé les rebelles soutenus par l’Occident. Or, les groupes frappés par l’aviation russe appartenaient à l‘Armée de la Conquête, qui regroupe notamment le Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda et des groupes islamistes comme Ahrar al-Cham.

Il est malheureusement fort peu probable que le soutien de l’exécutif français aux groupes djihadistes en Syrie soit dénoncé à la lumière de cette vague d’attentats sans précédents, qui constitue pourtant son aboutissement logique et prévisible. Le chaos auquel a été réduite la Syrie et la prolifération des groupes djihadistes sont en effet le résultat direct de la politique étrangère française au Proche et Moyen-Orient.

Alors que lors des précédents attentats de janvier dernier, l’exécutif avait érigé le réseau Internet, qui aurait favorisé« l’auto-radicalisation » des terroristes, présentés à l’époque de manière mensongère comme des « loups solitaires », en boucs émissaires censés masquer les lacunes et les incompétences des services de renseignement et de sécurité français, et instauré des dispositifs de surveillance de masse des citoyens, cette politique visant essentiellement les libertés individuelles, a montré aujourd’hui son inanité. Il est pour autant fort peu probable que les responsables des services de sécurité, dont le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve – qui ont une fois de plus failli à leur mission – aient à rendre des comptes. Le gouvernement et la classe politique, à quelques exceptions près, se retranchent une fois de plus derrière l’émotion et l’injonction à « l’unité nationale ». Pourtant, les mêmes qui aujourd’hui ont décrété l’état d’urgence et le rétablissement des contrôles aux frontières s’engageaient il y a quelques semaines à peine à participer à l’accueil des migrants syriens, au nom de principes humanitaires, et ce malgré les réserves de l’agence de coopération européenne Eurojust qui affirmait que le trafic clandestin entretenait des liens étroits avec les organisations terroristes en Syrie :

« C’est une situation alarmante parce que nous voyons clairement que le trafic est destiné à financer le terrorisme et que les passeurs sont utilisés parfois pour mener des infiltrations par les membres de l’Etat Islamique. »

Si comme le dit le président François Hollande, la France est « en guerre » aujourd’hui, elle le doit donc pour l’essentiel aux incompétences de l’exécutif et aux incohérences criminelles de la politique étrangère française qui a soutenu et armé les groupes djihadistes ayant plongé la Syrie dans le chaos…

Guillaume Borel, pour Arrêt sur info.ch, le 14 novembre 2015

Quelle : Les Crises.fr

Das Elsass retten (4/12)

Posté le novembre 8th, 2015 by Klapperstein

Unser Ziel war ein Dorf namens Heimweilerhausen. An diesem Tag stand das Dorffest an. Der Chef hatte den Bürgermeister angerufen und ihm, weiß der Kuckuck wie, die Erlaubnis zu einem Vortrag über die elsässische Geschichte abgerungen.

Als er mir sein Vorhaben darstellte, brach bei mir der Angstschweiß aus: Bierstände, Musikkapellen, fahrbare Flammenkuchenöfen und eine Predigt über die germanische Abstammung der Elsässer? Das passte wie die Faust aufs Auge! Oder vielleicht doch nicht? Ich behielt vorerst meine Bedenken für mich und hörte weiter zu. Doch mit einem Schlag trat er auf die Bremse und hielt am Straßenrand an.

Wir waren an lauter Maisfeldern vorbeigefahren und hatten jetzt rechts eine Kuhweide. Der Chef kletterte schon die Böschung hoch, sprang über den Zaun und lief querfeldein mitten durch das Revier der Kühe, die sich jedoch nicht weiter stören ließen. Ich folgte, ohne das rindviehische Hoheitsgebiet zu durchqueren, rannte das Gatter entlang um das Feld herum.

Da sah ich einen Bussard, der verzweifelt fortzufliegen versuchte, und immer wieder zu Boden fiel, als wäre er an den Füßen festgebunden. Der Chef zog sein Sweatshirt aus und bedeckte das Tier. Damit wurde es ruhiger und erlaubte ihm, es zu untersuchen: Die Krallen hatten sich in einem Draht verfangen. Es hätte den sicheren Tod bedeutet, wenn der Chef ihn von der Straße aus nicht gesehen hätte. Vorsichtig befreite er die beiden Füße. Schreiend flog der Vogel wieder fort.

Wir fuhren weiter und erreichten das Dorf nach einer Viertelstunde. Schon hundert Meter davor parkten die Autos links und rechts der Straße, so reihten wir uns ein und begaben uns zu Fuß zur Mairerie, wie das Rathaus auf Elsässerdeutsch heißt. Wir wurden schon erwartet. Der Bürgermeister, ein kugelrunder Mittfünfziger mit Walrossbart, schüttelte jedem die Hand und hieß uns willkommen. Nach den üblichen Floskeln über Wetter und Fahrt zeigte er uns den Weg.

Für den Vortrag hatte ich einen geschlossenen Raum im Kulturzentrum erwartet, doch führte er uns zum größten Bauernhof des Dorfes, dessen Eckbalken eine Inschrift trug, die mir ins Auge stach: »Erbaut 1610 Xaver u. Josefine Schmaus Herr segne dieses Haus«. Hinter dem riesigen Schiebetor, das zur Straße ging, lag links das eigentliche Bauernhaus, rechts die ehemaligen Stallungen, darüber die Knechtekammern – Räumlichkeiten, die längst als Mietwohnungen umgebaut worden waren – und hinten stand noch die alte Scheune, die das Viereck des etwa zweihundert Quadratmeter großen Hofs abschloss. Tische und Bänke standen in Reihen, alle besetzt, Bier und Wein schmierten die Kehlen, Würstchen und Pommes wurden emsig hinuntergedrückt. Lautsprecher berieselten das Ganze mit deutscher Schlagermusik. Ich bekam wieder Herzklopfen.

Es dauerte eine Weile, bis wir das Rednerpult am hinteren Ende des Hofs erreichten. Der Bürgermeister wurde auf Schritt und Tritt angesprochen, musste hier zwei Hände drücken, dort einen Termin versprechen, und als er endlich ans Mikrofon trat und die Musik schwieg, nahm seine Ansprache kein Ende. Ich wusste, dass ich für den Chef in diesem Moment keine Hilfe sein würde und verkroch mich in der Scheune. Hinter einem von Staub bedeckten Fensterchen, durch das ich ihn von hinten schemenhaft sah, vernahm ich seine ersten Worte.

Bald wurden die Menschen mucksmäuschenstill, das Raunen der Menge verschwand, kein Ruf, kein Auflachen, kein Klappern der Bestecke war mehr zu hören, der Chef sprach. Das, was er bei mir erreicht hatte, schaffte er auch hier. Er machte aus der Geschichte des Elsass ein spannendes Abenteuer. Beginnend mit den beiden Namen der Gründer des Hofes, die er wie ich auf dem Eckbalken gelesen hatte, erzählte er die verheerenden Ereignisse des Dreißigjährigen Krieges, die diese Bauern mit Sicherheit nicht überlebt hatten, erwähnte das Register der Stadt, das er aus dem Archiv des Départements kannte und wo die Bürger Heimweilerhausens die Gräueltaten der französischen Soldateska beschrieben.

Ich fühlte mich wie ein Idiot und schwor mir, fürs nächste Mal ein Diktiergerät zu kaufen um solche Vorträge aufzunehmen. Ich hatte nicht mal Bleistift und Papier dabei, so bin ich heute nicht mehr in der Lage, alles wortgetreu wiederzugeben. So viel ist sicher: Wie immer erzählte er nicht die Geschichte um der Geschichte willen. Was ihn interessierte, waren die Zusammenhänge und Auswirkungen in unserem Leben. Damit hatte der Bürgermeister scheinbar nicht gerechnet. Als der Chef anfing, die Autonomiebewegung der Zwischenkriegszeit zu besprechen, sah ich ihn mit rotem Kopf hin und her düsen, wahrscheinlich versuchte er, die Stimmung seiner Gemeinderäte zu erkunden. Doch schon hatte der Chef die Nachkriegszeit erreicht, der Moment, als Paris der elsässischen Kultur und Sprache den Garaus machen wollte.

