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Unsri Heimet

Unsri Heimet – -do sin m'r d'heim ! Das Elsass, unsri Heimet !

Parole interdite

Posté le septembre 24th, 2017 by Unsri Heimet !

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Parole interdire -

(Par Sylvie Reff-Stern) – Ne pourrait-on pas dire qu’une parole non entendue est en fait une parole interdite ?
Comme celle exprimée dans ces centaines de milliers de signatures envoyées à Paris pour exprimer le refus de cette fusion imposée ? Des signatures ignorées, méprisées. Tout comme le gouvernement de Vichy ignora l’annexion.
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Les Alsaciens n’existent pas.
Un ministre l’a d’ailleurs confirmé.
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Le mariage forcé (vraiment pas consommable) de cette fusion nous ramène avec une heureuse brutalité à notre histoire. C’est que ma classe d’âge a surgi du silence : celui de la parole interdite des pères, et de son impossible transmission. Grande était la tentation de se taire aussi.
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Mais en Alsace on chante ce qu’on ne peut pas dire. Surtout les femmes, plus proches des sources : celles du langage, de la conscience, de ces gestes quotidiens où se transmet l’essentiel, d’une culture et de son parfum de vie. Ne sont-ce pas elles d’abord qui transmettent ? La langue, le sens des gestes, elles qui nourrissent les cœurs de chants et la mémoire de contes et d’Histoire : pas celle des manuels officiels qui ne dit jamais rien de notre histoire, mais celle qui se transmet de bouche à oreille, de cœur à cœur.
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C’est ainsi que dès mes années d’université, en 1965, je commençais à créer mes chansons en alsacien. La langue française avait beau être qualifiée de plus belle langue du monde, elle ne suffisait pas à exprimer le joyeux torrent surgi des profondeurs, elle ne collait pas aux choses. Elle récitait et jasait sur nous en nous ignorant. À croire qu’elle ne nous aimait pas. Il manquait l’essentiel.
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Cette langue française foisonnait de poèmes magnifiques, et nous n’avions rien pour dire la beauté douloureuse de notre histoire et de nos vies.
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Jalouse pour les miens, je souhaitais en faire autant en alsacien. Au cours de ces années d’université dont les étés se passaient sur des chantiers de jeunesse à travers toute l’Europe naissante, je chantais tout ce qui touche à nos vies : nos quotidiens, notre vécu, le courage, notre langue, la nature menacée, les ouvriers étrangers, notre histoire mais aussi celle des autres avec les Mères de Mai, Solidarnosc, la Bosnie, la Tchétchénie.
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Mes premiers livres venaient de sortir en français à Paris, mais j’étais heureuse de montrer que l’on pouvait tout exprimer en alsacien. La construction de la centrale de Fessenheim provoqua une prise de conscience des trois côtés du Rhin, où poètes et chanteurs s’unirent de comprendre que leur langue maternelle possédait une puissance d’émotion et de conviction surgie des racines de l’être, bien plus efficace que le vernis langagier imposé par la loi.
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Des festivals de chansons comme Schelige singt immer noch et Summerlied créé par le courageux Jacques Schleef en assurèrent le relais, sans oublier de rares éditeurs généreux comme Armand Peter ou des revues comme Land un Sproch un d’Heimet. Actuellement le centre culturel alsacien reste avec l’émission Rund um, l’OLCA, le théâtre alsacien et les sept Dichterwaj la seule émergence visible de la langue alsacienne.
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Il faut croire que l’interdiction de parole a porté ses fruits, puisqu’il n’existe plus aucun festival de chanson alsacienne à présent, là où les Bretons en dénombrent des dizaines. Faut- il se taire pour autant ? Est-il bien utile de préciser que les DNA ignorent toute parution en alsacien ? Et qu’un spectacle trilingue comme le Zopf, vu par un millier de spectateurs, n’a été commenté par aucun journaliste ? Parole ignorée, donc interdite.
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En partie par le monolinguisme des nouvelles générations de journalistes. Un monolinguisme encouragé, responsable des 25 % de chômage de jeunes dans la région strasbourgeoise, alors que ce même taux tombe à 2 % deux kilomètres plus loin, à Kehl, où ces jeunes chômeurs trouveraient aussitôt un emploi s’ils savaient l’allemand.
Quel contraste affligeant avec la richesse sonore de nos univers d’après-guerre, qui
résonnaient joyeusement de plusieurs langues. Une richesse confirmée par les travaux de l’ingénieur Tomatis, qui soulignent l’importance de l’imprégnation sonore précoce qui conditionne tous nos apprentissages futurs. La richesse vocalique et consonantique de l’alsacien non seulement ne fige pas le gosier, mais permet d’identifier les sons des autres langues et partant de les reproduire.
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Il suffit de voir avec quelle aisance les petits dialectophones apprennent des langues qui ne leur sont plus vraiment étrangères, parce qu’ils en reconnaissent et en maîtrisent les fréquences, les accents et les associations de consonnes et de voyelles déjà existants dans leur langue natale.
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Car chacun n’a qu’une langue natale qui, d’avoir traversé les siècles, sait ramener les grands problèmes à quelques expressions simples. C’est la langue du cœur qui en fait un haut lieu de résistance, de réjouissance, de certitude : e Baum bliit e Baum, un schonsch niks…
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Et qui pourrait la transmettre sinon cette dernière génération dialectophone de grands-parents ? Qui pourrait transmettre toutes ces richesses, la splendeur spirituelle de notre Moyen-Âge, de notre passé culturel, la foule de nos grands hommes, nos penseurs et artistes, nos cinq prix Nobel, nos lois et solutions originales, notre ardent pacifisme qui nous fait naître citoyens du monde, sans oublier la cathédrale, seul temple sur terre à générer un taux vibratoire de 2 700 000 unités Bovis, les plus haut lieux sacrés tels que Lassa ou Chartres ou Chéops ne vibrant qu’à 2 300 000 unités ?
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Comment ne pas croire que ce lieu de condensation du sacré ne nous a pas été donné pour rien et que la cathédrale non seulement nous protège mais aussi nous inspire en indiquant la direction et la nature de notre mission ?
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Autant de raisons de ne jamais nous taire. Car notre espérance se nourrit du meilleur de la mémoire collective, celle qui nous a permis de rebondir après chaque épreuve et de devenir ce que nous sommes. Elle est le précieux clou de notre fauteuil, qui nous garde vifs et en état d’alerte, nous contraignant à trouver des solutions qui nous ressemblent.
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C’est une mémoire et une espérance plurielle, vive de rester blessée, tressaillante de toutes les émotions muselées par cette parole interdite.
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C’est pourquoi nous ne nous tairons jamais.
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Mais laissons terminer deux écrivains Le premier est Jean Giraudoux, qui s’exclame dans son article de novembre 1939 : « Jamais langage n’a plus mérité d’être respecté que le langage alsacien. Il est le voile sous lequel les Alsaciens ont entretenu leur indépendance et leur mémoire. »
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Le second est un prêtre des Landes, Michel Edran, qui remarque en 1953 dans la Voix d’Alsace : « L’Alsace va mourir. Je sais bien que de tout temps la politique des Rois était centralisée ; elle faisait cependant une exception pour ces provinces venues d’un Saint Empire Romain Germanique où, de toujours, une fédération d’États a été préférée à la formation d’une nation. Mais demain ses habitants passeront dans le moule commun qui fera d’eux des citoyens moyens d’une République une et indivisible, après leur avoir fait perdre tout ce qui leur était propre, c’est à dire tout ce qui faisait d’eux des hommes… »
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À un pasteur du sud qui venait de perdre un petit enfant, l’on conseilla de venir en Alsace « tu verras, tu t’y sentiras compris, car ce sont des gens qui ont su souffrir avec l’intelligence du cœur et faire quelque chose de profitable de leur histoire… »
Une histoire qui continue de nous parler, afin que jamais nous ne nous résignons au silence, et que la parole interdite redevienne un chant d’espérance.
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Pierre RIEFFEL – Mein Leben Für Das Elsass