Jetzt ertönten die ersten positiven Zwischenrufe. Ja, Frankreich hatte der deutschen Sprache im Elsass trotz Elyseevertrag den Krieg erklärt; ja, dadurch hatte es dem Ländel absichtlich dauerhaften Schaden zugefügt; ja, mit dem Verlust der Sprache verloren wir den Zugang zur eigenen Kultur und unsere Kinder zu den besten Arbeitsplätzen in Deutschland und in der Schweiz; und ja, damit standen wir noch schwächer vor der Krise da, als wir es ohnehin waren. Seine Rede gipfelte in dem Satz:

»De franzeesch Staat het Knächt üss uns gemacht un jetz will d’Europäisch Union uns versklave!«

Darauf folgte Beifallssturm. Von der Anerkennung des Publikums getragen, setzte er seinen Plan zur Rettung des Elsass auseinander: Schluss mit der repräsentativen, auf zur direkten Demokratie. Die Freiwilligen sollten sich sofort melden, man würde die Mitglieder der verfassunggebenden Versammlung auslosen. Heimweilerhausen war ab sofort von Frankreich und der Europäischen Union getrennt. Der unaufhaltsame Marsch des neuen Europa würde hier seinen Lauf nehmen. Als er den Hof damit zum ersten freien elsässischen Parlament erklärte, wurde es wieder still.

Spätestens hier wusste ich was kommen würde und handelte sofort. Was mich genau packte, weiß ich bis heute nicht, da ich sonst ein eher passiver Mensch bin. An der hinteren Seite der Scheune sah ich eine Tür und rannte hin: Sie war nicht verschlossen. Dann eilte ich zurück zum Fenster, schnappte im Vorbeigehen einen Stock, der an einem Heuwagen lehnte. Was ich befürchtet hatte, geschah.

Im neuen Parlament, erklärte der Chef, würde jeder an den Debatten teilnehmen dürfen, also alle Bewohner, auch jene, die die Staatsbürgerschaft noch nicht erhalten hatten. Damit brachte er auch den ersten Antrag ein: Sämtliche Illegale, die seit Jahren bei uns wohnten und Sklavenarbeit verrichteten, sollten vom neuen Staat Papiere bekommen, ihnen sollte die Ehre beschieden sein, die ersten freien Elsässer zu werden. Im gleichen Atemzug würde man den Krieg, den Frankreichs Eliten seit dreihundert Jahren gegen die afrikanischen Völkern führt, und sie damit zur Auswanderung nötigt, vor aller Welt an den Pranger stellen.

»Üssländer?«, drang eine Stimme aus der Menge, »Mit dämm Gsindel hann mir nix ze duen!«

Das war das Zeichen zum Angriff: Links erhob sich ein Mann, kletterte auf den Tisch, deutete mit dem Finger auf den Chef und kreischte auf französisch mit elsässischem Akzent:

»Tär lügt! Fir sind Frantsossenn! Är ist ain Natsi unt ain islamistischer Terrorist!«

Ich war aus der Scheune herausgeschlichen und sah eine Flasche Weißwein, von anonymer Hand aus dem Hintergrund geworfen, in rasanter Fahrt auf den Chef zufliegen.

»Buck di!«, schrie ich.

Zum Glück reagierte er auf der Stelle, so konnte ich, einem Baseballspieler gleich, das Geschoss mit dem Stock in Scherben schlagen. Die ersten Reihen wurden mit Wein und Glassplitter bespritzt. Es folgten Hilferufe, einer brüllte:

»Fange se, vorreb se abhaue!«

Ich packte den Chef am Unterarm und hastete mit ihm durch die Scheune. Draußen angekommen, versuchte ich die Tür mit dem Stock zu versperren, doch vergebens, nun mussten wir um unser Leben rennen.

Wir liefen durch winklige Gassen, an Gärten und uralten Mauern vorbei. Hinter uns johlte der Mob, Rufe eilten von Haus zu Haus, Hunde bellten aus allen Ecken, Holzschuhe klapperten auf dem Pflaster, Kochtöpfe schlugen Alarm und bald läuteten die Kirchenglocken Sturm.

Wir erreichten das Ende des Dorfs. Mir taten die Lungen schon weh. Vor uns lag eine frischgemähte Wiese, die sich, leicht bergab, bis zu einer doppelten Baumreihe erstreckte. Mit ziemlicher Gewissheit verbarg sie einen Fluss. Meine Schritte wurden immer kürzer, der Chef blieb auf meiner Höhe und spornte mich an. Vom Schweiß klebte mein Hemd schon im Rücken.

In der Mitte der Wiese angelangt, konnte ich nicht umhin, einen Blick nach hinten zu werfen und da sah ich sie: Das gesamte Dorf auf der ganzen Breite des Feldes, eine barfuß rennende Dampfwalze, die Frauen mit hochgezogenen Röcken, die nackten Schenkeln schwingend, die Männer mit schäumenden Mündern, Mistgabeln und Sensen hoch über ihre Köpfe haltend.

Ich beschleunigte das Tempo, als bräuchte ich nur aufs Gaspedal zu treten. Über den verrosteten Stacheldrahtzaun flogen wir mehr, als dass wir sprangen, fielen in ein Meer von Brennesseln, rollten die Böschung hinunter und stürzten in die rettende Flut der Zornthur, die uns im Nu wie Erdklumpen fortschwemmte.

Als ich den Kopf wieder aus dem Wasser streckte, lagen schon gute zweihundert Meter zwischen uns und der wilden Herde. Der Chef schwamm etwas weiter vor mir. Wir erreichten das andere Ufer. Durch dichtes Gebüsch kletterten wir aus dem Fluss. Wir waren am Rande eines Laubwaldes, der uns Sichtschutz bot. Da hielten wir nach unseren Verfolgern Ausschau. Sie hatten die Jagd aufgegeben.

Doch die Freude des Entkommens war von kurzer Dauer. Dicke Rauchschwaden kamen aus Heimweilerhausen. Bald war kein Zweifel mehr möglich: Unser Wohnmobil stand in Flammen.

Klitschnass, fröstelnd und wie betäubt zogen wir durch den Wald. Irgendwann, nach einer Stunde vielleicht, stießen wir wieder auf offene Felder. In der Abendsonne sahen wir eine Ansammlung von etwa zwanzig Wohnwagen. Kinder spielten im Freien, Männer standen um einen Feuer, Frauen bereiteten das Essen.

»Ziginer!«, sagte der Chef.

Wir waren gerettet. (Fortsetzung folgt)

Quelle : hewwemi.net

Unser Land : Wahlkampfveranstaltung in Mülhausen

Posté le novembre 1st, 2015 by Klapperstein

Appel à la mobilisation générale

Mulhouse, 1er grand meeting de campagne de la liste NON A L’ACAL, OUI A NOS RÉGIONS jeudi 5 novembre à 20h00 à la salle Lerchenberg 11 rue du Cercle avec présentation de tous les candidats alsaciens, en présence de Jean-Georges Trouillet, tête de liste inter-régionale et Nadia Hoog et Andrée Munchenbach têtes de liste départementales pour le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. Nous devons être des centaines!

Quelle : Unser Land Facebook

Agenda de campagne d’Unser Land

Posté le novembre 1st, 2015 by Klapperstein

Mardi 27 octobre Sainte Marie, salle casino, 14 rue Maimbourg, Colmar- 19h30

Création de la section Colmar

Mercredi 4 novembre Chez Marechal Gilbert, 65 rue principale, SALMBACH – 19h30

Réunion de section de L’Outre Foret

Jeudi 5 novembre Mulhouse, salle Lerchenberg – 20h00

MOBILISATION GENERALE: Grand meeting de campagne de la liste « NON A L’ACAL, OUI A NOS REGIONS » avec Jean-Georges TROUILLET, Andrée MUNCHENBACH, Nadia HOOG et tous les candidats alsaciens. Présence de nos soutiens!

Vendredi 6 novembre TV, Alsace 20 – 20h30

Jean-Georges TROUILLET, porte-parole d’Unser Land et tête de liste inter-régionale « NON A L’ACAL, OUI A NOS REGIONS » sera sur la chaîne Alsace 20 dans le cadre de la campagne des élections régionales sur le thème du développement durable et de l’écologie.

Mardi 10 novembre Librairie Kléber, Strasbourg – 12h30 / 14h00

Débat organisé par le club de la presse, en vu des régionales avec comme invités Jean-Georges TROUILLET, porte parole d’Unser Land et tête de liste inter-régionale « NON A L’ACAL, OUI A NOS REGIONS! » et les têtes de listes concurrentes

Jeudi 19 novembre Mulhouse, Campus la Fonderie – 18h00 / 19h30

2ème débat « mouvant » organisé par l’Alterpresse 68 et Radio MNE sur le thème du développement économique, de l’environnement, de l’emploi en Sud Alsace et la coopération avec les territoires voisins avec présence de Jean-Georges TROUILLET, de Nadia HOOG et de nombreux colistiers alsaciens

Vendredi 20 novembre TV, Alsace 20 – 20h30

Jean-Georges TROUILLET, porte-parole d’Unser Land et tête de liste inter-régionale « NON A L’ACAL, OUI A NOS REGIONS » sera sur la chaîne Alsace 20 dans le cadre de la campagne des élections régionales sur le thème de l’organisation territoriale.

Jeudi 26 novembre lieu à confirmer – 20h00

MOBILISATION GENERALE: Grand meeting de campagne de la liste « NON A L’ACAL, OUI A NOS REGIONS » avec Jean-Georges TROUILLET, Andrée MUNCHENBACH, Nadia HOOG et tous les candidats alsaciens.Présence de nos soutiens!

Jeudi 3 décembre Mulhouse, Campus la Fonderie – 18h00 / 19h30

3ème débat « mouvant » organisé par l’Alterpresse 68 et Radio MNE sur le thème des langues régionales et de l’enseignement avec présence de Jean-Georges TROUILLET, de Nadia HOOG et de nombreux colistiers alsaciens

Dimanche 6 décembre

1er tour des élections régionales – toute la journée

Quelle : Unser Land

Das Elsass retten (3/12)

Posté le octobre 31st, 2015 by Klapperstein

Ich lese die Notizen durch, die ich mir während unserer zweiten Reise gemacht habe: Lose Blätter, Zettel, Bögen. Sogar Papiertüten und das Innere einer Nudelpackung mussten gelegentlich herhalten, um die Erlebnisse des Tages niederzuschreiben. Manches ging unterwegs verloren, als wir Hals über Kopf flüchten mussten. Nun sitze ich vor dem Computer, habe eine neue Datei angelegt, ihr den Namen »Chef« gegeben und weiß nicht, wie es weiter gehen soll.

»Mach’s kurz!«, hat er zu mir gesagt: »D’Mensche nämme sich ke Zitt meh zuem läse, konzentrier dich uff ‘s Wichtigschte! Wenn de ferti bisch, wurd die Gschicht unser Manifescht sinn, d’r Manifescht vum elsässische Autonomismus!«

Natürlich war ich zu feige um ihm zu sagen, dass ich der Aufgabe nicht gewachsen bin. Seit Tagen sitze ich hier nur herum, halte Maulaffen feil, schmökere in alten Büchern, als würde ich dort eine Antwort finden, und mache einen Bogen um den Rechner wenn ich von der Bibliothek bis zu Couch gehe. Ich hasse mich.

Und doch muss ich mich ranmachen. Komme, was wolle.

Alles andere wäre Verrat.

Er war der einzige Passagier, der nicht vorm Fließband warten musste. Außer dem kleinen Rucksack, von dem er sich keine Sekunde trennte, hatte er kein Gepäck dabei. Mit seinem breiten Lächeln kam er stracks auf mich zu. Wir umarmten uns kurz. Ich fragte, ob die Reise gut verlaufen war, doch er eilte schon zum Ausgang:

»Komm«, sagte er, »ich erklär dir alles iwerem Fahre«.

Wir stiegen ins erste freie Taxi. Doch kaum fuhr es los, standen wir in einem Wald. Verdutzt sahen wir uns an: Wo waren die Autos, der Flughafen, die Leute, unser Taxi? Ringsum versperrten kerzengerade Stämme die Aussicht, zehn Meter über unsere Köpfen bildeten die Baumkronen eine Decke, die die Umgebung in Dunkelheit tauchte.

Mir wurde mulmig. Der Chef lief schon suchend hin und her:

»In die Richtung muehn m’r gehn!«, rief er kurz darauf.

Wir stapften durch den Blätterteppich auf das, was uns als eine Lichtung erschien. Nach hundert Metern stellte sich heraus, dass es der Waldrand war. Er befand sich auf einer Anhöhe. Eine Stadt lag uns zu Füßen, die ich mit Sicherheit noch nie besucht hatte, die mir jedoch in ihrer primitiv militärischen Konzipierung seltsam bekannt vorkam.

Fächerartig führten alle Hauptstraßen zum gleichen Platz, auf dem sich ein riesiger Prunkbau befand. Dieser lag am Fuß eines Berges, auf dem eine dunkelgraue Festung die ganze Landschaft beherrschte. Trikoloren wehten über jedem der wuchtigen Zinnentürme und sie waren so groß, dass sie die Fassade um einen Drittel zu erweitern schienen. Das Ganze hatte etwas Bedrückendes, ich hätte nicht sagen können, warum.

Während ich noch in meine Betrachtung vertieft war, hatte der Chef schon einen Pfad gefunden, der sich bergab bis zu einer Straße schlängelte, mit der wir die Stadt erreichten. Wir betraten einen dieser Boulevards auf dessen ganzen Länge der Palast am anderen Ende nicht zu übersehen war. Es gab aber keine Seitenstraßen. Zwischen den Gebäuden sah man nichts anderes als Hinterhöfe oder Sackgassen. Es ging nur auf das Palais zu oder von ihm weg, eine andere Möglichkeit gab es nicht.

Es wimmelte von Menschen und als wir durch die Menge gingen, hörte ich urplötzlich Stimmen in meinem Kopf. Ich war so erstaunt, dass ich stehen blieb und mich dem Chef zuwandte. Im gleichen Moment drehte er sich auch um und sah mich mit gerunzelter Stirn an:

»Kommt her zu uns! Kommt her!«, riefen sie, »Ihr sollt den Fluss befreien! Den Fluss!«.

Der Fußgängerstrom lief unaufhörlich an uns vorbei, wir waren die einzigen, die diese Rufe hörten. Anfangs waren sie laut gewesen und wurden dann immer leiser. Als am Ende nur noch ein Wispern übrig blieb, packte mich jemand an den Schultern und schüttelte mich.

Ich erwachte auf dem hinteren Sitz des Taxis. Der Chef saß neben mir, rief meinen Namen und gab mir zwei drei Klapse auf den Wangen. Es dauerte eine Weile, bis ich wieder zu mir kam. Wir waren gar nicht erst losgefahren. Der Fahrer erklärte, wir wären sofort eingenickt. Er hatte versucht uns zu wecken, und war drauf und dran gewesen, den Notdienst anzurufen, als der Chef wieder zu sich gekommen war.

Wir waren nicht nur gleichzeitig eingeschlafen, sondern hatten denselben parallelen Traum gehabt. Er konnte mir genau den Wald, die Stadt, das Schloss beschreiben, und wiederholte den Ruf, den wir gehört hatten.

»Im Moment kenne m’r nix demit anfange,« sagte er dann, »es isch nix schlimms passiert, mir muehn jetz an unseri Arweit denke.«

Er gab dem Fahrer eine Adresse und wir fuhren los. Ich fragte ihn wohin die Reise ging. Sichtlich genoss er mein Erstaunen, als er mir sagte, dass unser Ziel ein Wohnmobilhändler in der Nähe von Mühlhausen war. Was hatte das zu bedeuten?

Er öffnete sein Fenster, als wäre das Auto zu klein, um mir seine Idee zu erklären. Der Fahrtwind zerzauste seine Haare. Er begann zu reden und ich erkannte den Freund der Afrikareise. Seine Arme machten große Bewegungen, immer wieder berührte er meinen Unterarm, suchte meinen Blick und guckte dann wieder nach vorn.

Mit leuchtenden Augen setzte er mir sein Konzept einer permanenten Kampagne auseinander. Von nun an würden wir von Dorf zu Dorf, von Stadt zu Stadt fahren, im ganzen Elsass, das ganze Jahr hindurch. Wir mussten den Elsässern zuhören und mit ihnen reden, ihnen ihre Geschichte zurückgeben und damit die Macht, ihr Leben und ihre Zukunft endlich wieder selbst zu gestalten.