Posté le septembre 20th, 2017 by Unsri Heimet !

Mon livre disponnible au prix de 9.90€ à l’adresse suivante: 3 Rue des Tilleuls 67220 Breitenbach. Vous pouvez me joindre au 03.90.56.45.72 ou au 06.78.95.47.59. L’édition française sera disponnible d’ici fin novembre.

Pierre RIEFFEL.

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LES DEUX FRÈRES

Posté le septembre 18th, 2017 by Unsri Heimet !

LES DEUX FRÈRES

Victor et Albert Ludwig, natifs d’Eguisheim. Deux frères dans deux camps différents. Victor (à gauche) porte l’uniforme Français, il avait fui l’Alsace avant la guerre.
Albert (à droite) porte l’uniforme Allemand. Tous deux ont survécu à la guerre. Cette photo illustre la position si particulière et si inconfortable de l’Alsace.

Marco Dientz – LES CROIX DE BOIS – 14-18

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DER SCHWARTZE FLECK / LA TACHE NOIRE

Posté le septembre 11th, 2017 by Unsri Heimet !

Peinture d’Albert Bettanier, peintre messin (1851-1932)

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Bettanier a opté pour la France, et y a fait ses études. Curieusement, cette peinture se trouve dans un musée berlinois. Le fond de commerce de nombreux peintres et d’écrivains Alsaciens-Lorrains mais aussi Français de l’intérieur entre 1871 & 1918 était l’Alsace-Lorraine sous la botte prussienne. Le service de propagande français, au budget illimité utilisait leurs services. A partir de 1919, leur commerce a périclité, ils ont dû se recycler. Parmi les Alsaciens germanophobes on peu citer les peintres Hansi, et Zislin, les écrivains Anselme Laugel, Jules Siegfried, Albert Wetterlé et Albert Helmer qui publiait même en anglais, propagande oblige : The future of Alsace-Lorraine.

Moritz Gaerwer

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La classe d’antan au Fronacker

Posté le septembre 9th, 2017 by Unsri Heimet !

Évènement au cercle d’histoire de Hésingue

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Ce dimanche 10 septembre le Cercle d’histoire de Hésingue (CHH) organise une journée portes ouvertes au Fronacker.


La rentrée des classes sera à l’honneur, avec une exposition de photos anciennes et l’ouverture de la salle de classe d’antan.


À cette occasion les portes de notre maison du patrimoine seront ouvertes au public, l’occasion pour vous tous, de venir découvrir : * l’exposition photos des classes d’école ainsi que * l’exposition intitulée « promenade automnale à Hésingue 2011-2012 »

Au plaisir de vous accueillir.