»Awer Achtung!«, hier erhob er den Zeigefinger: Auf keinen Fall durften wir den Fehler begehen, an irgendeiner Wahl teilnehmen zu wollen. Die einzige Instanz, die eine Entscheidung über das Gemeinwesen noch treffen sollte, sei die Versammlung der Bürger in den Gemeindesälen, an der jeder teilnehmen dürfte. Kontakte aufnehmen, ein Netzwerk des guten Willens aufbauen. Schrittweise und gemeinsam eine Verfassung erstellen in einer Sprache, die jeder versteht. Es ging um das Recht auf gesunde Ernährung, auf kostenlose Behandlung und Bildung, auf freie Wahl des Berufs und für alle Kinder das Recht auf beide historischen Sprachen des Elsass: Deutsch und Französisch. Und zwar gleichberechtigt. Diese Rechte, aber auch die Pflichten, die mit ihnen verbunden sind, wollten wir für immer in unserem Leben und unserem Land verankern.

Das würde das Ende der überholten Gebietskörperschaften und Staatsorgane einläuten. Die professionellen Politiker und die aus Paris ernannten Behördenleiter würden sich eine neue Laufbahn aussuchen dürfen, z.B. als Schuster, Ingenieure oder Museumswächter, um endlich nützliche Mitglieder der Gesellschaft zu werden.

Wie immer riss er mich mit. Es waren nicht nur seine Worte: Sein ganzes Wesen erweckte eine für tot geglaubte Hoffnung in mir und stachelte mich zum Handeln an. Während er sprach, drehten sich zwei Worte unaufhörlich in meinem Kopf: Warum nicht? Damit rückte all das, was ich für unmöglich gehalten hatte, in greifbarer Nähe.

»Ich mein ‘s ernscht«, sagte er und sah mir fest ins Auge, »vun jetz ab will ich mich däre Sach vollständig widme: Machsch mit?«

»Uff jede Fall!«, sagte ich nur, und schon hielt unser Taxi vor dem Geschäft.

Es war eines dieser Gebäude aus Stahl und Glas, wie man sie zu tausenden in den Industriegebieten sehen kann. Auf dem Gelände drumherum standen etwa dreihundert neue und gebrauchte Wohnmobile zur Schau. Ich zahlte den Fahrer und als er wegfuhr, kreiste der Chef schon um den größten der angebotenen Brummer.

»Was saasch dezue?«, fragte er.

Er stieg hinein, ohne meine Antwort abzuwarten. Ich folgte ihm, blieb aber auf der Trittstufe stehen und spähte durch die Tür. Es roch nach neuem Plastik und frischem Leder.

Leise vor sich hin pfeifend öffnete er alle Schubladen, Koffer und Schränke, begutachtete den Küchenherd, den Baderaum, maß mit ausgestrecktem Arm die Deckenhöhe, klopfte gegen die Trennwand zur Heckgarage unter dem hinteren Bett, probierte die Sitzecke, legte sich hin, stand wieder auf und sah sich noch einmal um mit einem zustimmenden »Mhm!«. Dann nahm er Platz auf dem Fahrersitz, bewunderte das Armaturenbrett, hielt das Lenkrad mit beiden Händen, sah aus der Windschutzscheibe und blickte in den Rückspiegel. Zum Schluss ließ er das Hubbett über dem Fahrerhaus herunter, deutete darauf mit einer einladenden Geste und sagte:

»Din Schlofzimmer!«

Da stand plötzlich ein hemdsärmeliger Lulatsch mit blonder Mähne und Krawatte hinter mir, der uns in gespreiztem Französisch zu verstehen gab, dass wir unbegleitet nicht in die Exponate steigen durften.

»Der Karrich isch schun verkauft!«, rief ihm der Chef entgegen.

Worauf der andere seine Mahnung auf Englisch wiederholte.

Der Chef wollte keine Zeit mit unnötiger Aufregung über die sprachliche Ignoranz des elsässischen Durchschnittsverkäufers verschwenden. Wie er es mir kurz darauf mitteilte, war nämlich der erste Termin unseres Kreuzzugs schon festgelegt. Eine Stunde später kutschierten wir mit dem brandneuen, vollgetankten Wohnmobil durch die Gegend.(Fortsetzung folgt)

Quelle : hewwemi.net

L’Alsace un mythe et le peuple alsacien une fiction ? (2/5)

Posté le octobre 26th, 2015 by Klapperstein

L’Alsace n’a jamais été dotée d’une structure unique ?

par Bernard Wittmann

L’Alsace n’a jamais été dotée d’une structure unique ; jusqu’à l’avènement de la « République une et indivisible », elle n’a été qu’une marqueterie de territoires dépourvus de conscience politique : des arguments qui ne tiennent pas !

Dans le numéro précité de la revue Land un Sproch, l’historien incriminé, pointant le morcellement de l’Alsace, prétend également que « l’Alsace n’a pas été dotée d’une structure unique ». Un argument que vient de reprendre Georges Bischoff, un historien jacobin qui s’assume. Dans L’Alsace du 21.6.2015, ce dernier affirme que « l’unité de l’Alsace est un mythe fabriqué après 1870 à Paris ». D’ailleurs, pour lui, toute « l’histoire de l’Alsace est un mythe »[1].

Cependant, la vérité historique est autre. En effet, durant le Moyen-âge, l’Alsace fut dotée d’une série d’institutions communes qui toutes, peu ou prou, contribuèrent à créer des liens et donc à renforcer, par-delà les diverses démarcations territoriales internes, la cohésion du territoire alsacien – dont l’unité géographique saute aux yeux – et de la population qui l’habitait.

De sorte qu’au final ces institutions permirent le développement, chacune d’une manière spécifique, d’une conscience de l’entité territoriale alsacienne. Elles contribuèrent aussi à forger une conscience identitaire avec, derrière, le sentiment d’appartenance à une même terre et un même peuple. On peut d’ailleurs noter qu’à partir du XIVe siècle, et même avant, les déclarations des juges de paix (Landfrieden) font souvent référence à l’« Alsace ».

A plusieurs reprises durant le Moyen-âge, les Alsaciens, notamment ceux des souverainetés urbaines, marquèrent leur attachement à leur « pays », leurs libertés et leurs privilèges, n’hésitant pas à s’opposer à l’Empereur quand ils sentaient leurs libertés en danger. Leur désir d’indépendance fut constant (l’Empereur était loin, souvent désargenté et ses pouvoirs limités dans les faits). Ainsi, quand l’archiduc Sigismond d’Autriche donna en gage le territoire alsacien des Habsbourg à Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, les Alsaciens prirent immédiatement conscience que leur pays et leurs libertés étaient menacés. Ils ne voulaient pas être intégrés au Grand Duché d’Occident. Aussi se coalisèrent-ils pour envoyer des contingents alsaciens en appui aux troupes suisses opposées au Téméraire. Ensemble, Suisses et Alsaciens finiront par défaire les troupes bourguignonnes à deux reprises à Granson en mars, puis à Morat en juin 1476. En janvier 1477, les Alsaciens envoyèrent encore des contingents au duc de Lorraine René II qui participèrent à la bataille de Nancy au cours de laquelle le duc Charles fut tué. Cette victoire permit au duché de Lorraine de rester indépendant et de continuer à jouer son rôle d’ « Etat tampon » entre l’Alsace et la France.

Des institutions originales comme celles des Landstände ou de la Décapole marquent incontestablement une volonté d’union et d’élaboration de règles et de politiques communes, notamment de défense face aux agressions militaires extérieures.

Du XIVe au XVIe siècle[2], quand l’Alsace fut frappée par le fléau des incursions françaises, les villes de la Décapole, entraînant dans leur sillage nombre de seigneurs territoriaux, surent mettre sur pied des forces armées communes pour protéger le pays et sa population. Ainsi en 1439, des contingents alsaciens coalisés infligèrent de si sévères pertes aux « Armagnacs », envoyés par le roi de France, que ces derniers choisirent la retraite. Idem en 1445 où les troupes françaises conduites par le dauphin, le futur Louis XI, décimées et épuisées par une guerre de harcèlement,« la petite guerre », que leur livraient la population et les troupes alsaciennes, furent contraintes de quitter le pays.

Mais à l’issue des traités de Westphalie (1648) tout se gâta durablement pour l’Alsace et ses diverses institutions. Le pays, qui avait appris à cultiver ses libertés dans le cadre fédéral de l’Empire, se trouva dès lors livré à l’absolutisme royal et à la centralisation.

Et plus tard, les différents régimes qui suivirent jusqu’au Second Empire reprirent l’ancienne centralisation monarchique en l’accentuant encore jusqu’à ne plus laisser aucune place aux libertés locales.

Le concept politique d’Alsace, longtemps étouffé par le nationalisme fanatique des jacobins français avec leur obsession de l’unité et de l’indivisibilité de l’Etat, trouvera sa pleine expression sous le Reichsland. L’idée d’une « nation alsacienne » et d’un « Etat neutre » entre la France et l’Allemagne finira alors par gagner de nombreux esprits tandis que les anciennes institutions du temps où les alsaciens géraient leurs propres affaires connurent un regain d’intérêt.

Quelles sont ces institutions ?

Elles sont au nombre de quatre :

- LE GRAND BAILLAGE ou LANDVOGTEI

La Landvogtei, ou « Grand Baillage d’Alsace[3] », instituée en 1280 par Rudolf von Habsburg, se perpétua jusqu’aux traités de Westphalie où les biens des Habsbourg furent annexés au royaume de France. A l’origine, elle avait pour vocation de mettre un terme au morcellement du domaine impérial en Alsace et d’unifier administrativement les différents territoires alsaciens placés dans l’immédiateté.

Dans un premier temps, Rudolf avait créé deux grands baillis, l’un pour la Basse-Alsace chargé d’administrer les biens d’Empire, l’autre pour la Haute-Alsace chargé d’administrer tant les biens d’Empire que les possessions particulières des Habsburg. Mais à partir de 1280, il choisira de confier l’ensemble du territoire à un seul Reichslandvogt (lieutenant-général). Ce sera la naissance véritable de l’institution de la Landvogtei. Le premier des Landvogt fut le seigneur alsacien Othon III von Ochsenstein (1281 à 1292), neveu de l’Empereur Rudolf (Rodolphe de Habsbourg).

Toute l’Alsace[4] était en principe du ressort du Landvogt, ou « Grand Bailli », désigné par l’Empereur et qui avait sa résidence dans le palais de Haguenau. Il avait aussi juridiction sur les Reichsdörfer, 42 villages d’Empire presque tous situés près de Haguenau. En principe, toutes les villes d’Empire étaient également soumises à sa juridiction, mais en réalité, du fait de leur indépendance, il ne pouvait guère intervenir dans leur gouvernement. Cependant, c’est sous sa présidence, avec le pouvoir de dissoudre l’assemblée, que se réuniront les villes de la Décapole.

Le Landvogt était le représentant de l’Empereur et, à ce titre, était chargé de percevoir les contributions dues à l’Empire et d’administrer les biens et droits du domaine impérial en Alsace. Pour ce faire, il était assisté de toute une administration, « Schultheiss » (écoutêtes), officiers, trésoriers, économes, secrétaires et conseillers… Parmi ce personnel, le Schultheiss occupait le premier rang.

Garants de la paix en Alsace, les Reichslandvögte ont le devoir de protéger tous les « Etats » alsaciens, et bien entendu le pouvoir impérial. Ce sont eux qui doivent gérer le Landfrieden. Lors de grands débordements, des armées relativement importantes pouvaient être levées dans les Reichsdörfer, villes de la Décapole, ou même villes libres pour combattre les injustices.

Au départ, les pouvoirs du Landvogt étaient donc assez étendus et comprenaient même certaines prérogatives de justice. Mais bientôt l’état de l’Empire fut tel[5] que le Landvogt vit son autorité décliner.

La Landvogtei a été engagée aux Electeurs palatins à deux reprises : de 1408 à 1504 et de 1530 à 1558. C’est en 1558 que Ferdinand Ier racheta l’engagement et le transmit à la maison d’Autriche. A partir de là, la Régence d’Ensisheim (voir plus loin) participa à la gestion des affaires relevant de la Landvogtei.

C’est surtout à la mort de Ferdinand Ier en 1564, que les pouvoirs du Landvogt s’effritèrent considérablement. Ses charges seront d’ailleurs intégrées à la Régence d’Ensisheim.

De sorte qu’à la fin du XVIe siècle, le titre de Landvogt avait fini par être vidé de droits réels, seul y restait attaché un droit de protection qui revenait à l’Empereur.

A partir de 1604, pour permettre aux Habsbourg de renforcer leur mainmise sur l’Alsace, le Reichslandvogt sera toujours un membre de la famille impériale. Les Habsbourg vont alors tenter de revaloriser sa fonction.

Mais, en 1618, à la suite de la « défenestration » de Prague, éclata une révolte qui déborda très vite le cadre régional pour s’étendre à tout l’Empire et, par voie de conséquence, à l’Alsace. Cependant, en dépit de la guerre, l’institution perdura jusqu’en 1648.

Après cette date, le roi continuera à l’utiliser pour franciser ses nouvelles possessions alsaciennes. Ainsi nommera-t-il un « Grand Bailli Royal »… mais qui résidera le plus souvent, non plus au palais de Haguenau, mais à Versailles. Le premier d’entre eux fut le comte d’Harcourt (1651-1659).

- LA DECAPOLE ou ZEHNSTÄDTEBUND

La Décapole[6], ou Zehnstädtebund, confédération de villes libres créée en 1354, constituait une solide chaîne de solidarité du nord au sud du pays liant entre elles une dizaine de villes impériales avec leurs dépendances : Haguenau / Hagenau, Wissembourg / Weissenburg, Colmar, Sélestat / Schlettstadt, Obernai / Oberehnheim, Rosheim, Kaysersberg, Turckheim / Türkheim, Munster / Münster et Mulhouse / Mülhausen (Seltz / Selz en fit partie de 1358 à 1418). A partir de 1515, Mulhouse ira rejoindre les Confédérés suisses mais son départ sera compensé par l’adhésion de Landau[7] dans le Palatinat.

Notons que ce mouvement corporatiste avait débuté bien avant. En effet, certaines de ces villes avaient déjà créées librement entre elles d’autres alliances[8].

Blasons des villes de la Décapole (Source : L. Sittler, Am Wege der Jahrhunderte, Alsatia, p.51)

Les dix villes libres de la Décapole étaient des républiques se gouvernant elles-mêmes tout en conservant le privilège d’immédiateté. Haguenau et Colmar sont alors les villes les plus puissantes et les plus peuplées de la Décapole.

Cette confédération avait pour objectifs principaux de parer le danger venu de l’extérieur, prendre des décisions graves, se porter mutuellement secours, lutter contre les grandes épidémies, etc. L’organe administratif était la chancellerie de Haguenau qui créait le lien permanent.

Les villes décapolitaines étaient représentées à la Diète d’Empire de Regensburg / Ratisbonne par les délégués de Colmar et de Haguenau.

C’est à partir de 1418 que la ligue, avec l’assentiment de l’Empereur Sigismond de Luxembourg, fut dotée d’un caractère perpétuel. Au XVIe siècle, certaines des villes passeront au protestantisme alors que les autres continueront à défendre le catholicisme et ceci sans que l’entente n’en fût brisée.

Le système d’alliance de la Décapole « contribua incontestablement à donner à l’Alsace une certaine unité », écrit l’historien François G. Dreyfuss[9].

La Décapole, les textes du Moyen-âge parlent des « Richestette gemeinlich im Elsass » ou encore de « Eidgenossen » (confédérés), était d’ailleurs particulièrement bien organisée : secrétariat permanent, fond d’intervention commun, réunions régulières de leurs délégués (Tage) à Strasbourg ou à Sélestat… Les convocations aux Tage sont envoyées de Haguenau, chef-lieu de la Décapole (Hauptstadt ou Direktorium). Celle-ci a la présidence des assemblées.

Dans les Tage on discutait des impôts et contributions à l’Empire, de droits judiciaires, des difficultés intérieures et celles provoquées de l’extérieur, de la lutte contre le brigandage, de la défense des privilèges, de questions monétaires et juridiques, etc. Le vote se faisait à la majorité, l’égalité régnant entre les villes.

La Décapole se considère comme indépendante. Son seul lien de dépendance à l’Empire est l’impôt annuel versé directement à l’Empereur via le Grand Bailli et dont les villes s’acquittent régulièrement (l’Empire et l’Empereur étant les garants de leurs libertés). Les villes ont une politique extérieure, entretiennent des troupes, concluent des alliances, engagent des opérations militaires à l’intérieur et à l’extérieur, envoient des ambassadeurs etc. Cependant, étant membres de l’Empire, elles ont des obligations de soutien aux guerres menées par l’Empereur. Ainsi, en 1495, elles versent la contribution extraordinaire décidée par la diète de Worms, destinée à soutenir l’Empereur en guerre contre les Turcs et la France.

A plusieurs reprises, elles enverront des troupes à l’Empereur pour des expéditions lointaines (par exemple, contre les Turcs ou le roi de Hongrie en guerre avec Frédéric IV, pour appuyer les campagnes de l’empereur contre les provinces impériales des Pays-Bas, en Suisse, à Naples…). A la fin du XVe siècle les armées de la Décapole, placées sous les ordres du capitaine haguenovien Hans Wagner, iront combattre le roi de France Charles VIII en Picardie avec l’armée impériale.

La Décapole, structure fédérative de villes implantées sur l’ensemble du territoire alsacien, conserva sa cohésion et son efficacité jusqu’à l’annexion française. Les assemblées des villes (die Tagungen) eurent lieu régulièrement jusqu’en 1637. A partir de là, les invasions des Suédois, puis des Français auxquels les villes durent se soumettre, rendirent impossible de telles réunions.

Après 1648, les villes refuseront de reconnaître la souveraineté du roi et engageront une lutte opiniâtre pour préserver leurs libertés et leur immédiateté. Elles vont alors défier l’autorité du roi en continuant de prêter serment à l’Empereur et à lui fournir des contingents militaires. Ainsi, en 1664, un contingent de troupes fourni par la Décapole prendra part au « Türkenkrieg ».

Au printemps 1673, désespérées, les villes décideront de s’adresser directement à la Diète pour qu’elle intercède auprès de l’Empereur pour le décider à venir défendre leurs droits et leurs libertés : « Toutes les villes étaient prêtes à lui ouvrir leurs portes », notera Laguille dans son Histoire de la province d’Alsace.

Mais l’occupation militaire du pays conjuguée à une politique systématique de la terre brûlée ordonnée par le roi (villes brûlées, tours éventrées, murs d’enceinte détruits, fossés comblés, milices urbaines désarmées…), auront finalement raison de leur résistance. Ce n’est qu’en 1679, suite au traité de Nimègue[10], qui mettait fin à la guerre de Hollande et reconnaissait la validité des traités de Westphalie de 1648, que, contraintes et forcées, elles acceptèrent enfin de prêter allégeance au roi… la mort dans l’âme[11]. Ce sera la fin des fières cités qui avaient toujours défendu leur liberté bec et ongles.

La Décapole continuera néanmoins à subsister, du moins sur le papier – car incompatible avec l’absolutisme du roi français – jusqu’à la Révolution.

En 1789, elle présenta son propre cahier de doléances : « La Décapole ruine la thèse jacobine qui prétend que jusqu’à l’avènement de la « République une et indivisible », l’Alsace n’a été qu’une marqueterie de territoires dépourvus de conscience politique (…) La Décapole a installé le « démocratisme alsacien » et la volonté de s’occuper librement de ses propres affaires. Elle a donné une forme politique à la conscience alsacienne, montrant que la vitalité d’un corps politique ne tient pas à sa taille, mais aux principes qui le régissent. Elle a laissé la nostalgie d’un âge d’or. Faut-il s’étonner que certains historiens révisionnistes cherchent vainement à en ternir l’éclat ? », écrit Jean Holzweg dans l’Ami Hebdo du 30 novembre 2014.

Strasbourg / Strassburg, même si elle avait des liens très étroits avec la Décapole, n’en faisait pas partie. C’était une république souveraine avec son armée dotée d’une artillerie moderne redoutée dans tout l’espace rhénan, sa diplomatie et sa monnaie. C’est le 17 octobre 1334, qu’une charte originale appelée « Schwoerbrief », établissait la constitution de la « Freie Reichsstadt Strassburg ». Ses principes fondateurs allaient perdurer jusqu’en 1789. Les institutions de Strasbourg firent l’admiration d’Erasmus van Rotterdam qui, en 1514, écrit à l’humaniste alsacien Jacob Wimpfeling pour le remercier de sa visite de la ville : « J’ai vu une monarchie sans tyrannie, une aristocratie sans factions, une démocratie sans désordre, la richesse sans luxe, la prospérité sans outrecuidance. Saurait-on imaginer bonheur plus réel que cette harmonie ? ».

30 septembre 1681 : Sous la menace d’une armée française forte de 30 000 à 35 000 hommes, la fière République libre de Strassburg est sommée de se placer sous la protection du roi.

Le 30 septembre 1681, sommée par Montclar et Louvois – venus à la tête d’une armée d’environ 35000 hommes – de se placer sous la protection du roi faute de quoi elle serait « bombardée, prise d’assaut et mise à sac », la ville n’a d’autre choix que de signer l’acte de capitulation. Le désespoir des Strasbourgeois est alors à son comble.

Dans une lettre à Louis XIV (1693), Fénélon, archevêque de Cambrai, a le courage de reprocher ce crime au despote : « Les traités signés avec les vaincus ne sont point signés librement. On signe le couteau sous la gorge, on signe malgré soi pour éviter de plus grandes pertes, on signe comme on donne sa bourse, quand il faut la donner ou mourir (…) En pleine paix, vous avez fait la guerre (…) Vous avez cherché dans le traité de Westphalie, des termes équivoques pour surprendre Strasbourg. Jamais aucun de vos ministres n’avait osé, depuis tant d’années, alléguer ces termes dans aucune négociation pour montrer que vous eussiez la moindre prétention sur cette ville (…) Vous ne connaissez point Dieu… ».

1681 : Capitulation de la République Libre de Straßburg.

La propagande française se met en branle : le viol odieux est maquillé en histoire d’amour.

Bernard Wittmann – Historien  – Fin du 2e Chapitre. (à suivre : suite des institutions : Les Landstände ou Diète d’Alsace et la Régence d’Ensisheim)

[1] Affiche de la conférence de G. Bischoff du 30.5.2015 à la librairie Kleber de Strasbourg.

[2] La dernière survenant en 1552 avec la « Chevauchée d’Austrasie » du roi de France Henri II.

[3] Appellation qui perdura jusqu’au XVe siècle. Par la suite, les archiducs d’Autriche, Grands Baillis, introduisirent l’appellation « Grand Baillage de Haguenau ».

[4] Y compris une partie du Brisgau.

[5] L’affaiblissement du pouvoir impérial commença sous les successeurs de Charles IV mort en 1378.

[6] Le titre de Décapole n’apparut que plus tard. Pendant longtemps la ligue porta des noms divers.

[7] Landau était alors une ville alsacienne. De ce fait, elle devint française en 1648, avant de redevenir allemande en 1815 (rattachée au Palatinat) au 2e traité de Paris. La défaite napoléonienne s’acheva pour l’Alsace par la perte définitive de ses très anciennes régions alsaciennes autour de Landau entre la Queich et la Lauter.

[8] Dès 1250, avec la Ligue des cités du Rhin supérieur, avec notamment Hagenau, Schlettstadt, Colmar, Kaysersberg et Mülhausen. En 1254, ces mêmes villes entrent dans une Ligue Rhénane (Rheinischer Bund) regroupant autour de Mayence et de Worms toutes les villes de Cologne jusqu’à Bâle. Après cette dernière, vont se constituer des Ligues pour la paix publique (Landfriedensbündnisse). Enfin, en 1342, Colmar, Mülhausen, Kaysersberg, Türkheim, Münster, Schlettstadt et Oberehnheim fondent une alliance d’entraide pour trois ans qui sera prolongée d’autant en 1346.

[9] F.G. Dreyfus, Histoire de l’Alsace, éd. Hachette, 1979.

[10] Traité de Nimègue signé le 5.2.1679 entre Louis XIV et l’Empereur.

[11] La ville de Haguenau, la première, dès octobre 1679, accepta de prêter serment à Montclar, celui-là même qui fut son bourreau et qui s’était acharné sur elle en la livrant au feu et aux mines pour l’anéantir.

Das Elsass retten (2/12)

Posté le octobre 25th, 2015 by Klapperstein

Ich, der ich euch diese Geschichte erzähle, sitze in einer Lounge des Flughafens Basel-Mülhausen und warte auf den Chef. Sein Flug hat Verspätung. Vor mir steht schon der zweite Cappuccino. Sonst trinke ich nie Kaffee. Um mich herum nur leere Gesichter, eilende Passagiere, gelangweilte Sicherheitsleute. Also nutze ich die Zeit, um euch zu schildern, wie ich ihn kennenlernte.

Es war in der Sahara im Süden Algeriens unweit des Fleckchens In-Eker. Ich war auf die wahnwitzige Idee gekommen, hier allein eine Wanderung zu unternehmen und hatte mich verlaufen. Ich hatte kein Wasser mehr und lag im Sterben. Plötzlich hörte ich das Bimmeln kleiner Glöckchen und es erschienen aus allen Himmelsrichtungen Menschen mit Bauchläden, die Sandsäckchen verkauften. Ich muss zu meiner Schande gestehen, dass ich im Begriff war, einen Zehnerpack zu ramschen, ein Schnäppchen, bei dem ich zehn Cent pro Säckchen gespart hätte.

Doch eine Hand hielt meinen Arm zurück, der den Geldschein schon hinstreckte. Es war der Chef. Er gab mir zu trinken, half mir wieder auf die Beine und erklärte mir, dass wir nicht bleiben durften. In dieser Gegend hatte die französische Armee zwischen 1961 und 1966 dreizehn Atombomben explodieren lassen. Die Kolonialherren hatten sich nie darum bemüht, den Schaden wirklich zu beheben. Hier lauerte der Tod. Wir mussten verschwinden.

Gemeinsam machten wir uns auf den langen Weg zurück nach Europa. Ich habe von dieser Reise nur eines in Erinnerung: Unsere Gespräche. Wir gingen von morgens bis abends und redeten. Wir ritten keine Kamele, fuhren nicht mit Bussen, ich glaube auch nicht, dass wir geflogen sind. Sind wir zwischen Karthago und Marsala, zwischen Messina und San Giovanni auf dem Mittelmeer gegangen? Ich könnte nicht schwören, dass wir es nicht taten.

Mit dem ersten Satz hatte jeder den anderen als Elsässer erkannt. Beim zweiten wussten wir, dass wir die gleiche Leidenschaft teilten. Zugegeben: Er war derjenige, der am meisten sprach und seine Worte ersetzten mir das Essen und Trinken. Er war ein Buch, eine wandelnde Bibliothek, der mit tausend Anekdoten und Pointen in reinster Stroßburjer Mundart unsere Geschichte erzählte.

Als Germanen beritten wir die Ebene zwischen Rhein und Vogesen, als Mönche schauten wir über Kollege Ottfrieds Schulter und wohnten der Geburtsstunde der deutschen Literatur bei; als Bürger der Stadt Straßburg gewannen wir die Schlacht gegen unseren Bischof und gründeten eine freie Republik. Wir waren zwei barfüßige Nichtsnutze, klauten hier drei Kartoffeln, dort ein ganzes Huhn, sahen den Mädchen nach, erfanden Liebeserklärungen und spitzten die Ohren, wenn ein Schauspieler auf offener Straße aus Sebastian Brandts Narrenschiff vorlas. Als Kleinbauern schlossen wir uns dem Bundschuh an, liefen nach Davos und dreschflegelten einen Großen dieser Welt windelweich.

Mal war es ein Feldarbeiter, der uns auf dem Weg grüßte, mal stand eine Frau vor ihrer Haustür und bot uns ein Glas Wasser an: Dann sprach der Chef im Maghreb abwechselnd Arabisch oder Kabylisch, in Italien Italienisch. Wir gingen über den Brenner. Er zeigte mir den Südtiroler Weg, als Minderheit in einem Zentralstaat weiterzubestehen. Hier begann der deutsche Sprachraum, hier fühlte er sich zuhause.

»Spiersch«, sagte er, »spiersch wie d’Heimet sich anfiehlt, wie se schmeckt! Un waje dämm mues m’r immer widder furt: fir d’Heimkehr stäriker ze genieße!«

Damals maß ich dieser Aussage nicht ihre volle Bedeutung bei. Sie hätte mir den Stich ins Herz viel früher gegeben. Ich hätte mich auf die unvermeidliche Trennung vorbereiten können. Denn hier muss ich es gestehen: Ich reise äußerst ungern, eigentlich nie. Diese Wanderung durch die Sahara war eine Ausnahme gewesen, ein Selbstmordversuch.

Es dauerte Jahre, bis ich es endlich erkannte. Der Chef hatte mich nicht nur vor dem Verdursten gerettet, sondern auch vor mir selbst. Ich hatte sterben wollen, weil ich das deutliche Gefühl hatte, vom Nichts verdaut zu werden. Und dieses Nichts hatte er mit Worten, mit seinem Lächeln, mit seiner Energie weggewischt.

Er blieb nicht lange im Elsass, er hielt es einfach nicht aus, unsere Herdentiermentalität entmutigte ihn. Eines Tages kam er zu mir und sagte, er hätte die Gelegenheit, eine Perlenzucht in Tahiti zu übernehmen, er hatte das Flugticket schon gekauft. Die Nachricht schnürte mir die Kehle zu. Tags darauf war er weg und ich nahm mein Stubenhockerdasein wieder auf.

Ich lebte von nun an das ganze Jahr nur noch für die zwei Sommermonate, in denen er für seine Geschäfte zurück in die Heimat flog, und für die monatliche Post aus Papeete. Er hatte nämlich eine autonomistische Zeitschrift gegründet, für die er weiterhin schrieb. Mir schickte er die Artikel zu. Das waren die Lichtblicke meines Lebens, die mir Mut machten, um Monat für Monat die zweitausend Adressen der Abonnenten auf die Umschläge zu kleben.

Später kam das Internet. Seither sind wir fast täglich in Verbindung. Und gestern erhielt ich diese E-Mail, in der er mir die Episode mit Wolfi bis ins letzte Detail beschrieb und sagte, dass er nun endgültig zurück ins Elsass wollte.

Die Fluganzeigetafel rattert … Da! Papeete! Mist! Immer noch keine präzisere Angabe über die Verspätung … Also kann ich euch weiter vom Chef erzählen.

Seine Mutter Jeanine. Als ich sie kennenlernte, war sie noch hell im Kopf. Ich besuchte sie zweimal die Woche im Altersheim. Sie erzählte mir aus ihrem Leben. Wenn sie sprach, vergaß ich meine leere Wohnung und sie die allzu sauberen Flure der Anstalt, den süßlichen Geruch industrieller Fertiggerichte und die Stille des Alltags, die nur von Fernsehlärm unterbrochen wurde.

Sie stammte aus einer Krämerfamilie in Buchsweiler, hatte dort ihre Kindheit zwischen Obst- und Gemüsekörben, Kommunalschule, Suppenwürfeln und Büchsenmilch verbracht. Eine gediegene Eintönigkeit, die nur vom Krieg unterbrochen wurde, vor allem als er zu Ende ging und die Befreier ins Städtchen einzogen. Jeanine bekam damals mit siebzehn zum ersten Mal süßes Herzklopfen.

Am 22. November 1944, sie erinnerte sich an den Tag genau, hatte eine Kolonne amerikanischer Militärfahrzeuge in ihrer Straße haltgemacht. Die Menschen liefen aus den Häusern, um die Soldaten zu begrüßen und staunten nicht wenig, als sie entdeckten, dass es französische Einheiten waren. Die Nachricht verbreitete sich wie ein Lauffeuer, Neugierige strömten aus der Nachbarschaft herbei, bald war das ganze Städtchen von Jubel und Gesang erfüllt.

Aus der Luke eines Shermanpanzers, der wenige Meter vom elterlichen Geschäft stand, ragte der unbehelmte Kopf eines jungen Mannes, den niemand zu bemerken schien. Jeanine trat aus dem Laden, musterte ihn verstohlen und tat, als ihre Blicke sich kreuzten, etwas Unerhörtes, das aber in der allgemeinen Begeisterung nicht auffiel: Sie kletterte auf das eiserne Monster und küsste ihn.

Er hieß Achmed und kam aus Oran in Algerien. Seit ihrer Landung in der Normandie kämpfte er in der französischen Division an vorderster Front. Doch der siegreiche Krieger, der unsagbare Scheußlichkeiten erlebt hatte, errötete und senkte den Blick vor dem jungen Mädchen. Da er nichts anderes dabei hatte, schenkte er ihr eine angebrochene Zigarettenpackung. Sie rannte in ihr Zimmer hoch und brachte ihm einen weißen, seidenen Schal ihrer Großmutter, für dessen Verlust sie später von ihrer Mutter gescholten wurde. Er legte ihn sich um den Hals und bedankte sich.

Aber die Zeit drängte. Die Offensive ging weiter nach Straßburg. Ein paar Worte, ein Adressentausch und das Versprechen, sich zu schreiben. Am unteren Ende der Straße fuhren schon die ersten Halftracks los. Achmed setzte seinen Helm auf und fuhr mit den anderen weiter. Das Regiment verschwand, wie es gekommen war.

Jeanines junge Liebe wurde in den folgenden Monaten auf eine harte Probe gestellt. Die französische »Poste aux armées« tolerierte die Korrespondenz zwischen Soldaten der Kolonien und Französinnen nicht. Als Absender schrieb sie immer die Adresse einer ihrer Tanten und ihre Briefe kamen alle ungeöffnet zurück. Mehr als fünfzig Jahre später zeigte sie mir das Bündel nicht zugestellter Umschläge, die sie aufgehoben hatte.

Achmed kam zurück. Am Tag des Waffenstillstands besetzte seine Einheit den Berghof in Obersalzberg. Für den ersten Urlaub meldete er Buchsweiler im Elsass als Aufenthaltsort an.

Der Tag des Wiedersehens wurde für Jeanine der schönste und schrecklichste ihres Lebens. Sie versprach Achmed ewige Liebe und wurde am Abend von ihren Eltern beschimpft und geohrfeigt wie noch nie. Für diese war er längst kein Befreier mehr, sondern nur ein hergelaufener Araber, der sich ja nicht einbilden sollte, er würde eines Tages Besitzer ihres Geschäfts werden.

Jeanine war noch minderjährig und musste sich fügen. Achmed blieb Soldat. Der Kampf um Europa war beendet, nun zog Frankreich in Asien in den Krieg: Mit Kanonen und Napalm gegen die Viêt Minh. Diesmal fanden die Verliebten Mittel, die Postzensur zu umgehen, trotzdem blieben sie sechs volle Jahre getrennt. Ich fragte Jeanine, wie sie es als junge Frau so lange ausgehalten hatte. Sie wusste es selbst nicht mehr.

Achmed kam auch aus diesem Krieg zurück. Ein Kopfschuss beendete seine Soldatenkarriere. Als sie das erzählte, zeigte Jeanine einen Kreis mit Zeigefinger und Daumen: So groß war das Stück Schädelknochen, das ihm von nun an fehlte. Aber die Verletzung hatte keine weitere Konsequenzen. Er verbrachte einige Wochen im Lazarett, dann heirateten sie in Straßburg. Der Bruch mit ihren Eltern war endgültig.

Auf so einem Flughafen erfährst du nichts. Und ich bin nicht der Typ, der zum Schalter läuft und fragt und nicht nachgibt, bis er seine Information hat. Ich bin halt ein viel zu braver Geselle … Immer noch kein Chef in Sicht. Weiter mit Jeanine.

Wo war ich stehengeblieben? Hochzeit. Kleine Neubauwohnung im Straßburger Vorort Neuhof. Anfangs arbeiteten beide, sie als Sekretärin, er als Metallarbeiter. Und da geschah es. Leider konnte Jeanine nur wenig darüber berichten. Sie interessierte sich nicht für Politik. Auf jeden Fall trat Achmed einer Gewerkschaft bei und kam so zum ersten Mal mit Leuten der Unabhängigkeitsbewegung in Berührung.

Was genau passierte in seinem Kopf? So viel ist sicher: Vom braven Eingeborenen, der für das »Vaterland« Kopf und Kragen riskiert hatte, wurde er zum aufrechtstehenden Algerier, der sich für die Befreiung seine Volkes einsetzte. Wahrscheinlich vollzog sich dieser Prozess nach und nach, durch Lektüren, Gespräche, Teilnahme an Versammlungen …

Oder vielleicht nicht? Erfuhr er eines Tages über die Geschehnisse von Sétif am 8. Mai 1945 und wurde so schlagartig zum Widerstandskämpfer? Die französischen Zeitungen berichteten nicht darüber und wenn, dann verharmlosten sie es. Dabei genügten schon die nackten Tatsachen, um jeden vernünftigen Menschen in blanke Wut zu versetzen: Genau an dem Tag, an dem Achmed als Sieger auf Hitlers Terrasse saß und die Berglandschaft genoss, massakrierte die Armee, in der er gekämpft hatte, zehntausend seiner Landsleute, und diese Zahl ist von allen Sourcen die geringste.

Eines steht fest: Als sein Sohn zur Welt kam, gehörte Achmed längst der Bewegung an. Und er wird wohl den Tag dieser Geburt als Zeichen des Himmels interpretiert und sich in seinem Engagement gestärkt gefühlt haben. Der Chef kam am ersten November 1954 in Straßburg zur Welt, der Tag, der als »Rotes Allerheiligen« in die Geschichte eintrat, weil siebzig Bombenanschläge in Algerien den Auftakt zum Befreiungskrieg gaben.

Ich glaube, da rührt sich was. Um die Anzeigetafel zu sehen muss ich aufstehen … Nur noch eine halbe Stunde! Es geschehen doch Zeichen und Wunder. Für eine letzte Episode haben wir noch Zeit.

Achmed griff nicht zu den Waffen: Nach seiner Verletzung hatte er die Uniform an den Nagel gehängt. Er war ein junger Vater, der Kampf fand in Algerien statt und außerdem hätte Jeanine es nicht ertragen. Während des ganzen Krieges lag kein einziger Revolver, nicht einmal ein Taschenmesser, auch nicht vorübergehend, in ihrer Wohnung, sagte sie stolz. Dafür setzte er sich umso mehr im Untergrund ein.

Der Krieg wurde neben anderen Quellen auch von den zahlreichen Algeriern finanziert, die in Frankreich lebten und Geld verdienten. Vertrauensleute der Nationalen Befreiungsfront – FLN – sammelten in aller Heimlichkeit ihre Steuern ein und leiteten sie an höhere Stellen weiter. Oft wurde ihnen dabei von sogenannten Kofferträgern geholfen: Franzosen, die den algerischen Widerstand befürworteten und sich engagierten.

Jeanine hatte für Politik nichts übrig, doch stand sie ihrem Mann bei. Ihr Säugling war auch für die Bewegung ein Geschenk des Himmels. Sie schmunzelte, wenn sie es erzählte:

»Die zwei odder drei Mol, wo sie m’r mini Papierer verlangt hann, isch ke Schandarm uff die Idee komme, d’ Kinderkütsch ze durichsueche!«

Das Geld wurde in der Matratze gestopft, und Jeanine konnte, unverdächtig wie sie als Französin mit Kleinkind war, ohne Sorge ganz Straßburg durchqueren. Als das Kind größer wurde, fand man andere Lösungen. Jeanine erinnerte sich an einen dreirädrigen Traktor aus Holz, dessen Motor ein Geheimfach verbarg. So wurde der Chef, wenn auch ohne Koffer, zum jüngsten und erfolgreichsten Kofferträger der Geschichte, und aus Achmeds Bezirk vermisste die Rebellion den ganzen Krieg hindurch keinen einzigen Centime.

Der letzte Satz seiner E-Mail will mir nicht aus dem Kopf:

»Ich kehre endgültig zurück und habe einen Plan, halte dich bereit.«

Die Lautsprecher kündigen die Ankunft seines Flugs an, endlich sehe ich seine Maschine im Landeanflug … Die Räder berühren den Boden. Ich stecke beide Hände in die Hosentaschen, um das Zittern meiner Finger zu bändigen. Das Herz schlägt mir bis zum Hals.

(Fortsetzung folgt)

Quelle : hewwemi.net

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